<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
<atom:link href="http://jour-pour-jour.hautetfort.com/index.rss" rel="self" type="application/rss+xml" />
<title>jour-pour-jour</title>
<description>le blog-notes à lire et à écrire d'Hervé Torchet</description>
<link>http://jour-pour-jour.hautetfort.com/</link>
<lastBuildDate>Thu, 19 Nov 2009 18:53:13 +0100</lastBuildDate>
<generator>HautetFort.com</generator>
<copyright>All Rights Reserved</copyright>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2009/11/19/quitterie-se-confie-sur-terre-tv.html</guid>
<title>Quitterie se confie sur Terre Tv.</title>
<link>http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2009/11/19/quitterie-se-confie-sur-terre-tv.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (hervé torchet)</author>
<pubDate>Thu, 19 Nov 2009 18:53:13 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour ceux qui ne l'auraient pas vue, voici une interview donnée tout récemment par Quitterie à la web télé Terre Tv.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;object height=&quot;256&quot; width=&quot;320&quot; data=&quot;http://www.terre.tv/pe2009.swf?lang=fr&amp;amp;video_id=2496&amp;amp;playlist_id=&amp;amp;chaine_id=undefined&amp;amp;autostart=false&amp;amp;jingle=true&amp;amp;video_jingle=true&amp;amp;idle_time=4&amp;amp;dom=www.terre.tv&amp;amp;bgcol=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;bgcolor&quot; value=&quot;#0&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.terre.tv/pe2009.swf?lang=fr&amp;amp;video_id=2496&amp;amp;playlist_id=&amp;amp;chaine_id=undefined&amp;amp;autostart=false&amp;amp;jingle=true&amp;amp;video_jingle=true&amp;amp;idle_time=4&amp;amp;dom=www.terre.tv&amp;amp;bgcol=0&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2009/11/15/la-responsabilite-sociale-des-entreprises.html</guid>
<title>La responsabilité sociale des entreprises.</title>
<link>http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2009/11/15/la-responsabilite-sociale-des-entreprises.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (hervé torchet)</author>
<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 19:03:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(Cet article a été repris sur &lt;a title=&quot;page&quot; href=&quot;http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-responsabilite-sociale-des-65110&quot;&gt;AgoraVox&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ayant quelques heures à occuper et 9,50 Euros (&lt;b&gt;c'est très cher&lt;/b&gt; pour ce que c'est, d'autant plus qu'il y a de la pub) à dépenser, j'ai suivi l'excellent &lt;a title=&quot;les jeunes libres&quot; href=&quot;http://lesjeuneslibres.hautetfort.com/archive/2009/11/13/une-lecture-pour-le-week-end-le-supplement-alternatives-econ.html&quot;&gt;conseil&lt;/a&gt; de Quitterie, et j'ai acquis le numéro spécial de la revue Alternatives Économiques consacré à la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Première observation avant d'en venir au fond : &lt;b&gt;l'amnésie collective dans laquelle on plonge les gens est invraisemblable&lt;/b&gt;. À en croire la plupart des publications, même intelligentes, qu'on ouvre, rien n'a existé avant les années 1950 et les États-Unis, tout idée, concept ou réalité, est forcément né aux États-Unis dans les années 1950. Les cinq milliards d'années qui ont précédé n'existent pas, il n'y a eu ni civilisation hellénistique, ni renaissance carolingienne, ni siècle des Lumières, ni doctrine sociale du XIXe siècle, rien. C'est pourquoi, lorsque j'ai lu les premières lignes de l'intro générale de la revue, j'avoue que j'en ai été profondément agacé : la première RSE née aux États-Unis dans les années 1950 n'est rien d'autre que ce qu'on a nommé de ce côté-ci de l'Atlantique le &lt;b&gt;paternalisme&lt;/b&gt; bien avant 1950 (on le trouve déjà décrit avec précision par Zola avant 1900) et contre quoi &lt;b&gt;les politiques publiques du Conseil National de la Résistance&lt;/b&gt; (CNR) ont été inventées, je suppose qu'on m'accordera qu'il y a une chance que ce qui a été fait par la Résistance intérieure l'ait été avant 1950 et ailleurs qu'aux États-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En fait, dans ce genre de domaines, parce que les États-Unis découvrent peu à peu que le monde est un peu moins simple et manichéen qu'ils le croyaient, il faudrait que le reste du monde, qui sait tout cela depuis déjà bien longtemps, le découvre en même temps qu'eux. &lt;b&gt;Éloge paradoxal de la sottise et de l'ignorance qui fait florès et encourage le crétinisme militant cher à nos dirigeants&lt;/b&gt;. Si ceux qui prônent l'inverse emploient les mêmes moyens qu'eux, ils ne pourront qu'échouer, c'est par l'info, par le savoir, donc par ce qu'on nomme avec un sot mépris la &quot;culture générale&quot; qu'on pourra s'armer contre les entreprises d'aliénation qui recourent à la myopie et à l'amnésie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bref, ce mot d'humeur mis de côté, il faut souligner l'utilité du bilan fait par le numéro spécial, qui brosse à gros traits le portrait d'une société très rudimentaire, la nôtre, où les principes du CNR sont non seulement oubliés, mais surtout piétinés.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je vais me permettre de faire ici quelques observations en complément de ce qu'on pourra lire dans ce numéro.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;La responsabilité fiscale des entreprises&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le débat sur la fiscalisation des activités économiques est forcément au centre du débat civique en ce moment, avec la double perspective de la &lt;b&gt;suppression de la Taxe Professionnelle&lt;/b&gt; et des élections régionales, sur fond de réforme des collectivités territoriales. N'oublions pas que la vocation première des &lt;a title=&quot;wikipedia&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gion_fran%C3%A7aise&quot;&gt;régions&lt;/a&gt; est l'activité économique, leur prédécesseur immédiat en droit administratif, les circonscriptions d'action régionale, était explicitement voué au développement économique, et cette vocation initiale leur perdure. Le rôle respectif des entreprises et des collectivités publiques est donc un débat particulièrement aigu et pertinent en temps de préparation des élections régionales, qui certes ne sont pas l'alpha et l'oméga de notre existence, mais dont il faut bien se préoccuper, puisque nous sommes des citoyens.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le tableau des impôts sur les sociétés (IS) payés par les groupes du Cac 40, qui figure dans la revue, est édifiant. Sur la période 2006-2008, Peugeot est de loin le meilleur élève, avec près de 60 % d'IS payés, trois autre entreprises sont au-dessus du taux légal (33 %), toutes les autres sont en-deçà, parfois très en-deçà : Renault est à 25 %, le Crédit Agricole, entreprise pourtant très profitable sur cette période, n'est qu'à 19 %, Capgemini à 13 %, Vivendi qui a un résultat avant impôt de plus de 13 milliards d'Euros n'est taxé qu'à 9 %, et &lt;b&gt;Unibail qui &quot;gagne&quot; 2,45 milliards d'Euros ne paie que ... 34 millions d'Euros, à peine plus de 1 % !&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Or selon les chiffres que j'ai eu l'occasion de consulter et pour lesquels un lecteur aura peut-être la gentillesse de mettre une source en lien, l'État verse aux mêmes entreprises 60 milliards d'Euros par an, somme supérieure à la totalité du rapport de l'IS (50 milliards en année normale, bien moins en 2009, très mauvais exercice). On voit donc que &lt;b&gt;les grandes entreprises sont dans l'ensemble de très mauvais citoyens&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;À cela s'ajoute le fait que ce sont elles qui n'hésitent pas à délocaliser leurs domiciles fiscaux dans les paradis du même nom. En somme, elles prennent, elles prennent beaucoup, et ne rendent rien, elles enrichissent d'invisibles profiteurs masqués derrière des paravents qui se nomment paradisiaques et qu'on verrait plus justement sous le vocable d'infernaux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En contrepartie, &lt;b&gt;les PME sont les perdantes du système actuel&lt;/b&gt; : non seulement il leur est difficile d'échapper à l'IS, mais en plus, elles assument une très grande part de la Taxe Professionnelle, impôt prélevé sur les sociétés au bénéfice des collectivités locales, communes en particulier. C'est elles qui financent à la fois les subventions offertes aux sociétés du Cac 40 et le fonctionnement de nombreuses collectivités locales.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En effaçant la Taxe Professionnelle, on rétablit donc une forme d'égalité en ouvrant des exonérations à de nombreuses entreprises qui n'en avaient pas jusque-là, mais &lt;b&gt;c'est en accélérant la défiscalisation globale des entreprises, qui est un des fléaux de notre temps&lt;/b&gt; : comme le note la revue, l'imposition des sociétés, dans la zone Euro, a diminué de plus de moitié en quinze ans, passant de 38 % à 15 %. L'argent, qui a fait tomber le Mur de Berlin, est donc bien le grand vainqueur de la période, au détriment final des citoyens.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et rien n'est prévu pour les collectivités, qui vont donc devoir se rabattre massivement sur le contribuable : celui-ci va se retrouver à financer les entreprises, le système d'impôt étant désormais dévolu non pas à la péréquation, mais à la reconcentration : pour avoir de l'argent, il faut avoir de l'argent.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Taxer les entreprises et rétablir la sincérité de certaines filières commerciales&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bien entendu, dans ce contexte, l'idée d'une RSE, ou d'une responsabilité environnementale, ou d'une entreprise citoyenne, ou de quoi que ce soit de semblable, n'est qu'une plaisanterie. &lt;b&gt;Il faudra bien trouver un système pour financer les collectivités&lt;/b&gt;, et les entreprises devront en prendre conscience, mais à voir l'efficacité très faible des mouvements citoyens qui ont pourtant développé des moyens considérables dans leur lutte contre les pollueurs (&lt;b&gt;le monde va à Copenhague à reculon&lt;/b&gt;), j'avoue que je suis très sceptique sur les méthodes d'action qu'ils préfèrent, qui semblent bien moins efficaces que celles de ceux qui, dans le passé, ont permis la création de la Sécurité Sociale, de l'école publique, laïque, gratuite et obligatoire, et d'un certain nombre de services qu'on ose encore appeler publics.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il en est là comme de ces produits bio qu'on nous vend dans nos enseignes de grande distribution et qui, venant de contrées souvent lointaines, ont un bilan carbone exécrable qui devrait les exclure de l'appellation bio. Et puisqu'un député européen d'Europe Écologie signe l'une des conclusions de la revue en question, j'avoue que &lt;b&gt;je préférerais voir les gens d'Europe Écologie faire comme Quitterie&lt;/b&gt;, plutôt que de se présenter aux élections dont on se fout quand même un peu : qu'ils s'occupent donc de responsabilité des entreprises et de bilan carbone des produits bio, qu'ils s'occupent un peu de ça au lieu de se perdre dans les sables mouvants de la stérile politique politicienne.&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2009/11/10/pourquoi-tant-d-exces.html</guid>
<title>Pourquoi tant d'excès ?</title>
<link>http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2009/11/10/pourquoi-tant-d-exces.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (hervé torchet)</author>
<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 23:52:16 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'aberration d'une &lt;a title=&quot;les jeunes libres&quot; href=&quot;http://lesjeuneslibres.hautetfort.com/archive/2009/11/10/no-low-cost.html&quot;&gt;spirale&lt;/a&gt; des prix à la baisse pendant qu'on est gavé, gavé et dépouillé à la fois. Drôle de monde. Pouvais-je laisser la journée se terminer sans le dire ?&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2009/11/07/quitterie-alone-in-babyloan.html</guid>
<title>Quitterie alone in Babyloan.</title>
<link>http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2009/11/07/quitterie-alone-in-babyloan.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (hervé torchet)</author>
<pubDate>Sat, 07 Nov 2009 21:16:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quand on a une rolls, c'est assez criminel de la laisser au garage ou de l'utiliser pour aller acheter du pain, quand on a un trimaran, c'est dommage de le faire caboter au moteur. Voilà ce que m'inspire le fait que Quitterie ait été seulement la modératrice du débat organisé par &lt;a title=&quot;site&quot; href=&quot;http://www.babyloan.org/fr/accueil.html&quot;&gt;Babyloan&lt;/a&gt; au Jardin d'Acclimatation, à Paris XVIe, cet après-midi. Faire taire une si jolie voix est un crime affreux. Je trouve qu'elle se laisse trop bouffer par des gens qui ne la respectent pas assez.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quoi qu'il en soit, la table ronde à laquelle j'ai assisté était d'un grand intérêt, un double intérêt : la compréhension par les créateurs de sites de l'esprit collaboratif et bijectif d'Internet, d'une part, et d'autre part, les principes qui doivent inspirer ces créateurs pour que leurs sites soient bien considérés par les internautes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un site institutionnel d'une puissante ONG mondiale (la &lt;a title=&quot;site&quot; href=&quot;http://www.croix-rouge.fr/&quot;&gt;Croix-Rouge&lt;/a&gt;) fournit le contre-exemple : on y trouve des info sur l'ONG, sur ses activités, comme dans un magazine, on y trouve aussi de quoi verser un soutien financier, mais rien, aucune fenêtre, qui permette aux internautes de s'approprier une partie du site, de se constituer eux-même en groupe capable d'assumer une partie des tâches revendiquée par l'ONG. Tout est vertical dans le sens ONG en haut - internaute en bas.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il faut dire que la grande expertise de Quitterie dans ce domaine a permis de disséquer en quelques phrases le défaut de ce site avec ses cinq interlocuteurs.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Deuxième contre-exemple plus discuté : le site &lt;a title=&quot;site&quot; href=&quot;http://www.soliland.fr/content.php?welcome&quot;&gt;Soliland&lt;/a&gt;, qui vend des produits de distribution ordinaire, mais verse une partie du montant des ventes à des ONG. L'évidence du blanchiment que constitue ce processus n'empêche pas le représentant de &lt;a title=&quot;site&quot; href=&quot;http://www.danonecommunities.com/&quot;&gt;Danone Communities&lt;/a&gt; de minimiser ses défauts en considérant qu'un tel site peut être une incitation pour l'économie traditionnelle à se rapprocher de la philosophie d'Internet. Mais comme le même représentant se fait sèchement rabrouer ensuite par une question de la salle qui fustige les pressions exercées par Danone sur les producteurs français de lait (pressions qui permettent par contrecoup de jeter les producteurs de lait des pays pauvres dans la misère), on voit se dessiner assez clairement la ligne de fracture entre deux conceptions du monde. D'ailleurs, le même représentant, à bout d'argument, s'en sort par une pirouette en montrant un produit créé par l'acclimateur d'Internet en France, et en affirmant qu'Internet n'est qu'un outil, alors que Quitterie a déclaré souvent qu'Internet est bien plus : un art de vivre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et c'est elle qui a raison.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les autres sites présentés entrent plus dans le cadre de l'Internet solidaire : &lt;a title=&quot;site&quot; href=&quot;http://www.mycoop.coop/&quot;&gt;MyCoop&lt;/a&gt;, du Crédit Coopératif, &lt;a title=&quot;site&quot; href=&quot;http://www.adie.org/&quot;&gt;Adie.org&lt;/a&gt; de l'Adie, &lt;a title=&quot;site&quot; href=&quot;http://www.peuplade.fr/home/nHome.php&quot;&gt;Peuplade&lt;/a&gt; qui vise à remplacer le bon vieux bistrot d'en bas pour structurer les rencontres de quartier, et bien sûr Babyloan.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'ai déjà eu l'occasion de parler du crédit coopératif, qui est désormais ma banque.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'Adie est une association qui existe depuis vingt ans et qui vient de passer au support Internet, ce qui lui a permis de toucher une population bien plus nombreuse qu'auparavant. Son métier est le micro-crédit, en particulier pour les auto-entrepreneurs. La mise en réseau des bénéficiaires de ses prêts paraît être l'un des ses prochains horizons dominants.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bien entendu, le site le plus directement collaboratif, parmi ceux présentés aujourd'hui, est Babyloan. Son métier est également le micro-crédit, mais avec l'originalité de permettre à des gens qui ont 30 Euros devant eux de prêter ces 30 Euros pour quelques mois à une famille d'un pays pauvre, qui s'en servira pour un investissement crucial. Belle idée, il faut le dire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je suis en revanche un peu plus réservé sur l'une des conséquences du salutaire principe de transparence qui anime cette structure : un prêteur, se rendant au Cambodge, a voulu avoir l'adresse de la famille à laquelle il avait prêté (on ne dit pas quelle somme, est-ce 100 Euros ?). On la lui a donnée, ce qui était normal. Il est allé voir ces gens, et il a pu envoyer un mail satisfait, puis montrer des photos.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Subitement, en imaginant les bons Français en vacances dans la ferme cambodgienne, me revenait la vision de ces bourgeoises du XIXe siècle qui prenaient un air béat en considérant &quot;leurs&quot; pauvres. Comme le dit le célèbre &quot;Voyage de M. Perrichont&quot;, il n'y a rien de plus satisfaisant pour l'égo que de rendre service à autrui. Et je me rappelle que le XXe siècle est celui qui a remplacé toutes ces charités bourgeoises par des institutions sociales. Alors, quand j'entendais, à la fin de la conférence, les réflexions selon lesquelles le charity business d'Internet va se développer considérablement dans les années qui viennent, j'avoue que j'en ai eu un pincement au cœur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Car le pays où le charity business est roi, les États-Unis, est aussi celui où l'espérance de vie baisse depuis plusieurs années, où des millions de citoyens ne disposent d'aucune couverture sociale, et où les institutions supposées caritatives sont parmi les adversaires les plus résolus du projet de sécurité sociale poussé par Barack Obama. J'avoue donc que je préférerais que ce business ne se développe pas, mais qu'au contraire, nous ayons, conservions et inventions des institutions sociales dignes de ce nom.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'avenir d'Internet n'est pas sans risque, et nous devons garder en tête un repère essentiel : l'éthique.&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2009/11/07/faut-il-reconstruire-le-mur-de-berlin.html</guid>
<title>Faut-il reconstruire le mur de Berlin ?</title>
<link>http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2009/11/07/faut-il-reconstruire-le-mur-de-berlin.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (hervé torchet)</author>
<pubDate>Sat, 07 Nov 2009 14:52:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La commémoration de la chute du mur de Berlin sonne étrangement au moment même où le parti du président français (l'UMP) est jumelé avec le Parti Communiste chinois, celui-là même qui, en 1989, l'année de la chute du Mur, a réprimé durement les mouvements étudiants de la place Tian an Men à Pékin. On pourrait considérer bien sûr que, d'une part, ce choix révèle la vraie nature soixante-huitarde du président : après avoir exprimé son intention de &quot;jouir sans entrave&quot;, le voici maoïste... mais d'autre part, on n'a pas envie de réduire la problématique de la chute du Mur à des considérations polémiques, car elle a eu un effet bien plus considérable.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;1989 : l'année du bicentenaire de la Révolution française&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La chute du Mur ne s'est pas faite en un jour, elle a été l'aboutissement de nombreux mois de crissements et de craquements qui, peu à peu, déchiraient et déboitaient le monde bâti par les soviétiques depuis la seconde guerre mondiale. La Pologne avait longtemps fait preuve d'insoumission, puis ce furent les Hongrois qui décidèrent d'ouvrir leur frontière avec l'Autriche. Aussitôt, des Est-Allemands, des Tchèques, des Hongrois mêmes, et d'autres, votèrent avec leurs pieds en passant à l'ouest. Il y eut des trains entiers qui, partant d'Autriche, arrivaient en Allemagne encore dite de l'Ouest (la RFA, opposée à la RDA). &lt;b&gt;L'effondrement semble avoir été presque voulu par Gorbatchev&lt;/b&gt;, comme une purge salutaire, et on ne peut pas s'empêcher de faire un rapprochement entre celui-ci et le personnage extraordinaire interprété par Kusturica dans le passionnant film de Christian Carion &quot;&lt;b&gt;L'affaire Farewell&lt;/b&gt;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pendant que ce monde s'effritait et périssait, &lt;b&gt;la France préparait les fastes du bicentenaire de la Révolution française&lt;/b&gt;. On enregistrait des émissions plus ou moins inspirées (je me souviens d'un procès de Louis XVI où Fouquier-Tinville était curieusement interprété par Jean-Édern Hallier, plus flamboyant que jamais), des documentaires, on se préparait à rouvrir pour la énième fois le dossier de la Terreur, pouvait-on distinguer les deux phases de la Révolution, 1789 et 1793, ou fallait-il considérer que la Révolution, dans toutes ses phases, était, selon l'expression de Clemenceau, &quot;un bloc&quot; ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le clou des festivités était évidemment prévu pour le 14 juillet 1989, commémoration de la prise de la Bastille par les Parisiens. On annonçait un défilé de haut vol créatif sur les Champs-Élysées, &lt;b&gt;Jack Lang&lt;/b&gt; au faîte de sa gloire se trouvait aux manettes, on allait voir ce qu'on allait voir. Et j'avoue que j'ai été profondément déçu. Je ne suis pas du tout sensible à ce que fait &lt;b&gt;Découflé&lt;/b&gt;, j'ai trouvé son défilé emphatique et ridicule, comme d'ailleurs l'ensemble des manifestations dont j'ai été le témoin. C'est que, &lt;b&gt;dans toute cette affaire, un mot manquait : révolution&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;La Révolution française, mère de toutes les révolutions jusqu'en 1989&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bien que la guerre d'indépendance américaine soit considérée comme une révolution selon les catégories anciennes, la vraie révolution, celle qui a fait rêver le monde, celle qui a théorisé le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, celle qui a renversé les féodalités européennes et imposé partout l'état-civil et le droit notarial unifié, c'est la Révolution française. Celle qui a guillotiné le roi et tué définitivement le père, c'est la Révolution française. Celle qui a aboli l'esclavage, c'est la Révolution française. Celle qui a proclamé l'égalité des citoyens devant la loi, c'est la Révolution française.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nombreux sont les révolutionnaires du XXe siècle qui sont venus recueillir les idées révolutionnaires au creuset parisien, quel que soit leur pays, en particulier russes et chinois. Et comme un écho de la Révolution française, &lt;b&gt;ceux qui ne trouvaient pas leur bonheur en potassant 1789 et 1793 le dénichaient en étudiant 1871 et la Commune de Paris&lt;/b&gt;. L'Internationale, chant français écrit par un Français (Eugène Pottier) pour le monde entier, était certes traduite, mais apprise en français dans le monde entier, après 1917.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le plus terrible d'ailleurs, de ce point de vue-là, a été quand, place Tian an Men, on a vu des étudiants chinois fiers de résister au pouvoir sur un chant révolutionnaire français, la Marseillaise, quand en face d'eux, le pouvoir se réclamait d'un autre chant révolutionnaire français, l'Internationale. On pouvait presque retrouver là l'écho de ce que Lamartine dit un jour à des ultras de 1848 : &quot;Votre drapeau rouge n'a fait que le tour du Champ de Mars, quand le drapeau tricolore a fait le tour du monde&quot;, en somme la même opposition se trouvait à des milliers de kilomètres de là, dans une société qui ne savait de la France que ce que les manuels révolutionnaires en disaient. Ce fut le tragique pinacle de l'influence idéologique française dans le monde, un chant du cygne : avec la chute du Mur, l'idée révolutionnaire, Danton, Robespierre, Marat, Clément, Sorel, toute cette cohorte de saints rouges, était appelée à sombrer dans l'oubli.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous n'en étions pas conscients alors, mais &lt;b&gt;la fin de l'Union Soviétique, qui se profilait, annonçait la fin du prestige de nos idées&lt;/b&gt;, la fin de leur capacité dynamique à agir sur le monde.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Qu'avons-nous à dire au monde ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce qui est tragique, c'est que &lt;b&gt;le bébé s'est noyé dans l'eau du bain&lt;/b&gt; quand on a jeté le bébé avec l'eau du bain. Car dans les idées révolutionnaires brusquement démonétisées, il y avait des principes utiles pour organiser le monde, et surtout l'idée fondamentale que le peuple peut faire pièce aux puissants, qu'il peut leur tenir la dragée haute.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et depuis ce temps, des idées, nous n'en avons plus, l'anglais règne partout, l'éthique publique a disparu au profit de la logique mercantile, inégalitaire et communautaire, qui se pare du beau nom de modernité et qui n'est que la dilatation des habitudes anglo-saxonnes à l'échelle d'un modèle mondial qui se voudrait universel. Cette société dominée par l'argent, c'est la leur depuis des siècles. Elle véhicule son cortège de misère et de soumission.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et nous, &lt;b&gt;nous pataugeons dans un débat sur l'&quot;identité française&quot; qui est forcément impossible&lt;/b&gt;, car l'identité française, notre esprit commun, est justement de n'avoir pas d'esprit national (pas de &quot;Volksgeist&quot;), mais une conceptualisation du monde, la Raison, de Pierre Abailard à Voltaire en passant par Thomas d'Aquin et Descartes. La France, c'est le français, notre langue, une méthode intellectuelle, ouverte à qui veut bien s'y intéresser. Notre identité, c'est de distinguer le public du privé, le sacré du profane, le politique du commercial, l'État de la Société civile. Notre identité, ce sont trois mots : &lt;b&gt;Liberté, égalité, fraternité&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2009/11/06/mes-trois-premiers-billets.html</guid>
<title>Mes trois premiers billets.</title>
<link>http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2009/11/06/mes-trois-premiers-billets.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (hervé torchet)</author>
<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 21:39:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a title=&quot;crise dans les médias&quot; href=&quot;http://crisedanslesmedias.hautetfort.com/archive/2009/11/06/mes-trois-premiers-billets.html&quot;&gt;Éric&lt;/a&gt; me tague dans une chaîne sur les trois premiers billets publiés sur nos blogs, c'est une occasion de faire un historique, un de plus...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a title=&quot;blog&quot; href=&quot;http://lesjeuneslibres.hautetfort.com/&quot;&gt;Quitterie&lt;/a&gt;, fin 2006 et début 2007, animait la blogosphère d'un fort militantisme pour l'esprit d'Internet. Captivé par ses lignes, et découvrant l'Internet politique dont je n'étais pas consommateur jusque-là, tout absorbé par mes publications historiques et ayant nettement décroché de l'activisme politique.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mon &lt;a title=&quot;mon blog&quot; href=&quot;http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2007/01/09/c-est-le-debut.html&quot;&gt;premier&lt;/a&gt; billet, le 9 janvier 2007, porte un constat très objectif dans son titre : &quot;c'est le début&quot;. J'y examine l'impression que fait d'avoir ouvert cette page de communication et de découvrir les joies narcissiques du bloc-notes public quotidien. C'est un billet très émerveillé et tâtonnant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mon &lt;a title=&quot;mon blog&quot; href=&quot;http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2007/01/10/livres-libres.html&quot;&gt;deuxième&lt;/a&gt; billet affiche un titre programmatique qui est une citation de Victor Hugo, l'une de celles que je continue à préférer, l'une des plus vraies sur le devoir de toute personne qui détient un savoir ou un pouvoir : &quot;Agrandir les esprits, amoindrir les misères&quot;. C'est l'occasion d'une présentation personnelle que je reconnais avoir été alors un peu trop longue, mais vraie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mon &lt;a title=&quot;mon blog&quot; href=&quot;http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2007/01/11/faire-avec.html&quot;&gt;troisième&lt;/a&gt; billet, le surlendemain du premier, explique mon intention initiale de parler beaucoup de littérature sur mon blog, ce que j'ai finalement moins fait que de cinéma, et surtout de politique, la vie est mal faite, mais en vérité, j'ai depuis ouvert un autre &lt;a title=&quot;mon autre blog&quot; href=&quot;http://www.laperenne-zine.com&quot;&gt;site&lt;/a&gt; très intermittent où j'ai repris les articles culturels de mon blog, et où j'enfile les documents historiques bretons avec l'idée de développer un blog strictement culturel, et par ailleurs, jusqu'au funeste retrait de Quitterie, c'est elle, Quitterie, qui a été mon meilleur sujet, et je ne regrette pas ce choix.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je tague l'ami &lt;a title=&quot;demsf&quot; href=&quot;http://demsf.free.fr&quot;&gt;FLN&lt;/a&gt; (Frédéric Lefebvre-Naré, un Démocrate Sans Frontière), parce qu'il m'a cité récemment et que j'en profite pour signaler que je lis son blog avec beaucoup de profit.&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2009/11/03/23-ans.html</guid>
<title>23 ans.</title>
<link>http://jour-pour-jour.hautetfort.com/archive/2009/11/03/23-ans.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (hervé torchet)</author>
<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 11:55:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a title=&quot;blog&quot; href=&quot;http://www.lespagespolitiquesdemirabelle.net/article-le-buzz-des-23-balais-38675265.html&quot;&gt;Mirabelle&lt;/a&gt; me tague sur une chaîne qui, si j'ai bien compris, vient de &lt;a title=&quot;blog&quot; href=&quot;http://falconhill.blogspot.com/2009/10/quavons-nous-fait-de-nos-20-ou-23-ans.html&quot;&gt;Falconhill&lt;/a&gt; via &lt;a title=&quot;blog&quot; href=&quot;http://ataraxosphere.canalblog.com/archives/2009/11/03/15663059.html&quot;&gt;Ataraxosphère&lt;/a&gt; et autres.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le jour de mes 23 ans, il y a tout juste 22 ans aujourd'hui, je l'ai passé à l'hôpital militaire de Lille. J'avais en effet débuté la période des classes de mon service militaire un mois plus tôt, dans les premiers jours d'octobre, à la base aérienne 103, à Cambrai. Il faisait un soleil éclatant le jour de mon arrivée sur cette base, le sous-officier qui était venu chercher à la gare les deux ou trois troufions héberlués qui s'y trouvaient échoués (je n'étais pas arrivé à la bonne gare, ni à la bonne heure, j'ai toujours été incapable de faire tout comme tout le monde), chantonnait, en conduisant, un &quot;tube&quot; de l'époque : &quot;Bienvenue à Paris, les filles sont si jolies...&quot; ou bien, plus traditionnel et festif : &quot;Ah, le petit vin blanc, qu'on boit sous les tonnelles, quand les filles sont belles, du côté de Nogent...&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le premier soir, avant d'être répartis entre différentes destinations (les élèves officiers - EOR - d'un côté, les élèves sous-officiers d'un autre côté, la troupe au milieu), nous avions dormi sous la tente, un barnum collectif pour au moins une cinquantaine de bleusaille. La journée avait été belle, la nuit fut glaciale. Le lendemain, j'avais une rhinite, une trachéite, une bronchite, une... bref, je prenais 27 pilules par jour, j'avançais dans le brouillard, si bien qu'on a fini par m'envoyer à l'hôpital de Lille dont je ne suis sorti que pour la dernière semaine des classes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De Cambrai, je suis parvenu à me faire affecter à Creil, dans l'Oise, au nord de Paris, une base désaffectée qui relevait de Cambrai, où se trouvait un détachement chargé de veiller sur la base qui servait de point d'appui en cas de déclaration de guerre. C'était calme et informel, je crois que nous étions une vingtaine d'&quot;&lt;i&gt;aviateurs&lt;/i&gt;&quot; (nom donné aux soldats de l'armée de l'air), il devait y avoir deux ou trois sous-officiers, le plus haut gradé était un capitaine qui attendait la retraite en sifllotant. Je rentrais dîner chez moi à Paris, mais je me levais à cinq heures du matin pour arriver à la base à huit, c'était assez fatigant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De Creil, j'ai donc réussi à me faire muter à la base aérienne 117, à Paris, place Balard, dans le XVe arrondissement, à une demi-heure à pied de chez moi, ce qui était beaucoup plus confortable. Là, j'ai été affecté à la bibliothèque juridique de la Direction du Personnel Militaire de l'Armée de l'Air (DPMAA), placé sous la houlette d'un personnage jeune mais étrange, le sergent-chef Jésus. Je travaillais avec les officiers de la DPMAA, et subitement, le grade le plus bas était celui de capitaine. On trouvait là beaucoup d'Officiers de Réserve en Situation d'Active (ORSA), des gens qui, ayant fait leur service militaire, avaient ensuite fait un bout de carrière dans le civil, puis été embauchés par l'Armée de l'Air dans un cadre militaire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les plus amusants étaient les pilotes, qui racontaient leurs nombreuses anecdotes de vol et d'atterrissage. De quoi faire frémir Dassault et tous les fabricants d'avions de guerre. Curieusement, ils ne racontaient jamais d'histoires de guerre. Durant toute la période de mon service militaire, je n'ai entendu qu'un sous-officier parler de combats de sa jeunesse. Le reste du temps, rien.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est pendant cette période de bibliothèque que j'ai pu rédiger mon mémoire de maîtrise de DEA en droit public interne. J'avais choisi un sujet rare, sur lequel les textes et la jurisprudence étaient des plus succincts, et j'ai rédigé en trois jours un mémoire de quinze pages, pour lequel j'ai obtenu la note convenable de 14/20. Ouf, j'avais enfin terminé ce DEA que j'avais vaguement suivi en étant délégué général national&amp;nbsp; (permanent salarié payé au black) des jeunes centristes (JDS) lors de la pré-campagne de Raymond Barre pour l'élection présidentielle qui eut lieu pendant mon service militaire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Fin juin, il me restait trois mois à faire, mon général (un quatre étoiles typique nommé Clariond, qui commandait la DPMAA) se soucia de concours administratifs que je voulais passer à la rentrée : il m'accorda une &quot;permission libérable&quot;, qui me permettait de n'avoir plus à revenir à la B.A. 117 que pour rendre mon paquetage, fin septembre. J'ai pris quelques vacances.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;À la rentrée, après avoir vaguement concouru, je me suis intéressé à l'Assemblée Nationale : les élections législatives avaient eu lieu en juin, nous avions un certain nombre de nouveaux députés, j'avais envie de devenir assistant parlementaire. Ayant quelques copains dans la place, j'ai pu assister aux journées parlementaires qui avaient lieu à l'hôtel Lutétia à Paris, prendre des contacts, et finalement, ce fut Nathalie Boulay-Laurent (récemment première adjointe malheureuse de Dassault à Corbeil) qui me donna la piste décisive, un député du Doubs tout à fait sympathique et peu intéressé par la politique nationale nommé Michel Jacquemin. Le jour de mes 24 ans, j'avais été embauché et j'ai fêté ça au Laurent Perrier brut millésimé 1977 à la buvette de l'Assemblée, avec deux ou trois assistantes aves lesquelles j'avais commencé à tisser des liens.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Celles qui me plaisaient le plus étaient Roseline, l'assistante très droite ultra-catho du maire d'Angoulême Georges Chavanne, Christine, l'assistante non moins conservatrice de Christine Boutin, et Sylvie, la belle-sœur et assistante de Dominique Baudis. Juste en face de l'Assemblée, au bureau parisien du paerlement européen, j'avais aussi la très belle Virginie de Villepin, qui, je crois, est aujourd'hui au groupe radical au Sénat. Je précise que ce n'étaient pas des liaisons, il ne s'est rien passé. Je crois que Virginie était d'ailleurs la seule pour laquelle je craquais vraiment.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'était contrariant de devoir supporter les harangues de l'assistante de Boutin contre l'avortement, et d'une manière générale l'atmosphère peu créative de ceux qui se disaient centristes, que je voyais autrement que lorsque j'avais été militant du mouvement de jeunes. C'est le moment où j'ai donc commencé à m'en éloigner, mais ceci est une autre histoire.&lt;/p&gt;
</description>
</item>
</channel>
</rss>