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02/06/2007

Bayrou : s'appuyer sur Quitterie Delmas ?

J'ai beau tenter de m'intéresser aux législatives du MoDem, je n'y arrive pas.
 
Bien sûr, la non investiture de Quitterie Delmas n'est pas pour rien dans ce relatif désintérêt. Bien sûr aussi, il s'y mêle ce que j'écrivais hier sur le fait que le jumelage des élections présidentielle et législatives vide de facto l'assemblée nationale de toute substance parlementaire, puisqu'elle n'est plus élue pour désobéir, mais tout au contraire pour obéir. Un parlement dont la fonction est d'obéir n'est plus un parlement. Sous l'Ancien Régime au moins, les parlements disposaient d'un droit de remontrance ; aujourd'hui, ils n'ont que le droit de se taire.
 
Mais mon absence d'enthousiasme vient d'ailleurs : je sais comment tout ça c'est préparé.
 
Au mois d'octobre dernier, l'UDF a précipitamment contacté tous ses responsables locaux pour faire émerger au plus vite 577 candidatures pour les élections législtatives du printemps. Le bureau politique fut réuni en novembre et on promit qu'avant Noël, tout serait réglé.
 
Certains candidats piaffaient dans les paddocks, d'autres commençaient leur campagne sans attendre.
 
Les plus fragiles attendirent. En vain.
 
En janvier, les sondages restaient bas. Que faire de 577 candidatures si la présidentielle est un échec ? En février, les sondages décollaient. Que faire de 577 candidatures UDF si l'on gagne et si l'on doit estampiller en vitesse tant de candidats ralliés de tous bords  à la nouvelle majorité présidentielle ?
 
Bref, les candidatures restèrent dans les cartons.
 
C'est seulement courant mars, quand on eut la conviction qu'on ne gagnerait pas mais qu'on ferait un score élevé, que l'on se remit à examiner les candidats.
 
Or entre-temps, une partie d'entre eux, découragés de ne rien voir venir, avaient baissé les bras et renoncé à leur candidature. Il fallut donc les remplacer.
 
Pire : en avril, et début mai, on constata que des candidats frileux se repliaient sur le centre droit et que de nouvelles et larges brèches s'étaient creusées dans les rangs des 577.
 
On improvisa alors encore plus, on s'appuya sur les instances locales, et il sortit de ce processus une galerie improbable de candidats de toutes les tailles, de toutes les formes, et surtout de toutes les qualités, même la pire.
 
Le plus sombre fut quelques départements comme l'Oise. Là, les instances nationales et la fédération ont joué un jeu étrange et, finalement, les investitures n'ont pas été nombreuses. Sans commentaire.
 
Ailleurs, là où les instances locales étaient en phase avec la démarche de Bayrou, les choses se passèrent plutôt bien. Plutôt.
 
Sans entrer dans trop de détails dont quelques-uns ont été cités dans ces mêmes pages, je rappellerai le cas de Quitterie Delmas, auquel je pourrais ajouter d'autres semblables.
 
Pourquoi sont-ils si importants, au delà même de l'attachement que l'on peut avoir pour Quitterie ?
 
C'est qu'ils représentent la promesse de changement que Bayrou a faite au pays.
 
Alors, François, de grâce, sauve tes législatives qui sont aussi les nôtres : téléphone à Quitterie et associe-la à tes derniers jours de campagne, que l'on puisse enfin se dire que le MoDem tiendra les promesses du candidat Bayrou.