08.07.2008

Promouvoir le mandat unique au MoDem.

Quitterie Delmas annonce ce soir la prolongation de l'opération anti-cumul des mandats jusqu'au congrès qui se prononcera sur la réforme des institutions.
 
Je suppose qu'elle prépare une surprise et j'en suis solidaire même si, à l'heure où j'écris, j'ignore encore si j'y participerai in vivo.
 
En attendant, À FOND POUR LE MANDAT UNIQUE !
 
N'oublions pas la pétition de Werner Büchner :
 
 
Non cumul des mandats : Saisine de la Conférence Nationale du Modem
Recommandé par des Influenceurs

05.07.2008

Pour l'organisation d'une consultation sur la motion d'Éric Julliard en septembre.

On ne peut pas me taxer de rouler pour Julliard dont je désapprouve entièrement les méthodes. Cependant, pour être juste, il faut avoir une position entièrement équilibrée.
 
Les statuts sont clairs : dès lors que certaines conditions de forme sont réunies (la signature de vingt conseillers nationaux par exemple), les autorités du MoDem doivent organiser une consultation sur la motion proposée. Bayrou s'était engagé à la création de cette procédure, il l'a fait. Assumons avec lui.
 
Et donc en septembre ou au prochain courrier circulaire général (pour ne pas alourdir les frais de fonctionnement de notre mouvement qui n'est pas riche), je souhaite que la motion Julliard soit mise aux voix.
 
D'ici là, je pense qu'il serait utile que les vingt conseillers nationaux signataires se fassent connaître et que, à travers les blogs et les sites d'expression interne, ils s'expliquent sur leur démarche. C'est là que l'on en verra la pertinence.
 
J'ajoute que j'ai expédié aujourd'hui même mon bulletin portant mon approbation de la motion de François Bayrou.

Militants politiques, OCCUPEZ-VOUS DES GENS !

Il est très rare que je hausse le ton sur mon blog. Mais j'en ai ASSEZ.
 
La pitrerie collective dans laquelle nous entraîne l'affaire Julliard est une illustration parfaite de la profonde vacuité de l'engagement des militants politiques.
 
Pour quoi faisons-nous de la politique ?
 
Pour quoi ?
 
Pour les gens, pour l'intérêt général, c'est ce que nous nous tuons à répéter. Eh bien tous, nous mentons.
 
J'ai honte du bond prodigieux fait par la fréquentation de mon blog sur la note qui précède, consacrée au vaudeville Bayrou-Arnaud-Julliard, festival de tartuferie.
 
Dès qu'il est question du nombril du MoDem, tout le monde est là, tout le monde a une opinion, tout le monde sait quoi dire, que faire, tout le monde s'empresse. Ah, là, vraiment, on est dans le vif du débat.
 
Et c'est la même chose dans les autres partis politiques : dès qu'il est question de l'appareil, tout le monde salive. Mais pour aller défendre les gens sur le terrain, plus personne. C'est écoeurant.
 
Puisque Julliard veut donner des leçons, eh bien qu'il nous explique ce qu'il a fait de concret pour les gens, pour les faibles en particulier. Ca, ce sera intéressant, j'en grille d'impatience.
 
Et enfin, il faut quand même dire une chose : s'il n'a pas pu présenter sa motion cette fois-ci, puisqu'il a les signatures, qu'il le fasse la prochaine fois. Franchement, je trouve qu'il y a une hystérie malsaine dans tout ça. Ce n'est pas comme ça que l'on améliorera la société.
 
Occupons-nous des gens.

Le MoDem entre âge des cavernes et pluralisme.

Souvenons-nous de la joie que nous avons eue avec Quitterie Delmas en janvier dernier : enfin, le temps des candidatures uniques était révolu. Enfin, il y avait plusieurs listes, chacune avec sa vision, son identité, aux élections internes, fait inouï au temps de l'UDF telle que nous l'avons connue.
 
C'était une vraie satisfaction.
 
Hélas, où en sommes-nous ?
 
Peut-il y avoir un retour à l'âge des cavernes ? un retour au temps des motions uniques, des candidatures uniques ? Mais alors, il y a fort à parier que ces cavernes prendront un sens fort platonicien de théâtres d'ombres...
 
Il faut donc travailler à ce que le débat puisse se faire.
 
Pour cela, je ne suis pas certain que la hargne procédurière d'Éric Julliard soit la mieux inspirée. Un personnage qui est (dit-on) capable de menacer (sur e-soutiens) un autre militant de poursuites judiciaires parce que celui-ci a osé révéler ce que tout le monde murmure, qui est que le ténébreux correspondant anonyme qui vomit bile et pus sur Bayrou depuis un an sur e-soutiens n'est autre que Julliard lui-même, un tel personnage ne peut guère s'attirer la sympathie, d'autant moins d'ailleurs que l'argument avec lequel il le fait tient du plus haut ridicule : cette levée d'anonymat serait un traitement informatique au sens de la loi Informatique et Liberté... et pourquoi pas une diffamation ? Tout cela est ridicule.
 
Disons les choses franchement : le rejet de la motion Julliard pour des raisons de forme est absurde. À titre de comparaison, le Conseil d'État, lorsqu'il a à connaître de décisions dont les signatures sont un élément substantiel, ne rejette pas ces décisions, mais soumet leur validité à régularisation. Autrement dit : "dès que j'aurai connaissance des vraies signatures, je validerai".
 
Cette position intelligente aurait pu et dû inspirer le Comité de Conciliation et de Contrôle.
 
En temps normal, on dirait que l'erreur commise par cette autorité en se raidissant profite à son adversaire qu'elle victimise. Ce n'est cependant pas le cas cette fois-ci. Car il y a une erreur d'analyse profonde chez Julliard et ses amis : ils croient qu'existe un mécontentement refoulé des adhérents du MoDem. Ils croient se faire les porte-paroles d'une vox populi qui dit la vérité que les autres n'osent pas formuler, bon peuple écrasé par l'infâme tyrannie exercée par Bayrou.
 
C'est une erreur totale : ceux qui étaient mécontents l'ont su très vite, dès l'automne dernier et s'en sont allés depuis cette époque, ils ne s'intéressent plus guère à nos affaires. Et d'après ce que je lis sur le taux de réadhésions, ils étaient très minoritaires déjà. Rappelons-nous qu'en janvier, la liste Branaa, sur cette ligne, en Île de France, a fait 10 % des voix seulement.
 
Pour beaucoup d'adhérents, Bayrou a subi tant de manoeuvres dans le passé, qu'on ne doit pas se formaliser trop de ses façons de procéder à l'intérieur même du MoDem : un excès de formalisme finirait par bénéficier à Sarkozy. C'est ce que la majorité de ceux qui se tiennent informés pensent à mon avis, sans compter ceux qui suivent la vie interne avec une distraction pressée. Pour eux, tout ça n'est pas bien grave, il y a un consensus pro-Bayrou dans le MoDem et une conviction que la division réelle ne peut que lui nuire.
 
C'est d'ailleurs ce qu'il a dit lui-même lors du café démocrate auquel l'excellente Quitterie l'a invité à l'automne dernier : "quand tu montres tes divisions, tu es mort".
 
Nous revoilà donc au noeud du problème : le pluralisme.
 
Comment faire en sorte que le pluralisme ne soit pas la division ? Je crois que c'est en étant de bonne foi et que c'est ce qui a manqué aux récents épisodes, de part et d'autre : la bonne foi.
 
Mais il y a un aspect institutionnel aussi : les articles du règlement intérieur et des statuts qui prévoient la consultation des adhérents ne disent pas que plusieurs consultations connexes soient forcément exclusives les unes des autres. Autrement dit, les adhérents ont la faculté de voter à la fois pour la motion Bayrou et pour la motion Julliard si celle-ci est validée. C'est une lacune : il faudrait qu'il puisse y avoir une consultation où certaines motions soient en alternative, ce serait plus clair.
 
Enfin, je dois dire que je ne comprends pas que les Julliard boys n'aient pas rédigé leur motion sur le seul point de fond qui les différencie vraiment de Bayrou ces jours-ci : le règlement intérieur. Étant donné qu'ils ont bataillé ferme pour un règlement alternatif, jurant sur tous les dieux qu'ils étaient plus légitimes que Bayrou pour le rédiger, passer à autre chose comme du coq à l'âne ne peut que les exposer au qualificatif d'incohérents. De surcroît, ç'aurait été plus simple, premettant aux adhérents qui l'auraient souhaité de dire clairement "je désavoue Bayrou", ce que ne leur permet pas la motion Julliard qui noie le poisson.
 
Bonne foi, clarté, voilà donc deux exigences minimales pour nos adhérents, pour un fonctionnement de bonne qualité de notre mouvement.
 
J'ajoute par ailleurs que je vourais savoir qui est le dénommé Zauberman que Bayrou aurait fusillé en direct au Congrès et qui est si important que Quitterie m'en a alors parlé et d'autres après elle depuis.
 
Voilà, je crois avoir tout dit de ce que je pense : que le CCC et Bayrou pratiquent la clémence d'Auguste, qu'en face on choisisse la clarté constructive plutôt que la démolition en gros et en détail, et nos modémistes pourront enfin s'occuper de l'essentiel : la critique de la politique de la France par la droite inégalitaire.
 
Un vrai sujet. Enfin.

01.07.2008

Nouveau classement wikio.

Livraison toute chaude pour juillet, classement wikio, voici les modémistes patentés :
 
4 Ma vie en Narcisse  , 16 Christophe Ginisty, 21 Corinne Lepage, 25 MonPuteaux.com (bienvenue au MoDem, son blog est d'abord un blog citoyen), 30 Hérésie, 32 jour-pour-jour (votre serviteur), 36 Des Jeunes libres de s'engager (chic, Quitterie remonte et en plus, elle est tout près de moi), 41 Farid Taha, 42 Le Petit Grognard (qui n'en finit pas de tirer sa révérence), 44 MIP au MoDem (Marie-Isabelle Pichon en plein boum), 49 le blog d'Olivier Montbazet (KaG, belle progression aussi), 72 BGR : MoDem du Pays Basque (64) (bon fonctionnement des blogs MoDem en réseau, décidément), 73 Le blog de Hypos (apparemment, c'est la dernière fois qu'elle apparaît sous l'étiquette MoDem, dommage), 77 Barrejadis (toujours la synergie MoDem), 82 Jérôme Charré (il a eu beaucoup de travail, de là sa stagnation), 85 Sébastien Pereira, 90 Connexion démocrate (Antonin est en colère au sujet de l'Essonne et a raison), 98 Blog du démocrate.
 
Cette fois 18 blogs sur 100 sont MoDem. Mais si Marie-Laure "Hypos" maintient sa décision, comptons-en 17, dont un mort (Petit Grognard). Cela dit, 16% n'est pas si mal.

21.06.2008

Opération modernisation = non-cumul : j'ai signé la pétition.

Vous avez certainement déjà signé la pétition dont Werner Büchner assume la charge, comme Quitterie Delmas l'a suggéré aujourd'hui, mais si ce n'est pas encore fait, vous pouvez courir Signer ici ! 
 
Les explications sont sur le blog de Quitterie et celui de Werner, il fait bien trop chaud pour que je me fende d'une longue dissertation. C'est l'heure du farniente devant un bon film. Vous me conseillez quoi ? 

17.06.2008

Perspectives du MoDem parisien.

Je vais commencer par dire un mot de l'hommage très émouvant à notre ami Ali Menzel à Villiers-le-Bel, ce matin. Il avait lieu à midi, avenue des Érables, au gymnase Émile Zola.
 
J'y suis allé en RER, par la ligne D que j'ai prise à la station Châtelet, en plein centre de Paris. La grève gênait une autre ligne, la ligne B, celle qui dessert l'aéroport de Roissy, mais la ligne D roulait normalement. Cela dit, il m'a fallu plus de deux heures, de chez moi, pour atteindre le gymnase. Vraiment, on imagine le calvaire que vivent les banlieusards qui, chaque matin, font ce genre de trajets pour venir travailler à Paris.
 
Quoiqu'il en soit, dans ce grand gymnase, il y avait un monde fou. J'ai aperçu Quitterie, que j'ai embrassée et auprès de qui je n'ai pu rester : elle m'a signalé que l'assemblée était divisée en deux, les hommes devant, les femmes derrière, dont elles.
 
- Il faut que tu ailles avec les hommes, m'a-t-elle soufflé.
 
Et là, ne sachant pas bien quoi faire, j'ai fini par apercevoir les élus en écharpe et, parmi eux, François Bayrou, que j'ai salué. Puis je me suis inserré dans la file des condoléances à côté de Clément Le Ricousse.
 
Un à un les hommes, dont les élus, ont serré la main d'un proche parent d'Ali, puis de deux autres hommes qui menaient la veillée. Par une étroite ouverture, on distinguait le visage de notre ami, parcheminé par la mort, mais serein.
 
- C'est bien triste, m'a glissé Bayrou avant de faire un tour de la salle un peu au hasard, jusqu'au député-maire (cumulard) de Sarcelles, François Pupponi.
 
C'était triste, en effet.
 
Pendant ce temps-là, les femmes, à leur tour, prononçaient leurs mots de condoléances et saluaient une dernière fois le mort, une à une, dont Quitterie, Virginie, Domitille, et d'autres.
 
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L'après-midi, j'ai eu envie de faire un tour au siège du MoDem. Je n'y avais pas mis les pieds depuis des semaines.
 
J'ai trouvé l'atmosphère inchangée, toujours un peu lourde et tendue entre les partisans de l'"ancien monde" et ceux qui se tournent résolument vers les perspectives nouvelles ouvertes par Bayrou, qui ne sont certes pas un choix de facilité.
 
J'ai vu Éric Azière, qui m'a donné des info sur les médiocres scores des candidats MoDem du week-end, sauf celui qui est parti non pas avec la casaque MoDem, mais avec le dossard DVD. L'électorat s'est-il recristallisé sur la bipolarisation ? Il faudra y réfléchir.
 
Puis j'ai vu des adhérents parisiens, la réunion des nouveaux adhérents, assez guillerets, accueillis, si j'ai bien vu, par Virginie Votier et Armand Hennon, cependant que, dans l'amphi Lecanuet, Élisabeth de Fresquet présidait une réflexion de quelques dizaines d'adhérents, souvent jeunes, sur la réforme du bac.
 
À l'étage, Benoît Braïda, Fabrice Hauet et quelques autres planchaient sur la Fabrique d'Idées, en tout cas sur le site Internet.
 
Du côté du "bocal", Didier Nicolas, l'homme des fichiers, recevait un ancien permanent de la maison, Vincent Laloy, qui a pris mon adhésion en octobre 1981 et qui, depuis, me surnomme M. l'ambassadeur parce que son père et mon grand-père maternel (en son temps ambassadeur de France) ont travaillé ensemble sur certains dossiers il y a mille ans ou cinquante ans. Laloy, très en verve, bougonnait contre la "clique gaullo-communiste", et je le soupçonne toujours d'un humour pince-sans-rire.
 
Une place était vide, celle de Marie-Amélie Marcq, et je dois dire que je regrette vivement son départ, même si je crois qu'une carrière doit parfois prendre des tournants. Il était peut-être temps pour elle de s'ouvrir de nouveaux chemins, mais tout de même, j'ai un souvenir nostalgique du temps de ses débuts, où elle était confinée à un petit espace, juste un bureau dans le coin du second plateau du premier étage du siège, avec des photos de Bill Clinton partout parce qu'elle avait fait ses classes là-bas, parmi les cadres du Parti Démocrate américain. C'était aussi un temps où elle réalisait des journaux d'élus pour Claude Goasguen et où elle retouchait mes photos pour me donner meilleure mine. C'est elle aussi qui avait eu l'idée de faire des maillots de rugby FD (Force Démocrate à l'époque). Je vous parle d'un temps que les moins de...
 
Le temps passe.
 
Encore plus haut se réunissait le comité exécutif dont tombaient un à un, comme les raisins d'une grappe, les membres : Azière, Vanlerenberghe, puis Bennahmias, Lepage, Arnaud, Lehideux accompagné d'un maire et se joignant à Bulté, ancien conseiller de Paris, et d'autres encore.
 
Mais ce soir, au siège, il n'y avait pas Quitterie.
 
Je l'ai regretté.
 
Quoiqu'il en soit, la longue discussion que j'ai eue avec Éric Azière où il n'a en rien pris lui-même position sur les dossiers parisiens, puis celle que j'ai eue avec un responsable du Ve dont j'ai le nom sur le bout de la langue, m'ont donné à réfléchir.
 
Que faire pour le MoDem parisien ?
 
J'ai tourné et retourné le problème dans ma tête un peu embuée, et vraiment, quel que soit le bout par lequel je prends l'affaire, je trouve que la solution, pour la présidence du MoDem parisien, c'est Quitterie Delmas. J'espère qu'elle acceptera de s'y porter candidate.

16.06.2008

Le renouvellement.

Bayrou l'avait promis l'an dernier, c'est un point où le discours de Quitterie Delmas avait marqué la thématique originelle du MoDem : le renouvellement des acteurs et des pratiques politiques, l'émergence d'une génération politique nouvelle. Et c'est sans doute l'aspect par lequel Bayrou a été le plus ponctuel, parfois par la nécessité du départ des anciens, parfois par l'énergie des nouveaux.
 
Oh, il reste bien des progrès à faire, notamment dans l'organigramme du MoDem qui reste à compléter.
 
Quitterie Delmas, dans l'opération MODERNISATION = NON CUMUL, qu'elle a lancée, a relancé à la fois la réflexion et l'intérêt sur les questions de gouvernance devant lesquelles la pseudo-réforme des institutions a drapé un rideau de fumée. Elle a aussi rappelé (et elle rappelle) que les dispositifs institutionnels sont souvent les plus efficaces pour faire bouger les choses, et que pour libérer des espaces aux initiatives nouvelles, il fallait libérer celles-ci d'inerties anciennes.
 
C'est bien vu.

09.06.2008

Mon principal regret à propos de la convention Europe d'hier.

La longue matinée d'hier, à la Maison de la Chimie (le maison de l'UIMM...), hier, a commencé pour moi par une flatterie : j'y suis allé à pied et, sur le chemin, rue Saint-Dominique, j'ai croisé François Bayrou, la voix éraillée et visiblement fatigué mais content de son aller-retour au Liban. Il m'a dit "... et... c'était un moment d'unité nationale". J'ai acquiescé. C'est vrai et c'est important : c'est le signe de l'intention de Bayrou de se réancrer dans les thèmes de sa campagne présidentielle, ce qu'il a fait dans son discours de clôture d'une façon qui m'a paru explicite.

Le compliment est modeste : "toi qui sais tout...". Voilà, je sais tout. Bon, c'est un peu classique pour quelqu'un à qui on va demander un renseignement (il m'interrogeait sur l'adresse exacte de la Maison de la Chimie, chose assez curieuse, vu qu'il y a été conduit par son chauffeur polonais), mais enfin, ne chipotons pas.

Chipotons d'autant moins que Bayrou a commencé son discours en citant deux fois le nom de mon blog :

- Un an jour pour jour avant l'élection européenne.

Et il a répété :

- Un an jour pour jour avant l'élection européenne...

La convention était supposée avoir lieu un an jour pour jour avant l'élection européenne. Or à moins que l'on ait changé le calendrier ou que l'élection n'ait pas lieu un dimanche, il est évident qu'avec une année de 365 jours, soit 52 semaines et un jour, ce jour-pour-jour-là est un artifice, le 8 juin 2009 ne sera pas un dimanche, le dimanche de l'élection ne sera pas un 8 juin. 

Quoiqu'il en soit, si l'on doit évoquer les temps forts de ces cinq heures, je mentionnerai le plaidoyer extraordinaire d'Eva Joly, de loin la plus applaudie, et c'était mérité. J'ai été impressionné par ce que Jean-Luc Domenach a dit de la Chine et par les calculs sur la nécessaire immigration développés par le député belge Desprez. J'ai été intéressé de voir et d'entendre des blogueurs démocrates établis dans d'autres pays européens : Quindi (Arnaud Hoyois) et Florian Chiron. D'autres de la salle ont également pris la parole, notamment Marianne Bondaz, l'une de nos "citoyens démocrates".

Tout cela était une bonne mayonnaise.

Mais après avoir entendu le plaidoyer si vibrant d'Eva Joly contre la corruption, je dois dire que j'ai plus qu'un regret, presque une indignation : avoir entendu Bayrou réenfourcher (si j'ose dire) le lobby du cheval.

- On n'a pas fait l'Europe pour les bookmakers ! a-t-il clamé en s'en prenant à la décision bruxelloise de contraindre la France à ouvrir le marché des paris sur les courses de chevaux.

Franchement, comme je l'ai déjà écrit, le cheval, j'aime ça sous la forme d'entrecôte et je trouve que l'ouverture du marché des paris n'est pas en soi une mauvaise chose, même si elle doit froisser les intérêts à court terme d'une filière qui découvrira bien le moyen d'en tirer parti, je lui fais confiance.

Mais s'en prendre à une décision politique parce qu'elle heurte non pas l'intérêt public, mais celui d'un lobby, qui plus est un lobby où l'on a soi-même des intérêts sonnants et trébuchants.... Tssss... Non, vraiment, ça ne va pas. Il faudra faire mieux la prochaine fois, d'autant plus que l'illégalité des champs de courses n'a pas encore atteint le délai de prescription et que Bayrou faisait bien partie des instances qui l'ont cautionnée.

Enfin, je déplore, à propos du conseil national qui a eu lieu juste après, que nos amis Nadia Falfoul et Jérôme Charré n'aient pas été élu au secrétariat du conseil national. C'aurait été un signe fort en direction des amis de Quitterie Delmas. Dommage. 

31.05.2008

J'ai demandé à François Bayrou de m'inscrire parmi les conseillers nationaux cooptés.

Mes lecteurs auront suivi l'étrange affaire de jeudi, la découverte que j'ai faite que la pratique qui avait été celle de l'UDF à la fin des années 1990 (qui était que les suppléants remplaçaient les titulaires occasionnellement absents) était abandonnée par le MoDem, illogiquement à mon avis mais formellement.
 
Dans ma concertation avec Quitterie Delmas (au téléphone portable du fond de mon bain où je bouillonnais d'indignation), jeudi matin, celle-ci m'avait incité à demander à François Bayrou de m'inscrire sur cette liste des cooptés, conformément aux statuts.
 
J'ai envoyé ma démission jeudi par courrier et je viens à l'instant d'adresser un courriel à François pour solliciter de lui cette inscription. Je l'ai fait parce que je crois que Quitterie trouverait utile que j'assiste aux conseils nationaux.
 
Le reste appartient à elle et François Bayrou (et aux autres conseillers nationaux qui, le cas échéant, ratifieront cette décision si elle est prise).