04.07.2009

Quitterie le 18 : l'intégrale.

Voici l'intégrale des conférences de la journée à laquelle Quitterie a participé à Genève le 18 juin dernier. Je ne manie pas bien cet outil. Pour trouver Quitterie, il suffit d'utiliser la fenêtre search, en haut du cadre.

 

01.07.2009

Quitterie : "les politiques résistent trop aux changements du monde".

Comme tout le monde, je progresse. J'ai donc réussi (merci Itunes) à extraire l'interview de Quitterie de l'émission Médialogues de la Radio Suisse Romande diffusée ce matin (enregistrée le 18 juin dernier) et je l'ai illustrée avec un diaporama.

Quitterie y développe sa vision de sa démarche récente sous un angle plus aigu encore que d'habitude.

 

Quitterie : "un autre système"

Vivement le podcast. Quitterie a développé dans l'émission "Médialogues" sur RSR son opinion sur les choix fondamentaux qui se présentent à nous, en fonction des types de médias ou d'entreprises, jusqu'au choix des systèmes et du système lui-même.

EDIT : le podcast n'est pas encore disponible sur la page de Médialogues, mais on le trouve sur Itunes. Quitterie s'exprime au bout d'une quinzaine de minutes.

EDIT : quelques phrases-clefs :

"Le contexte mondial des différentes crises... changement de paradigme, transition vers une autre société... à contexte exceptionnel, décision exceptionnelle... institutions usées... Vivre ensemble, d'autres règles du jeu à inventer... Internet n'est qu'à l'image de ce qui se passe dans la société... Les forums sur Internet sont comme les salons sous la révolution... La politique qu'il faudrait inventer demain, c'est des personnes qui se mettent en adéquation avec leur pensée... On essaie de faire de la politique tous les jours..."

EDIT : je rappelle la conférence à l'occasion de laquelle Quitterie était en Suisse :

 

Quitterie ce matin sur Radio Suisse Romande.

Ce matin, Quitterie précise sa vision pour changer le monde par les réseaux.

C'est dans l'émission Médialogues.

29.06.2009

"Jeux de pouvoir" : à ne pas manquer pendant le faîte du cinéma.

Comment transformer une série télé britannique en un très bon film américain (regorgeant d'ailleurs d'acteurs britanniques, et avec l'argent français de Studiocanal).

Russell Crowe est ici journaliste, un journaliste autour de la quarantaine, victime comme ses confrères de la grave crise que traverse la presse écrite et confronté aux méthodes de la jeune génération qui fait prospérer l'info sur Internet (la jolie Rachel McAdams parfois vêtue exactement comme Quitterie l'an dernier). Un journaliste aux convictions philosophiques affirmées, puisqu'il a chez lui un mug orné de motifs maçonniques.

Sa patronne (Helen Mirren, grande actrice britannique qui a tout joué depuis trente ou quarante ans) mise sur cette nouvelle génération et se réjouit de voir la plateforme Internet et blogante de son journal renflouer le support papier en perte de vitesse.

Il a un ami, jeune politicien engagé dans une lutte intrépide et salutaire contre l'exploitation de la guerre par des intérêts privés qui s'en truffent les poches jusqu'à un point que je dois qualifier d'effarant. Ce film est à montrer à tous ceux qui pensent que les privatisations sont une bonne chose, il les en guérira.

Autour d'assassinats et de machinations, de fantômes du Watergate, de politiciens hantés par la bigoterie, c'est évidemment l'Amérique de Bush qui est dénoncée par Russell Crowe dont le mot d'ordre est clair : "Yes we can !".

Une occasion aussi de réconcilier la presse écrite avec Internet et, dans une intrigue au dénouement subtil, de mesurer à quel point le rôle de chacun, selon sa conscience et sa perception des événements, est crucial pour le salut de l'ensemble.

27.06.2009

Pourquoi nous pensons si fort à 1789.

Le vote de la chambre des représentants sur le plan climat, aux État-Unis, ouvre sans doute une période historique, il faudra un autre vote, celui du Sénat, pour confirmer le bouleversement qu'il enclenche. Et, de Kyoto à Copenhague, nous serons définitivement entrés dans le monde nouveau, par le seuil de la troisième révolution citée notamment par Quitterie.

Le mouvement est d'ampleur historique, profond, très profond même, de ceux qui engagent la vie de plusieurs générations successives. Il mérite son nom de révolution, au sens de ce qui est révolu, mais aussi, forcément, de retour aux sources, et c'est pourquoi nous pensons à 1789.

Car ce qui s'achève, ces temps-ci, ce n'est pas le capitalisme (né bien avant 1789), ni sans doute l'époque indsutrielle (née dans le courant du XVIIIe siècle), mais le règne de la machine à vapeur. Or la naissance de la machine à vapeur, pour la motion, c'est Denis Papin dans les années 1770, et pour la production, c'est Boulton et Watt dans les années 1790. Le monde qui s'effondre est celui du piston mu par la chaleur, voire par l'explosion depuis l'invention du moteur à explosion. On sait désormais que cette production d'énergie à chaud a plus d'inconvénients que d'avantages, et s'ouvre l'époque de la production d'énergie sans chaleur supplémentaire.

Or la vapeur comme moyen de production et de locomotion, progressivement, a organisé la société et l'espace en fonction de ses propres caractéristiques, de ses besoins et de ses logiques, et c'est à la fin de cette organisation que nous assistons. Et logiquement, puisque tout cela perd sa légitimité, l'esprit se porte instinctivement au statu quo ante, qui est l'époque de la révolution française, et les questions qui se posent aujourd'hui, et qui vont se poser de nouveau, une par une, dans les années qui viennent, sont celles qui se sont déjà posées à cette époque-là, auxquelles la nouvelle société en gestation répondra étape par étape, dans le monde entier, à l'échelle de l'espèce humaine tout entière, pour la première fois. Nous sommes en effet sans doute devant la première révolution mondiale en temps réel.

Hélas, 1789, c'est aussi le seuil d'une épouvantable épopée : les guerres de la révolution et de l'empire. Celles-ci n'ont pas que des vices, en termes historiques, elles ont modelé décisivement l'état-civil et le droit notarial et aboli la féodalité, presque partout en Europe continentale, donné un grand appétit de liberté aux peuples, certes, mais elles ont coûté la vie à des centaines de milliers d'êtres humains, et ce fut une génération entière dont la vie ne fut que course effrénée de bataille et bataille durant un quart de siècle.

Or ces guerres sont résultées d'un profond bouillonnement sociologique, politique, moral, et philosophique (et religieux) qui les annonçait, et nous sentons bien que, sur la planète, des signes d'un tel bouillonnement existent et se multiplient en ce moment. C'est aussi pourquoi nous pensons si fort, avec un peu plus d'effroi, à 1789.

Nous voulons bien la révolution historique, mais sans les victimes, sans les violences, sans les morts, comme l'a justement noté Quitterie.

26.06.2009

Hadopi 2 : la faille de la triple peine.

Voici qu'est apparu le projet de loi dit Hadopi 2 chargé de combiner les intentions de l'industrie de la culture avec les péroccupations du Conseil Constitutionnel exprimées lors de la censure partielle de la loi Hadopi (Hadopi 1 désormais).

Le texte d'Hadopi 2 est succinct. À certains égards, il est même sybillin.

Eolas s'en gausse, Authueil s'en bat l'oeil, mais au fond, on voit bien que ce projet ne tient pas plus la route que le précédent, il la tient même encore moins. Et cela pour une raison très simple : il rappelle au service la présomption de culpabilité.

Le raisonnement est très simple. Cette présomption est autorisée lorsque la peine encourue est une simple amende, et dès lors qu'aucune peine de prison n'est encourue. Or dans le cas d'Hadopi, parce qu'on ne supprime toujours pas la caractérisation du téléchargement comme contrefaçon, une peine de prison est sytématiquement encourue à partir de la constatation de l'infraction. Or le texte confère aux agents d'Hadopi la faculté de constater et que leur constatation fasse foi jusqu'à preuve du contraire, ce qui revient à renverser une nouvelle fois la charge de la preuve, et l'accusé devra faire la preuve de son innocence, il y a donc de nouveau présomption de culpabilité.

Tant pis, me direz-vous, puisqu'à partir de cet instant, le chemin est balisé jusqu'à une amende (assez lourde, trop sans doute).

Ouais, sauf que...

Sauf que non : le chemin n'est pas du tout balisé. À partir du moment où l'infraction est constatée, si la victime se constitue partie civile et réclame des dommages et intérêts, la procédure simplifiée tombe, certes, mais on est en droit de poursuivre non plus seulement le délit Hadopi, mais aussi et surtout le délit de contrefaçon (rappelons que ce sont deux délits distincts). Dès lors, la constatation de l'infraction faisant foi jusqu'à preuve du contraire est une présomption de culpabilité dans une procédure pénale pouvant conduire à l'emprionnement, cette même présomption que le Conseil Constitutionnel a censurée dans Hadopi 1, et qui par conséquent ne passera pas la rampe dans Hadopi 2.

Dès lors, faute de constatation de l'infraction, que peut-il rester d'Hadopi 2 ? Rien, à mon avis.

En somme, si la majorité veut faire passer son Hadopi 2, elle doit au moins y introduire un article supprimant le délit de contrefaçon pour le consommateur final de téléchargement. Pas sûr que cela suffise, d'ailleurs.

23.06.2009

Versailles : la solution de la crise, c'est travailler plus pour gagner plus.

Le retour du chef de l'État à Versailles devant les représentants de la Nation, pour la première fois depuis 1789, a été assez commenté pour n'y pas revenir. Lors de la dernière élection présidentielle, nous dénoncions les travers antirépublicains de son programme. Il a beau conclure par "Vive la répubique", personne n'est dupe, mais là n'est pas l'essentiel.

Il faut en effet se souvenir de la leçon de Bill Clinton : "Ca se joue sur l'économie". C'est la tornade financière qui a définitivement disloqué la campagne de McCain lors de la dernière présidentielle américaine, et ce sont les profondes lacunes du programme socialiste en matière économique qui ont permis l'élection de Sarkozy en 2007 malgré les relents nauséabonds de son programme.

Or Sarkozy est justement venu parler d'économie, devant les élus du peuple.

Pour l'essentiel, son discours n'est que la justification de la politique qu'il mène depuis deux ans, et la promesse d'une nouvelle augmentation des déficits publics, avec une persévérante "modernisation" du modèle français ("La crise a remis le modèle français à la mode, mais..."), et une incohérence assez profonde entre d'un côté une idée strictement productiviste ("réindustrialiser la France", libérer la croissance, améliorer la productivité par la recherche et par la mobilisation des "ressources humaines" - va falloir bosser, mais avec quels emplois ?) et la création d'une taxe carbone qu'il annonce massive (hum, on verra). On pourrait d'ailleurs noter d'autres incohérences, notamment sur la question de l'Internet, secteur innovant s'il en est, dont la volonté de "régulation" ne peut pas être interprétée comme une libération des énergies (sur la "question du droit d'auteur", "j'irai jusqu'au bout").

Le distinguo qu'il fait entre "bon" et "mauvais" déficits (celui des dépenses courantes et celui de l'investissement) pourrait être pertinent si la situation actuelle n'était pas déjà désastreuse dans tous les domaines.

L'emprunt qu'il a annoncé est un cadeau fait à ses électeurs, ceux qui ont de l'argent et qui pourront souscrire à cet emprunt dont les conditions seront certainement plus avantageuses pour eux que pour l'État. Ces petits cadeaux-là entretiennent l'amitié. On a entendu les journalistes glousser d'admiration en notant que, naturellement, le succès de l'emprunt aurait valeur de référendum. Mais on sait bien que l'argent aime Sarkozy, pas besoin d'un référendum sur ce point. Et d'ailleurs, si par extraordinaire les Français boudaient cet emprunt, il se trouverait toujours un émir pour le boucler, ce qui permettrait de s'émerveiller sur le soutien populaire du président.

Quant à l'innovation qui en résultera, hum, on verra. La vraie façon d'encourager la recherche, c'est de consommer du produit de haute technologie, pas d'engloutir des fortunes dans des laboratoires, il devrait le savoir. Quant à l'amélioration des structures publiques de recherche et de leur articulation avec le développement industriel, tout cela est en contradiction avec les intérêts économiques qui sous-tendent l'action de la majorité depuis deux ans, et qui ont largement désamorcé le grenelle de l'environnement.

En somme, toujours la même dissociation entre les mots et les actes :

Mettre l'économie au service de l'homme. Respecter la nature. Réguler la mondialisation et les marchés. "Le modèle français a de nouveau sa chance". Révolution écologique, révolution numérique. "la part trop belle au capital financier", "spéculation effrénée", référence au CNR et à 1945.

Et toujours les mêmes remises en cause des principes républicains les plus fondamentaux :

"Où en sommes-nous avec le principe de l'égalité ?" La république, ce n'est pas l'égalitarisme, etc.

"Où en sommes-nous avec la laïcité ?" "Je ne vais pas reparler de laïcité positive, mais..." Question au passage de la burqa, qui "n'est pas un problme religieux", mais de "dignité de la femme", ce qui est vrai.

En somme, incohérences flagrantes, double langage obérant la transparence du discours, clivage des gens les uns contre les autres au mépris de leur interdépendance, ce discours a dû faire froncer les sourcils de Quitterie Delmas.

20.06.2009

Quitterie parle de son blog.

À l'occasion de son passage à Genève, la Radio Suisse Romande, pour son émission Médialogues, a interrogé Quitterie et, si elle a gardé la version longue de l'interview pour un moment qu'ielle ne fixe pas, la radio a placé quelques phrases de Quitterie au début d'un sujet sur le rôle des réseaux dans le futur.

Quitterie s'y explique sur le silence de son blog, elle promet d'y revenir après avoir mûrement consulté et réfléchi elle-même, pour partager et prolonger ses cogitations.

Le podcast est .

Par ailleurs, si quelqu'un lit le chinois ou le japonais, je serais curieux de savoir ce qui est dit à propos de la vidéo de Quitterie .

19.06.2009

Quitterie s'exprime un peu.

Rassurez-vous : Quitterie Delmas ne s'est pas installée en Suisse avec les paquets de lingots d'or soigneusement dissimulés dans la cave du  MoDem par François Bayrou, et elle n'a pas maquillé son forfait avec des motifs apparemment nobles. En fait, si elle était hier à Genève, c'est à l'invitation de Rézonance et de la Fédération des Entreprises Romandes, pour témoigner de son parcours politique et de ses engagements les plus fondamentaux. Évidemment, lorqu'elle a abordé le sujet des paradis fiscaux, un frisson a couru sur le public assez fourni.

Elle est revenue sur les différents sujets qui ont fait parler les bavards en France dans les derniers mois à son sujet, puis elle a expliqué ce qu'elle faisait pout le moment.

Je vous conseille de regarder l'ensemble des interventions qui seront visibles (avec leurs propres images) sur le site de Rézonance, et bien sûr mes images de Quitterie, juste ici.