28.09.2009

La mort hier de Pierre-Christian Taittinger.

Il y a des gens qui vivent la retraite comme une déchéance. En politique, pour les professionnels de la chose, la perte du dernier mandat est parfois suivie de près par la mort, comme si les obligations protocolaires leur servaient de colonne vertébrale, un squelette externe, ce qu'est la carapace pour les crustacés, et en particulier les crabes.

Pierre-Christian Taittinger était-il un vieux crabe ? Non, je ne crois pas que ce soit la bonne définition. J'ai été son adjoint pendant six ans, et si je devais faire son portrait au bord de la fosse, je ne le qualifierais pas de vieux crabe. Je crois que le titre que je n'ai pas cessé de lui donner de son vivant, "M. le maire", était celui qui lui convenait le mieux. Taittinger était né pour être maire, et peu importe, ici, le point de vue de ceux desquels il a usurpé la fonction de maire, car il faut voir le sujet en soi : Taittinger était un maire-né.

Devenir maire du XVIe

Maire du XVIe : il y était né à la maison (ça se faisait encore à cette époque-là), rue Chardon-Lagache, dans le sud de l'arrondissement, non loin de l'Institution Sainte-Perrine.

Fils de maire, frère de maire : son père, Pierre Taittinger, fut plusieurs fois président du conseil municipal de Paris lorsqu'il n'y avait pas encore de maire ; son frère, Jean Taittinger, fut député-maire de Reims.

Né à une mauvaise époque : en février 1926. Son père fut président du conseil de Paris pendant l'Occupation, et il me semble que c'est lui qui, en 1943, accueillit Hitler à Paris. On disait d'ailleurs que, dans cette jeunesse, Pierre-Christian Taittinger, obéissant sans doute à son père, avait signé des papiers dans des publications dont il aurait mieux fait de s'abstenir. Mais ensuite, il avait toujours cultivé publiquement les liens avec des organismes identitaires juifs, et avec des juifs personnellement.

Fils de son père, d'une intelligence précoce et d'une grande éloquence, il avait créé son premier club politique au début des années 1950 et s'était fait élire pour la première fois au conseil de Paris en 1953. Il n'avait plus cessé d'y siéger, sauf de 1971 à 1977, j'y reviendrai.

Je crois qu'en ce temps-là, il était inscrit au CNI, le parti de Pinay (et celui des collabo, Pinay ayant voté la confiance à Pétain en 1940), le parti de la vraie droite, le parti dans lequel furent élus pour la première fois députés, en 1956, Le Pen et Giscard. Le CNI, comme le MRP, éclata sous la pression du début de la Ve république : Le Pen s'en éloigna, Giscard fit scission (les Républicains indépendants), et Taittinger ... s'encarta au parti présidentiel, l'UDR. Pour ne pas perdre la main, il resta dans le parti du président lorsqu'on changea de président et de parti présidentiel, il devint alors UDF.

Il faut dire qu'en 1971, il figurait dans la liste municipale UDR du XVIe arrondissement qui fut battue par celle des Réformateurs (radicaux et démocrates), et qu'il subit sa première petite traversée du désert. Il se racheta ensuite en rejoignant les Républicains Indépendants de Giscard (qui est son exact contemporain), puis le Parti Républicain.

Lorsqu'il fallut un candidat giscardien pour tenter de prendre la mairie de Paris au RPR, le parti alors tout neuf de Chirac, en 1977, deux candidats étaient sur les rangs : Michel d'Ornano (l'homme des réseaux pour Giscard) et Pierre-Christian Taittinger, qui avait déjà été en quelque sorte maire de Paris, car président du conseil municipal au milieu des années 1960. Paris votait majoritairement gaulliste, les centristes de Lecanuet tenaient  le XVIe arrondissement, la bataille s'annonçait difficile, Giscard fit probablement le mauvais choix en préférant la fidélité à la spécialité : il opta pour d'Ornano, qui s'étala. La coalition giscardienne n'emporta, si ma mémoire est bonne, que trois arrondissements : le XIIe, le XVIe et le XXe, deux centristes et un radical à la manoeuvre dans l'élan du scrutin précédent.

Pour Taittinger, ce fut quand même le retour au conseil de Paris, c'était déjà ça. C'est l'époque aussi où il fut secrétaire d'État du gouvernement Barre, avant de retourner au Sénat où il avait commencé à siéger dès les années 1960. Au Sénat, il honorait Monnerville. C'est assez curieux, celui-ci n'ayant a priori aucun lien idéologique avec lui, mais c'est un fait, Taittinger révérait la mémoire de Gaston Monnerville, qui avait présidé le Sénat juste avant Alain Poher.

Pendant toute cette époque, Pierre-Christian Taittinger menait aussi ses affaires dans une branche du groupe Taittinger. Il me semble qu'ils étaient cinq frères, chacun ayant sa branche. Pour lui, c'était l'hôtellerie en particulier. Il fut l'un des artisans de la construction de la douteuse tour de la porte Maillot avec la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris (CCIP) dont il était alors l'un des poids-lourds. L'hôtel Concorde-Lafayette, dans cette tour, faisait partie de son groupe hôtelier, comme d'ailleurs le Lutétia (de mémoire à vrai dire ambiguë concernant l'Occupation) et quelques autres fleurons parisiens.

Il se maria tard et n'eut qu'une fille, Anne-Claire, qui reprit progressivement ses affaires après avoir fait ses classes à divers étages du groupe familial.

Un orateur brillant

La première fois que j'ai rencontré Pierre-Christian Taittinger, c'était en 1987, lors de la campagne présidentielle de Raymond Barre. Dès potron-minet (vers sept heures du matin), nous étions avec d'autres jeunes militants (parmi lesquels Pierre Gaboriau, élu depuis du XVIe et suppléant du député Bernard Debré) à la gare Saint-Lazare, et vîmes venir le sénateur Taittinger, guilleret comme toujours, plein d'humour et de délicatesse, qui se mit à distribuer des tracts avec nous.

Moins de deux ans plus tard, il prenait la mairie du XVIe au sortant, le démocrate Georges Mesmin. Je crois avoir déjà raconté l'affaire, disons simplement que Chirac avait devancé Barre lors de la présidentielle de 1988 dans le XVIe arrondisement et que, l'année suivante, il avait jugé utile que ce fait se traduisît dans la coloration politique de la municipalité d'arrondissement. Dans le même temps, le député UDF (PR) du XVIe nord, Gilbert Gantier, exprimait publiquement son agacement d'être tenu à l'écart de la mairie où régnait l'autre député UDF (CDS) qui était maire, et finalement, le coup fut bien monté, avec la complicité de certains adjoints de la municipalité sortante, que Mesmin n'avait pas jugés utiles pour la nouvelle : durant la campagne, Mesmin conduisait la liste et tout était fait pour accréditer l'idée qu'il serait reconduit comme maire. Mais lorsque le conseil d'arrondissement se réunit, ce ne fut pas lui qui sortit du chapeau...

Taittinger était enfin devenu maire, à l'âge de 63 ans, il était enfin devenu ce pour quoi il était né.

Un travailleur acharné

Il resta à ce poste durant dix-neuf ans, trois mandats (dont un allongé d'un an), et y déploya ses talents. Il avait conservé la précieuse collaboratrice de son prédécesseur, Évelyne Montastier, qui gérait son cabinet avec beaucoup de méthode et d'efficacité, malgré une rivalité qui ne cessa jamais de croître avec Danièle Giazzi, âme féminine du RPR puis de l'UMP locale sous la férule feutrée de Gérard Leban, puis de Claude Goasguen.

J'ai été son adjoint durant la deuxième de ces trois mandatures. J'en garde un souvenir contrasté. Taittinger était un interlocuteur charmant, joyeux, léger, le verbe brillant, mais ce n'était pas tout. Comme maire, il était parfait, arpentant son territoire à longueur de journée, rentrant à la mairie les poches pleines de petits bouts de papier où étaient notées les innombrables remarques et sollicitations qu'il avait reçues, il se défaussait de tout ça sur Montastier et sur Pierre Bolotte (du moins jusqu'à la retraite de celui-ci en 2001), qui lui servait de bras droit technique pendant que Montastier gérait les interventions et le protocole. Les dossiers mitoyens avec le RPR étaient toujours tranchés en faveur de celui-ci et sortaient du réseau personnel de Taittinger pour celui du premier adjoint.

Du temps où j'étais son adjoint, Taittinger avait une autre vraie adjointe, Anne Béranger, rescapée de l'équipe de Mesmin, qui gérait les animations culturelles qui pullulaient dans les murs de la mairie. Enfin, Pierre Gaboriau veillait à ses relations avec le monde sprotif. J'étais un étranger toléré dans ce petit monde.

Les goûts architecturaux de PCT étaient extrêmement conventionnels et bourgeois, il écartait tout projet d'art trop contemporain qu'on voulait imposer aux rues du XVIe et (c'était son bon côté) veillait à l'aspect extérieur des immeubles dont il signait le permis de construire, de façon à éviter les hideurs des années 1960-70. Le point faible de cette stratégie plutôt bonne était qu'il se contentait de projets médiocres pourvu qu'ils fussent conservateurs, au lieu de laisser un peu de place à la créativité. On ne peut pas toujours avoir toutes les qualités à la fois.

En plus des nombreux mariages qu'il célébrait, il prononçait au moins un vrai et long discours par jour, toujours de mémoire, sans notes, avec cette éloquence réellement prodigieuse qui était son meilleur atout. Il donnait des conférences un peu sur tous les sujets, jamais à court, jamais à plat, cherchant l'idée d'un portrait ou le fin mot d'un parcours. Il conférait pour les associations de ceci ou de cela, devant des vieux ou devant des enfants, toujours debout, les mains en mouvement et l'ironie légère au coin des lèvres.

C'était enfin un sportif, je crois qu'il a joué au tennis jusqu'à la fin. Mais il ne détestait pas le vin produit par sa famille, et il pouvait arriver qu'on lui trouvât l'œil un peu vague après le déjeuner.

J'ai dit comme nous avions eu une seule querelle, à propos du mariage d'Emmanuel Petit, en juillet 2000.

Comme je l'ai déjà raconté, il ne m'annonça jamais explicitement que je ne serais pas reconduit sur sa liste municipale en 2001 : il se contenta d'inviter les sortants sortis (mais qui ne le savaient pas encore) à un déjeuner dans la salle paroissiale de l'église Sainte-Jeanne de Chantal, à la porte de Saint-Cloud, et leur offrit une ciguë soigneusement masquée par du château Cheval Blanc 1955.

Il avait cette fausseté-là, qu'il rachetait à ses propres yeux par ce surcroît de délicatesse.

J'ignore comment il a tiré son épingle (et celle de sa fille) du jeu de la vente du groupe Taittinger, il y a quelques années, mais sa position personnelle en fut certainement affaiblie à la CCIP. De même, il vit avec impuissance Lagardère s'emparer du Racing Club de France contre son allié Xavier de La Courtie et on sentit que ses réseaux commençaient à flancher, cependant que la situation devenait franchement délétère dans les couloirs de la mairie du XVIe. Il conservait cependant la présidence du prestigieux cercle Interallié, qu'il avait prise après celle du Polo en 1999 (ce sont des cercles parisiens très huppés). Comme président du Polo, il avait d'ailleurs rencontré les intérêts équestres de Bayrou.

Il se battit activement contre les projets de bétonnage des stades Georges Hébert et Jean Bouin, dont j'ai déjà parlé.

Le rideau final

Enfin, en mars 2008, il connut un certain verset fameux de la bible : "celui qui a vécu par le glaive périra par le glaive" : on lui fit le même coup que celui qu'il avait fait, dix-neuf ans plus tôt, à Georges Mesmin. C'est la dernière fois que je l'ai vu vivant.

Pierre Auriacombe, un proche de Goasguen, m'accosta comme j'arrivais à la salle des fêtes de la mairie où allait se dérouler la séance solennelle de l'élection du bureau municipal. Auriacombe m'expliqua que la réunion du groupe UMP venait de se terminer, et que Taittinger, fin malgré son âge, avait très vite compris ce qui lui arrivait. Le prétexte de sa mise à l'écart avait été la participation extrêment faible aux élections municipales (40 %).

Comme maire sortant ou comme doyen d'âge, il présida cette dernière séance solennelle un court moment, le temps d'exprimer sa contrariété qui était très vive. Puis il ressembla à Giscard en se levant et en s'éloignant en silence.

Il était resté conseiller de Paris jusqu'au bout.

11.04.2009

Monory est mort.

René Monory est mort. Je renvoie à ce que j'ai écrit en août dernier, lorsqu'il était dans un état critique. Une très forte personnalité.

EDIT : j'ajoute que c'est avec Monory que j'ai eu ma première expérience d'Internet. Si ma mémoire est bonne, ce devait être à l'Université d'Été de La Baule en 1995. Le dircab de Monory, Jean-Dominique Giuliani, avait organisé un atelier où l'on pouvait dialoguer en direct, par visioconférence sur Internet, avec le président du Sénat Monory. La vidéo en direct était saccadée, la voix métallique, ce devait ressembler aux premiers essais du téléphone lors de l'expo universelle de 1889... J'ai été l'un des deux ou trois privilégiés de cet atelier à parler avec Monory, modestement d'ailleurs.

21.03.2009

Parmi les choses qui m'ont gêné depuis que Bayrou règne sur les démocrates...

Depuis des années je côtoie, de près ou de loin, Bayrou, Sarnez, leur équipe et leurs méthodes.

Le plaidoyer de Bayrou contre les lobbys n'a pas toujours été vibrant et les info qui circulaient (et dont on voyait la traduction concrète) étaient souvent gênantes. Mais quand on est un militant dévoué à la cause supérieure, on ferme sa gueule, on range son esprit critique et sa moralité, et on gobe (si j'osais, je dirais qu'on gode).

Les liens de Bayrou avec le lobby du cheval étaient étroits, surtout à partir du moment où les ventes de son livre sur Henri IV lui ont permis d'investir (1994). Il se trouve que l'ex-mari de Sarnez était depuis 1989 le patron de la vente des yearlings à Deauville. Bayrou produisait, l'ex de sa "mentore" vendait, une affaire de famille, en somme.

Lagardère père était alors le patron du cheval français.

Et il se trouve que le milieu des chevaux est un tout : du producteur au PMU, en passant par divers intermédiaires et par les écuries de course. Et il se trouve aussi qu'il y a en Afrique un PMU du Gabon qui rayonne sur toute l'Afrique francophone. Ce PMU du Gabon est un nid de Corses et... en 1999, lors de l'élection européenne, on voyait Bayrou et Pasqua (pourtant opposés en principe) au fond d'accord sur beaucoup de choses, notamment sur le fait de battre la liste du RPR d'alors. Et il se trouve enfin que le PMU du Gabon versa des sommes importantes pour aider la campagne de Pasqua...

Il s'agissait en somme de liens croisés.

Mais comme on s'en doute, un PMU, au Gabon, a forcément l'appui des autorités locales... le bon M. Bongo, dont il est question ces jours-ci, put donc rencontrer Bayrou et les pontes du cheval français en diverses occasions.

Avaient-ils eu des liens auparavant ? Peut-être : n'oublions pas que dans la période 1991-1993, alors que l'affaire Elf battait son plein et que la valse des valoches de billets de banque tournoyait de parti politique en parti politique, le président de l'UDF était certes Giscard, mais son secrétaire général était Bayrou, et Sarnez l'adjointe de celui-ci. Alors ? Y a-t-il un lien avec le fait que Bayrou ait ensuite obtenu le poste convoité de ministre de l'Éducation nationale (premier budget de l'État) ?

C'est par ces parts d'ombre (Bayrou a fait partie des instances du cheval français jusqu'après la présidentielle de 2007) que peu à peu la conscience est envahie et le doute créé.

05.02.2009

Le même abandon.

Avec la parodie de consultation des adhérents actuellement en cours, on assiste en direct à la mort de ce qui a prétendu être le pilier du Mouvement Démocrate : des adhérents actifs. La passivité avec laquelle est accueilli le profond mépris exprimé à l'encontre des adhérents par la diffusion à l'AFP de la liste des noms proposés pour les investitures, avant même que les adhérents n'en soient eux-mêmes informés, cette passivité, donc, est le signe d'une résignation qui a déjà nourri le dépérissement de l'UDF sous la présidence de Bayrou.

Bayrou n'aime pas les structures et il méprise le militantisme, ça se voit, ça s'est vu et c'est la raison pour laquelle le vivier humain de l'UDF s'est tari, obligeant à recourir à l'artifice du MoDem, qui n'a qu'un rapport lointain avec l'audace tactique suggérée pendant la campagne présidentielle par les stratèges d'Internet, qui consistait à renoncer à la présidence de l'UDF et faire sa campagne à côté.

Le MoDem, en définitive, n'est qu'un filet jeté dans la mer des générations nouvelles pour pêcher des adhérents qui remplacent ceux qui ont fui la défunte UDF.

Et, une fois pêchés, ces poissons, il faut les sélectionner. C'est à cette tâche que servent les manoeuvres rebutantes que nous voyons.

Les procédures démocratiques de désignation des candidatures ont été mises en place alors qu'étaient encore nombreux ceux qui espéraient que le MoDem serait l'élan qu'il avait promis d'être.

Quitterie m'a dit après Seignosses l'immensité des attentes que les gens avaient, la bonne volonté qu'ils offraient, le désir d'action qui les animait. hélas, tout cela a été balayé par la décision de Bayrou qui est venu nous dire, au café démocrate de Quitterie, mi-novembre 2007, que, de son point de vue, le MoDem était la même chose que l'UDF.

Eh bien c'est vrai : c'est la même chose, la même désillusion, la même machine inutile, la même usine à broyer du militant, un néant, quoi, un néant néfaste qui a pour unique mérite de persister dans un programme qui est le moins mauvais de tous, mais dont on doute qu'elle ait la volonté réelle de l'appliquer.

C'est sur ce constat d'inutilité de l'UDF que je m'en étais d'ailleurs éloigné, en 2001, après y avoir consacré toutes mes forces pendant vingt ans.

Quatre ans plus tard, tout a changé, j'ai su qu'un espoir existait, que la politique n'était pas inexorablement tueuse, ni perfide, ni nauséabonde, mais qu'on pouvait y être fort et utile, et vrai, y réussir, et j'ai su tout cela parce qu'est apparue une personne qui incarnait tout cela : Quitterie.

Et aujourd'hui, si je reste, si je poursuis mes commentaires sur ce blog, si je crois qu'on peut agir, c'est toujours grâce à elle, grâce à Quitterie.

20.12.2008

Le siège du Mouvement Démcrate a été perquisitionné.

En fait, à l'époque de la perquisiton, le MoDem n'existait pas encore. C'était Force Démocrate (FD). Santini, son ex-PSD et un certain élu FD (ex-PSD) du XIIIe arrondissement nommé Patrick Trémège, étaient supposés avoir un rapport avec une obscure affaire de filière d'immigration clandestine de Comoriens. Je pense que c'était en 1996 ou 1997.

La perquise n'a rien trouvé et d'ailleurs on n'a plus guère entendu parler de ces Comoriens.

L'autre intrusion désagréable de la rue de l'Université, vers la même époque, ce furent des bergers basques qui promenèrent leurs moutons jusque dans les étages...

09.12.2008

Série de portraits avant de partir.

Puisque je vais partir vendredi, sans retour en fait (la politique ne m'intéresse pas et la raison que j'avais d'y agir n'existe pas), je vais dire quelques petites choses que je sais ou que j'ai analysées sur différentes personnes et différentes circonstances passées, revenir un peu sur diverses questions d'argent et de financement, exprimer mon opinion sur certaines personnes, le tout, donc, d'ici vendredi.

Je n'ai pas de raison de me taire, puisque je ne suis plus tenu par l'affection que j'ai pour Quitterie.

Il y aura quelques histoires du CDS, de l'UDF, de Bayrou, de Sarnez, d'Éric Azière, des histoires de rémunérations sans cause, et puis mon opinion sur Sarnez, sur Bayrou et enfin sur Quitterie.

03.08.2008

René Monory dans un état critique.

René Monory va mal, on lit qu'il a été hospitalisé hier "dans un état critique". Il eut la particularité de devenir ministre de l'Éducation sans avoir même son certificat d'études et s'en vantait un peu. À cette époque-là, il clamait que la vraie influence ne se comptait pas en articles de presse ni en dorures, mais en montant de budget et l'Éducation représentait le premier budget de l'État. À la même époque, l'un de nos amis d'alors, Ghislain Delaroche, qui était aussi président de la Jeune Chambre Économique du département de la Vienne, m'expliquait que lorsqu'il allait voir son président de département au sujet d'un projet qui coûtait 200 000 Francs de l'époque, Monory ne l'écoutait pas, tandis que si le projet s'élevait à 50 millions, le vieux sénateur s'installait et s'y intéressait longuement. Ainsi a été Monory durant sa longue carrière politique, ce qui lui a permis de parrainer des projets qui devinrent des succès étonnants.
 
On sait qu'il était fils de garagiste, garagiste lui-même, mécanicien des années 1940, formé dès l'avant-guerre et installé dans l'après-guerre. Son parrain en politique fut Pierre Abelin, le plus fidèle conseiller et soutien de Jean Lecanuet. C'est pourquoi, lorsqu'Abelin père mourut, Monory fut toujours si attentif à protéger Jean-Pierre Abelin, fils de Pierre, qui fut mon président des jeunes du CDS juste avant Éric Azière et qui est aujourd'hui encore député de la Vienne, siège qu'il a obtenu pour la première fois en 1978, à l'âge de 27 ans.
 
Proche d'Abelin, Monory adhéra successivement au Centre Démocrate, au CDS et encore à Force Démocrate. Mais il quitta le bateau bayrouiste peu après avoir renoncé à la présidence du Sénat, atteint par la maladie.
 
Amateur de projets novateurs, il s'illustra par une trouvaille lorsqu'il était ministre de l'Économie (sans les Finances conservées par le Premier Ministre Raymond Barre), à la fin des années 1970. Cette trouvaille, ce fut les SICAV, une formule qui permettait de mutualiser les investissements et de créer des fonds d'intervention économique et d'investissement, un véritable succès dans les années 1980, jusqu'à ce que l'invention diabolique des "SICAV monétaires" ruinât l'État et ternît l'image de l'ensemble des SICAV, qui ont survécu plus discrètement avec les Fonds Communs de Placement.
 
Comme président du département de la Vienne, il lança le "Futuroscope", un parc d'attraction voué aux technologies futuristes, qui connut un très vif succès dans les années 1990. À cette époque-là, il y eut une "université de printemps" des jeunes du CDS au Futuroscope, et Monory, devenu en 1992 président du Sénat, ne manquait jamais une occasion d'affréter un hélicoptère qui, de Paris, conduisait ses visiteurs (étrangers, élus locaux), ses journalistes, bref, les gens utiles, découvrir le parc du futur.
 
Hélas, cet homme bien portant, solide comme le Pont Neuf, tomba malade peu de temps après avoir accédé à la présidence de la Haute Assemblée : on vit son cou bourgeonner de curieux furoncles, un de ses yeux ne fonctionna plus, son visage se boursoufla, il sembla très vieux et affaibli. Il n'avait que 75 ans lorsque l'évidence apparut qu'il ne pourrait demeurer président du Sénat, on n'allait pas voir une seconde fois un président quasi-grabataire comme dans les dernières années d'Alain Poher. Monory se retira. Avant de partir, il multiplia les invitations dans les salons de la présidence, notamment en direction des anciens du MRP, comme un adieu, la fin d'une époque, car il devenait évident que la famille centriste perdrait la présidence et qu'une nouvelle époque allait commencer.
 
Cette nouvelle époque, nous la connaissons : c'est celle de Bayrou.

27.05.2008

Cumul des mandats : qu'il est loin, le temps de la vertu.

Dans les années 1980, un grand élu UDF type était à la fois président de sa région, de son département, de sa communauté urbaine, maire de sa ville, sénateur, président de commission du sénat, sans compter diverses fonctions annexes.
 
Grâce à ce cumul, on disait que Michel Elbel, qui n'était "que" questeur du conseil régional, conseiller de Paris, membre de la CNIL, représentant de la Ville de Paris dans divers conseils d'administration de sociétés d'économie mixte de la Ville (par exemple, ce pouvait être celle qui gère la Tour Eiffel, ou bien des sociétés d'HLM), touchait, au pinacle de sa carrière, 300 000 Francs mensuels de l'époque de jetons de présence et indemnités diverses, soit certainement 100 000 Euros d'aujourd'hui.
 
Bien entendu, le phénomène, très présent à l'UDF qui trustait les responsabilités locales, ne l'était pas moins, en proportion, dans les autres grandes familles politiques.
 
Avec la mise en application des lois de décentralisation, cette habitude fut de plus en plus contestée : on voyait bien qu'il était impossible de gérer réellement, soi-même, toutes ces missions publiques. Il y avait soit délégation à des sous-fifres, soit négligence. Diverses affaires de conséquences prouvèrent que cette situation ne pouvait durer.
 
On commença donc à légiférer contre le cumul des mandats.
 
On interdit le cumul de la fonction parlementaire avec celle de la gestion d'une grande collectivité. Mais les sénateurs-présidents de conseils généraux râlèrent : ils étaient bien élus pour représenter les collectivités locales, leur limiter un mandat local était absurde.
 
Et depuis toujours, on bloque sur cette résistance des sénateurs au recul du cumul.
 
Les chantres du non-cumul, tel Arnaud Montebourg, ont basculé dans le camp du cumul aux dernières échéances.
 
L'argument était que ne pas cumuler devenait un handicap concurrentiel et que c'était la loi pour tous qu'il fallait changer.
 
Eh bien, nous y sommes : c'est le moment, au milieu de la réforme constitutionnelle, de se prononcer pour l'abolition pure et simple du cumul des mandats. 

18.05.2008

Méhaignerie, le parrain de l'Union du Centre.

Cette note est longue, mais si vous voulez en savoir plus sur l'abus de biens sociaux de feu le CDS, il faut la lire jusqu'au bout.
 
J'ai adhéré au Centre des Démocrates Sociaux, le CDS, début octobre 1981. Six mois plus tard, ce parti que je connaissais à peine tenait congrès à Versailles. J'allai tout naturellement à ce congrès.
 
Il avait lieu dans le palais des ... congrès, sur l'une des grandes avenues de la ville, non loin du château. On déjeunait sous un châpiteau bleu nuit de cirque, sur la pelouse, un peu plus haut dans l'avenue. Il y avait du monde, mais on n'était pas noyé. Je suppose que devait y avoir 1500 ou 2000 personnes.
 
Ce fut un congrès paradoxal : au premier tour, cinq candidats se disputaient les voix des délégués désignés par les fédérations départementales. Il y avait Pierre Méhaignerie, Jacques Barrot, Bernard Stasi, Jean-Marie Caro (un Alsacien comme son nom ne l'indique pas) et un cinquième candidat, je ne me rappelle plus lequel, je me demande si ce n'était pas Jean-Marie Daillet.
 
Trois candidats arrivèrent nettement en tête : Bernard Stasi qui assumait depuis plusieurs années la présidence déléguée au nom de Lecanuet qui de fait présidait surtout l'UDF, Pierre Méhaignerie et Jacques Barrot. Stasi était grand favori, puisqu'il se trouvait dans la place. Son score était très confortable. Mais entre les deux tours, Méhaignerie et Barrot joignirent leurs forces et leurs délégués et emportèrent la victoire finale.
 
On disait Stasi proche de Raymond Barre et Méhaignerie plus de Giscard. Mais on apprit très peu de temps plus tard que le premier acte de Méhaignerie élu président avait été de téléphoner à Barre. Les choses se mettaient en place, du moins en apparence.
 
Pour le gamin que j'étais, Méhaignerie avait un grand avantage : il était jeune. Il avait 43 ans, exactement l'âge que j'ai aujourd'hui.
 
Il avait été ministre de l'agriculture, fils d'un député-maire de Vitré, en ... Bretagne. Il était lui-même député-maire de Vitré. Au CDS, il valait mieux être le fils de quelqu'un si l'on voulait réussir. Méhaignerie était fils de son père, Barrot fils, petit-fils, arrière-petit-fils etc., plus tard Bosson serait fils de son père, comme Baudis, comme beaucoup d'autres, à l'exception notable de Bayrou qui tua ce système.
 
Quoiqu'il en soit, Méhaignerie devint président. Et le CDS s'engagea résolument dans un processus de candidatures uniques avec le RPR d'alors, qui allait progressivement l'asphyxier en lui ôtant toute identité.
 
Méhaignerie avait peu de talent. C'était un orateur très en deçà de la moyenne, incapable de finir une phrase en ayant aligné les mots dans un ordre raisonnable, mélangeant constamment les genres, les temps des verbes, bref, une figure de proue en forme d'à-plat de poupe. De surcroît, il appartenait à la catégorie des centristes qui avaient choisi ce que nos amis de Leroy-Morin nomment l'àplat-ventrisme en rejoignant la majorité de Pompidou en 1969. Un collabo né.
 
Ce qu'il avait réussi de mieux, c'était sa fille, Laurence, une blonde très blonde (la mère est américaine), aux formes un peu trop dessinées pour mon goût, mais assez craquante, que j'ai vue pour la dernière fois pendant la soirée où, fin 1994, nous avons fêté au ministère de l'Éducation Nationale la victoire de Bayrou à la présidence du CDS.
 
Méhaignerie ne se contentait pas de l'ordinaire sans doute, car lors d'une université de printemps, en 1993, près du Mont-Saint-Michel (qu'on avait pavoisé d'hermines pour l'occasion, et nous siégions à Saint-Hilaire du Harcouet, en Normandie, mais dans une localité dont le nom est évidemment breton, bref...), il fit un curieux lapsus un peu appuyé. Il dit, aux jeunes qui se trouvaient là : "Il va falloir beaucoup m'astiquer ... euh... m'asticoter". C'était étrange. Et le jeune qui se leva, tout prêt visiblement à l'asticoter, voire à l'astiquer, c'était... Jean-Christophe Lagarde qui n'était pas encore maire de Drancy, ni d'ailleurs rien de notable, juste un militant un peu en vue.
 
Méhaignerie s'appuyait sur quelques fidèles. Parmi eux, Yves Pozzo di Borgo, actuel sénateur de Paris, dont le métier rémunéré fut pendant des années de ... faire la liaison entre le CDS et l'UDF dont le CDS était membre. Tâche éreintante sûrement, qui le contraignait à déjeuner fréquemment dans les dorures du Sénat. Un calvaire.
 
Il y avait aussi François Froment-Meurice. Un poème.
 
Conseiller d'État, fils d'ambassadeur, descendant d'un personnage dont Victor Hugo parle souvent dans ses carnets, l'"orfèvre Froment-Meurice", FFM avait fait partie du cabinet du premier ministre Raymond Barre, ce qui l'autorisait sans doute à toiser les réalités avec désinvolture.
 
J'ai le souvenir surréaliste d'un atelier de l'Université de printemps des jeunes du CDS, à Mur de Bretagne (en ... Bretagne), début 1988, où FFM détaillait ses recettes pour le financement de l'activité politique. De son point de vue, la solution, pour trouver de l'argent, était simple : le racket.
 
- Vous allez voir le patron de n'importe quelle grande surface près de chez vous. Ne vous inquiétez pas : ces gens-là donnent à tout le monde. Il vous suffira de dire que vous représentez tel parti politique, ou tel élu, ou tel candidat et vous verrez, très vite, ils vont vous sortir de l'argent.
 
C'était impensable. Consternant. Le fait était déjà révoltant, mais qu'il ose le clamer comme ça, en public, devant la presse (qui n'en a rien rapporté, soit dit en passant), c'était... confondant.
 
Quelques mois plus tard, lorsque Pierre Méhaignerie décida de quitter le groupe UDF de l'Assemblée nationale pour créer le groupe Union du Centre avec la plupart des députés CDS, ce fut FFM, avec cette jolie mentalité, qui devint secrétaire général du groupe.
 
C'est l'époque où fut mis sur pied l'invraisemblable système qui causa leur perte collective et dont l'élection européenne de 1989 fut un temps fort.
 
Méhaignerie avait décrété que le CDS n'avait pas d'argent.
 
Et pour être sûr que cette affirmation ne serait pas démentie, il avait vidé les comptes en banque... Direction... la Suisse. Il disait : le parti n'a pas d'argent et quand il en a, c'est moi qui lui en trouve (avec les méthodes de FFM, bien sous-entendu).
 
De fait, Méhaignerie disposait d'argent liquide. Beaucoup.
 
Lors de l'instance qui, quelques années plus tard, mit fin à leurs opérations en condamnant Méhaignerie, Barrot et FFM pour abus de biens sociaux au détriment de leur parti, on apprit l'organisation du système.
 
L'argent, du compte du CDS, était viré sur un compte en Suisse. De là, il était de nouveau viré sur le compte d'une association contrôlée par FFM, "SOS chrétiens du Liban". Et FFM allait à la banque chercher le pognon.
 
Et je dois dire que j'ai le souvenir précis d'une scène très cocasse : la juge, goguenarde, détaillait la manoeuvre finale en s'adressant à Froment-Meurice :
 
- Donc, vous montez sur votre mobylette et vous allez à la banque. Là, vous prenez l'argent et vous le glissez dans les sacoches de votre mobylette. Puis vous revenez rue de l'Université, vers M. Méhaignerie. Mais là, il n'y a plus un million, comme au départ. Il manque 150 000 Francs. Et ces 150 000 Francs, qu'est-ce qui leur est arrivé ? Ils sont tombés des sacoches ? Vous ne savez pas ? Vous ne savez pas.
 
Elle n'aimait pas qu'on se paie sa tête, la magistrate. Évidemment, tout ça était minable. Et dire qu'elle avait en face d'elle un conseiller d'État, membre de la plus haute instance juridictionnelle de l'ordre administratif... et deux anciens ministres.
 
Au passage, disons que 1 million de Francs font plus de 300 000 Euros d'aujourd'hui et 150 000 Francs, sans doute 50 à 60 000 Euros. Ce n'était pas rien.
 
Ce procès fut aussi surréaliste, en ce sens que les grandes surfaces mises à contribution par Froment-Meurice s'y portèrent parties civiles. Elles réussirent ainsi à récupérer plusieurs millions de Francs de l'époque (sans doute un million d'Euros d'aujourd'hui), qu'elles n'avaient pourtant sûrement pas versés sans contrepartie...
 
Quoiqu'il en soit, ce fut l'affaire qui liquida Méhaignerie, alors qu'on n'a jamais rien vu venir malgré toutes les rumeurs qui ont couru sur le célèbre pont de l'île de Ré. Il fut condamné à six mois avec sursis, comme Barrot. Mais la loi d'amnistie de 1995 avait opportunément décidé que les peines inférieures à six mois fermes seraient amnistiées. Et Méhaignerie, comme d'ailleurs Barrot, s'en tirèrent sans casier judiciaire.
 
Voilà ce qui fait que l'orsque j'ai lu que la stratégie de dilution du MoDem dans un précipité centriste, en Bretagne, avait commencé par une Union du Centre (modèle breveté en 1988 par Méhaignerie) dans l'Ille et Vilaine de Méhaignerie, j'ai eu un peu d'agacement.
 
Et maintenant, Jean Arthuis (qui était tout de même trésorier adjoint du CDS à l'époque des faits que je viens de mentionner) qui crée une union centriste en Mayenne, tout cela finit par devenir contrariant et mériterait une fessée. Après tout, si c'est Morin qui s'en charge, je ne pleurerai pas. À à plat-ventriste, à plat-ventriste et demi.

17.04.2008

Quitterie Delmas : café démocrate sur France 2.

Le dernier café démocrate de Quitterie Delmas avant la première réunion du conseil national du Mouvement Démocrate a pris un tour presque dramatique, parce qu'il se déroulait en même temps que le bureau (le "comité exécutoire", a dit Quitterie) de l'UDF morte-vivante qui devait trancher sur la propriété du siège que le MoDem hérite de l'UDF. Quand il a commencé, on n'avait pas encore le résultat du vote de ce comité. Et le matin même, Quitterie avait reçu un coup de fil d'une équipe de France 2 qui voulait venir au café démocrate enregristrer les états d'âme des militants du MoDem.
 
Quoiqu'on ait voulu faire, il est évident que la présence de la caméra a influé sur le discours des présents. Nous avons tous été un peu plus positifs que d'habitude et ce n'était pas si bête - ni d'ailleurs si désagréable.
 
C'est vrai, quand le micro de la télé s'est éloigné des amplis, nous sommes redevenus un peu plus offensifs, un peu plus libres.
 
En tout, il y a eu un peu plus d'une centaine de militants et blogueurs, un peu plus que la dernière fois. Michel Hinard était là malgré ses doutes et ses écrasantes irresponsabilités au PaRaDem. Clément Le Ricousse a longuement répondu aux journalistes. Nadia Falfoul, très concentrée sur son CAPA, était tout de même moins tendue que pendant la période de campagne. Karima Bouache a parlé avec sa ferveur et son éloquence coutumières.
 
J'ai témoigné comme historique de l'UDF (mais non comme le doyen d'ancienneté, car l'un de nous est membre fondateur de feue l'UDF à travers le parti radical), expliquant que la France a changé et que nous traversons une véritable césure culturelle, plus forte qu'un simple effet de génération, et que le MoDem témoigne de ce changement, cependant que certains de nos leaders et militants ne l'ont pas encore intégré.
 
D'autres se sont exprimés comme adhérents nouveaux de sensibilité écologiste ou se sentant de gauche, l'un comme ex-adhérent du Parti Radical de Gauche, Nicole Rivoire comme ex-adhérente du Parti Socialiste, d'autres pour parler seulement de ce MoDem qui naît.
 
Au fond, la confiance dans le projet est intacte. Reste le désir d'une démocratie plus opérationnelle, d'une collégialité plus collaborative.
 
Quitterie a émis l'idée qu'au lieu d'instances généralistes encroûtées, nous nous dotions de comités adhoc, désignés pour un temps et adoptant une géométrie variable. Idée très novatrice qui évite le syndrôme de l'assoupissement.
 
Au milieu d'une phrase, elle a indiqué que le vote du comité exécutoire était sans appel : 19 voix pour que le MoDem conserve le siège de l'UDF, 6 voix contre. La question est tranchée. Forts applaudissements.
 
Un peu plus tard, Domitille Marbeau est arrivée en groupe et a expliqué son retard : le MoDem des Hauts-de-Seine, dont elle fait partie, se réunissait au siège, justement. Et, en y arrivant, les militants avaient été littéralement agrippés par des barbelés de micros et de caméras, et des journalistes qui leur demandaient pourquoi ils venaient là alors que leur parti était mort et qu'il était en train de perdre son siège. Elle en était encore étonnée.
 
La discussion s'est poursuivie, assez nourrie. Vers la fin, on a senti poindre les frustrations particulières des adhérents du MoDem parisien, qui ont ramené l'idée de la future candidature de Quitterie à la présidence du MoDem parisien.
 
Puis comme d'habitude, on a fini par des conversations dispersées et chaleureuses, au milieu desquelles Quitterie a hélas annoncé qu'elle s'absente pour deux semaines. Elle nous manque déjà. 
 
 

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