Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2007-06-09 | Page d'accueil | 2007-06-12 »

11/06/2007

Les pleins pouvoirs.

Nicolas Sarkozy voulait les pleins pouvoirs. Il les a, ou plutôt, il les aura.
 
L'électorat de gauche, écoeuré, est allé à la pêche hier. Non seulement l'électorat de gauche, mais celui qui pouvait, en misant sur le centre, tenter d'infléchir la politique du nouveau président.
 
La victoire de l'UMP est totale, indiscutable, sauf... qu'il n'y a eu que soixante pour cent de participation.
 
Cette énorme abstention est la surprise, l'inattendu. Après la participation-fleuve de la présidentielle, voici l'abstention-fleuve des législatives.
 
Celle-ci est logique : comme je l'ai écrit ces derniers jours, le vote d'hier n'avait aucune utilité politique ni aucun autre enjeu qu'à la marge pour la gauche ; seul le MoDem y jouait une partie importante. Faute d'une stratégie suffisamment visible, il l'a perdue.
 
Je ne reviendrai pas sur la non investiture de Quitterie Delmas qui me paraît symptomatique des fautes politiques commises. À preuve, deux autres parachutages parisiens de personnalités, celui de Claire Gibault dans le quartier des Champs-Élysées et de l'Opéra (elle est chef d'orchestre) et celui de Christian Saint-Étienne au quartier Latin (16,1%). Là, c'est réussi. La cause ? L'exposition médiatique. Or Quitterie Delmas était justement la meilleure exposition médiatique bayrouiste parisienne durant la présidentielle. L'écarter était une erreur.
 
Erreur-boomerang d'ailleurs contre son auteure, Marielle de Sarnez. Comme le relevait Axel, de Page2007, cette nuit, sur le blog même de Quitterie, il manque cinquante-deux voix à Mme de Sarnez pour se maintenir. En acceptant une jeune pousse charismatique à ses côtés, dans la circonscription voisine de la sienne, elle aurait probablement créé la synergie capable de la porter jusqu'au second tour. Elle a préféré jouer perso, le résultat est là pour la faire méditer.
 
Je regrette énormément l'élimination d'Azouz Begag et d'Anne-Marie Comparini.
 
Le premier fait une percée réelle mais insuffisante ; la seconde, députée sortante, termine troisième et ne peut se maintenir. La stratégie municipale lyonnaise est périlleuse. Inévitable mais périlleuse.
 
En Bretagne, comme prévu, sont la majorité des deuxièmes tours du MoDem : deux.
 
Le premier concerne mon ami Michel Canévet dans la septième du Finistère. En 2002, quand le score national de Bayrou était 6,8%, celui de sa circonscription s'élevait à 18%. Cette fois, lors du scrutin législatif, il n'atteint pas le 24% de Bayrou de la présidentielle, mais il continue à progresser à 19,5%. Il a cependant annoncé qu'il se retirait sans consigne de vote.
 
L'autre bon résultat est Thierry Benoît qui pourrait enlever la circonscription de Fougères, dans l'Ille-et-Vilaine, à l'ancienne ministre  ex-centriste Marie-Thérèse Boisseau.
 
Dans sa propre circonscription, Bayrou fait un score confortable, mais il semble que Jean Lassalle ne puisse être réélu que si le candidat de gauche se retire. Les autres candidats centristes des Pyrénées-Atlantiques obtiennent un résultat sans commune mesure avec celui de leur chef lors du premier tour de l'élection présidentielle.
 
D'une manière générale, les candidats MoDem aux législatives voient se répercuter la chute de onze points connue par leur parti sur le score de son candidat à la présidentielle. Tout candidat perdant moins de ces onze points peut considérer qu'il a fait un bon score ; l'inverse est vrai.
 
Un candidat très insuffisant ou placé dans une conjoncture très difficile fait 2 à 6%. Un candidat passable 7 à 9%. Un bon candidat ou placé dans une conjoncture favorable, 10 à 12%. À partir de 13%, on peut parler de performance encourageante, voire brillante.
 
Maintenant, le plus difficile, pour Bayrou, est de devenir une pépinière de talents, de façon à arriver en 2012 avec une vague orange de personnalités très solides et créatives, une génération entière.
 
C'est possible.
 
Reste à traverser l'écueil des sénatoriales de septembre et surtout celui des municipales, qu'elles aient lieu à l'automne comme on en prête l'intention à Sarkozy ou au printemps prochain.
 
Et puis il faut construire le MoDem. Au travail.
 
C'est pour ce travail que je suis heureux de contribuer aux initiatives de Quitterie Delmas et que je participerai à son "café politique" mercredi 13 à 20h, le bar LES ASSOCIÉS, 50 boulevard de la Bastille, métro Bastille à Paris, consacré à la stratégie du MoDem et ouvert à tous.