« 2007-12-08 | Page d'accueil
| 2007-12-10 »
09/12/2007
Sarkozy et le mythe de Caligula.
"J'aime le pouvoir car il donne ses chances à l'impossible" est la seule citation tolérable que l'on prête à l'empereur romain Caligula. Elle ressemble trait pour trait au slogan de campagne de Sarkozus ("Ensemble, tout devient possible"). Or la ressemblance ne s'arrête pas là.
Caligula, en effet, selon sa légende, devint vite un tyran odieux qui se plut à humilier son entourage, à torturer un peu tout le monde et à abaisser le Sénat. On connaît l'anecdote la plus célèbre qui le décrit faisant son cheval sénateur.
Or Sarkozy aime à laisser accroire que nul n'est en sécurité à une fonction pour lui quelle qu'elle soit. Un ministre est par essence assis sur un siège éjectable. Le remaniement de janvier est une occasion de délectation pour Caius Sarkozus Caligula, puisqu'il lui permet de placer ses victimes sur des charbons ardents, de leur faire miroiter toutes sortes de douceurs et de merveilles avec un évident plaisir qui ne s'apparente qu'au sadisme.
Ainsi en a-t-il fait avec ses proches aussi.
Quant au parlement, le mépris dans lequel il le tient confine à l'invraisemblable. Sarkozus annonce des milliards de dépenses alors même que le parlement débat du budget, que des postes de dépenses concernés ont été votés par les deux chambres, bref, le parlement n'est qu'un média de plus, à la botte comme les autres. C'est Sarkozus qui adopte les lois, il le dit. C'est Sarkozus qui d'ailleurs fait tout.
Et comme Caligula passe pour avoir été fou, on rejoint curieusement l'analyse de Jean-François Kahn qui clame en toute et fréquente occasion que Sarkozy est fou.
Pour Albert Camus, cependant, Caligula n'est pas atteint d'une folie ordinaire : il explore les limites du pouvoir humain, il est une sorte de Don Juan qui défierait la sanction divine dans le but de la recevoir, il est en fin de compte frappé du complexe d'Icare : Icare, s'étant confectionné des ailes de plumes et de cire, s'envole et, grisé, vole, vole, monte et monte, et monte si haut qu'il s'approche trop du soleil, que la cire de ses ailes fond et qu'il tombe tragiquement.
Complexe d'Icare, avec un soupçon d'Oedipe ces jours-ci avec sa mère qu'il emmène en Chine et qui bougonne qu'elle en a assez de voir son fils avec ses épouses successives et qu'elle compte bien qu'il ne se remariera pas.
En tout cas, si complexe d'Icare il y a, vivement que la cire fonde et qu'il tombe.
15:20 | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : politique, Sarkozy |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook






