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22/02/2017

À propos de mon nouveau livre

Voici la couverture de mon nouveau livre.

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Il s'agit du cinquième volume d'une collection que j'ai commencée en 2001 et qui édite le plus ancien recensement des foyers bretons conduit dans les années 1426 et suivantes sur décision du duc de Bretagne Jean V, à l'époque de la Bretagne libre. Après les anciens diocèses (alors à la fois circonscriptions religieuses et circonscriptions politiques et administratives) de Cornouaille, de Tréguier, de Saint-Malo et de Léon, il étudie celui de Saint-Brieuc, qui inclut le Goëlo, le Penthièvre et une partie du Porhoët.

C'est un document sociologique exceptionnel, certainement unique en Europe pour cette période, où sont données souvent, outre l'identité du chef de famille, des précisions telles que l'état de santé, le niveau de revenu, la profession, et autres. Le but est d'établi le niveau de taxation de chaque paroisse par un impôt d'origine normande que l'on nomme le "fouage". Le fouage normand est resté à peu près forfaitaire depuis sa création au XIe siècle, mais le fouage breton, instauré seulement en temps de paix en 1365, est calculé sur une logique progressive dès au moins les années 1420, ce qui signifie que plus on a de revenu, plus on paie un fouage élevé, mesure juste évidemment pondérée par le fait que les plus riches, c'est-à-dire les nobles et leurs métayers directs, ne paient aucun fouage, un privilège heureusement compensé en partie par le fait que les plus pauvres n'en paient pas non plus. En somme, il est payé sur une base progressive par les classes moyennes, ce qui nous renvoie à la situation de l'impôt à notre époque.

Les chiffres, calculés par paroisse, permettent de dresser des cartes géographiques de l'impôt et, donc, de la richesse de revenu des classes moyennes, pondérée par la densité de population au kilomètre carré. Un ensemble de cartes statistiques permet ainsi de se faire une idée précise de la sociologie de cette partie de la Bretagne. Des documents jusqu'ici inédits font découvrir le poids déjà important des tissages de Lamballe et de Quintin, qui prendront leur plein essor au XVIIe siècle, deux cents ans plus tard.

Comme les nobles y sont traités à part, c'est aussi l'occasion de rédiger le plus ancien nobiliaire universel de Bretagne, d'y ajouter des réflexions héraldiques du plus haut intérêt, où se dégage peu à peu un trait majeur : le poids des événements politiques du XIIIe siècle dans les règles d'adoption d'armoiries aux XIVe et XVe siècles.

Le tout est illustré de nombreuses photos de monuments médiévaux et, en fin de volume, de cahiers en couleur regroupant près de 470 écus de familles nobles recensées dans ce document, plus d'une sur deux, ce volume étant d'ailleurs celui de tous les records parce que les nobles y recensés sont plus de 1400, contre 750 en Cornouaille, 900 en Tréguier, 1000 en Saint-Malo par exemple.

En cette année de Brexit, il m'a paru pertinent de demander à Michael Jones, professeur émérite à l'université de Birmingham, spécialiste du pouvoir breton de cette époque, de retracer les relations de la Bretagne et de l'Angleterre dans les derniers siècles du Moyen Âge et leur impact sur ce document. Le Royaume-Uni est le plus vieil et plus universel allié de la France, ce qui, d'ailleurs, ne devrait pas conduire son chef de gouvernement à recevoir des candidats à l'actuelle élection présidentielle, une ingérence inacceptable à mon avis.

Paru aux Éditions de la Pérenne, 480 pages et une carte hors texte, 420 Euros.

 

 

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