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11/02/2007

Libre, le français ?

Il n'y a pas si longtemps qu'un ministre de notre chancelante république choisissait de soulever des montagnes de poussière en proclamant que désormais l'anglais n'est plus une langue étrangère.

On est loin de la Défense et illustration de la langue française chère à la Pléiade.

Il est vrai que la roue du pouvoir a tourné et que la main qui tient le gouvernail n'est plus à Paris, ni même en Europe. Le langage a toujours été un attribut du pouvoir.

Du reste, chez les scientifiques, il y a déjà longtemps que l'habitude a été prise de rédiger ses articles directement en anglais. Dominique Wolton l'a signalé pour s'en indigner voici un ou deux ans et on se souvient du scandale remué par certains colloques du CNRS où tout, du carton d'invitation jusqu'aux travaux, était libellé en anglais. Pourtant, dans le sigle CNRS, la lettre N désigne le mot "national" et il est écrit dans la constitution que la langue de la France est le français.

À l'heure où les pouvoirs publics tourmentent encore les bretonnants (entre autres), certaines indulgences peuvent paraître disproportionnées et il serait utile de clarifier la situation en donnant plus de souplesse d'un côté et plus de rigueur de l'autre.

Cela étant, le français n'est plus la langue de la France.

J'entends par là que les francophones sont beaucoup plus nombreux hors de France qu'en France. nous n'en sommes pas encore au stade du Portugal que toise son opulent fils brésilien, mais nous portons notre regard en Europe, au Québec, un peu encore en Haïti, dans le Pacifique et dans des poussières d'Océan Indien, et surtout en Afrique. La "langue de chez nous" chantée par Yves Duteil est devenue surtout la langue de chez eux.

Ne devrions-nous pas inventer, en plus de l'académie française une académie francophone ?

En tout cas, si notre langue a de l'avenir, c'est là-bas, sous les tropiques, dans les déserts, les djébels et les douars, au rythme d'un continent bicolore qui souffre.

C'est pourquoi on se demande comment les relations franco-africaines vont évoluer. Allons-nous abandonner l'Afrique aux appétits des groupes industriels ? Pourra-t-elle se prendre mieux en main grâce aux deux géants de l'Afrique subsaharienne : l'Afrique du Sud et le Nigeria ?

Mais alors, que restera-t-il de l'espoir du monde francophone ? Déjà, nous ne savons pas protéger les anciennes langues vernaculaires locales contre la montée du français, comment saurions-nous le faire pour le français contre l'anglais ?

Une Afrique bousculée par son évolution démographique et par le progrès, déracinée deux fois en peu de décennies, ce serait déjà un drame.

La disparition du français en serait un autre.

Car seuls, nous ne le sauverons pas.

Et un monde où l'on ne parlerait plus le français ne vaudrait plus qu'on y vive.

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