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21/05/2007
J'ai oublié trois ministres hier.
Roselyne Bachelot, Xavier Darcos et Christine Boutin.
Bachelot, évidemment, on pense aux Guignols. Elle incarne malgré elle la tendance qu'a eue Chirac en 2002 à se soucier assez peu des compétences intrinsèques de ses ministres. À l'Environnement, Roselyne Bachelot nageait et ça se voyait. Et les Guignols s'en régalaient. "Ah bon ?"
Elle est connue aussi pour un certain franc-parler et notamment pour avoir révélé les difficultés auditives du président que d'aucunes rumeurs attribuaient à un cancer de la gorge que Chirac aurait déclaré vers l'an 2000 et qui ne serait pas sans lien avec ses divers problèmes ORL (ni avec d'autres rumeurs plus anciennes sur certaines prises).
Quoiqu'il en soit, elle trouve avec Sarkozy une vraie chance de s'affirmer. Vraie chance, façon de parler, puisque tout montre que les affaires seront surtout gérées par le cabinet du président à l'Élysée.
Xavier Darcos, sa fortune politique a tenu à son infidélité à Bayrou. Il faisait partie de son cabinet à l'Éducation nationale. Je l'y ai rencontré, silhouette longue, visage poupin, cheveux permanentés, yeux trop bleus, cigarillos, costumes à rayures et discrétion de mauvais aloi.
Dès 2002, il a clamé la trahison de Bayrou et s'est trouvé récompensé de cet effort par un secrétariat d'État (l'enseignement supérieur, je crois) sous la férule de Luc Ferry (autre transfuge du cabinet de Bayrou) qui avait conservé le dircab de Bayrou. Tout ce monde-là pagayait dans la même pirogue.
Le voici chef du même poste avec mission de dégoupiller la grenade. On verra si elle explose. Premier objectif : la carte scolaire, dès la rentrée.
Christine Boutin, j'en ai des souvenirs plus anciens. En 1988-89, j'étais assistant parlementaire d'un député du Doubs. Au 101, rue de l'Université, dans un bâtiment annexe de l'Assemblée nationale, une trentaine ou une quarantaine de députés centristes occupaient un étage.
En face du bureau de mon député, celui de Louise Moreau, une grande résistante, maire de Mandelieu dans les Alpes Maritimes, qui m'expliquait qu'elle devait verser 120 000 Francs de l'époque (en 1988 donc) à Jacques Médecin pour avoir le droit de se présenter dans sa propre circonscription.
À gauche, j'avais deux Bretons, Ambroise Guellec et Arnaud Cazin d'Honnincthun. J'ai déjeuné une fois avec Guellec, député de mon coin en Bretagne, qui m'expliquait sa vision des choses. Cazin, lui, est reparti pour le Conseil d'État quand il a été battu.
Bref.
Je fréquentais (respectueusement et sans arrière-pensée) quatre assistantes parlementaires : deux de l'Assemblée elle-même (la belle-soeur de Baudis, et une belle rousse qui oeuvrait pour Georges Chavanes, alors maire d'Angoulême qui a eu la gentillesse, lui aussi, de m'expliquer un peu le métier) et deux du même bâtiment que moi : une brune un peu alanguie qui s'employait pour José Rossi (corse comme elle) et une blonde nerveuse qui, tout au fond du couloir, tenait le bureau de Christine Boutin.
À chaque fois que, chaque jour, je venais faire ma courtoise visite chez la blonde nerveuse, elle me montrait une nouvelle photo de foetus mort, résultat d'un avortment en me lançant :
- Tu trouves ça normal ?
Mais elle aimait bien ce que j'écrivais. Tout à fait cornélien : je devais supporter son militantisme (à l'époque, le diable se nommait la pilule abortive RU486) pour recevoir mon lot de compliments.
À ma décharge, j'avais vingt-quatre ans et j'ai eu du mal à mûrir.
Voilà donc à quoi se consacrait l'assistante de Boutin, en phase avec sa députée.
J'avais du mal à imaginer comment Boutin avait pu faire partie du cabinet de Raymond Barre. Quoique.
Mais il se trouve que Boutin est plutôt bien vue des internautes pour avoir été la seule avec Bayrou à s'élever contre la loi DADVSI. À suivre donc.
20:55 | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : politique, présidentielle, sarkozy, royal, bayrou, udf, mouvement démocrate |
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