Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/11/2007

L'injustice municipale : difficulté du second tour.

L'équation est simple : d'élection partielle en élection partielle, le MoDem s'enracine et conforte sa position au-delà de 10%, vers 12-13% en général. Donc si Bayrou et les adhérents du MoDem parviennent à bâtir ensemble un parti qui incarne l'idée que son électorat s'en est faite, il y a tout lieu de croire que le score du MoDem dans les principales villes et dans beaucoup de villes moyennes dépassera 10% au premier tour de la prochaine élection municipale.
 
Encourageant.
 
Mais après ?
 
Avec 10%, quel que soit le nombre de participants, les listes du MoDem seront en mesure de se maintenir au second tour. Très bien. Mais pour quoi faire ?
 
Il y a quatre hypothèses, en fait : 1 alliance systématique à droite, 2 alliance systématique à gauche, 3 alliance alternative à droite et/ou à gauche, 4 aucune alliance.
 
Faire alliance signifie que l'on considère que la droite et/ou la gauche sont fréquentables. C'est exprimer un esprit de compromis. Cela signifie surtout que l'on choisit d'être absent du second tour. Cela signifie que l'on accepte que notre programme puisse se fondre dans un autre. 
 
En maintenant au contraire nos candidats pour le second tour, notre message serait : droite et gauche, c'est la même chose, ou plutôt "ici, dans cette ville, droite et gauche c'est la même chose". Car maintenir notre liste reviendrait à refuser les deux alliances. Il faudrait le justifier. Il faudrait surtout en mesurer les conséquences.
 
Par exemple, à Paris, dans un arrondissement comme le mien, il y a treize conseillers de Paris et vingt-six autres conseillers d'arrondissement. Ce qui est important, ce sont les conseillers de Paris, seuls à siéger dans le double conseil (municipal et général) de Paris. Sur treize conseillers de Paris, en vertu de la loi municipale, sept sont acquis à la liste en tête. Reste donc six à se partager. En général, il n'y a qu'un tour, donc ces dernières années quatre partis pouvaient émarger au partage : l'UMP, le PS, le MoDem (enfin, l'UDF) et le FN. Il semble que ce dernier ait définitivement disparu du champ politique. Il ne resterait donc, par hypothèse, que trois formations : liste UMP et apparentés (NC, et DVD), liste MoDem (qui a devancé le PS dans les deux circonscriptions aux législatives), liste PS et apparentés (PCF, Verts etc). On peut estimer que le résultat, si l'UMP ne détourne pas ses électeurs de voter pour elle, serait : UMP 70%, MoDem 12%, PS 12%. Donc voyons comment se répartiraient les six élus.
 
Le calcul exact est assez compliqué, en raison des méthodes (plus forte moyenne ou plus fort reste) qui font de la proportionnelle affaire de spécialiste. Je me contenterai d'une simulation "à la louche".
 
70% de 6 font 4,2. Il y aurait donc sans doute un élu MoDem et un élu PS. Tant mieux, quoique nous ayons deux sortants élus sur liste commune avec l'UMP.
 
Mais dans les quartiers où il y aura un second tour, que feront nos électeurs ? Combien en perdrons-nous ? Quelle sera notre capacité à fédérer les électeurs des listes incapables de se maintenir au second tour ? On voit qu'il faut nettement plus de 10% pour avoir au moins un élu de premier rang dans un grand arrondissement, mais il en faut beaucoup plus dans les petits arrondissements.
 
Donc dans l'hypothèse où nous nous maintiendrions au second tour sans alliance, nous devrions avoir au moins six élus : un dans le XVIe, un dans le XVe (Élisabeth de Fresquet sortante) et un dans le XVIIe, trois quartiers où la droite peut gagner dès le premier tour (ce n'est pas sûr dans le XVe, plus dans les deux autres). Le symétrique serait vrai dans les quartiers où la gauche dervait gagner dès le premier tour si elle fait l'union (XVIIIe, XIXe, peut-être XXe ou XIIIe). Mais nous pourrions n'avoir aucun autre conseiller de Paris si nous maintenons simplement nos candidats.
 
Or il y a, dans l'équipe nationale de l'UDF (ne parlons pas encore de MoDem de ce point de vue, je vais y venir), plusieurs élus parisiens : Didier Bariani (XXe), Éric Azière (XVIe), Géraldine Martiano-Lehideux (XVIe), Pierre-Emmanuel Portheret (adjt au maire du XVIe) etc. Et il y a surtout Marielle de Sarnez dans le XIVe, l'un des arrondissements-clefs qui ne devrait pas voir de succès dès le premier tour et où la logique du vote utile pourrait faire plonger le score du MoDem bein en-deçà de 10%.
 
Voilà pourquoi la question des alliances habite tellement les esprits : négocier une proportion sur une liste de second tour sur la base d'un résultat de premier tour, c'est se garantir un nid, un poste, un bureau, une existence, une rémunération.
 
Et cette rémunération est utile aussi à Bayrou parfois, car elle a longtemps soulagé la masse salariale de l'UDF.
 
Et dans chaque ville, la question peut être la même, car sans alliance de second tour, pas de postes d'adjoints, pas de responsabilités exécutives, pas d'indemnités électives.
 
Même les maires sortants sont confrontés à cette difficulté, ce qui explique l'embarras de quelques-uns d'entre eux même les mieux intentionnés.
 
On me rétorquera que ce n'est pas le sujet du moment, qu'il faut parler du congrès de Villepinte, que nous avons à édifier une maison commune.
 
C'est vrai. Mais les deux ne sont-ils pas liés ? Ne voit-on pas ce qui se passe ?
 
Alors ? Pas d'alliances ? À droite ? À gauche ? Les deux ? Faut-il que la future "conférence nationale" du MoDem détermine une règle de conduite pour tous les candidats investis ? Quelle doit être l'identité du MoDem de ce point de vue, puisqu'enfin il ne sera plus question d'UDF ?
 
J'inscris ces questions en filigrane dans mes réflexions sur les statuts.
 
Personnellement, en tout cas, je n'envisage pas une seconde l'alliance systématique à droite. L'alliance systématique à gauche me semble avoir les mêmes inconvénients que la précédente.
 
Pour le reste, il faut réfléchir. 

00:25 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, MoDem, Bayrou, municipales | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Je pense, au contraire, que c'est la principale question.

Comme toi, je n'envisage pas une seconde une seule alliance, où que ce soit, avec l'UMP.

Si nous ne faisons pas d'alliances, nous n'aurons que quelques élus à six mois des sénatoriales et neuf mois après le résultat peu brillant des législatives.

Je pense qu'il faut avoir des élus pour s'enraciner dans les villes.

Donc, que reste-t-il ?

Si nous sommes dans l'opposition, il faut trouver des accords avec les autres partis d'oppositions.

Écrit par : Guillaume A | 08/11/2007

@ Guillaume A

Ton argument est sensé.

Écrit par : Hervé Torchet | 08/11/2007

Les commentaires sont fermés.