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27/11/2007

Chaos ou cahots ?

La République hoquette, elle gargouille, elle suffoque. Revendications catégorielles, violences, tensions latentes sans solution, espoirs déçus, promesses électorales mensongères ou dangereuses, inflation, essence coûteuse, de partout le pays grince.
 
Est-ce le chaos qui se répand ou les réformes qui suscitent des cahots ?
 
Rien n'a été fait depuis deux ans pour les banlieues, sinon l'accélération du clientélisme, l'accroissement de la répression, la multiplication des provocations.
 
Et que constate-t-on ces jours derniers dans les méthodes du gouvernement ? La concession clientéliste (pêcheurs, cheminots, étudiants), la répression comme un étendard et les provocations inlassables contre les réflexes de colère.
 
Alors oui, il y a bien une responsabilité des décisions d'État dans les événements actuels.
 
Et si l'on a vu tant de journalistes pris à parti et molestés, ce n'est pas contre eux personnellement, d'autant plus que les violences ont là été particulièrement injustes, mais ce qui a été attaqué par les émeutiers, ce sont les média asservis au pouvoir, c'est cette collusion maintes fois dénoncée à juste titre par François Bayrou. C'est la presse de Sarkozy qui est attaquée.
 
Et encore une fois, les journalistes, pris en otage par le pouvoir, sont les victimes de choix qui les dépassent. Il faut que cela cesse. Il faut que la presse retrouve son indépendance. 

20:10 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : banlieues, bayrou, sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Quitterie Delmas et le cas de conscience du Val d'Oise.

Quitterie Delmas était l'invitée, ce soir, de Jean-Michel Cadiot, candidat du MoDem dans la législative partielle du Val d'Oise rendue nécessaire par la démission de Dominique Strauss-Kahn, désigné à la tête du Fonds Monétaire International. Or c'est dans cette circonscription qu'a eu lieu la veille la mort de deux jeunes tués par des policiers. Du coup, le café démocrate électoral a pris un tour grave et inquiet.
 
Grave d'abord en raison du deuil. L'humanité sincère du candidat Cadiot était touchée par le drame vécu par les familles des deux victimes. Son supléant, Ali Menzel, était même absent de tout le début de la réunion : il habite le quartier de l'événement, il a été témoin des toutes premières suites de l'affaire : les gamins abandonnés sans secours par les policiers qui se sont enfuis, effrayés peut-être, malveillants peut-être, hagards en tout cas. La colère immédiate du quartier.
 
Ali Menzel ne mâche pas ses mots : selon lui, les policiers avaient contrôlé les deux jeunes deux fois dans la même journée et les avaient menacés : s'ils les revoyaient sur cette même moto, ça se terminerait mal. Pour lui pas de doute, c'est délibérément que les policiers ont percuté les gamins. D'ailleurs, il note que la moto n'a rien, tandis que l'avant de la voiture est très abîmé.
 
Et aussitôt, il ajoute que, de son point de vue il ne peut plus être question de faire campagne à Villiers-le-Bel jusqu'à l'élection qui doit avoir lieu le 9 décembre, soit dans treize jours.
 
La discussion tourne alors autour de ce choix : faut-il continuer ? Faut-il s'interrompre ? Quel meilleur hommage rendre à la mémoire des victimes ? Comment saluer mieux leurs familles ?
 
En tout cas, pas question de récupération politique.
 
Et puis, comment faire éclater la vérité ? Comment lever le voile d'incompréhension ou de malveillance qui empêche les média de diffuser autre chose que la version officielle ?
 
Quitterie Delmas est alors bienvenue de rappeler qu'Internet est l'instrument idéal. Elle donne des clefs, suggère l'ouverture d'un blog citoyen des habitants de Villiers-le-Bel, où seraient diffusés images et témoignages, à la fois sur l'affaire et sur la ville, sa vie ordinaire et ses efforts pour le bonheur.
 
Elle obtient soutien de la salle et approbation. 
 
Je suggère aussi que les candidats demandent le report de l'élection. Ils y ont pensé. Cela pose des problèmes. Quitterie suggère que j'interroge Éric Azière, l'homme des élections du MoDem, mais celui-ci est injoignable.
 
La soirée se termine par quelques verres de vin et de modestes petits-fours, dans la fièvre des conversations passionnées.
 
Quitterie continue à prodiguer conseils et adresses.
 
Les amis d'Ali Menzel arrivent en fin de soirée : des jeunes auraient utilisé un fusil contre deux policiers.
 
Nous sommes incapables d'intérioriser cette information. Il est tard.
 
Sur la route par laquelle l'un des invités, affable (et ici remercié) nous ramène vers Paris, nous sommes dépassés par une longue file de véhicules de CRS et de police, les voitures banalisées alignant des rangées de casques de CRS sur leur plage arrière. Ali Menzel s'attendait à un embrasement et à de longues flammes.
 
Ce qui nous conduit tout naturellement à parler du congrès de l'UDF et de celui du MoDem, rendez-vous vendredi, autre embrasement, autres flammes.
 
Sur le trottoir où on nous laisse, Quitterie, très émue de cette soirée au coeur des événements, grille sa dernière allumette pour une marlboro dorée. Il fait frais. La politique est parfois dérisoire.