04/05/2013

Hollande et la procrastination budgétaire

De mon point de vue, la fonction d'un premier ministre est de prouver que les engagements du président de la république sont réalistes et bons. En refusant d'emblée de se placer au niveau de rigueur budgétaire nécessaire, Jean-Marc Ayrault a entamé un travail de sape sur François Hollande qui semble porter aujourd'hui ses fruits avec la capitulation sans condition du président sur le principe même de la rigueur. Au fond, les choses sont plus difficiles qu'il ne se l'était imaginé, déclare ce dernier au journal Sud-Ouest. Alors, puisque c'est difficile de combiner la sérieux budgétaire réel (pas celui que pratique son gouvernement) avec le maintien de l'activité, autant baisser les bras. Voilà le résultat du vilain travail du premier ministre : le président vient de baisser les bras.

Il faut le répéter : ramener les comptes à l'équilibre, ce n'est pas pour faire plaisir à Bruxelles, mais parce que c'est la condition de la santé et de l'indépendance de notre économie. Et de cette santé et de cette indépendance dépendent les emplois de demain. On peut faire des "emplois d'avenir", mais c'est au risque de handicaper les emplois de l'avenir et, surtout, si l'on ne fait que cela, on est sûr que rien de plus ne se passera dans la colonne "positif". Pourtant d'énormes gisements d'emplois existent sans même grever les finances publiques, on n'a toujours pas tiré plein parti des 35 milliards de la formation professionnelle s'ils étaient arrachés aux partenaires sociaux et utilisés avec doigté, par exemple.

Enfin, il faut aussi le rappeler : une économie qui marche, ce n'est pas pour faire plaisir à Bruxelles, ni pour enchanter Wall Street, mais parce que c'est la condition du plein emploi. Finalement, en acceptant le moratoire de deux ans sur la dette que vient de proposer Bruxelles, le président Hollande renvoie l'équilibre budgétaire aux calendes, il accepte que l'Etat continue à s'endetter, il renvoie donc aussi aux calendes le retour à la santé de notre économie, il se place dans la médiocre continuité de ce que ses prédécesseurs ont fait en particulier dans la dernière décennie, mais même depuis trente ans. Dommage, car il vient de grever lourdement sa position au regard de l'Histoire.

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Commentaires

Je ne suis pas d'accord avec votre interprétation des rapports entre Pépère et Jean Marc Ayrault.
Ayrault n'est pas une sorte de Machiavel tortueux "sapant" l'immense autorité de ce titan de la politique que serait Pépère.
Beaucoup plus prosaïquement, il a été choisi par Flanby, le petit magouilleur de sous préfecture, précisément parce qu'Ayrault est incolore inodore et sans saveur et ne risque pas ainsi de faire de l'ombre au dessert chocolaté présidentiel qui est lui-même sans couleur, sans odeur et sans goût.
C'est avec les mêmes méthodes de politicien de province que la France se retrouve avec un gouvernement dont les deux tiers des ministres sont des parfaits inconnus et sont appelés à le demeurer.
Il n'est pour preuve que la nomination de l'immense Harlem Désir à la la tête du Parti Socialiste qui relève de la même démarche :
Surtout, pour ne pas faire de l'ombre à un président de la République qui n'est pas au niveau, choisir des exécutants qui sont eux carrément en dessous du niveau.
Le lamentable fromage présidentiel applique le proverbe français : au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.
c'est ça la politique vu par Hollande.
C'est un médiocre entouré de nullités.
Les Français étaient prévenu.
Les Français ont voulu.
Les Français ont.

Écrit par : Jihème | 05/05/2013

Il n'y a d'ailleurs pas QUE des nullités au gouvernement, il y a aussi des nuisibles, je m'en voudrais de ne pas avoir le sens des nuances...

Écrit par : Jihème | 05/05/2013

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