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21/05/2013

Ayons les meilleures universités et "ils" viendront

En France, quand on veut s'accommoder les juges, on dit du mal des policiers (et réciproquement), quand on veut s'accommoder les policiers, on dit du mal des gendarmes (et réciproquement), quand on veut s'accommoder le monde universitaire, on dit du mal des grandes écoles. C'est comme ça. Cette méthode bébête, infantile et conflictuelle, qui ne vaut pas mieux que les bagarres puériles PSG-OM ou Parisiens-banlieusards, a été employée hier par le déplorable ministre de l'Education nationale (nationale...) Peillon pour justifier son projet d'autoriser les universités à dispenser une partie de leurs cours en anglais, de façon à rester dans le coup de la concurrence du monde globalisé et à attirer ainsi des étudiants de pays émergents. Tout ceci se fait alors qu'on a déshabillé les alliances françaises depuis des années, droite comme gauche, et qu'on ne cesse de rogner les crédits du Quai d'Orsay pour la promotion de notre langue et de notre culture à l'étranger. Cela s'appelle gabegie.

Et cela fait penser à ces petits maires de communes moyennes qui, pour une question de standing, veulent avoir "leur" piscine, "leur" médiathèque, etc. "Vous comprenez, nous ne serions pas à égalité avec les autres". Au nom de ces clochemerles (qui ont souvent les marchands de la balayeuse municipale de Topaze pour âme), on jette l'argent des petites gens par pleins paniers et par les fenêtres. Ici, il ne s'agit guère d'argent (quoique : il va falloir former et/ou importer de nouveaux enseignants si l'on veut dispenser un enseignement de qualité), mais de quelque chose qui est plus précieux que l'argent : l'âme d'un peuple. Les Bretons, les Basques, les Occitans, les Corses, le savent bien : ce qui caractérise un peuple, c'est sa langue. C'est donc notre langue que l'infâme M. Peillon jette par les fenêtres. Finalement, le gouvernement Ayrault verse dans le même fossé de l'Anti-France que celui de M. Jospin.

Eh bien non, nos universités ne doivent pas avoir pour objectif de figurer sur le classement de Changhaï, ni sur celui d'Honolulu ou de la planète Mars. Elles doivent avoir pour but de former bien nos étudiants. Et sur ce point, il y a beaucoup à dire et à redire. Notre éducation nationale plonge dans tous les classements, la qualité de ses résultats ne cesse de se dégrader, et des étudiants viendraient dans nos universités juste parce que soudain, on y dispenserait des cours en anglais ? Qui peut croire à cette farce pathétique ? Disons-le tout net : même de ce point de vue, l'introduction de l'anglais est un emplâtre sur une jambe de bois. Cela ne sert à rien, à rien d'autre qu'à flatter l'égo de quelques universitaires aveuglés et amollis. Qu'ils aient plus d'ambition pour leurs établissements, au lieu de se laisser coloniser par une mentalité défaitiste.

Oui, qu'ils les remontent, leurs universités. Si elles sont les meilleures, on se battra pour y venir, des quatre coins du monde, même si on y parle latin ou grec ancien. Et s'il y a de l'argent à dépenser, au lieu d'encourager l'enseignement de l'anglais, utilisons-le pour améliorer le sort de nos universités. Qui sait ? Elles pourraient redevenir bonnes et jouer ainsi le rôle pour lequel nous dépensons des paquets de milliards chaque année. En attendant, il faut le dire et le répéter, la mesure préconisée par M. Peillon n'est pas seulement stupide, elle est comme tout le reste de sa politique : une illusion. Et enfin, et par dessus tout, elle est inacceptable.

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Commentaires

Je sors bien sur! Beurk...

Écrit par : Martine | 21/05/2013

Vous avez voté pour eux ?
Oui ou non ?
Alors assumez et cessez de pleurnicher.

Écrit par : Jihème | 27/05/2013

"Oui, qu'ils les remontent, leurs universités. Si elles sont les meilleures, on se battra pour y venir, des quatre coins du monde, même si on y parle latin ou grec ancien. Et s'il y a de l'argent à dépenser, au lieu d'encourager l'enseignement de l'anglais, utilisons-le pour améliorer le sort de nos universités."

Entièrement en accord avec ce billet, Hervé ! Comme toujours te lire est un régal. Je ne comprends donc pas que tu puisses avoir sur ton blog certains commentaires déplacés. Tu es bien stoïque de les supporter.

Écrit par : Françoise Boulanger | 28/05/2013

C'est sûr qu'on est mieux dans l'entre-soi à se gratter mutuellement le nombril...

Écrit par : Jihème | 29/05/2013

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