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04/12/2007
Lyon : une élection sans MoDem ?
Le retrait annoncé par Azouz Begag ce soir à l'émission de Michel Denisot ne paraît pas être une bonne nouvelle pour François Bayrou. En effet, le concurrent de Begag dans la course à l'investiture MoDem a la réputation tenace de vouloir faire liste commune avec Dominique Perben pour l'élection municipale dès le premier tour.
Certes, la situation lyonnaise est complexe : Michel Mercier, sénateur du Rhône, trésorier du MoDem, est aussi le président du conseil général de ce département. Pour lui, l'enjeu des municipales se conjugue d'une élection cantonale à haut risque. Et comme par ailleurs il a été reçu à l'Élysée par le capitaine du Titanic, le président Sarkozyme glouton, eh bien tout est compliqué.
Tout se passe comme si la mort de Raymond Barre, l'été dernier, avait sonné le glas d'une certaine génération politique rhodanienne (voire rhône-alpine). Le défunt et ancien premier ministre n'avait-il pas tout fait lui-même pour que sa ville fût dirigée après lui par son actuel maire, M. Collomb ? Au milieu de ce gué, une pluie diluvienne tombée du nuage Sarkomulus semble devoir noyer les enfants du barrisme.
Le retrait de Begag se fait sur fond de sondages qui se sont détériorés, il faut le reconnaître aussi. La campagne interne, très virulente, a-t-elle nui à la visibilité d'Azouz Begag ? Ses électeurs ont-ils été récemment impressionnés par le déculottage en règle (un de plus) de Sarkozip en Algérie ? Le président de la république commence à se faire une spécialité de manger son chapeau, comme s'il trouvait ça digeste.
Quoiqu'il en soit, le retrait d'Azouz Begag n'est pas une mauvaise nouvelle pour Gérard Collomb. Ce n'en est pas une bonne pour Dominique Perben car malgré l'absence de Bruno Gollnisch, il n'a qu'un faible espoir de conquérir la ville qui fut capitale des Gaules. Si le choc est frontal, droite contre gauche, sans MoDem, avec une faible extrême droite, la gauche l'emportera facilement. Chirac, en pensant tuer le centre en 2002 par la création de l'UMP, a fait le lit de sa double défaite régionale et européenne de 2004.
Précision : grâce aux commentaires de cette note, il est maintenant clair que le MoDem présentera sa liste à Lyon et je m'en réjouis.
20:50 | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : politique, MoDem, Bayrou, municipales, Lyon, Begag |
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"Le guide du moutard" prix René Goscinny.
Si vous avez une tirelire, cassez-la et courez à Paris, en bas des Champs-Élysées, chez Ledoyen, une des tables les plus réputées de la capitale. En ayant étranglé votre vieille grand-mère pour lui extorquer son bas de laine, vous pourrez vous offrir un repas à la petite carte. Si vous avez une demi-douzaine de grand-mères à étrangler, vous pourrez aller jusqu'à la grande carte, à l'étage.
C'est dans ce restaurant, dans l'un des salons du rez-de-chaussée, qu'est attribué chaque année, autour d'un buffet succulent, le prix René Goscinny à un sénariste de BD.
On y rencontre toujours un mélange de relations mondaines (un professeur de chirurgie réputé, un comte, Valérie Broquisse, ex-femme de François Baroin qui est arrivée tard cette fois, sans doute parce que Marie Drucker faisait partie du jury...), littéraires (l'éditeur du da Vinci Code, Laurent Laffont, ami de la famille), goscinnyesques (PIerre Tchernia, fidèle qui se déplace difficilement avec des béquilles, Roger Carel, voix historique d'Astérix), amicales (Sophie, l'amie comédienne d'Anne Goscinny, qui joue au Lucernaire en janvier, Caroline, autre amie qui a écrit un livre remarqué sur Goscinny aux Éditions du Chêne, le conservateur du musée des Compagnons de la Libération...), familiales (Aymar du Châtenet, l'époux d'Anne, Simon et Salomé leurs enfants, la belle-mère, son secrétaire, un cousin, tous du côté d'Aymar, les Goscinny ayant pour la plupart subi un sort tragique pendant la dernière guerre mondiale), auxquelles se sont joints, cette année, une escouade de dessinateurs de BD qui ont réalisé un très joli et drôle livre publié chez IMAV ("Du Panthéon à Buenos Aires") autour de textes inédits de René Goscinny. J'ai donc croisé là avec émotion Jean Giraud-Moebius, Lauzier, anciens du "Pilote" de Goscinny, mais aussi Bilal et quelques autres, bref la crème de la BD française et francophone.
Le jury était animé par François Busnel, patron du magazine Lire qui vient de publier un numéro spécial à l'occasion du trentième anniversaire de la mort de Goscinny (il présente aussi une émission sur Direct 8), avec Marie Drucker que je n'ai pas vue, soit qu'elle fût trop petite, soit qu'elle se fût éclipsée par une porte dérobée pendant la délibération du jury, et quelques autres personnages fort compétents, auxquels s'est jointe Anne Goscinny bien sûr.
L'an dernier, elle avait marqué beaucoup d'admiration pour l'oeuvre couronnée par le jury, tout en regrettant que ce ne fût pas un album drôle, plus fidèle à l'esprit de son père. C'est chose faite cette année avec le "Guide du moutard", une BD absolument hilarante qui effectivement relève de la filiation sirituelle du génial Goscinny.
Bravo donc au jury et à Jul, auteur jeune, à faire lire d'urgence par tous les jeunes parents.
00:35 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : BD, Bande Dessinée, prix Goscinny |
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