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19/05/2007
Faut-il sauver Bayrou ?
La question se pose désormais : faut-il le sauver ?
Partout, le flou règne et les interrogations montent de la part de ceux qui l'ont accompagné durant de longs mois. A-t-il changé ? S'est-il trompé ? A-t-il abusé son monde ? Tout cela était-il sincère ?
Du doute qui s'est installé et dont les investitures parisiennes du Modem sont une source parmi d'autres, est venu l'affaiblissement de la position de Bayrou dans l'opinion et des sondages qui ont été plutôt calamiteux ces derniers jours.
Pourtant, la stratégie de Bayrou pour reconquérir l'opinion est simple : pas de stratégie.
Qu'il retrouve ce qui a bâti son crédit : la vérité.
Qu'il soit de nouveau le thermomètre du mensonge et ceux qui ont cru en lui reviendront voter pour ses candidats dans les cinq cent trente cinq circonscriptions où il en présente.
Il faut aussi qu'il parle à ses trois électorats avec franchise. Oui, il en a trois : un de centre droit, un de centre gauche et un ni droite ni gauche.
À l'électorat de centre droit, il doit expliquer pourquoi il a si intempestivement manifesté son intention de ne pas voter Sarkozy au deuxième tour de la présidentielle.
Oh, l'explication est toute simple : il savait, lui, à quoi conduirait l'élection de Sarko, qui est ce que chacun constate aujourd'hui, la relance budgétaire hasardeuse (qui va creuser l'endettement sans susciter de vraie et saine croissance économique) et la volonté d'écraser le centre.
Avec ces deux arguments, l'un de raison, l'autre de sentiment, Bayrou a tous les atouts pour supplier l'électorat centriste de droite de l'aider à sauver le centre menacé.
Pour les deux autres électorats, les arguments sont plus simples, puisqu'ils concernent, là encore, ce que chacun constate, la mise en place du programme de Sarko par Fillon.
Et encore une fois, le regain de déficit budgétaire, déjà annoncé, ne peut que produire de la misère demain. Bayrou s'est tué à le dire durant la campagne et il en avait si bien convaincu l'opinion que ses deux principaux concurrents ont été contraints de feindre la sagesse budgétaire.
Les masques étant désormais tombés sur ce point, Bayrou retrouve même en théorie la faculté d'augmenter son score. Il faut seulement qu'il soit solide et qu'il prouve sa sincérité, à laquelle tout sera alors pardonné.
Et il faut qu'il reconnaisse certains désordres dans la gestion des investitures de ses candidats, qu'il annonce que les oubliés seront honorés, bref, qu'il se rattrape un peu sur ce point.
J'attends personnellement qu'il nous explique la situation de Quitterie Delmas. J'avoue que j'interprète la longue mention de celle-ci dans le nouveau numéro de l'hebdomadaire "Marianne" comme un geste de bonne volonté. Il en faut de plus précis et vite.
Sinon, j'avoue que j'ignore si j'aurai envie de sauver François Bayrou.
23:30 | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : politique, présidentielle, sarkozy, royal, bayrou, udf, mouvement démocrate |
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La Brinvilliers, mon spectacle du jour.
Le nom du Chat Noir est associé à un cabaret montmartrois qui, de la fin du XIXe siècle aux années 1920, incarna la folle vie parisienne. On en trouve trace, par exemple, dans une chanson que quelques-uns ont fredonnée sans doute :
Je cherche fortune
Tout autour du Chat Noir
Et au clair de la lune
À Montmartre le soir
Ce nom a été repris par un café situé à l'angle de la rue Jean-Pierre Timbaud et de la rue de Saint-Maur, dans le XIe arrondissement de Paris, au nord de la Bastille, juste à côté d'une vaste et alléchante librairie.
Le café, pour aller au bout de son projet, a installé dans sa cave une petite salle de spectacle (trente ou quarante places) où se succèdent des animations et des créations de plusieurs natures artistiques.
Comme je l'avais annoncé hier, je suis allé cet après-midi y assister à la courte (55 minutes) pièce intitulée "La Brinvilliers, marquise et empoisonneuse".
L'auteur, Frank Bertrand, a signé d'autres ouvrages, comme une biographie de Jackie Kennedy coécrite avec Jacqueline Monsigny (dont ma génération se souvient pour une émission de télévision du début des années 1970, La Piste aux Étoiles).
Il a préparé une biographie d'Armande Béjart (l'épouse de Molière) qu'il s'apprête, je crois à faire paraître, et dont la pièce est une sorte d'écho.
L'idée de base est simple : demain, la Brinvilliers sera exécutée ; ce soir, un confesseur vient entendre ses aveux en vue du pardon céleste.
Pour ceux qui ont oublié leur Histoire des meurtres et assassinats à travers les siècles en dix volumes, je rappelle que la marquise de Brinvilliers, liée à la célèbre affaire des poisons qui a secoué la cour du roi Louis XIV à la fin du XVIIe siècle, a elle-même empoisonné successivement son père, ses frères, ses quinze domestiques, bref, un peu tout ce qui lui passait sous la main.
Empoisonnement à l'arsenic, très discret.
Bien entendu, la confession se mue en joyeuse immoralité, le prêtre s'avère particulièrement douteux, jusqu'à même un véritable coup de théâtre qui permet de terminer sur les chapeaux de roues. En somme, la morale n'est pas là où on la cherche et, selon l'expression même du prêtre (un peu halluciné il est vrai), la meurtrière est "une sainte".
C'était la première, les voix ont tremblé pendant trente secondes mais ensuite, dans un décor minimaliste et des costumes allusifs (ambiance un peu off-broadway), je me suis laissé porter.
Il n'y aura, a priori, que trois autres représentations (sauf succès qu'on espère) dont une samedi prochain, même heure.
23:05 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : théâtre |
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