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09/03/2008

François Bayrou pour Pau.

Pour un second tour victorieux pour Bayrou à Pau.
 
Microclimat à Belfort :
MRC 33%
UMP 32%
MoDem 16,9%
PS 13,2%
 
Il faut bien trouver des raisons de rigoler.

21:43 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

"L'heure d'été" : requiescat in musée.

Voici près d'une vingtaine d'années, Louis Malle a donné un très beau film, émouvant et amusant, "Milou en mai". Il s'agissait de la mort d'une matriarche (Paulette Dubost), issue de la bourgeoisie de province, grande maison, une vigne, une rivière où l'on pêche les écrevisses, et plusieurs enfants et petits-enfants. Une maison d'ailleurs dégarnie de ses objets de valeurs par les nécessités de l'époque.
 
L'action se plaçait au mois de mai 1968. On y voyait l'évolution de la bourgeoisie terrienne : la matriarche avait deux fils (Michel Piccoli et Michel Duchaussoy) et une fille décédée et représentée par sa propre fille (Dominique Blanc). Son fils aîné vivait avec elle, mais sa propre fille résidait dans une grande ville (Bordeaux je crois), et la petite-fille, comme l'autre fils, vivaient à Paris.
 
Quarante ans après 1968, Olivier Assayas révèle un autre genre de bourgeoisie et la dispersion géographique de 2008 : la matriarche, ici encore, a deux fils (Charles Berling et Jérémie Rénier) et une fille (Juliette Binoche ... en blonde !), sa maison n'est plus dans la campagne, mais dans les Yvelines, presque un Chatou patrie des peintres (Valmondois). Et l'on doit se partager ses biens et vendre sa maison, parce qu'un des fils est éloigné pour toujours par sa carrière en Chine et l'entraînement de ses propres enfants vers les États-Unis, l'Amérique où vit aussi la fille va s'y marier.
 
C'est le même mouvement qui se poursuit, la même évolution devenue mondialisation.
 
"L'heure d'été" a donc une part d'écho de "Milou en mai". Mais un écho sombre, un film douloureux alors que "Milou en mai" est empli de l'impertinence joyeuse des années 1960. Reflet d'époque.
 
Il y a plus : la maison de Valmondois est celle d'un grand peintre, Paul Berthier. Et elle contient des meubles rarissimes. De quoi nourrir une réflexion passionnée sur l'art moderne qui devient le vrai sujet du film, comme si la matriarche morte était la France qu'à sa naissance, voici cinq siècles, la Pléiade avait surnommée "mère des arts". 
 
 

15:34 | Lien permanent | Tags : cinéma, arts, assayas, l'heure d'été, berling, binoche | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Prochain succès : "Astérix chez les Ch'tis".

Il y a un détail assez cocasse qui semble avoir échappé aux commentateurs à propos du fait que les deux grands succès cinématographiques du début de l'année 2008 sont produits l'un par le fils (Thomas Langmann), l'autre par le père (Claude Berri).
 
En effet, le nouvel Astérix est produit (et coréalisé) par Thomas Langmann, cependant que "Bienvenue chez les Ch'tis" l'est par Claude Berri.
 
Quelle importance ? allez-vous me dire. Voilà une famille où l'on va sabler deux fois le champagne au lieu d'une. Voilà tout.
 
Eh non. Voilà pas tout.
 
Je ne vous dirai pas que les deux films ont les mêmes coscénaristes (Alexandre Charlot et Franck Magnier), car ce n'est pas là l'essentiel : l'essentiel est psy.
 
Dans le fim "Astérix aux Jeux Olympiques", le fils Brutus (Poelvoorde) cherche sans cesse à tuer le père César (Delon). Or Delon-César gagne l'affrontement (c'est même le côté gênant du film, puisqu'on identifie le césarisme à Sarkozy) et, dans la vie, la rivalité entre le fils, incarné par son film, "Astérix", et le père, incarné par les "Ch'tis", se solde par la même victoire écrasante du père, puisque les "Ch'tis", d'opinion commune, devraient atteindre voire dépasser les 13 à 14 millions d'entrées, alors qu'"Astérix" en comptera péniblement 7 millions.
 
En quelque sorte, la tentative freudienne de Thomas Langmann de "tuer le père" se solde par une bérézina : l'écrasant succès des "Ch'tis".
 
Il ne reste plus au père et au fils qu'à se réconcilier en tournant "Astérix chez les Ch'tis" !
 
Concernant le succès des Ch'tis, j'ajoute cette phrase que j'emprunte à Sophie Dacbert, directrice de la rédaction de l'hebdomadaire "Le film français" : "... en livrant un film tendre et sincère, Dany Boon a gagné, sans calcul, le coeur des Français et répondu à leur voeu le plus cher du moment : contrecarrer la mouvance bling-bling dont ils sont, pour la plupart, exclus, pour revenir à des valeurs bien plus accessibles comme l'amitié, la solidarité, le plaisir simple, sans pathos ni misérabilisme.
 
"Avouons-le, le film ne fait pas qu'amuser. Il apaise, il réconcilie".
 
Peut-on mieux dire ? Quel politicien exprimerait un plaidoyer plus implacable contre le style présidentiel ?
 
Or "le film français" est un organe professionnel qui ne parle jamais de politique autrement que pour analyser des projets ou décisions politiques à l'aune des intérêts corporatifs. On voit donc à quel point on en est. 

09:27 | Lien permanent | Tags : cinéma, astérix, ch'tis, claude berri, thomas langmann, danny boon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook