Il n'est pas dans mon propos d'énoncer ici des critiques, d'
autres le font mieux que moi, en y ajoutant d'ailleurs des suggestions que je ne contredis pas. Avant le Café Démocrate de
jeudi, il me paraît utile de donner mes quelques éclairages sur les trois aspects du travail de fond à accomplir qui, je l'espère, feront écho au programme que nous avons défendu en janvier autour de
Quitterie Delmas pour l'élection du Conseil National.
1. Ligne politique et travail de fond.
Les adhérents seront la force du Mouvement Démocrate. Ils sont des milliers qui, à Paris, ont payé une cotisation en 2007 et qui, depuis, ont disparu dans le triangle des Bermudes de Rocquencourt. Tous ces gens, éblouis à juste titre par l'extraordinaire campagne de François Bayrou pour la présidentielle, se sont précipités vers le MoDem, un peu pour soutenir Bayrou, un peu aussi pour y trouver ce qui leur manquait : l'expérience de la politique, la connaissance des ressorts secrets, des personnages en présence, du mouvement des idées, de la gouvernance, des réalités en ce qu'elles pèsent autant qu'en ce qu'elles pourraient libérer, mais aussi avec l'espoir de changer la politique en ce qu'ils la perçoivent nauséabonde. Ils ont cru qu'il apporterait une fraîcheur. Nous devrons la leur donner, ou plutôt leur permettre de la construire.
La ligne politique est le fruit de trois éléments : un courant d'idées (la permanence), l'expression des adhérents, l'appréciation des circonstances. L'expression des adhérents, en lien avec leurs porte-paroles, est une réflexion sur la confrontation de la permanence aux circonstances. Pour cette oeuvre proprement politique, des instances réunies régulièrement sont indispensables, où l'on ne travaille pas d'une façon verticale mais, au contraire, inter pares.
Le travail de fond mérite une multitude de champs de forces qui se croisent, au lieu d'un travail centralisé et filtré par un esprit unique. La synthèse est un exercice final qui relève des instances et des assemblées générales, toujours en lien avec les porte-paroles.
Cela dit, il faut se souvenir qu'une part non négligeable de l'excellent programme présidentiel de Bayrou a été rédigée par sa propre synthèse à la suite d'un cycle de colloques. Donc il faut sans doute appliquer nos principes avec souplesse et réalisme. Rien n'est pire en politique que l'excès de système.
Si l'on constate que les adhérents ne sont pas spontanément actifs, il faut imaginer des structures qui leur permettent de participer confortablement à l'oeuvre commune.
2. Organisation.
Il faudra réfléchir sur l'efficacité des organes qui vont structurer la vie en commun. L'arrondissement est-il un territoire pertinent ? Faut-il le combiner avec la circonscription législative ? Jusqu'où faut-il le laisser étanche ?
Internet est évidemment un outil central désormais dans l'activité politique, surtout au MoDem, et il relève d'une forme d'organisation que les structures territoriales ne reflètent qu'assez mal.
Il paraît d'ailleurs absurde que le mouvement parisien ne soit pas connecté aux adhérents des communes de l'agglomération parisienne.
De la même façon, il serait absurde que les structures parisiennes soient fermées aux Parisiens non encartés.
En revanche, il faut trouver la formule qui permette de faire coexister les cultures assez disparates du MoDem lui-même, étalées des démocrates-chrétiens aux altermondialistes. Peut-être une formule modulaire combinée avec la logique territoriale favoriserait-elle cet épanouissement commun. Mais il faut éviter l'écueil des "baronnies" intouchables dont les responsables s'assoupissent assez vite sur leurs lauriers imaginaires.
3. Formation et promotion des adhérents.
Je mentionne la formation pour mémoire, car le projet des citoyens démocrates en parle mieux que je ne saurais le faire.
En revanche, la promotion est un aspect à étudier sérieusement, en ce qu'elle est une valorisation de l'adhérent, sa mise en exergue. Elle suppose une part de formation opérationnelle (médiatraining p ex) et un projet collectif cohérent englobant les trajectoires individuelles, aussi bien à l'intérieur des structures qu'à l'extérieur.
Chacun d'entre nous détient un potentiel de pouvoir considérable, qu'il ne soupçonne même pas, non pas sur les choses, mais sur les esprits, qui compte bien plus.
Ces quelques premières idées énoncées, je précise que je souhaite que Quitterie Delmas maintienne la candidature, qu'elle a annoncée le 25 février, à la présidence du MoDem parisien. Je n'ai aucune ambition de structure et ai seulement envie de permettre à une génération nouvelle d'éclore. Quoi qu'il arrive, si Quitterie est candidate, je voterai et ferai voter pour elle.