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17/04/2008

Aimé Césaire : le dernier nègre est mort.

Aimé Césaire est un poète engagé, un de ces hommes que, depuis Voltaire, depuis Victor Hugo, la langue française a sans cesse portés vers l'action autant que vers le miracle des mots.
 
Au moment où je publie un roman qui traite entre autres de l'indépendance d'Haïti en 1804, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il a écrit la somptueuse, magistrale, profonde, "Tragédie du roi Christophe" qui n'est autre qu'Henry Christophe, l'un des lieutenants de Toussaint Louverture et l'un des artisans de l'indépendance.
 
Césaire a vanté la fierté des opprimés. Les "nègres" du courant de la "négritude". Son combat politique est celui de Martin Luther King, bien sûr, mais c'est aussi celui de tout homme qui se bat pour le premier alinéa de la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789 : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits".
 
Sa langue pure et mélodieuse, empreinte d'une culture caraïbe et de la vieille école parisienne, mélange de tropiques et de pavés, qui finissait toujours pas tourner en faveur de là-bas, de sa terre, de son peuple, des gens qu'il a aimés et servis pendant des décennies.
 
Jamais on n'a abîmé sa vertu d'élu. Jamais on n'a jeté la moindre ombre sur lui. Passionné, soutenu de son ami, le Sénégalais Senghor (qui a été bien peu entouré lors de ses obsèques, ceci dit en passant), il a traversé le siècle avec ferveur et engagement. Communiste jusqu'à 1956 et l'horreur de Budapest, martiniquais jusqu'à son décès, il est certainement, de tous les poètes français et francophones du XXe siècle, l'un des cinq qui méritent le plus de figurer sur le banc d'Hugo dans le panthéon des lettres.

14:07 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : littérature, écriture, césaire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Je publie mon premier roman sur Internet.

Comme je l'avais annoncé voici quelques jours, je publie mon premier roman sur Internet.
 
- Ah bon, me direz-vous, mais pourquoi pas chez un éditeur "normal" ?
 
Tout d'abord, mon éditeur est mon éditeur habituel : Les Éditions de la Pérenne, chez qui je publie la Réformation des Fouages depuis plusieurs années et chez qui j'ai également sorti une correspondance sur la fin de l'Ancien Régime à Pont-l'Abbé.
 
Ensuite, je crois assez fortement à l'émergence de la partie Internet du marché du livre et il m'a paru cohérent de plonger dans cette direction-là.
 
Enfin, parce que mon métier habituel est de produire des livres de collection et je crois que l'édition sur Internet, avec ses tirages dont on ne connaît pas le chiffre d'avance, est la mine future des bibliophiles : le premier ouvrage d'un auteur, ou un tirage confidentiel dont l'édition traditionnelle trouve difficilement la rentabilité. En somme, il y a, dans les livres qui paraissent sur Internet pour le moment, quelque chose des incunables, ces livres imprimés avant l'an 1500 : ce sont des pionniers.
 
Au-delà même de ces considérations de marché (mais d'une façon pas si étrangère), le contact direct que donne Internet entre l'auteur et ses lecteurs (et lectrices) est précieux. Et la souplesse de l'édition sur Internet, qui permet d'imprimer les exemplaires un par un, donc avec d'éventuelles modifications, fait que le roman gagne au moins en interactivité, sinon en collaborativité.
 
C'est donc avec plaisir que je teste la formule Lulu.com dont j'ai rendu compte voici quelques semaines à propos du Salon du Livre. Si je ne me trompe pas, l'adresse de commande est ici.
 
Deux formules sont possibles : la première, télécharger le livre pour 5 Euros, dont je perçois 4 Euros.
 
La deuxième, le commander à Lulu.com. Le livre coûte 6,61 Euros à fabriquer. J'y ajoute 9 Euros de revenu et Lulu.com prélève sa commission. Le tout fait un roman à 17,86 Euros, à quoi vous devrez ajouter des frais de port.
 
Il y a une troisième formule : adresser un chèque de 20 Euros à l'ordre des Éditions de la Pérenne mais à mon adresse personnelle 43, boulevard Beauséjour, 75016 Paris. Port payé, vous recevrez alors assez vite un exemplaire dédicacé à la personne de votre choix. Les 50 premiers seront numérotés de 1 à 50 (toujours mon option bibliophilique).
 
Un mot de l'histoire :
 
Il s'agit de mon interprétation d'événements authentiques qui ont concerné une famille à la fin de la colonisation française de Saint-Domingue (l'actuelle Haïti) en 1803. Une jeune femme et son bébé, issus du monde des colons, fuient les rebelles dans la nuit, jusqu'au Cap Français, puis de là les événements ne cessent d'empirer. Le mari et père apparaît et avec lui l'émotion. Bref, c'est l'occasion d'une réflexion à la fois sur la France des Lumières, sur la colonisation, sur la décolonisation aussi, et sur quelques autres sujets.
 
Ce roman est le premier d'une trilogie.
 
Le deuxième volet n'est pas encore écrit et se déroulera essentiellement à Nantes. Le troisième au Royaume-Uni.
 
L'ensemble prend le titre "Deux Îles" qui sont l'une Saint-Domingue, l'autre la Grande-Bretagne, deux îles qui ont résisté à Bonaparte.
 
Ce premier tome compte 138 pages.
 
Bonne lecture.
 
Voici la couverture :
 
979738690.png

11:22 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : littérature, écriture | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Juste un mot de Jean-Marie-Daillet avant de fermer.

J'ai beaucoup parlé de Jean-Marie Daillet ces jours derniers à propos du rôle des anciens du MRP. Je tiens à équilibrer ici ce que j'ai dit par d'autres lectures qui méritent réflexion.
 
La première (à prendre avec prudence évidemment) suggère des liens de jeunesse entre M. Daillet et l'Opus Dei.
 
La deuxième (à prendre avec autant de prudence) fait état du service des deux fils de M. Daillet dans l'armée croate à une période très critique qui laisse des traces dans l'Histoire.
 
Jean-Marie Daillet, plus récemment, dans un excellent article qu'il a donné à la revue France Forum sur les États-Unis à l'automne 2007, faisait référence au Grand Architecte de l'Univers, une référence qui sonne de façon un peu plus éclairée.
 
Il m'a paru utile de faire état de ces éléments pour une réflexion sur le rôle de chacun.
 
Je rappelle mon attachement plein et entier à la laïcité la plus exigeante et, étant donné le rôle joué actuellement par l'Opus Dei dans la tentative vaticane de se réinsérer dans le débat politique interne des États, mon voeu de maintenir très haut le drapeau de la séparation. 

09:36 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : politique, modem, mrp, opus dei, jean-marie daillet | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Je ferme.

En l'absence de Quitterie, je ne parlerai pas de politique sur mon blog.

Par ailleurs, je comptais me rendre à la réunion des élus le 26 avril, puisque comme d'autres, j'y avais été invité. Je n'irai pas.

09:21 | Lien permanent | Commentaires (24) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Quitterie Delmas : café démocrate sur France 2.

Le dernier café démocrate de Quitterie Delmas avant la première réunion du conseil national du Mouvement Démocrate a pris un tour presque dramatique, parce qu'il se déroulait en même temps que le bureau (le "comité exécutoire", a dit Quitterie) de l'UDF morte-vivante qui devait trancher sur la propriété du siège que le MoDem hérite de l'UDF. Quand il a commencé, on n'avait pas encore le résultat du vote de ce comité. Et le matin même, Quitterie avait reçu un coup de fil d'une équipe de France 2 qui voulait venir au café démocrate enregristrer les états d'âme des militants du MoDem.
 
Quoiqu'on ait voulu faire, il est évident que la présence de la caméra a influé sur le discours des présents. Nous avons tous été un peu plus positifs que d'habitude et ce n'était pas si bête - ni d'ailleurs si désagréable.
 
C'est vrai, quand le micro de la télé s'est éloigné des amplis, nous sommes redevenus un peu plus offensifs, un peu plus libres.
 
En tout, il y a eu un peu plus d'une centaine de militants et blogueurs, un peu plus que la dernière fois. Michel Hinard était là malgré ses doutes et ses écrasantes irresponsabilités au PaRaDem. Clément Le Ricousse a longuement répondu aux journalistes. Nadia Falfoul, très concentrée sur son CAPA, était tout de même moins tendue que pendant la période de campagne. Karima Bouache a parlé avec sa ferveur et son éloquence coutumières.
 
J'ai témoigné comme historique de l'UDF (mais non comme le doyen d'ancienneté, car l'un de nous est membre fondateur de feue l'UDF à travers le parti radical), expliquant que la France a changé et que nous traversons une véritable césure culturelle, plus forte qu'un simple effet de génération, et que le MoDem témoigne de ce changement, cependant que certains de nos leaders et militants ne l'ont pas encore intégré.
 
D'autres se sont exprimés comme adhérents nouveaux de sensibilité écologiste ou se sentant de gauche, l'un comme ex-adhérent du Parti Radical de Gauche, Nicole Rivoire comme ex-adhérente du Parti Socialiste, d'autres pour parler seulement de ce MoDem qui naît.
 
Au fond, la confiance dans le projet est intacte. Reste le désir d'une démocratie plus opérationnelle, d'une collégialité plus collaborative.
 
Quitterie a émis l'idée qu'au lieu d'instances généralistes encroûtées, nous nous dotions de comités adhoc, désignés pour un temps et adoptant une géométrie variable. Idée très novatrice qui évite le syndrôme de l'assoupissement.
 
Au milieu d'une phrase, elle a indiqué que le vote du comité exécutoire était sans appel : 19 voix pour que le MoDem conserve le siège de l'UDF, 6 voix contre. La question est tranchée. Forts applaudissements.
 
Un peu plus tard, Domitille Marbeau est arrivée en groupe et a expliqué son retard : le MoDem des Hauts-de-Seine, dont elle fait partie, se réunissait au siège, justement. Et, en y arrivant, les militants avaient été littéralement agrippés par des barbelés de micros et de caméras, et des journalistes qui leur demandaient pourquoi ils venaient là alors que leur parti était mort et qu'il était en train de perdre son siège. Elle en était encore étonnée.
 
La discussion s'est poursuivie, assez nourrie. Vers la fin, on a senti poindre les frustrations particulières des adhérents du MoDem parisien, qui ont ramené l'idée de la future candidature de Quitterie à la présidence du MoDem parisien.
 
Puis comme d'habitude, on a fini par des conversations dispersées et chaleureuses, au milieu desquelles Quitterie a hélas annoncé qu'elle s'absente pour deux semaines. Elle nous manque déjà.