10.06.2008

Les futurs travaux de la Bibliothèque nationale de France.

Je zuis un beu enrhubé debuis zier gar dans la zalle de legture de la BNF, snouirf, gand il vait jaud, ils zouvrent une venêtre et j'édais dout dransbirant dans le gourant d'air. Résuldat : l'asbirine et un gros dodo.
 
Bon, je branche le décodeur, snouirf, pour décrire les futurs travaux de l'ancien site de la BNF, rue de Richelieu, à Paris.
 
Elle y est installée depuis 1721, ce n'est pas exactement récent. À l'époque, on parlait de Bibliothèque Royale et, logiquement, l'établissement s'est intitulé Bibliothèque Impériale sous les deux empires. En fait, son implantation là n'est pas le début de son existence, qu'on devrait plutôt situer au XVIe siècle, je crois.
 
Quoiqu'il en soit, il s'agit de l'une des quatre ou cinq principales bibliothèques du monde avec la Bibliothèque du Congrès à Washington et la British Library (qui a acheté de mes livres) à Londres, notamment. Ses collections se comptent en millions d'ouvrages imprimés, principalement en français, mais pas seulement. Elle est alimentée par le dépôt légal, une obligation qui pèse sur l'imprimeur depuis plusieurs siècles et qui garantit la postérité des oeuvres : c'est ainsi que le recueil de poèmes de Lautréamont n'a subsisté après sa mort qu'en un exemplaire : celui du dépôt légal, à partir duquel il a pu être réédité couramment.
 
Depuis 1996, Internet est également soumis à dépôt légal, dont la consultation est possible au nouveau site de la BNF. 
 
Dans les années 1980, le site de la rue de Richelieu (qui a été notablement agrandi sous le Second Empire) est en effet devenu notablement et notoirement exigu. C'est ainsi que fut prise la décision de la création du nouveau site, quai Mauriac, dans le XIIIe arrondissement, au bord de la Seine. Le dépôt légal, quand à lui, est désormais abrité dans un site propre en grande banlieue parisienne. Sur les deux exemplaires déposés au minimum, l'un va en banlieue, l'autre au nouveau site qui a reçu le nom de son instigateur : François Mitterrand, grand bibliophile s'il en fut.
 
Depuis le départ de ses collections historiques, l'ancien site, celui de la rue de Richelieu, compte de nombreux espaces vides. Bien sûr, il a conservé les précieuses collections de manuscrits : manuscrits occidentaux et orientaux, monnaies et médailles, cartes et plans, estampes et photographies, et enfin arts du spectacle. Mais tout cela ne suffit pas à occuper un espace dévolu à des millions d'ouvrages et alors hanté par des cohortes de lecteurs.
 
On a d'bord décidé d'installer dans le bâtiment l'Institut National d'Histoire de l'Art. Puis la bibliothèque de l'École Nationale des Chartes, qui occupe une enclave de la Sorbonne. Il n'est pas illogique de rapprocher l'École des Chartes des collections de manuscrits occidentaux...
 
Mais pour tout cela, et pour améliorer et moderniser la consultation des ouvrages, il faut une reprise en profondeur de la distribution du bâtiment. Et l'électricité est vétuste, etc.
 
Donc tout sera refait, dans le respect de l'architecture et des éléments décoratifs.
 
Comme les manuscrits fatiguent parfois, un programme de microfilm intensif (hélas, pas encore de numérisation) a été entrepris et une salle de consultation spécifique sera créée au sous-sol, ce qui permettra d'ouvrir les collections à des chercheurs plus nombreux. À l'inverse, la consultation des manuscrits originaux par les chercheurs sera évidemment plus confortable et débarrassée du charançon de toutes les bibliothèques qu'est mon ami le généalogiste amateur.
 
Une forme de sérénité gagnera l'étage de consultation. À ceux qui ne sont jamais allés voir la salle de lecture des manuscrits occidentaux de la BNF, je conseille cette visite : l'endroit est habillé de boiseries finement sculptées, extrêmement raffinées.
 
On est là dans un autre univers, loin des misères et des tracas du monde. Et d'ailleurs, la perception qu'on y a du temps est tout à fait surprenante : l'architecte de la rénovation a été désignée voici près d'un an, en juillet 2007, les travaux débuteront dans plus d'un an, fin 2009, et s'étaleront sur cinq ans, pendant lesquels la consultation continuera, avec les moyens du bord (j'ai vécu cet inconfort avec le désamiantage de la salle de lecture des Archives Nationales, le CARAN, qui a été accompagné d'un ensemble de travaux qui ont fait que durant plusieurs années, on a consulté les archives, d'abord ... à l'ancienne BNF, puis dans une étroite salle de l'étage du vieux bâtiment des Archives, l'hôtel de Soubise, un joli monument qui est encore orné de la tour-porte gothique du connétable breton de France Olivier de Clisson, ...).
 
Alors il faut en profiter, avant les travaux et la fermeture. 
 
D'ailleurs, c'est simple : snouirf, malgré mon rhume, j'y retourne. 

09.05.2008

Virus monstre à la Bibliothèque Nationale de France.

Les lecteurs de la Bibliothèque Nationale de France (BNF) du moins ceux du site Mitterrand, quai Mauriac (ce sont deux François, soit dit en passant, et même deux François M) ont eu la désagréable surprise, aujourd'hui, de devoir patienter de longues minutes pour l'accès aux salles de lecture là où il ne faut d'habitude que quelques secondes.
 
Il faut dire que les machines qui servent à détecter et identifier les cartes de lecteurs (comme des pass électroniques, sur le modèle de la carte Navigo) étaient subitement prises d'une lenteur invraisemblable.
 
Normalement, on plaque sa carte contre une zone sensible, une lueur verte s'allume aussitôt et le tourniquet se débloque. Eh bien là, rien de tout cela : on plaque sa carte et ... rien. Il ne se passe rien. Au bout de plusieurs minutes (parfois une dizaine), la lueur verte apparaît. Ouf, on peut passer. Mais le suivant, lui, doit attendre d'autres longues minutes que le vert s'éteigne ... puis qu'il se rallume.
 
Et à l'intérieur, les postes destinés aux commandes fournissent à la rigueur l'accès au catalogue de la BNF, mais pour commander un ouvrage, rien à faire. Alors, on va au pupitre où un président de salle, tout surpris, émerveillé, vous annonce "c'est passé" comme s'il venait d'atteindre le sommet de l'Everest.
 
Renseignement pris, c'est un virus informatique qui serait apparu mercredi dans l'intranet de cet établissement public de renommée mondiale.
 
Les inconvénients pour le public sont réels mais, à en juger par la mine des conservateurs que j'ai croisés, ceux pour l'établissement lui-même s'annoncent bien plus graves.
 
Et bien entendu, de même que c'est toujours un 31 décembre à 22 heures que l'électricité pète, c'est évidemment à la veille d'un pont que c'est arrivé. C'est curieux, cette propension des emmerdements pour les pires moments.

06.02.2008

"Trop bien élevé", de JD Bredin : des gens heureux ?

Presque octogénaire et père de l'ancienne ministre Frédérique Bredin, l'avocat Jean-Denis Bredin, associé historique de Robert Badinter, académicien après avoir présidé quelques années (1982-86) le conseil d'administration de la Bibliothèque Nationale (de France), se penche sur son enfance. C'est l'occasion d'un joli pot-pourri de souvenirs, d'un style élégant.
 
Une éducation bourgeoise de l'entre-deux-guerres. L'occasion de mesurer toute la mutation de la société française dans la seconde moitié du siècle dernier. L'occasion aussi de se demander, encore et toujours, comment on éduque des enfants pour en faire des gens heureux.
 
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PS : puisque j'en suis à mon instant culturel, j'attire l'attention de mes lecteurs sur une passionnante découverte qui s'est faite jour depuis l'été dernier : la grande civilisation protohistorique qui s'est développée durant plusieurs millénaires à mi-chemin entre la Mésopotamie et la civilisation de l'Indus, en Iran, au site dénommé "Jiroft".
 
C'est la question de l'unité de l'origine de la civilisation qui est posée, en tant que premier site d'une ville. L'unicité de cette origine est clairement posée.
 
Au passage, j'ai noté que, si Jiroft se trouve à mi-chemin entre la Mésopotamie et l'Indus, la même distance qui sépare la Mésopotamie de Jiroft sépare aussi la Mésopotamie du Bosphore où s'est développée l'ancienne civilisation homérique, et que si l'on s'amuse à prolonger l'axe vers l'ouest, on trouvera, à même distance, l'Étrurie, et enfin, toujours à même distance ... la Bretagne ! la Bretagne à l'époque terre des gigantesques projets mégalithiques. Et ... oh, et puis, c'est mercredi, ... et si les alignements de Carnac étaient la trace d'une ville labyrinthique comme on en a connu en Grèce ou en Crète vers ces temps reculés et un peu après ?
 
Allons, je retourne à mon prochain livre avant d'écrire n'importe quoi. ;-)