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15.05.2008

Le débat progresse au MoDem.

Quitterie Delmas (avant que son blog ne soit envahi d'un étrange virus) avait déjà salué l'excellent déroulement de la réunion du 8 mai qui avait auguré d'une mutation profonde du Mouvement Démocrate dans le sens du débat et du travail participatif. Le compte-rendu donné aujourd'hui par Olivier Montbazet (alias KaG) sur son blog de la réunion du Conseil National confirme l'opinion de Quitterie et ne peut que nous réjouir : non seulement le MoDem est en ordre de marche, comme le dit Bayrou, mais en plus, il marche à l'énergie de toutes ses bonnes volontés. Voilà de quoi appréhender l'avenir avec confiance.

Le mythe du centre.

Beaucoup de sociétés archaïques croyaient que le monde avait un nombril, non seulement un centre géométrique, mais un pôle mystique. Et bien entendu, ce pôle mystique leur était étroitement lié. Dans une certaine mesure, Rome joue encore ce rôle (en concurrence avec Jérusalem) pour le catholicisme et La Mecque pour l'islam.
 
À cette même idée pouvait se rattacher l'idée que la terre se situait au centre de l'univers, pour laquelle on a fait des procès en inquisition à la Renaissance. Pour que l'Homme fût au centre de la Création, il fallait qu'il fût apparu sur la planète-phare du cosmos, celle autour de quoi tout le reste gravitait.
 
En somme, l'égocentrisme féroce, identique à celui des petits enfants, se posait en pensée cosmique et en dogme intouchable.
 
Il y a quelque chose de tout cela dans la conception que l'on a, en France, du centre en politique. Bien sûr, c'est d'abord une aire, un domaine d'idée et de comportement, situé entre l'espace dévolu à la droite et celui que s'octroie la gauche. Mais c'est aussi, croit-on souvent, un pôle, le pôle de convergence des opinions des autres. Et plus encore, le pôle de convergence des attributs de la Raison.
 
De fait, le centre, en politique, a un réel rôle structurant, les tendances politiques sont souvent centripètes ou centrifuges. Autour du centre et à sa proximité, on se laisse volontiers aller aux forces centripètes. Plus on s'en éloigne, plus l'énergie dominante est centrifuge, elle croît plus que proportionnellement à son éloignement du centre proprement dit.
 
En fait, ceux qui croient au centre en politique le conçoivent comme l'espace de pensée qui rend les conflits inutiles, parce qu'il fait de la politique une science exacte.
 
En somme, l'idéal, la perfection. Sans doute trop.
 
Car le centre peine à se matérialiser dans une structure politique : il reste un espace. Cet espace a des valeurs, ou plutôt des valeurs lui sont étroitement liées, celles qui sont compatibles avec celles des autres, ou celles qui transcendent la polarité générale.
 
De toutes les valeurs de l'espace central, la bonne gouvernance et la bonne gestion sont les plus fortes, les plus visibles, les plus authentiquement centristes. C'est sur elles que Raymond Barre avait fait reposer sa campagne en 1988. Il y en a d'autres, en particulier l'intérêt général, qui ne peut être que centriste puisque par nature il conteste la pertinence des opinions des deux fractions de droite et de gauche.
 
C'est sur ce socle : bonne gouvernance, bonne gestion, intérêt général, que Bayrou a fait reposer sa percée d'avril 2007. Il faut dire qu'il était seul sur ces créneaux, seul dans l'espace central. Si je devais chiffrer la performance qu'il en a tirée, je dirais le score de Barre, 16,5%. Les deux points supplémentaires qu'il a obtenus, il les doit à d'autres thèmes, eux polarisés, sur lesquels il a su s'imposer, comme par exemple les logements hypersociaux qui ont eu un fort effet d'attraction sur des quantités de gens qui rêvent d'améliorer leur vie. On peut d'ailleurs regretter que, depuis la campagne présidentielle, il n'en ait plus fait mention.
 
Et donc, pour la prochaine fois, il lui reviendra d'accomplir une manoeuvre en deux temps : d'abord consolider son électorat naturel en rappelant les valeurs fortes (bonne gouvernance, bonne gestion, intérêt général), puis partir à la conquête d'autres électorats, soit également à droite et à gauche, soit un peu plus d'un bord que de l'autre, et pour cela, s'approprier des thèmes ordinairement polarisés. Il doit sans doute ajouter dix points à ses 16,5 naturels. Il y a donc beaucoup de travail, mais c'est possible et les deux campagnes intermédiaires (européenne et régionale) peuvent y servir, et conforter sa crédibilité s'il parvient à retrouver des scores puissants, ce qui est à sa portée pourvu qu'il choisisse bien ses candidat(e)s.
 
En n'oubliant pas que l'éventail des thématiques n'est pas le même pour ces scrutins que pour la présidentielle.
 
On voit que je ne suis pas très inquiet des tentatives élyséennes de diluer l'identité des Démocrates dans une émulsion de centrismes bigarrés.
 
Je le suis d'autant moins que, s'il est vrai que le MoDem est solidement ancré dans les valeurs centrales, il porte un fond d'âme qui, lui, n'est pas centriste et qui constitue son vrai moteur, à des milliers d'années lumière de la conception surannée qui embourbe les neurones élyséens.
 
Il y a bien une nouvelle façon d'être de gauche avec la solidité des valeurs centrales : c'est celle des Démocrates. 

Quitterie Delmas répond à Blogonautes.

Voici une vidéo de Quitterie enregistrée fin mars pour le site Blogonautes. Elle y explique sa vie de blogueuse entre autres.
 
 
 

14.05.2008

Règlement intérieur : pas de grosse surprise.

Si, en organisant la réunion à huis-clos, la volonté des instances du Mouvement Démocrate était d'éviter d'afficher d'éventuelles divisions, c'est raté : l'agit' prop' de Farid Taha a fonctionné, bousculant l'opposition "institutionnelle" incarnée par Thierry Cornillet.
 
Quoiqu'il en soit, les conseillers nationaux ont travaillé, durement nous dit-on, et longtemps. Qu'ils en soient remerciés.
 
On trouve cependant relation sur France Démocrate (dans les commentaires) d'un esclandre en début de séance et de manoeuvres assez peu reluisantes dans un sens et l'autre. Faute de publicité de la réunion, on en est réduit aux rumeurs et aux témoignages, forcément biaisés et suspects par nature. Dommage.
 
Lerésultat est tolérable.
 
Je suis heureux que la réunion tenue autour de Quitterie hier soir ait abouti à l'adoption du principe que le Comité de Conciliation et de Contrôle doive compter au moins un tiers de ses membres qui ne le soient pas en même temps du comité exécutif. Espérons que cette décision trouvera ses pleins effets.
 
Il y a une contradiction plutôt drôle entre les 1er et 3e alinéas de l'article 4c, car le premier indique que le président est la tête de la liste arrivée en tête au premier ou au second tour, cependant que le troisième alinéa indique que la présidence désigne un président en son sein et quatre vice-présidents. Or le président étant directement élu, en fait, et les quatre autres membres de la présidence nécessairement vice-présidents, la phrase qui débute le troisième alinéa est caduque, car elle n'a aucun sens.
 
Pour le reste, que dire ? Bayrou a exprimé ses souhaits et le cadre dans lequel il acceptait de débattre. Dans ce cadre, le débat me paraît avoir été digne. 
 
Il est évident que le dispositif qui en résulte arrange ceux qui l'ont voulu. Espérons qu'il permette à des jeunes et nouveaux visages de trouver la voie de la candidature, qu'il n'aboutisse pas aux mêmes aberrations d'investitures que lors des législatives, qu'il ouvre très grand la possibilité pour les adhérents de s'exprimer et de participer aux décisions cardinales.
 
Espérons que la force des aspirations de nos adhérents et la puissance des réalités de notre pays fassent que les tentations de verrouillages et de sabotages demeurent également dans les limbes, car la France, l'Europe, le monde, ont besoin de sincères et authentiques Démocrates.
 
François Bayrou et Quitterie Delmas, chacun à sa place et en son temps, portent cet espoir. 

Pour moi, la saison politique est presque terminée.

Quitterie Delmas n'ayant plus guère besoin de moi, je vais bientôt clore ma saison politique et ne vais pas tarder à partir pour la Bretagne terminer les recherches de mon prochain livre. Décidément, l'été est en avance.

13.05.2008

Quitterie Delmas sur la procédure de règlement intérieur parisien.

GAL, le film.

Le film GAL, de Miguel Courtois, est une coproduction franco-espagnole et même s'il est entièrement joué en espagnol, on n'est pas étonné d'y retrouver deux acteurs français, José Garcia (il est vrai un peu le régional de l'étape) et Bernard Le Coq qui incarne d'une façon étonnante l'ancien premier ministre espagnol, Felipe Gonzalez. Mais ni l'un ni l'autre ne prêtent leur voix à leur personnage : ils sont doublés dans la version originale et il faut donc aller voir la version française si l'on veut leur voix.
 
L'essentiel n'est pas là.
 
Au début des années 1980, le gouvernement socialiste espagnol, confronté au terrorisme basque de l'ETA, décide de mettre sur pied un service (on hésite à parler d'unité) chargé de recruter des mercenaires de diverses nationalités pour mener une sale guerre secrète contre les terroristes.
 
L'opération repose sur un mégalomane assez ridicule, qui ressemble furieusement à Aznar, le successeur de Gonzalez, et qui, de surcroît, est initialement fasciste, admirateur du régime autoritaire du général Franco. Ce personnage très mal choisi (et bien choisir ses agents est une qualité en politique, surtout pour un ministre de l'Intérieur) va à son tour recruter des pieds-nickelés, tout en n'oubliant pas de prélever une commission très généreuse sur les masses d'argent liquide qui lui sont confiées, et il va même perdre de cet argent au casino, ce qui causera sa perte.
 
Les premiers mercenaires qu'il recrute paraissent toucher au comble de la nullité : on les charge d'enlever un responsable de l'ETA, ils kidnappent quelqu'un qui n'a rien à voir avec l'ETA, ni avec le terrorisme, un passant. Et c'est de là que vient tout le mal car, ce faisant, par cette erreur qui conduit le pouvoir à falsifier et maquiller, et mentir, et à les couvrir, ils vont créer la situation qui va faire qu'une opération de basse police deviendra une affaire d'État. Et plusieurs fois, quand ces GAL, recrutés à droite par un pouvoir de gauche, vont accomplir une mission, il y aura boucherie d'innocents.
 
On sort donc assez effaré par cette histoire où on se demande sans cesse qui a manipulé qui. Comme disait Churchill qui s'y connaissait, "pour dîner avec le diable, il faut une très longue cuiller". 

12.05.2008

Les points forts de l'argumentation de Bayrou.

1 "Quand je me considère, je désespère, mais quand je me compare, je reprends espoir".
 
Le premier atout de Bayrou est comparatif. La citation de Sacha Guitry que j'ai mise en exergue le dit très bien : au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.
 
Comment serait-il possible aujourd'hui de s'exalter pour un PS encroûté, notabilisé, ringardisé, peoplisé, balkanisé ? Et comment pour une UMP pour qui le mot "réforme" signifie systématiquement retour à un hypothétique âge d'or, avant mai 1981 ou avant mai 1968 ?
 
Les partis politiques ne sont que des systèmes de clientèles. Le MoDem, disposant de peu de responsabilités nationales et locales, a peu de prébendes à distribuer, donc peu d'instruments pour se forger une clientèle. Dès lors, ses militants sont de vrais militants, emmerdants et grande gueule comme les vrais militants, mais faits de chair et de sang, de vérité et de conscience.
 
L'atout de Bayrou réside donc dans sa faiblesse qui le contraint et le contraindra de plus en plus à souper au bivouac avec sa troupe plutôt que de dîner sur la banquette des généraux.
 
Puisqu'il affectionne les métaphores militaires ces jours-ci, en voici une tirée de la narration épique de la bataille de Pharsale par le poète romain Lucain. Avant la bataille, Jules César harangue ses troupes. Il leur donne un conseil, une consigne : "frappez-les au visage". En effet, les adversaires sont les jeunes de la bonne société romaine, voir les balafres défigurer leurs traits serait pour eux insoutenable. Leur coquetterie est leur point faible : "frappez-les au visage".
 
Et voilà, puisque les autres sont encroûtés et embourgeoisés dans les dorures des divers échelons de la République, frappons-les au visage.
 
2 Il est le seul à avoir un vrai et personnel intérêt à battre Sarkozy.
 
L'article de Nicolas Domenach mis en lien par Quitterie Delmas exprime très bien la perception très aiguë qu'a Sarkozy de cette réalité : étant donné l'ingouvernabilité du PS, seul Bayrou, leader incontesté des Démocrates, représente une menace crédible pour la majorité au pouvoir.
 
De fait, Bayrou, débarrassé de ses lieutenants notables, éloigné de ses lobbies originels, n'a plus rien d'autre à défendre que sa conception du pouvoir et sa vision de la France, du monde et de l'Histoire. Il n'a plus rien à perdre. Il a (pour reprendre une autre citation césarienne) "brûlé ses vaisseaux".
 
Le voici seul devant ce qu'il estime être sa mission : recoudre la France, améliorer les pratiques politiques, restaurer l'État, libérer les intiatives, moderniser la protection sociale sans la réduire.
 
En sacrifiant tout à cette mission, il a cherché à convaincre avant tout de sa sincérité, de sa "bonne foi", comme il dit. C'est un grand atout.
 
3 Et puis, son meilleur atout, c'est elle :
 
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Quitterie Delmas : la rétro.

Pour ceux qui ont manqué la saison 2006-2007 du "Quitterie tour", voici quelques archives utiles :
 
Automne 2006, préparation de la campagne présidentielle, enregistrement de vidéos :
 
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12 novembre 2006 : conseil national de (feue) l'UDF :

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Fin 2006- début 2007, de bonnes nouvelles (!) d'Ingrid Betancourt, l'émotion :

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Début 2007, nouvelle vidéo :

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Conférence à un institut d'innovation politique, juste à côté de la rue de l'Université :

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La journée du 5e pouvoir : 

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Le "Tomcast" de Thomas Clément : 

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Février 2007 : conférence de presse de François Bayrou... et de Quitterie : 

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Distribution de clémentines : 

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Interviewée par "La Télé Libre" : 

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Témoignage sur les blogs et la politique : 

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Sur BFM TV : 

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Au "Grand Journal" de Canal Plus (elle y est passée 3 fois) : 

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Mars 2007, sur les toits de Paris, interview : 

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Mars 2007, conférence au Sénat :

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Quelque part pendant la campagne, reportage d'Arte : 

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Sur Public Sénat : 

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Mai 2007, Bercy (je crois que les photos sont d'Axel) : 

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Interview le 11 mai : 

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Ancêtre des cafés démocrates, le premier "apéro de Quitterie" au bar le Lounge, à la Bastille : 

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11.05.2008

Chaque écolier devra parrainer un enfant esclave.

Sarkozy a des idées. Une par an.
 
Et quand on la lui refuse, il pique une énorme crise de nerfs.
 
Alors, puisqu'on ne veut pas du parrainage des enfants juifs, il faudra s'intéresser aux esclaves, na.
 
D'autant plus que ça lui permet d'acheter Christiane Taubira pour pas cher. Il ne s'est quand même pas fait chier pendant quinze heures d'avion aller-retour et une heure de silence (de silence !) devant le catafalque de Césaire pour rien ! Non, mais ! Il faut que ça rapporte.
 
Alors, va pour les esclaves.
 
Et dire qu'il s'est échiné durant toute sa campagne présidentielle à égrener une à une les lignes du "sanglot de l'homme blanc" de Pascal Bruckner, et dire qu'il a prétendu combattre l'obsession de la culpabilité qui a envahi la société occidentale... et dire qu'il voulait mettre fin à la litanie de la repentance...
 
Très bien.
 
L'esclavage, parlons-en. J'en parle d'autant plus à mon aise que je compte, parmi mes ancêtres, des esclavagistes et des esclaves. Et que mon roman traite en partie du scandale de l'esclavage français aux Antilles.
 
Si l'on doit traiter, pour de petits enfants, de l'esclavage, il faudra en traiter entièrement et énoncer en toute clarté que les esclaves que l'affreux (et honteux, et scandaleux) commerce triangulaire a transplantés d'Afrique aux Antilles (et aux États-Unis) n'ont pas été capturés de façon sauvage, en Afrique : ils y ont été achetés. Et si on les y a achetés, c'est qu'on les y a vendus. Et ce ne sont pas les vilains Français, ni les vilains Anglais, ni les vilains Espagnols, ni les vilains Portugais, ni les vilains Arabes (gros consommateurs) qui les ont vendus : ce sont d'autres Africains.
 
Oui, je voudrais qu'il soit fait justice et que si l'on condamne pour toute éternité l'esclavage de toutes les époques et de toutes les régions, sans nuance, je voudrais que l'on n'oublie pas qu'il n'existe qu'assez peu de sociétés africaines qui, avant l'arrivée des Européens, n'aient pas pratiqué l'esclavage de façon endémique.
 
Plus encore, je voudrais qu'au lieu de jeter les stigmates sur de pauvres gosses qui n'y sont pour rien, la même Taubira aille donc en Haïti, un pays que je connais un peu, et qu'elle y demande ce qu'est un "reste avec".
 
Un "reste avec", c'est un enfant d'une famille pauvre que ses parents "confient" à un protecteur riche. Les parents, sans rien, encombrés de huit ou dix enfants, se disent qu'au moins celui-là, chez ces gens aisés, aura le gîte et le couvert, on prendra soin de lui.
 
Mais il arrive que l'enfant devienne Cosette. Ou pire.
 
Que Mme Taubira aille donc s'occuper des esclaves d'aujourd'hui au lieu d'agiter des fantômes. Qu'elle sème le bien au lieu d'assouvir sa soif de haine.
 
Je préfère de loin le combat de Césaire qui disait juste lorsqu'il réclamait, tout simplement, tout nuement, l'égalité pour les siens. L'égalité. Aujourd'hui. 

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