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11/02/2008

Adhérents faire-valoir ou faire valoir les adhérents ?

Comme l'a très justement noté Quitterie Delmas hier, l'affaire de Neuilly est la démonstration de tout ce qu'il ne faut plus faire en politique : traiter les adhérents commes des paillassons, investir n'importe qui sur un caprice ou sur un jeu courtisan, bref, faire tout d'en haut sans tenir compte du travail de ceux qui s'investissent sur le terrain.
 
Il faut au contraire que tous et chacun soient promoteurs de toute décision collective, qu'il y ait un processus d'émanation et non d'autorité (sauf rares exceptions justifiables). Dans les partis politiques d'aujourd'hui et de demain, il faut que tout découle naturellement d'une réalité spontanée. Les choses vont mieux quand elles vont d'elles-mêmes.
 
Les choses ne sont pas différentes pour les électeurs et la politique. 
 
Dans la campagne municipale qui bat désormais son plein, le Mouvement Démocrate peut porter ce message, il doit le faire et je compte sur Quitterie pour continuer à le développer comme elle le fait chaque jour.

10/02/2008

Quitterie Delmas sur Europe 1 milite pour le renouvellement des générations aux municipales.

Dans une émission enregistrée avec Michel Field et Olivier Duhamel, Quitterie Delmas fustige l'ensemble des stratégies municipales des partis politiques et leur incohérence, y voyant un signe de crise politique majeure. "Il faut changer d'ère politique". "François Bayrou reste sincère envers les Français". "Sarkzoy reste dans la mystification".
 
Sur les incohérences de stratégie, "Lyon est le parfait exemple" de la nouvelle époque avec la liste d'Éric Lafond, qui se démarque de l'ancinne génération incarnée par les stratégies droite et gauche de Mercier et Comparini. "On est un parti qui se construit" a-t-elle ajouté.
 
"Ce qui m'intéresse moi, c'est la liste d'Éric Lafond".
 
"Ce n'est pas un test national", "au MoDem, on fait vivre nos idées, parfois on va tenter d'imposer nos propres vues dans les villes".
 
"Ca fait bien longtemps qu'on ne dit plus centriste". 

09/02/2008

Assas Démocrate, Paris VIe, l'Essonne, Quitterie Delmas et le paradoxe de François Bayrou.

Le Mouvement Démocrate n'est pas un parti politique. Le sera-t-il jamais ? Pas sûr. L'explosion en plein vol du système d'investiture de notre mouvement aujourd'hui a prouvé en tout cas que cette incarnation-là sera difficile.
 
Les faits sont les suivants : voici quelques semaines, la commission d'investiture du MoDem a donné mandat à Nathalie Boulay pour la municipale de Corbeil-Essonnes, non pas comme tête de liste, mais comme chef de file, tout le monde sachant très bien là la négociation personnelle faite par Nathalie, basée en particulier sur le pouvoir qu'elle avait de faire perdre son mandat de sénateur au vieux Serge Dassault, maire de Corbeil.
 
Autant le dire tout de suite, je trouve que Nathalie a été au moins légère, elle a commis une faute politique : ignorer à la fois la proximité très grande de Dassault et de Sarkozy, et le traitement très violent infligé par les journaux de Dassault à,Bayrou, faire l'impasse sur tout ça et conduire sa négociation comme si de rien n'était revenait à manquer de réalisme, comme les événements l'ont prouvé.
 
De la part de Dassault, la négociation ne manquait pas d'un certain toupet, non pas du toupet qui gagne mais de celui qui carbonise.
 
S'il y avait eu un tant soit peu d'intelligence sans excès de machiavélisme dans tout ça, Nathalie aurait fait sa liste au moins au premier tour. Et elle aurait vu avant le second s'il était toujours raisonnable de s'allier comme prévu. De la part de Dassault, concéder le premier tour au MoDem aurait été un signe de force et d'habileté.
 
Résultat, il n'y a eu dans tout ça que gaucherie, calculs abstraits et autisme. 
 
En carbonisant Nathalie Boulay aujourd'hui, Bayrou vient de faire exploser une grenade au visage de Dassault qui aura du mal à s'en remettre ; par excès de gourmandise, le vieux vient sans doute de perdre sa mairie. Tel est pris qui croyait prendre.
 
Je n'ai de regret que pour Nathalie, une fille méritante qui a beaucoup travaillé et sacrifié à ce qui a failli devenir une carrière politique.
 
Donc tout va bien pour Bayrou ? Eh non.
 
Car le retrait de son soutien à une candidate qu'il vient d'investir n'est que l'un des détails d'un océan de n'importe quoi, qui annihile tout sens de stratégie. Un parti politique n'existe que par les investitures qu'il donne, une labellisation que les électeurs sont d'ailleurs libres d'adopter. L'exemple de Corbeil prouve que l'investiture n'existe pas. Celui de Lyon, de Marseille et de quelques autres endroits est pire : là, outre la liste investie, on trouve des candidats faisant état de leur appartenance au MoDem sur deux autres listes, celle de droite et celle de gauche.
 
En vérité, il y a des candidats en congé de leur parti à peu près partout, à peu près dans tous les partis politiques, et le désordre est général.
 
Certes, mais l'entourage de Bayrou donne un indice supplémentaire de son incapacité à gérer cette réalité complexe qu'est une formation politique.
 
Au milieu de tout cela, heureusement, il y a Quitterie Delmas qui, coûte que coûte, vaille que vaille, tient bon le cap. Elle a raison.
 
Invitée ce soir des étudiants de l'université de Paris II - Assas (celle où j'ai moi-même étudié voici déjà ... argh ... plus de vingt ans), elle a très justement expliqué et décrit l'horizon du MoDem, un parti encore en germe, mais qui peut donner de grands résultats pour la société française.
 
Brillante comme toujours, elle a ébloui son auditoire par les motivations qu'elles a proposées pour convaincre autour de soi, ou dans la rue, de voter MoDem.
 
Puis Anne-Sophie Godfroy Génin, tête de liste dans le VIe arrondissement de Paris, celui où se trouve Assas, s'est exprimée à son tour pour développer quelques éléments de son programme, ceux qui concernent les étudiants. Ancienne élève d'un lycée du quartier (Louis-le-Grand ? Henri IV ?), puis de l'école normale supérieure de la rue d'Ulm, elle a le verbe précis et une connaissance approfondie des réalités du quartier. Encore un arrondissement qui, en cinquante ans, est passé de 80000 habitants à un peu moins de 45000.
 
Qu'en dire ? La candidate est de qualité, ferait une bonne élue et, comme elle le pense, pourrait prendre l'unique siège de conseiller de Paris dévolu à l'opposition locale par cet arrondissement.
 
Pourquoi ? Parce que les électeurs (heureusement ou malheureusement) ont une connaissance très superficielle des événements du microcosme politique et qu'ils votent surtout sur une impression générale qui, je crois, finira par être bonne pour le MoDem. C'est bien le paradoxe de François Bayrou de parvenir à un tel résultat par un si étrange chemin.
 
Outre Quitterie, l'équipe des Citoyens Démocrates était présente ce soir par Domitille Marbeau, Géraldine Collette, Virginie, Fabien et Franck comme d'habitude, Benoît Charvet qu'on n'avait plus vu depuis quelque temps, Guillaume Desrosiers,et j'en oublie certainement.
 
Nous avons tous été reçus très chaleureusement par l'équipe d'Assas Démocrate, emmenée par les deux Arnaud.
 
Je signale à ceux que l'info intéresse que la salle était emplie de très jolies étudiantes, au milieu desquelles Quitterie semblait le diamant dans un bel écrin. 
 
Juste un dernier mot pour signaler que, quoique certains en pensent et même si certains s'en irritent, je voue une affection profonde et sincère à Quitterie Delmas.
 
Et il faut soutenir Marielle de Sarnez. 

Nouvelle étape du "Quitterie tour" à Nanterre.

C'est la troisième fois en neuf mois que je suis Quitterie Delmas à Nanterre pour une réunion de soutien autour de la candidature de Pierre Creuzet. Il a intérêt à se faire élire !
 
La première fois, pour les législatives, c'était la fin du printemps, j'y étais allé à pied. Ca se passait dans la vieille ville de Nanterre. La deuxième, il n'y a pas si longtemps, c'était pendant la campagne d'élection des conseillers nationaux. J'y suis allé en train régional RER, finissant à pied à travers un joli quartier de demeures élégantes du XIXe siècle.
 
Cette fois, nous avions rendez-vous dans un quartier, une "cité". Pas la pire, loin de là.
 
Je suis arrivé par le RER, descendant à la station Nanterre-Université. J'ai appris au moment de rentrer qu'il y avait ensuite un bus direct, mais le site Internet de la RATP m'avait indiqué qu'à partir de la gare, il fallait terminer à pied, ce que j'ai donc fait.
 
Il m'est arrivé une fois dans le passé d'aller à l'université de Nanterre. Ce devait être en 1990, un peu plus de deux ans après que j'avais fini mon DEA, je me suis fait la réflexion qu'il était idiot de ma part de ne pas déposer de sujet de thèse. Je suis donc allé voir mon meilleur prof de droit administratif à mon ancienne fac, Assas (où je vais demain pour un café démocrate), qui s'appelait Pierre Delvolvé et qui est proche parent de la tête de liste UMP investie par le MoDem dans le VIIe arrondissement de Paris.
 
Delvolvé m'avait accueilli avec chaleur, j'avais proposé mon sujet de thèse, il l'avait approuvé, mais il fallait s'assurer qu'on n'avait pas déjà pris ce sujet et il se trouvait que le fichier central de ce type de thèses était conservé à l'université de Nanterre (peut-être est-il désormais informatisé), j'y fus donc et consultai des microfiches avant de renoncer à déposer mon sujet, emporté par autre chose.
 
Je n'y étais jamais retourné. Ca n'a pas changé. L'endroit paraît être en travaux perpétuels.
 
En sortant du RER, j'ai traversé le campus jusqu'à l'avenue de la République (curieusement, pour me rendre aux réunions de Quitterie, je passe toujours par la République, d'une façon ou d'une autre). Celle-ci se confond sur une longue portion avec l'autoroute circulaire francilienne connue sous son numéro : l'A86.
 
Autant la vieille ville vue en juin conservait un visage humain, autant les jolies rues bordées de maisons bourgeoises avaient un aspect doux et serein, autant cette nouvelle partie de Nanterre est marquée par la brutalité : derrière l'université, une immense barre de HLM, puis l'autoroute, avec sur l'autre rive la "maison de détention des Hauts-de-Seine", puis des murs sinistres, sur lesquels pend un calicot : "Les arènes de Nanterre". On devine des algécos tagués, le chaos, une obscurité menaçante "protégée" par un double rang de grillages. Le train régional passe sur un pont au-dessus de la Seine et de l'autoroute qui gronde du flux des automobiles. Ici, les organismes humains sont mis à rude épreuve.
 
Au bout d'une distance moyenne, l'avenue de la République se détache de l'A86 et rentre dans un quartier de la ville, longée par des pavillons d'un côté et de jolis immeubles sociaux de l'autre. Je m'enquiers de l'allée des Tulipes où la réunion doit avoir lieu, on me fait signe de passer entre les immeubles, j'y vais.
 
Tôt après ces premières constructions d'aspect humain (elles sont vues de l'autoroute), la réalité du quartier se révèle : longs immeubles en parallélépipèdes, lisses comme des boîtes à chaussures, qui semblent conçus pour ranger les gens plutôt que pour les loger. Mais ils ne sont pas très hauts : cinq étages.
 
Plus loin, ils grimpent.
 
Comme d'habitude, je me perds, je tourne en rond, je vois des gamins de treize ou quatorze ans qui jouent au football dans la nuit puis, en parvenant à l'autre extrémité de la cité, une voiture arrêtée avec des jeunes un peu plus vieux autour, qui évoquent très parfaitement la façon dont le cinéma décrit les dealers de quartier.
 
Je passe mon chemin.
 
Enfin un plan, je repars vers ma gauche, et enfin je parviens à la portion de la cité qui porte le joli nom de "Tulipes" mais où on ne voit guère de végétation (il est vrai que c'est l'hiver). Très vite, je repère la lumière chaleureuse de l'association Zy-va.
 
La salle est pleine. Quitterie Delmas vient d'arriver avec Virginie, ainsi que Fabien Neveu et Franck Vautier, d'autres arriveront un peu plus tard.
 
Pierre Creuzet est là, ainsi que sa colistière Estelle Letouzé. Ils forment un tandem parfait et parfaitement complémentaire, lui tout en empathie et en extraversion, elle toute en poigne et en causticité.
 
Il ne s'agit pas d'un meeting traditionnel. On est là dans un temple de tolérance, d'écoute, de pluralisme. Dans l'entrée du local, on a inscrit en caractères arabes, hébreux et romains des phrases pour le vivre ensemble, pour la paix civile, la solidarité, l'entraide.
 
L'association Zy-va, qui anime le quartier avec ce local chaleureux et ses cadres déterminés et habiles, a de solides habitudes démocratiques et beaucoup de savoir-faire, à la fois pour la pédagogie et l'animation. Tel que je le dis, on pourrait croire au rapport d'un inspecteur de patronage, or c'est tout l'inverse : nous avons, Quitterie, les autres et moi, vécu un moment inoubliable.
 
Tout a commencé par un premier exercice tiré des classes de maternelle : cinq personnes s'alignent, chacune va indiquer un objet qu'elle compte glisser dans sa valise pour partir en voyage, chacune devant répéter d'abord tous les objets précédents. Après les cinq, on choisit une personne dans la salle pour continuer la liste, puis la personne en désigne une autre, et ainsi de suite. Joie immédiate, d'autant plus que le cinquième des adolescents choisis pour débuter l'histoire a des idées de devenir un nouveau Jamel Debbouze et s'en sort à merveille, car il nous plonge tous dans une hilarité immédiate en annonçant que, s'il reste un peu de place dans la valise, il y glissera ... sa mère. En un instant, on comprend que l'idée est d'autant plus loufoque qu'il faut un peu plus qu'un peu de place pour glisser sa mère où que ce soit... Franche rigolade, très bon enfant, qui détend l'atmosphère et permet d'aborder en souriant les choses graves de la politique.
 
C'est alors que s'ouvre la partie plus politique, là encore par un exercice d'aspect très anodin : un jeu de rôle où chaque rôle est encore tenu par un gamin ou une gamine de quatorze ou seize ans.
 
La scène est la suivante : deux jeunes issus de la cité, l'un ingénieur en informatique, l'autre Bac + 5 en droit (c'est une théorie, on souligne que, si diplômés, ils sont "méritants", jolie expression), se présentent à l'ANPE pour trouver un emploi. Le fonctionnaire, très enjoué, se débarrasse d'eux en leur disant d'aller voir Mme Untel, qu'il connaît très bien et qui pourra résoudre leur problème. Ils vont donc à cette dame, qui les reçoit presque sans lire leur dossier, et leur dit qu'elle ne peut rien pour eux.
 
- Mais pourtant, dit un des jeunes, j'ai entendu dire qu'il y a à Nanterre plus d'emplois que d'habitants, alors pourquoi pas un pour moi ?
 
- Ce n'est pas ma faute, rétorque la dame.
 
- Mais alors de qui ?
 
- De vous, finit-elle par répondre sans se démonter après un temps de réflexion tout de même. Puis elle ajoute : C'est politique.
 
En principe, n'importe qui peut entrer à tout moment dans la saynète et y prendre un rôle. C'est la règle dans l'endroit qui pratique couramment cet exercice pour évoquer les problèmes de toutes natures et les réalités courantes, comme d'ailleurs sans doute pour s'amuser.
 
C'est Mme Letouzé qui se propose. Elle se lève. L'animateur (je n'ai pas noté son nom, il est mieux qu'excellent) lui demande à quel moment elle souhaite intervenir. Elle refait la narration et situe son entrée en scène au moment où la dame rejette les deux dossiers.
 
On se remet en place, on rejoue la dernière phrase, et Mme Letouzé s'immisce, jouant l'élue responsable qui indique qu'étant donné les CV flatteurs des gamins, elle va prendre son téléphone pour trouver des patrons qui les embauchent dans l'environnement immédiat, qui ne manque pas d'entreprises.
 
Une autre dame intervient. Vu ce qu'elle a à dire, elle va se substituer à l'un des jeunes. Qu'elle ait cinquante ans n'y change rien : on est dans le théâtre, dans le jeu de rôle. Elle dit :
 
- Il y a déjà eu des élus qui ont fait ce que vous dites, ça n'a guère produit d'effet.
 
Et Pierre Creuzet entre à son tour en scène et développe son programme, d'une façon certes moins informelle et moins ludique, mais qui paraît trouver écho.
 
Et cette partie de la réunion se termine. On passa à la suivante.
 
L'exercice de démocratie devient alors bouleversant.
 
Voici des gens que rien ne prédispose à être citoyens plus actifs et plus authentiques qu'ailleurs, eux et elles qui sont nés à Nanterre ou dans un pays plus lointain, eux et elles qui ont tous les âges et derrière eux différentes traditions politiques, philosophiques, religieuses.
 
Pour dire la vérité, l'endroit paraît laïc dans le meilleur sens : impartial, unitaire, soudé.
 
Le débat politique est à cette aune. Chacun parle une fois, un autre répond, une fois seulement, qu'il soit le candidat, le roi de Prusse ou l'empereur des escargots, tous sont au même niveau, avec la même parole.
 
Et on se prend à se demander comment ça s'est passé avec les deux autres candidats qui sont venus là, si Creuzet et ses trois colistiers présents (je n'ai pas noté les noms, ils ont bien parlé aussi, avec vérité) sont plus à l'aise, mieux dans leur eau, au milieu de cette démocratie à l'antique, de cette agora villageoise ressuscitée entre deux tours d'un quartier populaire de Nanterre.
 
Ce n'est plus le même animateur qui ponctue le débat de ses inititiatives. Je crois que l'autre s'appelait Gérard et celui-ci Rafic. Il a bien de l'intelligence aussi, de l'humour, de la persuasion, des opinions très élaborées qui transparaissent rarement. Il pose les bonnes questions, qu'elles s'adressent aux candidats ou aux électeurs.
 
On nous fait passer de l'eau fraîche, puis un délicieux thé avec un goût mystérieux.
 
Et puis hélas l'heure tourne, Quitterie doit partir participer à une émission de télévision sur la chaîne Direct8. Elle exprime toute l'émotion qu'elle a eue de participer à cette soirée qu'elle n'oubliera pas et qui donne tout son sens à son engagement de toujours pour une démocratie authentique, pour que les gens travaillent les uns avec les autres dans l'harmonie.
 
Et elle file et, de mon côté, je bondis dans le bus : je n'ai qu'une heure pour rentrer.
 
Miracle : j'arrive au moment même où l'émission commence ... et ... vingt minutes avant qu'enfin, enfin, on la fasse pénétrer sur le plateau !
 
Tous égaux ? 

08/02/2008

Quitterie Delmas sur Direct8 impose le MoDem comme fer de lance du renouvellement des pratiques politiques.

Invitée de la chaîne Direct8 en même temps que Bruno Julliard, ex-leader étudiant qui a pantouflé sur les listes du PS, Roger Karoutchi, vieux briscard sarkozyste aux accents condescendants et pasquaïens, Marie-Laure Harel, imposée par l'Élysée à la 2e place de la liste UMP du XVIe, et un FN du XIIe, Quitterie Delmas a insisté sur le renouvellement des pratiques politiques, dont en particulier le processus de désignation des candidats (qui suppose une nette amélioration de la formation), luttant contre l'idée de la discrimination positive qui vient de bénéficier à Bruno Julliard (qui en paraît très satisfait, c'est le moins que l'on puisse dire) et du piston, qui a bénéficié à Marie-Laure Harel qui n'a pas la sournoiserie de le nier.
 
Comme on pouvait s'y attendre, elle a sur ce point rencontré le front commun des deux principaux partis qui se partagent le pouvoir. Julliard a cependant avoué qu'il trouvait anormal que le MoDem n'ait que trois députés.
 
Très en verve, Quitterie a nettement imposé l'idée que, si renouvellement il doit y avoir, il passera par le MoDem.
 
Elle n'a pas pour autant considéré que les choses y soient déjà en état de marche : "Il faut construire cet espace d’engagement politique", a-t-elle martelé.
 
Sur le débat municipal, elle a insisté sur les combats de terrain et de projet, rejetant la nationalisation du débat à laquelle se livraient les deux principaux partis. Elle s'est réjouie de voir Bayrou se régaler à arpenter sa terre béarnaise pour la municipalité paloise alors que Bruno Julliard taxait Bayrou de n'être pas intéressé par la ville (dont il est pourtant élu depuis longtemps).
 
Elle a souhaité une grande réussite à Éric Azière, tête de liste dans le XIIIe arrondissement, le même que Julliard.
 
En somme, tout le renouvellement, rien que le renouvellement, le renouvellement pour commencer. 
 
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Quitterie Delmas avec Monique Baruti dans le VIIIe.

Le VIIIe arrondissement est un pur produit du XIXe siècle. Auparavant, il se trouvait presque entièrement hors les murs de Paris. En 1900, on l'appelait, administrativement, l'"arrondissement de l'Élysée" : le palais du président de la République s'y trouve et c'est le maire du VIIIe, le dinosaure sourcilleux Lebel, qui a récemment célébré le mariage du président qui est ainsi passé de la "peste brune" à la "peste Bruni".
 
Deux ou trois traits caractérisent le VIIIe arrondissement. Parmi eux, le premier est ce que l'on nomme encore par esprit de carte postale "la plus belle avenue du monde" et qui méritait ce surnom prestigieux sous Napoléon III et jusqu'aux années 1890 : alors elle était bordée de somptueux hôtels particuliers déployant un luxe époustouflant, au fond scandaleux mais magnifique, et dont il reste la trace la plus évidente au rond-point des Champs-Élysées, l'hôtel Dassault. Je veux parler bien sûr des Champs-Élysées.
 
La duchesse d'Albe, soeur de l'impératrice Eugénie, y avait une demeure énorme qui, logiquement, fut parmi les premières rasées après la chute du régime pour percer la rue Lincoln où se trouve l'un des derniers cinémas d'art et d'essai de ce quartier longtemps dédié au cinéma et où l'on renontre encore parfois des "stars" (même quand Sarkozy n'y est pas) aux terrasses.
 
Des immeubles, pas tous beaux, ont remplacé l'ancienne splendeur comme ils ont pu. Dans certains, des années 1880, on a classé un étage, décoré vers 1900 par un milliardaire mexicain ou un prince russe devenu fou d'amour pour Paris et pour ses jolies femmes.
 
Évidemment, en bas de l'avenue, il y a la place de la Concorde, l'obélisque et, en haut, l'Arc-de-Triomphe qui ... triomphe, et pour lequel on dû araser fortement une colline qui ponctuait la perspective ouverte depuis le Louvre et les Tuileries.
 
Peu de gens vivent dans cette partie de l'arrondissement : les prix y sont prohibitifs. Je crois qu'il y a encore un particulier (un seul) qui réside sur les Champs-Élysées.
 
À l'ouest des Champs-Élysées, les gens vivent la même vie que ceux du nord de mon XVIe arrondissement, ils viennent du reste au marché de l'avenue du président Wilson, dans le XVIe. À l'est, il y a surtout des bureaux, c'est bruyant, pas toujours propre et fortement pollué. Il faut s'éloigner un peu vers l'est et le nord pour atteindre des régions habitables. Et là sont les deux autres traits caractéristiques de l'arrondissement.
 
Le premier est la plaine Montceau, le lieu typique de l'aménagement du grand luxe haussmannien. Je donnerai après cette note une nouvelle fois la vidéo que j'ai tournée dans le jardin de la fondation Rothschild, qui illustre parfaitement cette époque somptuaire et qu'on devrait visiter en lisant d'un oeil "l'argent", l'épisode des Rougon-Macquart de Zola consacré aux folies d'Aristide Sacquart, le flamboyant mégalomane de la famille.
 
Le deuxième est ce qu'on nomme le "quartier de l'Europe" parce que toutes les rues y portent le nom d'une ville européenne, souvent des capitales : Rome, Moscou, Londres, Athènes, Bucarest, Constantinople, mais aussi des villes plus modestes comme Liège.
 
Pour l'anecdote, l'un de mes arrière-grands-pères, officier de marine, résidait dans les années 1930 rue de Constantinople, à l'angle de la place de l'Europe, dans un immeuble dont l'une des façades ouvrait sur une voie ferrée qui monte je crois de la gare Saint-Lazare, et mon père me disait que, avec ses frères et soeur, quand ils étaient enfants, le grand jeu était d'ouvrir les fenêtres sur la voie ferrée pour que lorsque le train passait, la vapeur montât de sa cheminée et envahît l'appartement, ce qui mettait tout le monde en fureur.
 
C'est dans ce quartier, organisé autour de la place de l'Europe, que réside la moitié de la population du VIIIe arrondissement, soit 20000 personnes.
 
Comme beaucoup de quartiers à vocation de haute bourgeoisie haussmannienne, il a été conçu comme un quartier de standing : sans le moindre commerce, et il garde un peu la trace de cette origine, même si des boutiques s'y sont tout de même insinuées avec le temps.
 
Le quartier de l'Europe est plutôt fermé sur lui-même. Une seule artère en sort : la rue de Lisbonne, qui descend dans la plaine Montceau jusqu'à la rue de Courcelles, tout contre le parc Montceau, à la frontière du XVIIe arrondissement, celui de Françoise de Panafieu (qui en fait réside dans le XVIe). C'est rue de Lisbonne, à la jointure des deux portions, que Monique Baruti et ses colistiers avaient invité les habitants du quartier à une réunion informelle à laquelle Quitterie Delmas et les Citoyens Démocrates ont eu la joie de se joindre.
 
Monique Baruti est une jeune femme dynamique, une avocate d'affaire, mariée, mère de famille, qui a vécu à Bruxelles, qui s'implique dans son quartier, qui gère tout à la fois, et qui découvre la candidature politique.
 
Elle est accompagnée de bons et solides colistiers, consultants, patrons de PME (dont un dans l'informatique), futurs profs, représentatifs de ce qui me paraît être le nouveau VIIIe.
 
En effet, cet arrondissement a vécu de plein fouet la métamorphose désertifiante des années 1970 et 1980 : le prix de l'immobilier qui flambe, les particuliers qui ne peuvent plus y faire face, les bureaux qui dévorent les rues une à une. On a donc dans une part notable de l'arrondissement un premier et flagrant paradoxe : un vrai quartier résidentiel, de beaux immeubles, des rues calmes, mais tout ça entièrement occupé par des bureaux venus là pour le prestige de l'adresse et qui ne s'y trouvent, en fait, pas à l'aise.
 
C'est d'ailleurs parce qu'ils ne s'y trouvent pas à l'aise que l'on constate un deuxième paradoxe : la vague des bureaux a commencé à refluer, les habitants reviennent peu à peu, mais l'effet de la désertification se poursuit, à travers la transformation des derniers commerces de proximité en casemates de restauration rapide, ouvertes seulement pour les bureaux, à l'heure du déjeuner. Le soir, tout est désert, c'est en quelque sorte le double effet kiss-cool de l'occupation par les bureaux : la première lame rase les habitants dans leurs appartements, la deuxième les rase avant qu'ils ne se rétractent, dans les boutiques du coin de la rue.
 
Impossible, donc, de trouver une baguette dans ce quartier, et pour faire ses courses, il faut se déplacer jusqu'à l'une des zones commerciales de périphérie : rue de Lévis dans le XVIIe, marché des Batignolles, grands magasins boulevard Haussmann dans le IXe, Champs-Élysées, marché de l'avenue du Président Wilson dans le XVIe. Tout cela ne serait pas grave si cela ne signifiait en pratique que l'on fait ses courses en voiture, ce qui n'est bon pour personne, et qu'on les fait difficilement si l'on est ralenti ou en famille.
 
La survie et le développement de commerces de proximité semblent donc le premier axe d'une politique pour rendre la vie plus facile et plus agréable dans le VIIIe, ce qui donne un excellent sujet aux candidats du MoDem pour s'adresser aux nouveaux habitants de l'arrondissement qui sont, à mon avis, leur meilleure cible.
 
Car le quartier a ses traditions et ses réseaux pas toujours faciles à pénétrer. Tout le monde n'entre pas au cercle Interallié, par exemple. Il faut donc s'attaquer d'abord à ceux qui sont accessibles.
 
Les projets développés par l'équipe, intelligente et créative, s'articulent autour de cette réalité : redynamiser les écoles qui commencent à être surchargées par l'afflux des enfants des nouveaux habitants, multiplier les crèches qui manquent cruellement comme partout dans Paris (c'est l'une des promesses de campagne de Delanoë en 2001 les moins tenues), créer un réseau de transport de grande proximité pour les personnes de mobilité réduite, maintenir les commerces existants, se donner les moyens d'en recréer d'autres si le retour des populations s'accentue, bref, faciliter la vie des gens.
 
Après cet excellent exposé, Quitterie Delmas a conclu la soirée en félicitant Monique et ses colistiers, tous très en verve, s'exprimant avec engagement et pertinence.
 
Puis elle s'en est allée vers l'est et moi à travers les rues désertes du quartier vide, j'ai retraversé la place de l'Étoile, suis redescendu vers la Seine pour m'arrêter au bar des Théâtres, avaler un stack tartare juste à côté de l'actrice Natacha Rénier qui, toute sage sur son siège, attendait ses sandwichs emballés dans l'aluminium avant de traverser l'avenue pour entrer en scène au théâtre.
 
Une jolie vision pour finir la soirée. 
 
Demain, je rejoins l'inégalable Quitterie à Nanterre. 
 
Dans trente jours, le premier tour.
 
 

19XI07
envoyé par jour-pour-jour

07/02/2008

J'ai changé d'avis.

Après consultation de Qui De droit, je suis d'opinion que, le MoDem n'ayant pas l'intention de devenir un parti comme les autres, il aurait mieux valu qu'il ne distribuât pas d'investiture du tout. Conséquemment, je souhaite que personne ne soit exclu à l'occasion des élections municipales et cantonales.
 
C'est mon dernier mot sur ce point. 

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Faire respecter les investitures.

La seule chose qui différencie un parti politique d'un club de pêcheurs à la ligne, c'est qu'il donne des investitures aux élections. On peut trouver absurde qu'un parti national se déplace pour investir des candidats aux élections locales, mais une partie notable de l'électorat se détermine, outre les enjeux locaux, sur l'esprit général des candidats, donc en partie sur leur étiquette, si bien que l'habitude en a été prise.
 
On aurait pu décider que le MoDem ne distribuait pas d'investitures pour les municipales et s'en remettait à la conscience de ses adhérents. C'était à la rigueur acceptable. Mais du moment qu'il a été voté à la quasi-unanimité par le congrès qu'il y avait des investitures, celles-ci doivent être respectées, sans quoi il n'y a plus qu'à plier boutique.
 
De la même façon, le congrès a décidé que toute investiture devait être précédée d'un vote, mais n'a pas contraint, heureusement, les instances à suivre systématiquement ce vote : il faut bien que des stratégies d'ampleur nationale puissent parfois s'incarner localement dès lors qu'on décide des investitures municipales.
 
Enfin, si par hasard il n'y a pas eu de vote direct, on peut considérer que dans l'esprit, une autre consultation peut servir d'indicateur. Dans ma précédente note, je signalais le cas de l'Essonne où le texte que je citais m'avait donné l'impression que la présidente locale, ma vieille copine (je préfère le préciser) Nathalie Boulay-Laurent, avait tenté d'exclure ses adversaires locaux, ce dont les statuts ne lui donnent pas le droit, mais qu'une position des instances nationales l'en avait empêchée pour des raisons de droit tout à fait justes.
 
Apparemment, c'est l'inverse : Philippe Arnaud a bien prononcé la suspension des adhérents en question.
 
Je m'en réjouis pour toutes les raisons susmentionnées, bien que je déplore l'alliance de Nathalie avec Serge Dassault, tout en la comprenant et en espérant que les promesses du vieux ne seront pas un "Mirage". Bonne chance à Nathalie pour devenir sénatrice.
 
Il est absurde qu'on ne se soit pas doté de procédures transitoires. Faut de mieux, il me semble que la commission et M. Arnaud font ce qu'ils peuvent pour établir des situations claires.
 
Le comportement des uns et des autres dira si la commission définitive doit ensuite prononcer des exclusions définitives, ce que je regretterais aussi.

Le comble de l'inorganisation.

Génération Démocrate Essonne fait état aujourd'hui d'une lettre du président de la "commission d'arbitrage et de contrôle" (Philippe Arnaud) qui écarte toute possibilité d'exclusion de militants au titre de candidatures dissidentes à l'occasion de ces élections municipales, pour la raison (au fond logique) que la commission chargée des exclusions doit être désignée par le Conseil National et que celui-ci ne s'est pas réuni, et que par ailleurs, toute investiture, pour être valide, doit être précédée d'un vote des militants, ce qui n'est le cas que dans une partie des villes.
 
Donc candidats, sachez-le : votre investiture compte pour des prunes.
 
Et vous qui rêvez d'être candidat contre votre président de fédé que vous haïssez en secret depuis des mois, c'est le moment !
 
Vous qui recuisez dans l'amertume de n'avoir jamais obtenu la confiance de vos instances pour les municipales, c'est le moment !
 
Toutes les listes sont permises, même celle du Front National, même celle de Sarkozy en personne : il n'y a pas de sanction possible. 
 
Si c'est confirmé, c'est n'importe quoi.

06/02/2008

François Bayrou allergique hospitalisé : voici le menu !

En entrée : une salade (depuis l'avalanche de mensonges de Sarkozy, Bayrou ne supporte plus les salades).
 
Entremets : un poulet (sans commentaire).
 
Viande : du cheval.
 
Entremets : des oeufs de l ump.
 
Fromage : un pasteurisé.
 
Dessert : du gâteau (pas comme les municipales).
 
Vin : (non, il n'est pas allergique au champagne Mercier) : un sauvadet muscadet-sur-lie (Sarkozy est la lie de l'humanité).
 
Pousse-café : ah non, il a déjà trop mangé et bu.
 
PS : allez, François, bonne fin de campagne...

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MoDem : le souffle de la nouveauté pour la société française.

Depuis bien des années, nous sentions un essoufflement, une inadéquation de l'organisation de la société française aux réalités du monde nouveau. Et puis est venue la campagne présidentielle et la vague de l'espoir s'est levée : les choses pouvaient changer. Et cet espoir, c'est François Bayrou qui l'incarnait.
 
Changer. Non pas tant les institutions que les rapports humains et leur cadre, moins de formalisme, moins de hiérarchie, moins de pesanteurs en tout genre. Plus de liberté, de dignité, de dynamisme, de générosité, des comportements HQE, une ouverture au monde, à l'Internet, aux nouveaux moyens de communication, au mouvement.
 
Et puis Sarkozy a été élu, ce pantin, et avec lui Fillon, ce laquais. Et l'espoir est retombé. Et Sarkozy a commencé à mimer le décor de l'espoir sans en trouver l'âme.
 
Tout espoir est donc perdu ?
 
Mais non : il y a, près de chez vous, ceux qui l'incarnent. Il y a, près de chez vous, souvent dans votre propre ville, des candidats du MoDem. Si vous les rencontrez, allez vers eux, serrez leur la main, votez pour eux.
 
Parfois, vous les jugerez décevants ; soyez indulgents : ils sont de bonne volonté, de bonne foi. Parfois au contraire, vous trouverez en eux ce souffle de la nouveauté, ce nouveau souffle de la société française, et alors, vous saurez qu'une nouvelle vie commence.

14:05 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, MoDem, Bayrou, Sarkozy, municipales | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

05/02/2008

Portrait d'Éric Azière.

Éric Azière est l'homme-clef des investitures pour Bayrou et comme la commission des investitures est de nouveau en vedette aujourd'hui avec la question lyonnaise, c'est l'occasion de parler d'Éric.
 
J'ai retrouvé récemment les papiers relatifs à la convocation des adhérents jeunes de l'ex-CDS où j'ai fait sa connaissance. C'était le mercredi 14 décembre 1983, à dix-huit heures, à l'adresse d'alors de la fédération centriste de Paris, 83, boulevard Montparnasse, au-dessus d'un cinéma.
 
La fédération d'alors fonctionnait comme une confédération, chaque section "généraliste" d'arrondissement fonctionnait dans une assez large autarcie. On se voyait aux fêtes carillonnées : dîners-débats, assemblées statutaires. Depuis deux ans que j'avais adhéré, j'avais été convoqué à deux dîners-débats et aucune assemblée statutaire.
 
Pour une raison que j'ignore, j'étais en effet "tombé du fichier" et, début 1983, lorsque le secrétaire général national du CDS d'alors, Jacques Barrot (aujourd'hui commissaire européen), m'avait adressé la "relance de cotisation", j'avais indiqué que j'étais tout prêt à renouveler ma cotisation, mais que, depuis bientôt dix-huit mois que j'étais adhérent, je n'avais été contacté par personne, je n'avais reçu aucune convocation, bref... deux jours après ma réponse, le secrétariat du député du sud du XVIe arrondissement de Paris où je résidais me téléphonait : j'étais littéralement convoqué dans son bureau pour le samedi matin.
 
Il faut dire que le député en question, Georges Mesmin, était l'un des vingt-deux qui subsistaient à ce parti battu... ce que j'ignorais. Mesmin me reçut, je lui répétai que je ne comprenais pas pourquoi on n'était pas venu vers moi, il me rétorqua que ce n'était pas à la structure d'aller vers moi, mais au contraire à moi d'aller vers elle. Cette réponse me scandalisa et, vingt-cinq ans plus tard, je n'ai pas changé d'avis : si quelqu'un se donne la peine d'adhérer, la moindre des choses est de prendre contact avec lui. Fin de la parenthèse.
 
Mon escarmouche avait fait du bruit. En politique, rien de tel que râler pour se faire connaître.
 
Quelques mois plus tard, j'atteignais mes dix-neuf ans et on me proposa de devenir vice-président des JDS (les jeunes en question). J'étais émerveillé, mais ... pas pour longtemps : le jour de l'assemblée générale (le 14 décembre 1983 à dix-huit heures, donc) où devait être désigné le bureau départemental dont je faisais partie, nous étions ... quinze : les huit candidats de la même liste et sept adhérents qui, poliment, ont voté pour nous.
 
Ce fut ce jour-là que je rencontrai Éric Azière : il conduisait notre liste, il devenait notre président.
 
Il n'a guère changé, ses cheveux grisonnent depuis quelque temps, mais il a cette même simplicité et cette même disponibilité qu'on constate.
 
Dans cette équipe toujours selon un principe confédéral, je représentais le XVIe, Éric le XVe (alors présidé par Jean-Charles de Vincenti conseiller de Paris), Alexandre Rézette le XIVe (il a disparu, emporté par une sombre histoire financière du conseil général des Yvelines), Bruno d'Isidoro le Xe je crois (il a épousé une Vitréenne et s'est installé dans le fief de Pierre Méhaignerie), il y avait aussi Pierre d'Ornano qui a réapparu dans les fichiers de l'UDF voici deux ou trois ans mais qui doit être reparti vers le Nouveau Centre, Joëlle Garriaud (la seule fille du lot, une grande blonde qui est ou a été élue des Français de l'étranger, mariée à un Britannique), et deux autres que je ne me rappelle plus. Des huit il ne reste au MoDem qu'Éric et moi.
 
L'activité de ce bureau connut un pic avec l'élection européenne de 1984, pour laquelle nous avions conçu une affiche adoptée par l'équipe nationale des JDS : "Réveillez l'Europe", figurant un énorme réveil où chaque heure était représentée par un drapeau européen (de l'Europe des Douze alors, bien sûr). Je me rappelle en particulier la nuit qui a précédé la constitution définitive de la liste conduite par Simone Veil et où nous avons passé de longues heures à tapisser la place où Veil résidait, derrière les Invalides, avec nos affiches, pour garantir une place au président national des JDS, Jean-Pierre Abelin (aujourd'hui député NC et candidat aux municipales de Châtellerault). Il fut d'ailleurs élu député européen, de justesse.
 
Quand Éric présenta sa candidature au poste de président national des jeunes, l'été 1986, il me proposa d'occuper la fonction (d'ailleurs rémunérée) de permanent des jeunes, avec le titre de délégué général. Je devins donc par cette élection dont j'ai déjà parlé, le délégué général des JDS. J'étais payé 5000 Francs en espèces par le CDS, je raconterai une autre fois le rituel de la rémunération, c'était cocasse.
 
La campagne de Barre commençait. Ma première activité (avant même l'élection) fut le centenaire de Robert Schuman. C'était une pure folie : l'équipe avait eu l'idée de remplir en trois semaines un train entier menant mille jeunes de Paris à Metz pour aller célébrer le centenaire de la naissance du père de l'Europe. Nous y parvînmes en passant chacun toutes nos journées au téléphone avec la terre entière. Barre fut heureux de ce succès qui le remettait en selle après qu'il avait dû avaler son chapeau en votant la confiance au gouvernement Chirac en mars. Helmut Kohl se déplaça et vint prononcer une allocution fervente pour la construction européenne.
 
L'équipe d'Éric Azière avait ainsi fait ses preuves. Il faut que je dise que s'y trouvaient Olivier Henno, l'homme fort du MoDem du Nord, Nathalie Boulay-Laurent, la forte femme du MoDem de l'Essonne, Christophe Quarez, tête de liste à Saint-Leu-la-Forêt, et quelques autres dont j'ai déjà parlé aussi. 
 
Toujours avant l'élection, nous eûmes aussi la charge de l'organisation de l'Université d'Été que les jeunes montaient chaque année avec l'argent du parti (on disait déjà, souvenir du MRP, l'argent du "mouvement").
 
Barre en était l'invité vedette, c'était la période où les figures de l'UDF devaient se déterminer pour savoir si elles soutiendraient notre candidat pour l'élection présidentielle suivante. Je me souviens de Jean-Claude Gaudin, en maillot de bain et tee-shirt, lové dans une bouée-pneu, au milieu de la piscine du centre de vacances VVF (dans l'Ardèche) où nous nous trouvions, et indiquant à une caméra de télévision qui oscillait dangereusement sur l'eau que "bien entendu", il soutiendrait Raymond Barre.
 
Là encore, l'Université d'Été fut un succès : le CDS s'affirmait comme le pivot de la candidature de Barre, c'était une aubaine pour Méhaignerie et Barrot, nos deux leaders, qui montrèrent leur satisfaction. Les adhérents, impliqués dans nos différentes activités récentes, nous élurent par 83% des voix au congrès à l'automne 1986.
 
La présidence jeune d'Éric Azière fut une combinaison d'efficacité et de créativité. Je travaillai à consolider le réseau : beaucoup de départements n'avaient pas de correspondant jeune, ma mission fut de boucher les trous, ce que je fis, et bientôt, nous eûmes presque partout de vraies équipes.
 
Éric, lui, jouait le rapport de force, solidement adossé à sa capacité à faire de la notoriété au petit parti. Il mélangeait convictions et ficelles de métier. J'ai le souvenir, par exemple, d'une réunion du conseil politique (en somme le Conseil National) du CDS, à la Maison de la Chimie, où chacun d'entre nous avait un exemplaire du discours d'Éric, où étaient soulignés un certain nombre de phrases ou de passages destinés à déplaire à nos leaders "aînés". Nous allions nous répartir avec régularité pour "faire la salle". Chaque fois que le passage était souligné, nous applaudissions en choeur, comptant sur le réflexe moutonnier d'une telle assemblée. Et effectivement, à chaque fois que nous applaudissions, comme les applaudissements fusaient de partout en même temps, les conseillers politiques, sursautant, se mettaient à applaudir frénétiquement, mettant les leaders en difficulté.
 
Le discours d'Éric, ce jour-là, était très beau. Il se référait à l'époque où tous ces aînés avaient été jeunes "Il y avait alors... il y avait ... il y avait la France à moderniser, il y avait l'Europe à construire, il y avait ..." et il leur renvoyait le miroir glacial de ce qu'ils étaient devenus.
 
Ainsi apprit-il à se faire redouter.
 
Il alla cependant trop loin pour sa sécurité.
 
Il prononça le dernier discours que j'ai entendu de lui comme président des jeunes à une Université d'Été en 1990 ou 1991. Atteint par la limite d'âge, il quittait la présidence. Il trempa sa plume dans le vitriol. Ainsi s'ouvrit certes la succession de Pierre Méhaignerie comme président du CDS, mais Éric partait pour une traversée du désert.
 
Il en sortit deux ans plus tard.
 
Une de ses amies, Lysiane Polfliet-Soubeyrand (qu'on a vue depuis dans le cabinet du premier ministre Raffarin), avait été embauchée par Claude Goasguen, à l'époque conseiller de Paris centriste élu par le XIVe arrondissement (et aujourd'hui tête de liste UMP dans le XVIe). Goasguen avait formé le projet d'éliminer son ancien allié dans la fédération parisienne, devenu son rival, Jean-Charles de Vincenti que j'ai mentionné plus haut. La technique de Claude est toujours d'embaucher quelqu'un de l'entourage de son adversaire. C'est ainsi que plus tard, lorsqu'il voulut éliminer Georges Mesmin, il passa un contrat avec moi et recruta Philippe Mandonnet qui je crois est maintenant en Normandie auprès d'un élu (fidèle au MoDem ?).
 
Bref, Éric, qui travaillait pour des prunes et pour une petite radio parisienne (radio Montmartre, je crois), accepta la proposition de Goasguen.
 
C'est ainsi que, conduit vers Goasguen par un autre ami (qui réside désormais au Gabon depuis son mariage), j'ai retrouvé Éric après plusieurs années d'éloignement. Et c'est lui qui m'aiguilla vers la campagne interne du CDS qui aboutit à la victoire de Bayrou. Ma tâche, qui n'était pas amusante en elle-même mais qui me permettait de participer de très près à l'équipe de campagne, consistait à répondre au nombreux courrier de militants reçu par Bayrou.
 
J'avais adopté une méthode simple, certainement pas originale, en me procurant un lot de discours de Bayrou, où j'avais sélectionné des paragraphes fournissant des positions de principe à exprimer. Cette formule suffisait pour quatre-vingt-dix pour cent du courrier. Pour le reste, j'improvisais sous le contrôle d'Éric.
 
Une seule fois mon texte fut retoqué : j'y mentionnais Georges Bidault, alors plus connu comme proscrit de l'OAS que comme ancien président du CNR. Depuis cette époque, Bayrou a remis le résistant Bidault à l'honneur et j'en suis heureux.
 
Et voilà : Éric est devenu, de mois en mois, de plus en plus indispensable à Bayrou, connaissant le réseau centriste comme sa poche, ayant porté beaucoup d'élus locaux sur les fonts baptismaux quand il présidait l'équipe des jeunes. Il aboutit à cette fonction d'investiture pour laquelle il montre de rares qualités.
 
Demain, sans doute, il va participer encore plus activement au débat politique général.
 
Pour l'heure, je suis heureux qu'il soit tête de liste du MoDem dans le XIIIe arrondissement, celui où, avec Quitterie Delmas, je peux le soutenir le plus facilement et je remercie Quitterie de permettre à cette vieille camaraderie de se poursuivre dans l'ombre de ses ailes de fée. 

MoDem : le parti de la nouveauté.


Je relève dans une étude d'intention de vote à Pau un fait saillant : Bayrou, dans sa ville, a 46 % des intentions de vote des moins de 35 ans alors même qu'il y a plusieurs listes.
 
Autrement dit, les jeunes continuent à y croire et j'ai même envie de dire qu'ils y croient de plus en plus.
 
Je prends un temps après avoir écrit ces mots : il y a tellement de pages et de pages que nous tous les blogueurs avons écrites depuis des semaines et des mois pour râler, pour gémir, pour critiquer, voire pour dénoncer. Et voilà que l'électorat nous dément. C'est dément.
 
Il y a donc un espoir. Et Quitterie Delmas, celle qui n'a jamais formulé aucune critique négative, celle qui a toujours, inlassablement, ramené le dénigrement vers la proposition, le doute vers la prospection, le découragement vers l'engagement, Quitterie Delmas, donc, a raison, elle a eu raison avant les autres.
 
Ce soir, je le pense, Bayrou fera un nouveau sacrifice : une fois de plus, ils sacrifiera des élus à des électeurs, des situations confortables à l'aventure d'une rencontre avec une génération nouvelle. Il investira les amis d'Éric Lafond pour la municipale lyonnaise. Eh bien, c'est peut-être ce sacrifice-là, qu'il capitalise dans l'adhésion qu'il rencontre chez cette génération nouvelle.
 
Les pratiques tacticiennes, cyniques, désabusées, de la vieille UDF sont étrangères à la mentalité de l'électorat de François Bayrou. En y renonçant, Bayrou va vers ceux qui espèrent en lui, il leur est fidèle. Il s'accomplit.
 
Et il tend les bras à la génération montante, celle qui se tourne majoritairement vers le MoDem, celle à laquelle Quitterie Delmas a lancé un appel de vie, celle des moins de 35 ans.
 
Hélas, je n'en fais pas partie.
 
Et si cet âge différent, le mien, était la raison pour laquelle je suis si ronchon ? Et si c'était l'explication ? ET SI NOUS, LES BLOGUEURS DU MODEM, NOUS ÉTIONS TROP ÂGÉS (sauf Quitterie qui aura bientôt 30 ans, veinarde) POUR NOTRE ÉLECTORAT ?
 
Argh. 
 
 

04/02/2008

Municipales de Lyon : investir Éric Lafond ; écrivez aux membres de la commission d'investiture !

François Bayrou, hier, a indiqué au Grand Jury RTL-LCI qu'il soutiendrait la liste des "jeunes" à Lyon et que les instances compétentes du Mouvement Démocrate se prononceraient mardi sur l'attitude du mouvement concernant cette liste et l'élection lyonnaise en général.
 
Il est bien évident qu'un soutien sans investiture, en politique, n'est pas un soutien.
 
Tous ceux qui souhaitent qu'il y ait une liste indépendante du MoDem à Lyon sont donc invités à se signaler joyeusement auprès des membres de la commission d'investiture.
 
La composition de la commission fait que si Bayrou la souhaite, l'investiture ne devrait pas poser de problème. 

Indépendance.

Depuis des années, depuis plus de vingt ans, je suis habité par une conviction : un parti politique ne fait progresser ses idées que s'il les soumet aux électeurs.
 
J'ai toujours milité pour des candidatures indépendantes, centristes (CDS) d'abord, puis FD (Force Démocrate), puis UDF. Il est bien évident qu'un parti qui n'est pas suffisamment sûr de ses propres convictions pour les proposer au suffrage des électeurs ne peut espérer les faire vivre longtemps. C'est ainsi.
 
L'aventure lyonnaise qui recommence avec le soutien de François Bayrou me réjouit. Comme tous ceux qui ont fait la campagne de Raymond Barre en 1988 et avant, j'ai un attachement sentimental pour la sensibilité démocrate lyonnaise. Comme je l'ai écrit voici plusieurs semaines, elle est confrontée à un effet de génération assez brutal : les orphelins du barrisme sont soit retirés (Anne-Marie Comparini), soit égarés (Millon), soit ... euh ... Mercier.
 
Il faut donc reprendre tout de zéro ou presque.
 
J'ai la conviction que l'électorat attend l'appel d'air d'une liste MoDem, non pas forcément pour renverser le maire Collomb qui a bonne réputation, mais pour incarner un authentique visage de Lyon, une sorte de monument local qu'on a failli désaffecter.
 
Et ainsi, peut-être, en montant au feu, le Mouvement Démocrate trouvera la solution pour incarner le "faire de la politique autrement" qui a motivé bien des électeurs en avril dernier.
 
Je souhaite un vif succès à Éric Lafond. 

Merci.

Merci. Je le dis avec émotion. Merci.
 
Merci à tous ceux qui font que les militants, s'ils trouvent à s'occuper de leur propre initiative, ont le sentiment de compter pour du beurre dans les intentions des dirigeants.
 
Pourquoi ce remerciement ?
 
Parce que, comme le précédent, mon coup de gueule d'hier m'a fait battre le record de fréquentation de mon blog.
 
Cette fois, c'est sûr : les militants du MoDem ne s'intéressent qu'aux trains qui arrivent en retard.
 
Un symptôme ? Peut-être. 

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03/02/2008

Une matinée de campagne dans le Ve arrondissement de Paris.

Il y a des noms de Paris qui sont presque à eux seuls devenus des cartes postales : Montmartre, le carreau du Temple, Saint-Germain-des-Prés, Pigalle... la Contrescarpe, une place qui tient son nom d'un dispositif de fortification médiévale, et tout juste à côté, la rue Mouffetard, la "Mouffe" pour les intimes.
 
Elle descend de la Contrescarpe jusqu'à une place colorée qui sert d'extrémité à une autre adresse célèbre de Paris, l'avenue des Gobelins, du nom de l'ancienne manufacture royale des tapisseries qui, de là, remonte pour s'enfoncer dans le XIIIe arrondissement cher à Quitterie Delmas.
 
Sur cette petite place se tient un marché fidèle aux usages parisiens : fruits et légumes, saveurs diverses. ce marché est prolongé par la rue commerçante, la Mouffe qui monte.
 
Quand je suis arrivé là, tout était orange : une troupe de fantassins oranges y était surmontée par un nuage de ballons gonflés à l'hélium, tous oranges, sur lesquels était inscrit un beau slogan : "la victoire en changeant". La rue elle-même semblait ornée d'une gigantesque vigne dégoulinant de grappes d'énormes raisins oranges. C'était véritablement ... orange.
 
Il y avait là Virginie Votier, sorte de partie émergée de l'iceberg Quitterie Delmas, Sébastien Dugauguez, deux militantes du XIIIe, Sébastien Soria, Benjamin Sauzay, quelques autres, auxquels se sont joints Fabien Neveu et Franck Vautier, le tout s'assemblant avec une véritable haie d'honneur de militants de la campagne du Ve, montant de la place par la Mouffe, jusqu'au point où se tenait la tête de liste du MoDem dans le Ve : le journaliste Philippe Meyer, bien connu des gens que nous avons croisés.
 
Cette partie-là du tractage fut chaleureuse et bon enfant, l'accueil de Meyer souriant, faussement désinvolte, ponctué de phrases acerbes sur la gestion tibériste de la Ville de Paris, au milieu d'un flot continuel de gens montants et descendants, certains passants, tout heureux, s'arrêtant pour pouvoir converser un instant avec l'un des esprits les plus libres des médias actuels.
 
Il y avait des gens d'autres quartiers, diverses formes de touristes, et, heureusement, des gens du cru.
 
Au bout d'un moment, ayant épuisé nos épaisses piles de tracts (de simples photocopies : sobriété or not sobriété), nous sommes redescendus vers la petite place ; là, nous avons essayé de boire un godet au bistrot, mais la patronne, puis le patron, sont sortis pour nous mettre mal à l'aise, l'oeil rivé sur les gens de Tibéri qui visiblement, les surveillaient.
 
En fait, ça tombait bien : ce fut le moment que choisit Philippe Meyer pour aller entonner gaillardement "le temps des cerises" au milieu d'une animation foraine reproduisant un bal populaire du temps des Apaches. Tout oranges, sommés du dernier nuage de ballons oranges (les autres dodelinant le long des rues au-dessus de la tête d'une flopée d'enfants hilares), nous nous sommes groupés autour de lui, chantant aussi la belle chanson de Jean-Baptiste Clément.
 
"J'aimerai toujours le temps des cerises,
c'est de ce temps-là que je garde au coeur
Une plaie ouverte
Et dame Fortune en m'étant offerte
Ne pourra jamais fermer ma douleur.
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au coeur".
 
Un texte qui aurait plu à Alceste.
 
Et là, mine basse, est apparue Xavière.
 
Xavière Tibéri.
 
On occupait son territoire. Elle et ses gens (une militante venue d'Anthony, par exemple) portaient tous des écharpes bleu pâle : c'est le temps des emblèmes politiques colorés. Le PS ne sait plus bien s'il est en rose, en parme, en fuchsia ou en ... je ne sais pas bien quoi, mais au-delà des tiraillements inévitables en temps de campagne, on a senti plus de sympathie, notamment de quelques jeunes perdus parmi les têtes grises des militants socialistes emmenés par l'autoritaire Lyne Cohen-Solal.
 
Jean Tibéri, comme un monarque qu'on fait attendre, n'osait s'engager dans l'espace tout orangé. Il tentait faiblement quelques piques, ses militants gelaient autant que nous (malgré le soleil, il gelait presque).
 
Et c'est là que, malheureusement, j'ai dû rentrer, laissant mes amis au milieu de ce suspense haletant. Il y en aura sûrement un pour raconter la suite !
 
Pour l'anecdote, sur le chemin du retour, j'ai croisé le chroniqueur Paul Wermus portant ... l'écharpe bleu pâle.
 
Voilà. L'équipe des "Adhérents sont notre force", comme promis, a apporté avec joie son soutien à une équipe de terrain qui nous a impressionnés.
 
Quitterie Delmas, comme toujours, a parlé longuement avec les gens, militants de toutes les listes, candidats (Christian Saint-Étienne égaré, tout seul, coiffé d'un bonnet, deux militants d'un autre ex-UDF, Édouard Bonhomme, un vieux monsieur fragile, les militants MJS, les dames de chez Tibéri), laissant toujours ses interlocuteurs touchés par son regard et l'attention qu'elle leur portait.
 
Une belle matinée. 
 
PS : en vérité, là où j'ai noté que j'ai dû rentrer, il faut plutôt lire que je me suis mis en rogne, j'ai très mauvais caractère, mais euh... ça reste entre nous.
 
PS 2 : en complément, puisque c'est dimanche soir, je laisse un lien avec une page assez drôle.
 
Et j'ajoute les images de la fin de la matinée :
 
 

Je ne siégerai pas au Conseil National.

Comme premier suppléant d'une liste qui a obtenu sept sièges au Conseil National, étant donné que, statistiquement, sur sept, il y en aura toujours un d'absent, j'ai vocation à siéger souvent au Conseil National.
 
J'ai pris la décision  de ne pas le faire, ce pour deux raisons :
 
- la première n'existe plus, grâce à une mise au point où je reconnais mon erreur. (Oui je sais, il va encore y en avoir qui vont râler en disant que je leur vole l'info, mais tant pis pour eux : ils n'avaient qu'à venir plus tôt, il faut consulter mon blog au moins vingt fois par jour, c'est une prescription médicale).
 
- la deuxième, c'est que j'attends un signe fort des autorités du MoDem prouvant qu'ils jugent que les adhérents y servent à quelque chose, juste un signal simple.

02/02/2008

MoDem à Lyon : Astérix Lafond ?

Les créateurs d'Astérix n'aiment pas qu'on utilise leur héros à fin politique et ont raison. On ne surestimera donc pas mon image mais il est de fait que, au sein du MoDem lyonnais, les amis d'Éric Lafond font figure de derniers des Mohicans, de Camerone du modémisme, de dernier carré animé d'une fervente conviction : une vraie liste MoDem, exigeante et créative, a son mot à dire à Lyon comme ailleurs.
 
J'évoquais d'ailleurs les analyses d'Éric Lafond au sujet du vote blanc au début de la semaine.
 
C'est avec bonne humeur que, de Paris, on va suivre les aventures trépidantes des irréductibles. 

01/02/2008

Quitterie Delmas sur LCP appelle à l'engagement des femmes pour faire bouger les partis politiques.

Invitée ce soir de l'émission "Ca vous regarde" sur la chaîne parlementaire, Quitterie Delmas a participé à un débat sur la mixité.
 
Elle a invité les femmes à s'engager nombreuses dans les partis politiques pour "faire bouger les choses de l'intérieur". Elle a estimé qu'il reste trop de vieux élus cramponnés à leur siège qui refusent de laisser place aux jeunes, aux femmes, à la diversité, et que seul l'engagement pouvait permettre de changer cet état de fait.
 
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