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07/02/2008

J'ai changé d'avis.

Après consultation de Qui De droit, je suis d'opinion que, le MoDem n'ayant pas l'intention de devenir un parti comme les autres, il aurait mieux valu qu'il ne distribuât pas d'investiture du tout. Conséquemment, je souhaite que personne ne soit exclu à l'occasion des élections municipales et cantonales.
 
C'est mon dernier mot sur ce point. 

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Faire respecter les investitures.

La seule chose qui différencie un parti politique d'un club de pêcheurs à la ligne, c'est qu'il donne des investitures aux élections. On peut trouver absurde qu'un parti national se déplace pour investir des candidats aux élections locales, mais une partie notable de l'électorat se détermine, outre les enjeux locaux, sur l'esprit général des candidats, donc en partie sur leur étiquette, si bien que l'habitude en a été prise.
 
On aurait pu décider que le MoDem ne distribuait pas d'investitures pour les municipales et s'en remettait à la conscience de ses adhérents. C'était à la rigueur acceptable. Mais du moment qu'il a été voté à la quasi-unanimité par le congrès qu'il y avait des investitures, celles-ci doivent être respectées, sans quoi il n'y a plus qu'à plier boutique.
 
De la même façon, le congrès a décidé que toute investiture devait être précédée d'un vote, mais n'a pas contraint, heureusement, les instances à suivre systématiquement ce vote : il faut bien que des stratégies d'ampleur nationale puissent parfois s'incarner localement dès lors qu'on décide des investitures municipales.
 
Enfin, si par hasard il n'y a pas eu de vote direct, on peut considérer que dans l'esprit, une autre consultation peut servir d'indicateur. Dans ma précédente note, je signalais le cas de l'Essonne où le texte que je citais m'avait donné l'impression que la présidente locale, ma vieille copine (je préfère le préciser) Nathalie Boulay-Laurent, avait tenté d'exclure ses adversaires locaux, ce dont les statuts ne lui donnent pas le droit, mais qu'une position des instances nationales l'en avait empêchée pour des raisons de droit tout à fait justes.
 
Apparemment, c'est l'inverse : Philippe Arnaud a bien prononcé la suspension des adhérents en question.
 
Je m'en réjouis pour toutes les raisons susmentionnées, bien que je déplore l'alliance de Nathalie avec Serge Dassault, tout en la comprenant et en espérant que les promesses du vieux ne seront pas un "Mirage". Bonne chance à Nathalie pour devenir sénatrice.
 
Il est absurde qu'on ne se soit pas doté de procédures transitoires. Faut de mieux, il me semble que la commission et M. Arnaud font ce qu'ils peuvent pour établir des situations claires.
 
Le comportement des uns et des autres dira si la commission définitive doit ensuite prononcer des exclusions définitives, ce que je regretterais aussi.

Le comble de l'inorganisation.

Génération Démocrate Essonne fait état aujourd'hui d'une lettre du président de la "commission d'arbitrage et de contrôle" (Philippe Arnaud) qui écarte toute possibilité d'exclusion de militants au titre de candidatures dissidentes à l'occasion de ces élections municipales, pour la raison (au fond logique) que la commission chargée des exclusions doit être désignée par le Conseil National et que celui-ci ne s'est pas réuni, et que par ailleurs, toute investiture, pour être valide, doit être précédée d'un vote des militants, ce qui n'est le cas que dans une partie des villes.
 
Donc candidats, sachez-le : votre investiture compte pour des prunes.
 
Et vous qui rêvez d'être candidat contre votre président de fédé que vous haïssez en secret depuis des mois, c'est le moment !
 
Vous qui recuisez dans l'amertume de n'avoir jamais obtenu la confiance de vos instances pour les municipales, c'est le moment !
 
Toutes les listes sont permises, même celle du Front National, même celle de Sarkozy en personne : il n'y a pas de sanction possible. 
 
Si c'est confirmé, c'est n'importe quoi.

06/02/2008

François Bayrou allergique hospitalisé : voici le menu !

En entrée : une salade (depuis l'avalanche de mensonges de Sarkozy, Bayrou ne supporte plus les salades).
 
Entremets : un poulet (sans commentaire).
 
Viande : du cheval.
 
Entremets : des oeufs de l ump.
 
Fromage : un pasteurisé.
 
Dessert : du gâteau (pas comme les municipales).
 
Vin : (non, il n'est pas allergique au champagne Mercier) : un sauvadet muscadet-sur-lie (Sarkozy est la lie de l'humanité).
 
Pousse-café : ah non, il a déjà trop mangé et bu.
 
PS : allez, François, bonne fin de campagne...

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MoDem : le souffle de la nouveauté pour la société française.

Depuis bien des années, nous sentions un essoufflement, une inadéquation de l'organisation de la société française aux réalités du monde nouveau. Et puis est venue la campagne présidentielle et la vague de l'espoir s'est levée : les choses pouvaient changer. Et cet espoir, c'est François Bayrou qui l'incarnait.
 
Changer. Non pas tant les institutions que les rapports humains et leur cadre, moins de formalisme, moins de hiérarchie, moins de pesanteurs en tout genre. Plus de liberté, de dignité, de dynamisme, de générosité, des comportements HQE, une ouverture au monde, à l'Internet, aux nouveaux moyens de communication, au mouvement.
 
Et puis Sarkozy a été élu, ce pantin, et avec lui Fillon, ce laquais. Et l'espoir est retombé. Et Sarkozy a commencé à mimer le décor de l'espoir sans en trouver l'âme.
 
Tout espoir est donc perdu ?
 
Mais non : il y a, près de chez vous, ceux qui l'incarnent. Il y a, près de chez vous, souvent dans votre propre ville, des candidats du MoDem. Si vous les rencontrez, allez vers eux, serrez leur la main, votez pour eux.
 
Parfois, vous les jugerez décevants ; soyez indulgents : ils sont de bonne volonté, de bonne foi. Parfois au contraire, vous trouverez en eux ce souffle de la nouveauté, ce nouveau souffle de la société française, et alors, vous saurez qu'une nouvelle vie commence.

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05/02/2008

Portrait d'Éric Azière.

Éric Azière est l'homme-clef des investitures pour Bayrou et comme la commission des investitures est de nouveau en vedette aujourd'hui avec la question lyonnaise, c'est l'occasion de parler d'Éric.
 
J'ai retrouvé récemment les papiers relatifs à la convocation des adhérents jeunes de l'ex-CDS où j'ai fait sa connaissance. C'était le mercredi 14 décembre 1983, à dix-huit heures, à l'adresse d'alors de la fédération centriste de Paris, 83, boulevard Montparnasse, au-dessus d'un cinéma.
 
La fédération d'alors fonctionnait comme une confédération, chaque section "généraliste" d'arrondissement fonctionnait dans une assez large autarcie. On se voyait aux fêtes carillonnées : dîners-débats, assemblées statutaires. Depuis deux ans que j'avais adhéré, j'avais été convoqué à deux dîners-débats et aucune assemblée statutaire.
 
Pour une raison que j'ignore, j'étais en effet "tombé du fichier" et, début 1983, lorsque le secrétaire général national du CDS d'alors, Jacques Barrot (aujourd'hui commissaire européen), m'avait adressé la "relance de cotisation", j'avais indiqué que j'étais tout prêt à renouveler ma cotisation, mais que, depuis bientôt dix-huit mois que j'étais adhérent, je n'avais été contacté par personne, je n'avais reçu aucune convocation, bref... deux jours après ma réponse, le secrétariat du député du sud du XVIe arrondissement de Paris où je résidais me téléphonait : j'étais littéralement convoqué dans son bureau pour le samedi matin.
 
Il faut dire que le député en question, Georges Mesmin, était l'un des vingt-deux qui subsistaient à ce parti battu... ce que j'ignorais. Mesmin me reçut, je lui répétai que je ne comprenais pas pourquoi on n'était pas venu vers moi, il me rétorqua que ce n'était pas à la structure d'aller vers moi, mais au contraire à moi d'aller vers elle. Cette réponse me scandalisa et, vingt-cinq ans plus tard, je n'ai pas changé d'avis : si quelqu'un se donne la peine d'adhérer, la moindre des choses est de prendre contact avec lui. Fin de la parenthèse.
 
Mon escarmouche avait fait du bruit. En politique, rien de tel que râler pour se faire connaître.
 
Quelques mois plus tard, j'atteignais mes dix-neuf ans et on me proposa de devenir vice-président des JDS (les jeunes en question). J'étais émerveillé, mais ... pas pour longtemps : le jour de l'assemblée générale (le 14 décembre 1983 à dix-huit heures, donc) où devait être désigné le bureau départemental dont je faisais partie, nous étions ... quinze : les huit candidats de la même liste et sept adhérents qui, poliment, ont voté pour nous.
 
Ce fut ce jour-là que je rencontrai Éric Azière : il conduisait notre liste, il devenait notre président.
 
Il n'a guère changé, ses cheveux grisonnent depuis quelque temps, mais il a cette même simplicité et cette même disponibilité qu'on constate.
 
Dans cette équipe toujours selon un principe confédéral, je représentais le XVIe, Éric le XVe (alors présidé par Jean-Charles de Vincenti conseiller de Paris), Alexandre Rézette le XIVe (il a disparu, emporté par une sombre histoire financière du conseil général des Yvelines), Bruno d'Isidoro le Xe je crois (il a épousé une Vitréenne et s'est installé dans le fief de Pierre Méhaignerie), il y avait aussi Pierre d'Ornano qui a réapparu dans les fichiers de l'UDF voici deux ou trois ans mais qui doit être reparti vers le Nouveau Centre, Joëlle Garriaud (la seule fille du lot, une grande blonde qui est ou a été élue des Français de l'étranger, mariée à un Britannique), et deux autres que je ne me rappelle plus. Des huit il ne reste au MoDem qu'Éric et moi.
 
L'activité de ce bureau connut un pic avec l'élection européenne de 1984, pour laquelle nous avions conçu une affiche adoptée par l'équipe nationale des JDS : "Réveillez l'Europe", figurant un énorme réveil où chaque heure était représentée par un drapeau européen (de l'Europe des Douze alors, bien sûr). Je me rappelle en particulier la nuit qui a précédé la constitution définitive de la liste conduite par Simone Veil et où nous avons passé de longues heures à tapisser la place où Veil résidait, derrière les Invalides, avec nos affiches, pour garantir une place au président national des JDS, Jean-Pierre Abelin (aujourd'hui député NC et candidat aux municipales de Châtellerault). Il fut d'ailleurs élu député européen, de justesse.
 
Quand Éric présenta sa candidature au poste de président national des jeunes, l'été 1986, il me proposa d'occuper la fonction (d'ailleurs rémunérée) de permanent des jeunes, avec le titre de délégué général. Je devins donc par cette élection dont j'ai déjà parlé, le délégué général des JDS. J'étais payé 5000 Francs en espèces par le CDS, je raconterai une autre fois le rituel de la rémunération, c'était cocasse.
 
La campagne de Barre commençait. Ma première activité (avant même l'élection) fut le centenaire de Robert Schuman. C'était une pure folie : l'équipe avait eu l'idée de remplir en trois semaines un train entier menant mille jeunes de Paris à Metz pour aller célébrer le centenaire de la naissance du père de l'Europe. Nous y parvînmes en passant chacun toutes nos journées au téléphone avec la terre entière. Barre fut heureux de ce succès qui le remettait en selle après qu'il avait dû avaler son chapeau en votant la confiance au gouvernement Chirac en mars. Helmut Kohl se déplaça et vint prononcer une allocution fervente pour la construction européenne.
 
L'équipe d'Éric Azière avait ainsi fait ses preuves. Il faut que je dise que s'y trouvaient Olivier Henno, l'homme fort du MoDem du Nord, Nathalie Boulay-Laurent, la forte femme du MoDem de l'Essonne, Christophe Quarez, tête de liste à Saint-Leu-la-Forêt, et quelques autres dont j'ai déjà parlé aussi. 
 
Toujours avant l'élection, nous eûmes aussi la charge de l'organisation de l'Université d'Été que les jeunes montaient chaque année avec l'argent du parti (on disait déjà, souvenir du MRP, l'argent du "mouvement").
 
Barre en était l'invité vedette, c'était la période où les figures de l'UDF devaient se déterminer pour savoir si elles soutiendraient notre candidat pour l'élection présidentielle suivante. Je me souviens de Jean-Claude Gaudin, en maillot de bain et tee-shirt, lové dans une bouée-pneu, au milieu de la piscine du centre de vacances VVF (dans l'Ardèche) où nous nous trouvions, et indiquant à une caméra de télévision qui oscillait dangereusement sur l'eau que "bien entendu", il soutiendrait Raymond Barre.
 
Là encore, l'Université d'Été fut un succès : le CDS s'affirmait comme le pivot de la candidature de Barre, c'était une aubaine pour Méhaignerie et Barrot, nos deux leaders, qui montrèrent leur satisfaction. Les adhérents, impliqués dans nos différentes activités récentes, nous élurent par 83% des voix au congrès à l'automne 1986.
 
La présidence jeune d'Éric Azière fut une combinaison d'efficacité et de créativité. Je travaillai à consolider le réseau : beaucoup de départements n'avaient pas de correspondant jeune, ma mission fut de boucher les trous, ce que je fis, et bientôt, nous eûmes presque partout de vraies équipes.
 
Éric, lui, jouait le rapport de force, solidement adossé à sa capacité à faire de la notoriété au petit parti. Il mélangeait convictions et ficelles de métier. J'ai le souvenir, par exemple, d'une réunion du conseil politique (en somme le Conseil National) du CDS, à la Maison de la Chimie, où chacun d'entre nous avait un exemplaire du discours d'Éric, où étaient soulignés un certain nombre de phrases ou de passages destinés à déplaire à nos leaders "aînés". Nous allions nous répartir avec régularité pour "faire la salle". Chaque fois que le passage était souligné, nous applaudissions en choeur, comptant sur le réflexe moutonnier d'une telle assemblée. Et effectivement, à chaque fois que nous applaudissions, comme les applaudissements fusaient de partout en même temps, les conseillers politiques, sursautant, se mettaient à applaudir frénétiquement, mettant les leaders en difficulté.
 
Le discours d'Éric, ce jour-là, était très beau. Il se référait à l'époque où tous ces aînés avaient été jeunes "Il y avait alors... il y avait ... il y avait la France à moderniser, il y avait l'Europe à construire, il y avait ..." et il leur renvoyait le miroir glacial de ce qu'ils étaient devenus.
 
Ainsi apprit-il à se faire redouter.
 
Il alla cependant trop loin pour sa sécurité.
 
Il prononça le dernier discours que j'ai entendu de lui comme président des jeunes à une Université d'Été en 1990 ou 1991. Atteint par la limite d'âge, il quittait la présidence. Il trempa sa plume dans le vitriol. Ainsi s'ouvrit certes la succession de Pierre Méhaignerie comme président du CDS, mais Éric partait pour une traversée du désert.
 
Il en sortit deux ans plus tard.
 
Une de ses amies, Lysiane Polfliet-Soubeyrand (qu'on a vue depuis dans le cabinet du premier ministre Raffarin), avait été embauchée par Claude Goasguen, à l'époque conseiller de Paris centriste élu par le XIVe arrondissement (et aujourd'hui tête de liste UMP dans le XVIe). Goasguen avait formé le projet d'éliminer son ancien allié dans la fédération parisienne, devenu son rival, Jean-Charles de Vincenti que j'ai mentionné plus haut. La technique de Claude est toujours d'embaucher quelqu'un de l'entourage de son adversaire. C'est ainsi que plus tard, lorsqu'il voulut éliminer Georges Mesmin, il passa un contrat avec moi et recruta Philippe Mandonnet qui je crois est maintenant en Normandie auprès d'un élu (fidèle au MoDem ?).
 
Bref, Éric, qui travaillait pour des prunes et pour une petite radio parisienne (radio Montmartre, je crois), accepta la proposition de Goasguen.
 
C'est ainsi que, conduit vers Goasguen par un autre ami (qui réside désormais au Gabon depuis son mariage), j'ai retrouvé Éric après plusieurs années d'éloignement. Et c'est lui qui m'aiguilla vers la campagne interne du CDS qui aboutit à la victoire de Bayrou. Ma tâche, qui n'était pas amusante en elle-même mais qui me permettait de participer de très près à l'équipe de campagne, consistait à répondre au nombreux courrier de militants reçu par Bayrou.
 
J'avais adopté une méthode simple, certainement pas originale, en me procurant un lot de discours de Bayrou, où j'avais sélectionné des paragraphes fournissant des positions de principe à exprimer. Cette formule suffisait pour quatre-vingt-dix pour cent du courrier. Pour le reste, j'improvisais sous le contrôle d'Éric.
 
Une seule fois mon texte fut retoqué : j'y mentionnais Georges Bidault, alors plus connu comme proscrit de l'OAS que comme ancien président du CNR. Depuis cette époque, Bayrou a remis le résistant Bidault à l'honneur et j'en suis heureux.
 
Et voilà : Éric est devenu, de mois en mois, de plus en plus indispensable à Bayrou, connaissant le réseau centriste comme sa poche, ayant porté beaucoup d'élus locaux sur les fonts baptismaux quand il présidait l'équipe des jeunes. Il aboutit à cette fonction d'investiture pour laquelle il montre de rares qualités.
 
Demain, sans doute, il va participer encore plus activement au débat politique général.
 
Pour l'heure, je suis heureux qu'il soit tête de liste du MoDem dans le XIIIe arrondissement, celui où, avec Quitterie Delmas, je peux le soutenir le plus facilement et je remercie Quitterie de permettre à cette vieille camaraderie de se poursuivre dans l'ombre de ses ailes de fée. 

MoDem : le parti de la nouveauté.


Je relève dans une étude d'intention de vote à Pau un fait saillant : Bayrou, dans sa ville, a 46 % des intentions de vote des moins de 35 ans alors même qu'il y a plusieurs listes.
 
Autrement dit, les jeunes continuent à y croire et j'ai même envie de dire qu'ils y croient de plus en plus.
 
Je prends un temps après avoir écrit ces mots : il y a tellement de pages et de pages que nous tous les blogueurs avons écrites depuis des semaines et des mois pour râler, pour gémir, pour critiquer, voire pour dénoncer. Et voilà que l'électorat nous dément. C'est dément.
 
Il y a donc un espoir. Et Quitterie Delmas, celle qui n'a jamais formulé aucune critique négative, celle qui a toujours, inlassablement, ramené le dénigrement vers la proposition, le doute vers la prospection, le découragement vers l'engagement, Quitterie Delmas, donc, a raison, elle a eu raison avant les autres.
 
Ce soir, je le pense, Bayrou fera un nouveau sacrifice : une fois de plus, ils sacrifiera des élus à des électeurs, des situations confortables à l'aventure d'une rencontre avec une génération nouvelle. Il investira les amis d'Éric Lafond pour la municipale lyonnaise. Eh bien, c'est peut-être ce sacrifice-là, qu'il capitalise dans l'adhésion qu'il rencontre chez cette génération nouvelle.
 
Les pratiques tacticiennes, cyniques, désabusées, de la vieille UDF sont étrangères à la mentalité de l'électorat de François Bayrou. En y renonçant, Bayrou va vers ceux qui espèrent en lui, il leur est fidèle. Il s'accomplit.
 
Et il tend les bras à la génération montante, celle qui se tourne majoritairement vers le MoDem, celle à laquelle Quitterie Delmas a lancé un appel de vie, celle des moins de 35 ans.
 
Hélas, je n'en fais pas partie.
 
Et si cet âge différent, le mien, était la raison pour laquelle je suis si ronchon ? Et si c'était l'explication ? ET SI NOUS, LES BLOGUEURS DU MODEM, NOUS ÉTIONS TROP ÂGÉS (sauf Quitterie qui aura bientôt 30 ans, veinarde) POUR NOTRE ÉLECTORAT ?
 
Argh. 
 
 

04/02/2008

Municipales de Lyon : investir Éric Lafond ; écrivez aux membres de la commission d'investiture !

François Bayrou, hier, a indiqué au Grand Jury RTL-LCI qu'il soutiendrait la liste des "jeunes" à Lyon et que les instances compétentes du Mouvement Démocrate se prononceraient mardi sur l'attitude du mouvement concernant cette liste et l'élection lyonnaise en général.
 
Il est bien évident qu'un soutien sans investiture, en politique, n'est pas un soutien.
 
Tous ceux qui souhaitent qu'il y ait une liste indépendante du MoDem à Lyon sont donc invités à se signaler joyeusement auprès des membres de la commission d'investiture.
 
La composition de la commission fait que si Bayrou la souhaite, l'investiture ne devrait pas poser de problème. 

Indépendance.

Depuis des années, depuis plus de vingt ans, je suis habité par une conviction : un parti politique ne fait progresser ses idées que s'il les soumet aux électeurs.
 
J'ai toujours milité pour des candidatures indépendantes, centristes (CDS) d'abord, puis FD (Force Démocrate), puis UDF. Il est bien évident qu'un parti qui n'est pas suffisamment sûr de ses propres convictions pour les proposer au suffrage des électeurs ne peut espérer les faire vivre longtemps. C'est ainsi.
 
L'aventure lyonnaise qui recommence avec le soutien de François Bayrou me réjouit. Comme tous ceux qui ont fait la campagne de Raymond Barre en 1988 et avant, j'ai un attachement sentimental pour la sensibilité démocrate lyonnaise. Comme je l'ai écrit voici plusieurs semaines, elle est confrontée à un effet de génération assez brutal : les orphelins du barrisme sont soit retirés (Anne-Marie Comparini), soit égarés (Millon), soit ... euh ... Mercier.
 
Il faut donc reprendre tout de zéro ou presque.
 
J'ai la conviction que l'électorat attend l'appel d'air d'une liste MoDem, non pas forcément pour renverser le maire Collomb qui a bonne réputation, mais pour incarner un authentique visage de Lyon, une sorte de monument local qu'on a failli désaffecter.
 
Et ainsi, peut-être, en montant au feu, le Mouvement Démocrate trouvera la solution pour incarner le "faire de la politique autrement" qui a motivé bien des électeurs en avril dernier.
 
Je souhaite un vif succès à Éric Lafond. 

Merci.

Merci. Je le dis avec émotion. Merci.
 
Merci à tous ceux qui font que les militants, s'ils trouvent à s'occuper de leur propre initiative, ont le sentiment de compter pour du beurre dans les intentions des dirigeants.
 
Pourquoi ce remerciement ?
 
Parce que, comme le précédent, mon coup de gueule d'hier m'a fait battre le record de fréquentation de mon blog.
 
Cette fois, c'est sûr : les militants du MoDem ne s'intéressent qu'aux trains qui arrivent en retard.
 
Un symptôme ? Peut-être. 

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03/02/2008

Je ne siégerai pas au Conseil National.

Comme premier suppléant d'une liste qui a obtenu sept sièges au Conseil National, étant donné que, statistiquement, sur sept, il y en aura toujours un d'absent, j'ai vocation à siéger souvent au Conseil National.
 
J'ai pris la décision  de ne pas le faire, ce pour deux raisons :
 
- la première n'existe plus, grâce à une mise au point où je reconnais mon erreur. (Oui je sais, il va encore y en avoir qui vont râler en disant que je leur vole l'info, mais tant pis pour eux : ils n'avaient qu'à venir plus tôt, il faut consulter mon blog au moins vingt fois par jour, c'est une prescription médicale).
 
- la deuxième, c'est que j'attends un signe fort des autorités du MoDem prouvant qu'ils jugent que les adhérents y servent à quelque chose, juste un signal simple.

02/02/2008

MoDem à Lyon : Astérix Lafond ?

Les créateurs d'Astérix n'aiment pas qu'on utilise leur héros à fin politique et ont raison. On ne surestimera donc pas mon image mais il est de fait que, au sein du MoDem lyonnais, les amis d'Éric Lafond font figure de derniers des Mohicans, de Camerone du modémisme, de dernier carré animé d'une fervente conviction : une vraie liste MoDem, exigeante et créative, a son mot à dire à Lyon comme ailleurs.
 
J'évoquais d'ailleurs les analyses d'Éric Lafond au sujet du vote blanc au début de la semaine.
 
C'est avec bonne humeur que, de Paris, on va suivre les aventures trépidantes des irréductibles. 

01/02/2008

Quitterie Delmas sur LCP appelle à l'engagement des femmes pour faire bouger les partis politiques.

Invitée ce soir de l'émission "Ca vous regarde" sur la chaîne parlementaire, Quitterie Delmas a participé à un débat sur la mixité.
 
Elle a invité les femmes à s'engager nombreuses dans les partis politiques pour "faire bouger les choses de l'intérieur". Elle a estimé qu'il reste trop de vieux élus cramponnés à leur siège qui refusent de laisser place aux jeunes, aux femmes, à la diversité, et que seul l'engagement pouvait permettre de changer cet état de fait.
 
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Le "Quitterie tour" reprend sa tournée.

A vos agendas ! Communiqué des adhérents sont notre force !

Durant la campagne pour les élections municipales, Quitterie Delmas et l'ensemble de l'équipe "Les adhérents sont notre force !", vous invitent à participer à leurs différents déplacements de soutien.

Vendredi 1er février :  

Quitterie Delmas est invitée sur le plateau de la Chaîne Parlementaire à l'émission "Ca vous regarde".

Dimanche 3 février :  

Opération dans le 5 ème arrondissement autour de Philippe Meyer à 11 heures en bas de la rue Mouffetard.

Jeudi 7 février 2008 :

Café politique dans le 8ème arrondissement de Paris autour de Monique Luanghy Baruti tête de liste aux élections municipales à partir de 20H00.

Vendredi 8 février 2008 : 

Rencontre de quartier à Nanterre autour de Pierre Creuzet, Quitterie Delmas et de l'association Zy'Va.

Quitterie Delmas est invitée à l'émission 88 minutes sur Direct 8 à 22h15

Samedi 9 février 2008 :

Café Démocrate Assas avec Quitterie Delmas et Elisabeth de Fresquet, candidate dans le 15ème à Paris à partir de 18H30, le News Café, 78 rue d'assas, 75006 Paris, M° Notre Dame des Champs ou Vavin

Mardi 12 février 2008 :

Réunion publique à Bois-Colombes autour de Jean-Louis Ragot tête de liste aux élections municipales à partir de 20H30

Mercredi 13 février 2008 :

Rencontre/Débat sur "Les blogs politiques : vers une démocratie numérique" à la Fnac Digital autour de Quitterie Delmas et Christophe Grébert à partir de 18H00.

Mardi 19 février 2008 : 

Café Politique dans le 5ème arrondissement de Paris autour de Philippe Meyer tête de liste aux élection municipales, et Quitterie Delmas.

Mercredi 20 février 2008 :

Réunion publique à Neuilly-sur-Seine à partir de 20H00

Vendredi 22 février 2008 :

Réunion publique à Nanterre autour de Pierre Creuzet tête de liste aux élections municipales à partir de 20H30

88 rue du 8 mai 1945, Nanterre

Vendredi 29 février 2008 :

Réunion publique à Bagneux autour de Marie Darves-Bornos tête de liste aux élections muncipales à paritr de 20H00

Samedi 1er mars 2008 :

Café démocrate à Bobigny autour de Nadia Falfoul chef de file aux élections municipales à partir de 20H00, en présence de Quitterie Delmas. 

Jeudi 6 mars 2008 :

Meeting dépatemental de Seine-Saint-Denis à Rosny-sous-Bois

Vendredi 7 mars 2008 :

Rencontre pour la journée de la Femme à Bobigny autour de Nadia Falfoul

 

 

31/01/2008

Chiche.

François Bayrou, lors du café démocrate de Quitterie Delmas, avait déclaré : "... qu'il y ait un droit de saisine du Bureau Politique (devenu le Conseil National) par les militants sur les sujets qui les intéressent."
 
"On voit bien que vous (n')avez pas envie de le faire mais nous, militants, nous vous en requérons". 
 
Chiche. L'actualité politique entre dans ce cadre des sujets qui "intéressent les militants".
 
C'est pourquoi j'ai proposé, dans ma note précédente, une réunion du Conseil National vers la mi-février et c'est en quoi Farid Taha a eu raison de me signaler dans son commentaire qu'il fallait donner un contenu à notre proposition-requête de réunion du conseil National. 
 
 

Pour une réunion du Conseil National mi-février.

François Bayrou a indiqué, avant la naissance du Mouvement Démocrate, que le Conseil National serait réuni une fois par mois. Il y aura, le 19 février, un mois tout juste que (sauf cas isolés d'élections différées) les membres du collège adhérents du Conseil National auront été élus. Il faut donc réunir le Conseil National au plus tard à cette date.
 
Elle tombe bien : juste au milieu de la semaine du dépôt officiel des candidatures aux élections municipales.
 
Il est essentiel que cette instance, chargée de définir la ligne politique du mouvement, soit alors réunie.
 
Avec Quitterie Delmas, je suis pour la réunion.
 
De la même façon, il faut prévoir une réunion le 10 mars au soir, veille du dépôt des listes pour le second tour. 

29/01/2008

Gouverner.

Depuis des années, les États-Unis maintiennent la croissance de leur PIB grâce à l'ampleur de leur déficit budgétaire. Le drame du 11 septembre est arrivé alors que l'économie américaine traversait un trou d'air, l'élan des années 1990 s'était essoufflé, la bulle Internet avait crevé comme un abcès, le ralentissement de l'activité devenait menaçant. D'une certaine manière, ce fut donc une aubaine de "devoir" aller faire la guerre, d'abord en Afghanistan, puis en Irak.
 
Il est bien évident que l'analyse de l'accaparement des ressources pétrolières est une explication un peu courte de l'expédition et de l'occupation irakiennes. Si l'on en croit le rapport des agences de renseignement américaine, la guerre d'Irak a surtout eu pour but de dissuader l'Iran de poursuivre son programme d'armement nucléaire et, de ce point de vue (l'un des rares), ce fut un succès. Pour combien de temps ? Nul ne peut le dire.
 
Quoiqu'il en soit, l'affaire fut aussi l'occasion de donner un énorme coup de pied dans la fourmilière du Proche et Moyen Orient, d'installer l'idée qu'un ordre nouveau devenait inévitable.
 
Hélas, sur ce dernier point, l'analyse américaine fut sans doute un peu courte : elle restait dans la vision des années 1990 où, après la chute du Mur et l'éclatement de l'Union Soviétique, les États-Unis, vainqueurs de la Guerre froide, se présentaient comme l'unique puissance d'envergure mondiale. Dans les années 2000, l'événement n'est plus le conflit entre Européens et descendants d'Européens qu'était finalement la Guerre froide, mais l'émergence de puissances dont l'avenir s'annonce colossal : la Chine, l'Inde, dans une moindre mesure le Brésil, vastes États, généreusement peuplés, qui entrent dans la course au profit et au développement puis, bien entendu, à la puissance. Donc exit le Nouvel ordre mondial.
 
En revanche, les dépenses massives d'armements ont réussi, un long temps, à doper la croissance. Durant plusieurs années, avec un déficit budgétaire abyssal, l'Amérique a pu retrouver un niveau de croissance satisfaisant. Bien sûr, les esprits chagrins observaient que durant toute cette période, le déficit budgétaire était supérieur à la croissance : quand celle-ci se montait à 4%, lui s'élevait jusqu'à 5 voire 6% du PIB, l'échelle étant la même. Autrement dit, pour chaque point de croissance, il y avait en plus au moins un quart de point de destruction de richesse par l'État, la croissance devenait fictive, le déficit n'étant comblé que par une importation massive de produits manufacturés (droits de douane) ou de capitaux.
 
Il est résulté de cette fiction que, comme d'habitude, le gouvernement américain a fait tourner la planche à billets. Jusqu'au vertige. À un point tel que les pays bénéficiaires, ceux dont la croissance était nourrie par une vraie production soit de matières premières, soit de biens manufacturés, se sont effrayés et ont entrepris de stocker des devises au cas où. Des devises ? Ce fut l'Euro. On vendit donc des dollars pour acheter des Euros, ce qui redoubla l'effet de vertige du moulinet de planche à billets américaine.
 
En bout de course, le billet vert ne vaut plus grand chose ; selon l'expression que Courteline utlisait à propos de la société de son temps, il tient debout "parce qu'il en a pris l'habitude". Le déficit budgétaire américain n'a cessé de se creuser au même rythme que les tombes des soldats morts en Irak, il est colossal, fou, mais il ne parvient plus à soutenir la croissance, on parle de récession américaine. Et alors, comme un flambeur devenu fou devant une roulette enragée, le président des États-Unis fait tapis et jette encore 1% de PIB de déficit dans les flammes. Pour rien sans doute : on n'arrête pas la mer avec les mains. La Banque fédérale baisse les taux, dans l'espoir de redresser le cours de l'immobilier, de rendre de la liquidité à l'économie. La maison brûle. Qui éteindra l'incendie ? Qui redressera la gouvernance des États-Unis ?
 
Car c'est bien dans le champ de la gouvernance que le défaut se situe. L'administration Bush, avec son cortège d'affaires sulfureuses, de scandales financiers, de prises illégales d'intérêts, de prévarications diverses, de contrats publics réservés "aux copains et aux coquins" (une expression inventée par Mitterrand dans les années 1960), reste aussi celle qui a le plus dogmatiquement appliqué les principes néoconservateurs : déséquilibrer la puissance publique, faire plonger les comptes, supprimer des impôts et, symétriquement, des instruments d'action sociale. Comme le dit le personnage interprété par Louis de Funès dans "La folie des grandeurs" de Gérard Oury, "les riches, c'est fait pour être très riches, les pauvres pour être très pauvres". C'est la conception d'un puritanisme qui se croit religieux et qui règne Outre-Atlantique.
 
En France, évidemment, on regarde tout ça avec goguenardise : l'Amérique va mal ? Oh ... quel dommage ... (larmes de crocodiles).
 
Seulement des défauts, nous en avons nous aussi, et combien !
 
Par exemple, l'un des aspects de l'affaire de la Société Générale est de donner l'occasion de toucher du doigt la persistance d'un vieux mal français :le tout-État.
 
Daniel Bouton, président de la Société Générale, n'est pas un banquier. Ca vous étonne, que je dise ça ? Eh bien, j'insiste : ce n'est pas un banquier. Non, non, ce patron de banque n'est pas un banquier : c'est un inspecteur des Finances de l'État qui a pantouflé. Sa carrière est typique : membre du cabinet du ministre du Budget Alain Juppé, il devient directeur du Budget de l'État, poste auquel il est maintenu lors de l'alternance en 1988 par le nouveau premier ministre, Michel Rocard, et demeure en place jusqu'au départ de Rocard en 1991. Six ans plus tard, il prend la tête de la Société Générale.
 
C'est donc un de ces hybrides dont la France a le secret : un tiers politique (la partitocratie est plus feutrée en France qu'en Italie, mais réelle), un tiers fonctionnaire (les réseaux des grandes écoles !) et un tiers financier (dans une économie largement administrée par l'État, donc dépendante à la fois des politiques et des fonctionnaires, la boucle est bouclée). Ses commettants ne sont donc pas ses actionnaires, mais le complexe politico-administratif. De là la difficulté d'accepter sa démission, car c'est tout l'édifice qui se bouscule avec lui.
 
Alors disons ce qu'il faut dire et qui est valable partout, même en Amérique, même en France : du point de vue économique et comptable, il n'y a pas dix façons de gérer l'État, il n'y en a même pas deux, il n'y en a qu'une : la gestion prudentielle. Comme celle-ci est glaciale, il faut y ajouter la seule vertu qui ait un sens en politique une fois admise l'honnêteté prudentielle : la générosité. Et enfin, parce que nous n'avons pour le moment en tout cas qu'une seule planète à notre disposition, il faut s'imposer les critères du développement durable.
 
Et ces préceptes de gouvernance, qui ne sont pas exclusifs de l'idée d'une économie encore plus sociale et solidaire, sont valables aussi pour les collectivités locales.
 
C'est sur quoi je souhaite donc conclure : nos collectivités sont très mal gérées, n'importe comment, soit au nom de dogmes politiques discutables, soit par incurie ou incompétence, soit par prévarication, elles ont une situation financière désastreuse (les communes, en moyenne s'améliorent cependant un peu, mais c'est au prix d'une flambée de l'endettement des structures intercommunales). Le MoDem pourrait peut-être tenter de jouer là le rôle d'avertisseur qu'il a joué pour la présidentielle, au cours de la campagne municipale et cantonale. Chiche ?

28/01/2008

Municipales : le MoDem, un parti décevant ?

À force de vouloir à tout prix faire des élections municipales un concours de terre-à-terre, le Mouvement Démocrate finit par y jouer à contre-emploi.
 
En effet, ce qui a fait le score de François Bayrou en avril dernier et ce qui a encore porté le score de nos candidats aux législatives de juin, c'est, avec le vote citadin, un souffle, un espoir, une nouveauté, une élévation, un progrès.
 
Hélas, trois fois hélas, avec une campagne planplan dont le mot d'ordre est "barre à l'égout toute", notre mouvement oublie ce qui l'a fait naître.
 
Il n'est pas vrai que les gens qui vivent dans les villes soient forcément, inéluctablement et invariablement, cramponnés à leurs poubelles et à leurs crottes de chiens. Il n'y a pas que ça dans la vie : un candidat orange doit être capable d'en dire un peu plus, d'exprimer une flamme, une espérance de politique autrement.
 
La déception, qui s'est exprimée tout l'automne sur de très nombreux blogs, et qu'on lit encore sur ceux qui persistent, cette déception de ceux qui ont attendu que Bayrou soit en mesure de prolonger sa profession de foi laïque de la présidentielle, cette déception paraît gagner les électeurs. Et c'est logique.
 
Car ce que les électeurs connaissent, ce sont les mêmes impasses locales que celles qu'ils ont dénoncées à l'échelle nationale en votant pour Bayrou en avril. Les blocages sont les mêmes.
 
Et j'irai plus loin : en refusant de donner une portée nationale à sa campagne, Bayrou se condamne à laisser le bénéfice de l'opposition à Sarkozy à la gauche, ce qui est tout de même un comble, étant donné les compromissions de gens de gauche avec la droite.
 
Lors de l'élection partielle de Chartres, hier, le MoDem garde le même score qu'en juin, mais perd 4 points en ville, qu'il gagne à la périphérie. On a donc l'électorat du MoDem citadin qui s'en va et le vieil électorat UDF rural qui revient au galop, scandalisé par les frasques du présipode Sarkopieux. Dans les Hauts-de-Seine, pas de monde rural pour contrebalancer le choc ; résultat, 3,7 point de moins (soit plus d'un tiers).
 
Deux cas ne font peut-être pas une généralité, mais c'est au moins l'occasion de réfléchir. Allons, François, n'oublie pas que tu as incarné l'espoir. Ils t'attendent. 

27/01/2008

Municipales : Bayrou a besoin d'au moins 500 maires.

L'inconvénient de la liberté, c'est qu'elle nous met rarement en tête.
 
Il faut le dire.
 
Le Mouvement Démocrate va conserver des mairies, un certain nombre de maires ex-UDF sont toujours là. Mais combien de maires d'autres sensibilités politiques sont venus ? Combien de nouveaux maires allons-nous avoir ? Mystère.
 
Or des maires, il en faut au moins 500 pour se présenter à l'élection présidentielle.
 
Voilà sans doute qui éclaire un peu les choix actuels et récents de Bayrou.
 
Mais qu'on ne s'y trompe pas : si nous n'avions pas ces 500 maires, n'importe quel autre candidat que lui se trouverait dans la même difficulté. En vérité, le MoDem cesserait pratiquement d'exister comme formation politique capable de peser sur les enjeux nationaux.
 
Bichonnons donc nos maires. 

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24/01/2008

Sarkozy arbitrera le premier secrétariat du PS.

La remise du rapport Attali sur la libéralisation de l'économie française (en fait une antiphrase) a révélé la vraie stratégie poursuivie par le présinul Sarkozy : phagocyter le Parti Socialiste. Il a commencé par en débaucher quelques égarés mais, comme cette stratégie n'a pas produit d'effet notable (en particulier sur l'électorat), il se décide à employer des moyens plus lourds. Attali est encensé par Ségolène Royal, le voici au service de Nicolas Sarkozy ... et, dans ce poste, toujours encensé par Ségolène Royal. Ségolène premier ministre de Sarkozy ? Ca, ce serait une bonne idée pour lever l'ambiguïté qui pèse désormais sur l'action de la présidente de la région Poireau-Charentaises.
 
Dorénavant, on sait que quand Anne Roumanoff a lancé, dans un sketch "PS, maintenant, ça veut dire "Potes de Sarko"", eh bien, ce n'était pas une boutade, mais la vérité.
 
Du coup, il me revient ce que j'écrivais pendant la présidentielle sur la collusion qui unit les prévarications du PS et de l'UMP et le sigle UMPS ne me paraît avoir jamais eu plus de réalité.
 
Sans doute le Parti Socialiste de François Mitterrand est-il vraiment mort hier. Imagine-t-on Mitterrand fournir un programme à Giscard ou à Chirac ? Impensable. Mais c'est que lui, il jouait pour gagner.
 
Tout à l'inverse, les nains qui se disputent aujourd'hui le premier secrétariat du PS se trouvent devant la même nécessité les uns que les autres : trouver des voix, n'importe où, à n'importe quel prix. Alors si Sarkozy en a à vendre, ils achètent. C'est sans doute ce qu'a fait Ségolène Royal hier. Quel peut être le prix qu'elle a payé ? Sa défaite en 2012. Quel autre ?
 
Et le pire, c'est que les voix dont il dispose désormais, le président va les vendre à tous les postulants et à chacun d'eux, il demandera le même prix : la défaite. Puis, une fois qu'il se sera garanti un adversaire à sa main, il fera tout pour lui offrir dans un fauteuil le siège de faire-valoir du deuxième tour de la présidentielle. Cette stratégie lui a déjà réussi une fois en 2007.
 
Il appartiendra à Bayrou et à ceux qui le soutiennent, à Quitterie Delmas en particulier, de faire obstacle à ce plan insidieux.
 
Il y va de l'avenir de la France.