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29/11/2008

1995 : la première mutation de François Bayrou.

Après les remarques qui ont été faites sur la note où je relatais le cycle 1994-1995 (fin du CDS), et après les réflexions postées vendredi 21 par l'ami FLN (Frédéric Lefebvre-Naré) notamment sur ce que pourrait être un parti démocrate à la française, il m'a paru utile de chausser de nouveau la pipe de l'"Oncle Paul" de la famille centriste et démocrate pour parler de la fondation de Force Démocrate à la fin 1995.

Tout d'abord le nom : comme le MoDem, Force Démocrate ne correspondait pas aux canons habituels de la politique française. On n'y trouvait ni Union, ni Parti, ni Mouvement, ni rien, juste la Force (un petit côté Starwars peut-être, avec Bayrou en Luke Skywalker), destinée à exprimer une rupture avec le ronron politique français, en même temps que la fin du "centre mou". Désormais, les démocrates seraient une Force, avec laquelle il faudrait compter.

Ce côté ambitieux et viril plaisait d'ailleurs à l'aile droite de la maison. Claude Goasguen était encore partie prenante des choix majeurs à ce moment-là et se pourléchait les babines. Il s'est éloigné à partir de 1997, quand Bayrou a pris le tournant de l'humanisme ("une vraie notion de gauche", s'irritait Goasguen en préparant ses valoches), mais ceci est une autre histoire.

Pour en revenir à 1995, l'idée de choisir un nom exotique était de frapper les esprits, d'incruster d'emblée le nom du parti dans toutes les mémoires grâce à la fulgurance d'un nom génial révélé au cours d'un congrès tonitruant.

Pour le nom génial, chacun appréciera, pour le congrès tonitruant, je vais y revenir.

Il ne pouvait être question que le nouveau parti (dont le nom demeura cantonné à une poignée d'initiés jusqu'au dernier moment) fût la pure et simple continuation du CDS qui finissait, il lui fallait du sang neuf, chargé de symboles et, si possible, d'un impact médiatique.

Les négociations qui aboutirent vite furent celles du Parti Social-Démocrate (PSD) d'André Santini. On a aujourd'hui une image droitière de Santini, mais son parti était né d'une scission du PS, en 1971, au moment de l'Union de la Gauche : c'étaient ceux des socialistes qui avaient refusé l'alliance avec les communistes et qui, en déshérence, avaient fini par atterrir à l'UDF en 1978 (je crois que leur sigle était alors MDS, Mouvement Démocrate Socialiste, ou quelque chose d'approchant, depuis lors simplifié en PSD). Le fondateur du PSD, Max Lejeune, était en bout de course et s'éteignit d'ailleurs en novembre 1995, l'avant-veille du congrès fondateur de FD. Santini et les siens, se sentant orphelins, se réjouissaient de rejoindre un mouvement plus grand.

Dès l'été 1995, nous vîmes Dédé à l'Université d'Été (la dernière des JDS), qui avait lieu je crois à La Rochelle. Il vint nous parler pendant un déjeuner. Il nous dit que dans son parti, ils étaient très anti-calotins, mais que lui, il avait été impressionné par le charisme du pape Jean-Paul II qu'il avait eu l'occasion de côtoyer de près.

C'était donc un laïcard qui entrait chez les cathos. Il y avait là, de la part de Bayrou, la volonté de déverrouiller le CDS, replié sur l'identité démocrate-chrétienne dans laquelle lui-même Bayrou refusait de se reconnaître (je l'ai toujours entendu repousser avec force le mot démocrate-chrétien). Il y avait aussi la volonté de redonner à ce parti une aile sociale, qui s'était délitée avec la fréquentation excessive de la droite.

L'autre courant avec lequel on disait que Bayrou discutait était celui de Brice Lalonde, l'écologie modérée. Finalement, Lalonde refusa de monter dans le train bayrouiste, mais une partie de ses troupes le firent, emmenées par Patrice Hernu, fils de Charles Hernu, figure du PS mitterrandien.

D'emblée, avec la création de son nouveau mouvement, Bayrou annonçait donc la couleur : aile sociale et laïque, référence mitterrandienne, écologie militante.

Au fond, rien n'a changé depuis, c'est le même sillon qu'il creuse, et ce doivent donc être ses propres convictions.

Hélas, vint le moment du Congrès.

Bayrou jouait sa première partie médiatique. Il avait la conviction que les média (Internet n'avait pas encore pris sa place actuelle) seraient cruciaux. Il avait donc mis les petits plats dans les grands pour étonner le monde avec sa révolutionnaire "Force" Démocrate. Comme en 2006, c'est à Lyon qu'il avait cru bon d'organiser son congrès. Ce devait être, je crois les 26 et 27 novembre 1995.

Il faisait froid, à Lyon, une neige épaisse et verglaçante, exactement comme en 2006.

Tout s'annonçait bien, jusqu'au moment où on apprit que ... Léon Zitrone était mort. Catastrophe.

Les plus jeunes ne savent pas qui était Léon Zitrone, véritable Fregoli de la télé de grand-papa, capable de commenter le patinage artistique, Intervilles, la défilé du 14 juillet, le tiercé, de présenter le journal de 20 heures, d'interroger les chefs d'états, de commenter en fait n'importe quoi, toujours avec une montagne de fiches qu'il déversait dans un monologue très savant, dans un français de dictionnaire, avec une diction digne de la Comédie française. Comme il avait monopolisé le petit écran pendant quarante ans au moins, le petit écran ne parla que de lui pendant tout le week-end et la France ne sut jamais que Force Démocrate était née, sauf les acharnés qui lisaient les pages intérieures... il n'y eut pas de congrès tonitruant.

Il a donc fallu que Bayrou s'acharnât, mais ceci est une autre histoire. Ce qui comptait était le premier jet, social et écologique déjà.

19:05 | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : bayrou, modem, cds, force démocrate, psd, santini, lalonde | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

À quoi sert le Mouvement Démocrate ?

Dans un débat récent ici, sur mon blog, j'indiquais que si le MoDem n'est qu'une machine à gagner des élections, et en particulier une machine à faire gagner l'élection présidentielle par Bayrou, alors le MoDem ne m'intéressait pas. Cette même opinion, je l'ai déjà exprimée dans le passé et j'en ai déjà tiré les conséquences nécessaires : de 2001 à 2004, je suis resté un adhérent distant, ne participant à rien. 2004 a été un moment sympathique, mais c'est l'apparition de Quitterie Delmas en 2005 qui m'a vraiment ramené vers l'engagement politique.

Tout en étant distant, je n'ai pas changé mon vote, ni d'ailleurs mes convictions foncières, mais mon activité a été nulle, parce que je trouve sans le moindre intérêt de consacrer du temps au culte de la personnalité ou à une stratégie dont je ne suis qu'un paramètre (faible).

En réclamant aux adhérents du Modem un esprit "commando", Bayrou a réitéré le choix qu'il avait déjà exprimé du temps de l'UDF : celui d'un appareil voué à lui obéir sans débat, un choix qui a à mon avis accéléré le déclin démographique de la vieille famille centriste et démocrate. Je crois personnellement dans la vertu du débat.

C'est son choix, à chacun d'en tenir compte en conscience. Pour ma part, comme on le sait, je préfère consacrer mon travail politique à Quitterie. D'autres ont pris la tangente.

C'est chez l'un de ceux-ci, Hyarion (passé au PS) que j'ai trouvé un texte qui m'a ouvert à l'idée que la proposition de Ségolène Royal de transformer le PS en fan-club était sérieuse : il faut vivre avec son temps, dit en substance Georges Frêche selon les propos rapportés par Hyarion, et notre temps a besoin de partis politiques qui soient des écuries présidentielles, rien de plus.

Il y a donc bien une opinion commune chez les politiques, chez les gens d'en haut, ceux qui nous gouvernent, que la participation des citoyens est un leurre et que l'adoration est l'état natif du militant politique.

Tant pis pour eux s'ils croient cette folie.

Mais il faut dire qu'ils sont alors moins en situation de critiquer la pratique despotique et discrétionnaire (pour ne pas dire arbitraire) du président Sarkozy, puisque leur conception du pouvoir est en fait la même.

Il y a là, de toute évidence, un constat qui va continuer à éloigner les gens de la politique dont ils seront de plus en plus les spectateurs et non les acteurs, quoi qu'en disent nos responsables politiques qui me semblent plus inconscients que réellement malveillants.

Le discours participatif se dévoilera comme triste farce assez vite.

Pour ma part, ce constat ne signifie pas que je ne soutienne pas Bayrou, il y a un socle programmatique qui nous est propre et que Bayrou, je crois, n'éludera pas s'il est élu et s'il conquiert le pouvoir législatif ensuite : liberté de la presse, indépendance de la justice, bonne gouvernance, saine gestion. Ce constat ne signifie pas non plus que je penche subitement du côté de ceux qui semblent tourner le dos à la logique des partis-croupions : le PS canal historique de Martine Aubry. Non, car on voit que les vieilles marmites ne sont parfois capables que de réchauffer des plats rances et moisis. Mais ce constat fait que je ne perdrai pas mon temps dans des activités vides de sens.

Heureusement, il y a Quitterie Delmas.

28/10/2008

Conférence nationale : le débat, les couloirs, le trottoir.

Voici une seconde vidéo d'ambiance de la conférence nationale. Pour une raison que j'ignore, il a fallu plus de six heures à Dailymotion pour l'encoder. Il y en a une troisième et dernière qui végète encore à l'encodage et que je donnerai dès que la machine daignera la recracher.

Quoi qu'il en soit, on constate sur cette deuxième vidéo que, lors de la troisième conférence, celle de Nicole Maestracci, les travées sont encore bien pleines, mais qu'une partie du public a tout de même cessé de résister à l'appel de l'extérieur : les fumeurs fument sur le trottoir et les buveurs boivent et bavardent à la buvette. L'occasion d'interroger quelques-uns de nos amis, en particulier Benjamin Sire qui décrit avec précision et brio le processus de travail qui se met en place dans le Mouvement Démocrate.

Au passage, Clément Le Ricousse, fidèle des cafés démocrates, Nicolas Domenach, journaliste à Marianne, en grande conversation avec Éric Azière, et quelques autres qui se reconnaîtront et que leurs amis signaleront.

Après Nicole Maestracci, les orateurs sont dans la salle pour des questions fort pertinentes (les profiteurs de la crise p ex), puis Olivier Henno, Robert Rochefort de nouveau, qui fournit l'occasion à Bayrou de rappeler que nous avons été (et sommes) pour la taxe Tobin, fait qui prend un sens particulier ces jours-ci, Gilles Artigues dont j'ai oublié de filmer le visage et qui m'en pardonnera je l'espère, mais dont le timbre résonne, et après qui s'est exprimé Jean-François Kahn dont j'ai publié la vidéo.

Au passage, au premier rang, on remarque l'inaltérable concentration de Quitterie Delmas.

 

26/10/2008

Conférence nationale : premières conclusions.

Malgré le changement d'heure, mon réveil a mis onze longues minutes à pénétrer mon sommeil jusqu'à mon cerveau pour me réveiller. Je suis donc sorti de chez moi avec l'idée que je serais très en retard à la salle de la Mutualité, à l'autre bout de Paris, pour l'ouverture de la conférence nationale. Or il n'en était rien : celle-ci a commencé avec cinquante minutes de retard...

J'ai profité de ce délai pour recharger la batterie de ma caméra, qui m'a permis de filmer une heure des presque cinq que l'ensemble a duré. Je donnerai, un peu plus tard ce soir ou dans la nuit, les vidéos que je vais extraire de ces cinquante neuf minutes enregistrées.

J'ai vu une partie de l'intervention de Robert Rochefort, du Credoc, et Michel Camdessus a été bien plus impressionnant encore en détaillant les mécanismes et les autorités responsables du désastre économique qui commence sous nos yeux.

Jean-François Kahn a été ultra-percutant comme toujours, Jean Lassalle au sommet de son lyrisme terrien, et Bayrou impérial et républicain, jouant de toute sa palette, dispensant plus un cours qu'il ne fait un discours, ce qui fait qu'on regrette tout de même qu'il bannisse la ferveur et ses instruments de ses réunions publiques.

Enfin, bien entendu, je déplore plus que tout que ne prenne pas la parole, lors de ce genre de réunions, notre Quitterie Delmas.

25/10/2008

Carla B en pince pour François B.

"Carla amoureuse de Bayrou", ce titre s'étale sur toute la une, photos à l'appui, avec le sous-titre : "Insensé ! la première dame aurait quitté son mari pour le chef du MoDem".

Outre qu'on la comprend (du moins pour la part d'abandon de l'Élysée), il faut tout de même dire que Bayrou n'est pas le "chef" du Mouvement Démocrate, mais son président.

En tout cas, si cette histoire vous amuse, courez acheter "Le Monte", qui s'autodécrit comme "pastiche vraiment rigolo", pour 3 Euros chez votre marchand de ce qui reste de journaux.

18:04 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : carla bruni, bayrou, le monte | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/10/2008

Quitterie Delmas et l'orthodoxie économique bayrouiste.

Ces deux courtes vidéos ont été distinguées l'une de l'autre par leur auteur, pourquivoter.com (je donne ici la vraie adresse de pourquivoter.com, étant distraitement passé par le truchement de voter2007),mais elles forment un tout, une seule réflexion sur la politique économique et la politique de l'emploi. Je vous les livre donc ensemble.

 

 

21:00 | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : économie, quitterie, bayrou, modem | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/10/2008

Du pognon pour la justice !

Une étude montre ces jours-ci que la France consacre moitié moins d'argent par habitant à son service public de la justice que l'Allemagne. Faut-il rappeler que, lors de la dernière campagne présidentielle, Bayrou proposait d'ériger réellement la justice en pouvoir, le garde des sceaux indépendant du gouvernement ?

On mesure chaque jour à quel oint cette mesure serait nécessaire et, bien entendu, tout commencerait par la justice.

19:13 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justice, budget, bayrou | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

02/10/2008

2012 : la dramaturgie se met en place.

On lit, chez Luc Mandret comme dans la presse, que le congrès du PS est joué, que la ligne "historique", fidèle au PS du XXe siècle, est en passe de l'emporter.

La ligne politique du tandem Delanoë-Hollande (véritables Zig et Puce de la gauche) est celle que Delanoë vient d'illustrer à Paris lors des récentes municipales : toute la gauche "de gouvernement" (modèle 1997), rien que la gauche de gouvernement. En quelque sorte, une géométrie réduite aux acquêts.

Dans cet attelage, les Verts, comme désormais à Paris, sont l'alibi d'une politique environnementophobe, productiviste et affairiste, et le MoDem, bien entendu, n'a aucune place.

Le candidat de l'appareil (et des notables) à la présidentielle est issu de cette ligne, probablement Delanoë, bien que celui-ci ne manque pas de petits copains qui ne rêvent que de lui faire le grand soir pour lui prendre le grand jour.

À côté de cette ligne d'appareil va se cristalliser l'hypothèse d'une candidature de Ségolène Royal, endiablée contre les appareils politiques, mais de gauche et toute prête à faire alliance avec ceux qui la boudent. Et par ailleurs une dent personnelle affirmée contre le Mouvement Démocrate.

Ainsi la gauche aura-t-elle peut-être deux candidats crédibles au premier tour de l'élection présidentielle, quels que puissent être les efforts de l'appareil socialiste pour paralyser toute dissidence par l'organisation de primaires où seront invités les non-adhérents (et auxquelles, on s'en doute, la droite s'empressera de participer, à la fois pour semer le trouble dans le PS et pour consolider la confiscation du pouvoir par le tandem UMP-PS). Cela sera si Ségolène Royal y est suffisamment déterminée et si les sondages (hum) lui laissent un espoir d'y triompher.

Troisième candidat se revendiquant de l'anti-sarkozysme : François Bayrou.

L'un de ces trois là, et l'un seulement, sera l'adversaire du second tour de ce qui semble devoir être Sarkozy pour l'UMP.

On voit bien quelle est la proposition qui sera alors faite aux Français : déterminez à la fois le meilleur homme (la meilleure femme) et la meilleure combinaison politique : union multicolore (antisarkozystes de droite, du centre et de gauche), gauche "ouverte" (s'alliant peut-être avec le MoDem), gauche "de grand-papa" (PS et alliés d'avant-hier satellisés).

Les arguments n'y seront pas tous bons, ni tous francs, ni tous sincères, mais in fine, ce sera le débat, si cette hypothèse se confirme. À moins, évidemment, que Ségolène Royal ne "cale", et qu'on se retrouve dans la configuration de 2007, discrédit de Sarkozy en plus.

À l'heure présente, comme l'écrivait un éminent blogueur le mois dernier, il n'y a que quatre candidats suceptibles de gagner la présidentielle de 2012 : Sarkozy, Bayrou, Royal et Delanoë. Et le scénario qui conduit à leur partie de poker menteur se met en place.

18:25 | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : ps, modem, ump, bayrou, sarkozy, royal, delanoë | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/09/2008

"Ensemble pour un Paris démocrate" : ma propre vidéo.

Il faut remercier notre ami J.-L. L., alias "Buildfreedom", qui réalise les excellentes vidéos de présentation des candidats du collectif. Voici donc ma vidéo prise hier soir. Ceux qui me connaissent entendront que j'étais très enrhumé.

 


19/09/2008

Toujours pas de proportionnelle...

Lors de la révision constitutionnelle, la majorité disait à François Bayrou : "La proportionnelle, ça ne relève pas de la constitution, mais de la loi organique, vous verrez". Or voici que François Fillon vient de présenter au conseil des ministres le prochain projet de loi organique pour l'élection des députés et ... pas de proportionnelle. Vous êtes surpris ?

18/09/2008

L'Amérique se cherche-t-elle un nouveau modèle de croissance ?

François Bayrou le rappelait lors de l'Université de rentrée des Démocrates, les États-Unis ont opéré, dans les années 1970-80 un revirement profond de leur modèle de croissance : jusque-là, c'est par la classe moyenne que l'essor se nourrissait, par l'accession du grand nombre à une consommation abondante, et donc par un modèle fondé sur un enrichissement des modestes. Avec le reaganisme, l'inégalité est devenu le moteur de la croissance. Bayrou en concluait : "méfions-nous car, voyez-vous, ça marche ! ce système marche !"

Ah bon ?

Est-ce si sûr ?

La crise actuelle n'est-elle pas au contraire le fruit de l'accentuation des inégalités depuis 25 ans ? Le fait que l'on évoque sans cesse la crise de 1929 (et non pas celle de 1973) n'est-il pas significatif du fait qu'inconsciemment, nous savons que c'est parce que le pouvoir américain est revenu sur de nombreuses réformes du "new deal" de Roosevelt qu'aujourd'hui les États-Unis sont plus fragiles qu'hier ?

La croissance par l'inégalité s'est accompagnée d'un développement faramineux des nouvelles technologies de l'information. Le moteur de la croissance, dans le dernier quart de siècle, ce fut l'informatique, puis ce qu'on appelait au début en France (vers 1986-7) les "autoroutes de l'information", l'Internet. Or le modèle américain, comme Cendrars le montre très bien dans son roman "L'Or", est fondé sur la logique des filons, on trouve un filon, tout le monde se précipite, on exploite le filon, on l'use jusqu'à la corde, jusqu'au-delà de l'épuisement, puis on passe à un autre filon. Et le filon informatique est tari, il porte encore une croissance, certes, mais insuffisante pour devenir le moteur d'une économie. Il est en vitesse de croisière. Il faut donc trouver un autre filon.

Pour certains, c'est la guerre. La logique de la guerre en Irak est en effet très keynésienne, du point de vue américain : par la dépense publique, on relance la croissance. La recherche militaire peut servir à toute l'économie, Internet est là pour le prouver, et donc non seulement la fabrication d'armes nourrit des ouvriers, mais la reherche des industries d'armement propose l'avenir. C'est la logique de Bush et celle de McCain. en fait, c'est un échec, car rien n'en est sorti de solide cette fois-ci.

L'autre hypothèse que l'on rencontre, c'est l'économie durable, l'économie écologique. Là, les gisements de croissance sont énormes et les industriels américains, paraît-il, déjà tout prêts, dans les starting-blocks.

Seulement, cette économie-là nécessite des revirements culturels profonds de l'Amérique. Elle est incompatible avec McCain, incompatible avec le tout-pétrole, avec en fait tout ce qui s'est dit et pensé dans les milieux américains depuis déjà de nombreuses années.

La croissance par l'écologie, si elle voit le jour, signifiera donc une nouvelle mutation en profondeur de l'éthique sociale, sans doute un retour vers l'idée d'égalité, de développement par le grand nombre. La crise actuelle solde peut-être la période précédente, ce n'est peut-être qu'une épouvantable purge avant un rebond qui sera salutaire dans tous les sens du terme, et que les Américains, ont le voit bien, identifient clairement avec Obama.

11:32 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : économie, international, états-unis, bayrou | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/09/2008

Cap Estérel : en direct, la dernière plénière.

Je donnerai plus tard dans la journée ou la soirée les photos de la séance de synthèse du "fil Europe" qui a traversé l'Université de Rentrée.

Je suis maintenant sous le châpiteau parmi ceux des blogueurs qui ont choisi de se retrouver avec les journalistes dans l'espace dévolu aux journalistes et aux blogueurs.

Franck Faveur, nouveau président des jeunes démocrates, s'exprime à la tribune sur l'Europe lui aussi, et sur l'université. Hommage à François Bayrou.

Étant donné que le liveblogging est, je crois, assuré ailleurs, je vais plutôt parler de l'ambiance en indiquant les temps forts. Comme il a plu la nuite dernière, j'ai les pieds dans l'eau et un rayon de soleil sur mon écran, j'essaie de ne pas laiser trop de fautes.

Corinne Lepage s'exprime tôt, ayant un train à prendre. Elle est très applaudie. L'hommage qu'elle rend à François Bayrou au sujet de la table-ronde d'hier est très vivement applaudi.

Elle a indiqué voici quelques jours avoir résisté aux sirènes de Cohn-Bendit. Logiquement, elle vante la fidélité de l'engagement. Elle indique aussi que 1500 personnes se sont déjà mobilisées par Internet pour participer aux commisssions. Elle propose que le MoDem soit le parti du dévelopt durable, très applaudie aussi. Elle s'est félicitée que le MoDem s'apprête à investir de nouvelles génératons pour les élections européennes. Elle milite pour "produire autrement", propre, pour une vie saine. Elle propose l'écolonomie sociale, vifs applaudissements, ce qui suppose aussi de réduire les inégalités. Aux USA aujourd'hui, le niveau des inégalités est celui d'avant 1920 !

La connexion a été plantée très peu après et les blogueurs la retrouvent maintenant seulement.

 

Corinne Lepage a déclenché une véritable ferveur. Gilles Artigues s'est exprimé après elle, puis Jean-Luc Bennahmias, et enfin Jacqueline Gourault, chacun développant le discours attendu.

C'est maintenant Jean-Marie Vanlerenberghe qui évoque l'esprit d'origine des universités d'été et se réjouit d'en retrouver l'esprit.

Le châpiteau est très plein, il y a bien eu plus de 2000 personnes présentes à un moment ou l'autre de l'université de rentrée. Beaucop de gens sont debout. Quitterie Delmas est vers le premier rang avec les intervenants des ateliers.

Les journalistes parmi lesquels je me trouve sont parfois très concentrés (Patrick Roger), parfois semblent lire leurs journaux, mais on les sent attentifs, notamment dès qu'il s'agit de la qualité de notre démocratie.

JMV se prononce pour que le MODem ait un projet clair et des règles respectées. Après les élections internes du 27, il va falloir mailler le territoire. Il annonce la création d'une newsletter informan sur la vie du mouvement dans les départements. À la fin de cette année 2008 nous aurons un mouvement en ordre de marche.

Parmi les blogueurs les plus notoires, Christophe Grébert, déosrmais élu de Puteaux et adhérent du MoDem, blogue ou se copnnecte debout. Nicolas Voisin, qui a réalisé sur Nuesblog d'excellents entretiens avec Bayrou pôur la présidentielle, est connecté dès que cela est possible...

Bernard Lehideux succède à Jean-Marie Vanlerenberghe. Nouvel hommage à François Bayrou, très applaudi. Il évoque sa rencontre avec notre député de Mayotte au moment de la dclaration de candidature de Bayrou.

Il salue Thierry Robert, élu de la Réunion, et d'autres qui ont fait des milliers de kilomètres pour venir. Bien sûr, il parle des Européennes. "NOus ferons une superbe campagne".

Jean Peyrelevade montre à la tribune. Il ne porte plus la minerve qu'i avait avant l'été. Lui aussi évoque le mariage nécessaire de l'économie et de l'écologie, en trois points. Il s'élève en revanche contre la proposition visant à la décroissance, lui préférant "un autre modèle de croissance". Il faut un effort d'investisement, la France devra investir davantage. Il se montre écoloigo-compatible avec Lepage et Bennahmias.

C'est le tour de Marielle de Sarnez. Elle remercie ceux qui ont organisé le fil Europe dont je parlais un peu plus haut.

Elle dresse un tabeau sombre de la France d'aujourd'hui. "12 impôts nouveaux depuis l'élection de NS", auquel va s'ajouter un impôt supplémentaire, comme toujours sur les classes moyennes. Notre pays a besoin de corps intermédiaires écoutés et respectés. Mettre une limite à la croissance sans fin des inégalités (vifs applaudissements). Nouveau modèle de développement durable.

"J'ai regretté que l'Europe n'ait pas parlé d'une seule voix avec la Chine" (applaudissements). Il faut que l'Europe se décide enfin à exister pour peser dans le monde. Laisser implanter des boucliers à Prague ou à Varsovie sans que nous Européens en ayons discuté est une erreur. Ce sont les Européens et non l'OTAN qui doivent assurer la défense de l'Ukraine et de la Géorgie. Il y a une fracture entre le peuple de Frace et ses parlementaires. Elle épingle aussi la fusion des services spéciaux.

À l'approche du discours de Bayrou, les carnets de notes sortent des sacs des journalistes. Grosse salve d'applaudissments pour la fin du discours de Sarnez, une partie de la salle se lève. Ovation.

Bayrou est à la tribune. Il remercie les adhérents du MoDem pôur leur unité. C'est la seule université, ces jours-ci, où ne se soit manifestée aucune volonté de fissure. "J'ai souvent plaidé pour que nous soyons un commandio. Un pour tous et tous pour un".

Moment d'émotion quand Bayrou évoque l'émotion de ces journées. Silence dans la salle.

Il remercie les adhérents et les bénévoles en termes chaleureux, gros applaudissements, il remercie aussi son équipe et ceux qui sont dans la salle, Abellatif OUali, député de Mayotte, le sénateur de la Réunion, le nouveau maire de Mont-de-Marsan, un député honoraoire, Nathalie Griesbeck, députée européenne, Jean-Marie Beaupuy, député européen, Jean Lassalle ("un homme des temps héroïques"), très vifs applaudissements.

Il remercie Olivier Henno, maire et conseiller général du Nord.

Il regrette l'absence de Geremek, qui avait acepté dêtre là, qui a trouvé la mort en Pologne en juillet. "une des plus belles consciences de la démocratie européenne". Une minute de silence. La salle se lève. Silence.

Applaudissements.

La mort de Geremek cet été précisément où l'histoire a "basculé". "On est revenu au temps de la force". La force assumée, mise en scène, de l'immense puissance chinoise aux JO. L'empire est redevenu l'empire du milieu, celui vers lequel tout converge. Et puis, à Moscou, la Russie a amnifesté de la mnière la pplus brutale et la plus désinvolte à l'égard des lois internationales, qu'elle ausi était de retour. Empire chinois, empire russe, est-ce que nous avons, dans ce choc des empires, quelque chose à dire ?

La question de l'Europe n'est plus celle des institutions, mais toute simple : "to be or not to be". Cette question va être posée aux Français. L'urgence européenne est de retour.

Question de l'Europe non pas hostile aux identités, mais les protégeant, c'est une question de la vie. Nous voulons être, exister, compter, être entendus. Le débat du XIXe siècle est là. Il nous revient comme terre européenne de trouver la vérité qui fera que l'Europe sera une attente nouvelle. Europe des peuples, des citoyens et de l'action.

Nous avons besoin d'une action européenne en matière de fiscalité. Les ultra (nationalistes d'un côté, libéraux de l'autre) sont contre, mais c'est très simple, s'il n'y a pas une réflexion européenne sur la fisclaité, les plus fortunés risuqent de se déplacer d'un pays à l'autre.

La connexion a de nouveau été plantée durant trois minutes.

Bayrou a été ultra-applaudi sur la lutte contre la corruption.

Il parle de la lutte contre la bureuacratio, Le nouveau pacte ruoepéen, il s'insurge contre l'injustice du RSA.

Ily aura l'affaire Tapie,le fichier Edvige, mais je suis obligé d'interompre, car mon trai ne m'attendra pas et mon billet n'est pas échangeable.

Je donnerai les dernières phots ce soir et un bilan ce soir ou demain.

Cap Estérel : photos d'hier.

Matin : Quitterie avec Ludovic Vigogne, de "L'Express".

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Pour Quitterie, la moitié du temps est au téléphone.

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Toujours à l'écoute.

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Malgré l'intimité relative.

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Table-ronde sur la démocratie : Jean-Claude Casanova, Daniel Schneidermann, Laurent Mauduit.

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Quitterie attentive.

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Bayrou passe le micro à Corinne Lepage (je sais, la photo est floue !).

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Interventions de la salle.

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En sortant, Quitterie organise la photo.

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Puis elle pose avec Jean-Pierre Nordmann, Marielle de Sarnez, Jean Peyrelevade et Céline Alléaume.

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Groupe élargi.

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Marielle, Peyrelevade, Quitterie, Céline.

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Jean Peyrelevade, Quitterie Delmas, Marielle de Sarnez, Franck Faveur, nouveau président des jeunes.

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Soirée autour de François Bayrou et Fred Vargas.

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Quitterie attentive, notamment lorsque Bayrou parle des FARC.

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À côté de Quitterie, Nicolas Vinci en mode liveblogging.

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Sous un autre angle.

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06/09/2008

En direct du châpiteau Dramont de l'université de rentrée du MoDem.

Aujourd'hui, table-ronde sur la démocratie dans la république.

Bayrou : "la république est démocratique, laïque et sociale". Ce sont les piliers du pacte civique qui nous permet de vire ensemble. Démocratique, laïque, social. É galité des citoyanes devant l'info, devant la décision prise devant eux, devant le pouvoir de souverain, la souveraineté appartient au peuple quiu l'exerce au travers de ses représentants (ou directement). Quand les citoyens ne peuvent pas savoir ce qui se passe, quand les cartes sont sous la table, quand il y a tout un jeu d'intérêts dissimulés, c'est une très grande menace, qu'est-ce qui garantit le citoyen en face de l'arbitraire ? La séparation des pouvoirs. Le citoyen ne doit pas avoir en face de lui le mur du pouvoir absolu (Montesquieu), pouvoir économique et médiatique aussi. Ce n'est pas un hasard si dans la déclaration du CNR, une des phrases-clefs, c'est cette phrase que "la presse doit être protégée de l'influence..." (les puissances étrangères, le pouvoir en place et les puissances d'argent).

D'une certaine manière, je fais juste un coup de projecteur, la laïcité n'est pas autre chose que la séparation des pouvoirs. C'est pourquoi la phrase de NS sur l'instit et le curé franchit quelque chose de notre pacte républicain.

Voilà pourquoi nous devrions avoir là (il présente Jean-Claude Casanova et leur amitié multidécennale, "probablement l'homme en France qui à la suite de la famille d'esprit de Raymond Aron a le plus réfléchi à ces problèmes d'équilibre, de démocratie), il présente aussi Daniel Schneidermann très applaudi ("il n'hésite pas à entrer dans le combat d'une manière un peu vive", "on ne sait pas pourquoi son émission de télé s'est arrêtée'" - vifs applaudissements), et Laurent Mauduit "que j'ai beaucoup lu ces temps-ci parce qu'il a beaucoup écrit sur l'affaire Tapie" sur Médiapart "un site d'info où on peut enfin dire et avec l'espace nécessaire ce qu'on sait et qu'on n'a pas toujours le droit de dire ailleurs". Il excuse Eva Joly (dont la rumeur publique dont Bayrou ne parle pas dit qu'elle serait approchée par Cohn-Bendit, et dont l'excuse officielle qu'il mentionne est une mission norvégienne aux États-Unis).

Bayrou passe la parole à Jean-Claude Casanova.

Casanova : "Je suis à l'UDF depuis plus de trente ans et nous sommes amis depuis plus de trente ans et je n'ai pas changé d'idées".

Définition de la démocratie. Deux problèmes importants : ca ne peut pas être une petite société, mais une grande,il faut une représentation, il faut que les citoyens soient représentés. La loi la plus importante dans une démocratie, c'est la loi électorale. Selon sa forme, on modifie la nature de la démocratie. L'Angleterre a inventé le mode de scrutin direct à un tour. Ce système a survécu parce qu'ont été éliminés les catholiques anglais. Ce système s'est transposé aux États-Unis, mais ce pays a compensé ce système par son imensité et l'hétérogénéité de sa population. Second problème : l'égalité politique n'est pas la fin de toute la société. L'hétérogénéité de la société pose un problème délicat à la politique. La démocartie, par l'hétérogénéité sociale, pose des problèmes.

Il y a une excessive centralisation des pouvoirs. Le mythe gaulliste, c'est qu'il doit y avoir à la tête de l'État un exécutif très fort. Marcel Sembat : "Faites la paix, sinon faites un roi". C'est ce qui imprègne toute la pensée de de Gaulle et se trouve synthétisé dans les institutions de la Ve république. Cette centralisation du pouvoir est accrue par la centralisation administrative. Nous sommes fondamentalement un système centralisé, où les collectivités locales ont très peu de ressources propres. C'est en France que les ressources propres sont les plus faibles d'Europe.

Le pouvoir du pdt de la république a des pouvoirs exceptionnels, le mécanisme électoral de la législative succédant à la présidentielle accroît cette concentration. Je ne pense pas que ce soit satisfaisant. Tous les problèmes qu'il faut résoudre exigent un minimum de participation. Tous les autres pays ont évolué dans des réformes participatives et démocratiques, sauf la France. "La démocratie est insuffisante en France".

Daniel Scneidermann.

"La France a aujourd'hui les médias que son histoire lui a donnés." La centralisation française a une très longue hsitoire et la France a aujourd'hui les médias directement hérités de cette histoire-là. Les médias naissent au XIXe siècle dans l'antichambre du roi Charles X. La rubrique reine, c'est la rubrique politique, dans tous les journaux, sauf la télévision, donc la presse écrite. Si on faisait une étude statistique, c'est trois fois sur quatre les journalistes politiques qui sont arrivés à la tête des journaux. Je ne parle pas du grand absent : les services étrangers, qui devraient avoir au moins la même place, à l'exception du Monde jusqu'à Colombani-Plénel dans les années 1990. On a des médias qui accordent une importance démesurée à la chronique de la Cour. Quelle place dans les médias à la grossesse de la ministre de la Justice ?! On a vu l'élite des journalistes français entretenir un débat palpitant pour savoir quel serait l'hebdomadaire qui aurait la primeur de la nouvelle. La Cour, donc, dans son acception la plus futile.

À cela est venu s'adjoindre la logique du marché. Les médias qui comme des tournesols étaient tournés uniquement vers le soliel de l'Élysée se sont aperçus qu'il y avait un autre ressort possible : le marché. On a aujourd'hui un système médiatique qui dans ses centres d'intérêt se partage entre la logique purement politique et les sujets vendeurs. On a aujourd'hui des médias qui sont en dessous de la mission démocratique qui devrait être la leur. Ils n'ont que quelques oasis de lumière. On ne se dirige vers l'étranger qu'en cas de grand événement, mais sinon, quelle place a été faite à l'élection d'un nouveau président pakistanais ? On a des médias qui ont l'immense point aveugle de tout ce qui n'est pas Paris, de tout ce qui est les régions françaises.

Il faut des faits divers pour que crève le mur de l'indifférence : des phénomènes sociologiques n'apparaissent qu'alors; Je me souviens du temps de réaction des médias sur les biens de conso des catégories modestes. Il a fallu bien du temps aux médias pour s'en rendre compte, alors que ce temps de réaction aurait dû être plus court.

Sur ce plan particulier, je pense que nous avons aujourd'hui un très grand motif d'optimisme : Internet. Ce n'est pas par hasard que François Bayrou est aujourd'hui entouré de deux journalistes qui travaillent sur Internet. Sa situation politique n'est pas géniale pour le moment, ce sera mieux (rires complices), symboliquement, autour de lui deux journalistes d'Internet, on est à un moment où les choses vont basculer. Il n'est pas envisageable qu'une situation où il possible de s'adresser à un nombre maximal de personnes avec une mise de fonds minimale. Ce média porte en ses gènes le dialogue. C'est un média dans lequel avec des rôles distincts le journaliste concourt avec celui à qui il s'adresse. Il n'est pas envisageable que cette offre-là et l'offre traditionnelle (verticale), que leur mise en concurrence n'ait pas un effet sérieux sur le marché de l'info. C'est ce qui me rend optimiste. La technologie va venir secourir puissamment une situation très instaisfaisante.

Bayrou cite une anecdote : "j'ai des souvenirs politiques déjà anciens, jamais de ma vie je n'ai entendu les journalistes se plaindre des difficultés qu'ils ont à exercer leur métier dans beaucoup de rédactions, des difficultés qu'ils ont à traiter beaucoup de sujets, dont ils savent que leur direction pourrait redouter de les voir traiter de manière trop explicite. Je voudrais prendre un exemple récent : on a assisté aujourd'hui à une journée absolument fascinante : à la commission des finances de l'Assemblée Nationale, audition publiqiue des premiers protagonistes de l'affaire Tapie, dotés par une décision du pouvoir d'une somme de 400 millions d'euros. Hier matin, les liquidateurs ont reçu un premier chèque de 190 millions, plus 90 millions d'effacement de dettes. Audition à la commission des finances, le rapporteur (Courons que Bayrou salue) rapporte que la décision d'arbitrage est sans fondement légal. Vient ensuite l'homme qui a été pdt du CDR (aujourd'hui maire de Barcelonnette), il fait une démonstration chirurgicale, que nous allons mettre sur notre site, pour expliquer qu'il n'y a avait à cette décision aucune base légale. Ce sont des choses lourdissimes. Écho dans les médias, et je sais qu'il y a des journalistes qui ont proposé des petits papiers à leur rédaction, écho effacé. Il a fallu qu'un certain nombre de médias indépendants accordent à ce média une véritable importance pour qu'il sorte. J'ai beaucoup lu ce que Laurent Mauduit avait écrit sur ce sujet".

Laurent Mauduit.

"Il y a beaucoup de façons de garder la tête haute dans ce métier, donc aucune leçon dans ce que je vais dire". La crise de la presse est au coeur de la crise de notre démocratie. Le fond de ma conviction, c'est que la crise de la presse française est atypique : ailleurs, c'est la mondialisation, la gratuité ; en France (mise à part l'Italie), on a une exception, la presse fait une crise de dépendance : le Figaro, c'est Dassault. Dassault, ce n'est pas Hersant, ce n'est pas un professionnel, il a acheté une part d'influence. Libération, l'actionnaire, c'est Édouard de Rothschild, ami proche de Nicolas Sarkozy. Les Échos, c'est bernard Arnault, le plus grand PDG, ami comme le précédent de Nicolas Sarkozy. Le Monde, son histoire, Beuve-Méry, c'était loin des puissances d'argent, une muraille de Chine entre eux; 2003, entrée de Lagardère, ami de Sarkozy. Capitalisme français, endogame, avec parfois certains des aspects les plus excessifs des Anglo-Saxons, la presse est tombé dedans : c'est la capitalisme de la barbichette ("je te tiens, tu me tiens"). Du même coup, la normalisation a eu un impact éditorial, d'elle a découlé une banalisation éditoriale, voire une instrumentalisation éditoriale. La normalisation, c'est l'indignité de l'éditorial du Monde avant le premier tour de l'élection présidentielle (vifs applaudissements).

Je ne suis pas dans le registre de la sympathie politique, mais il y a eu une révolte, une indignation, et maintenant les choses sont retombées. Le seul article important qu'il y a eu sur la rémunération des PDG, le seul article, c'était Médiapart. C'est un confrère d'un autre journal qui m'a donné l'info parce qu'il ne pouvait pas la donner dans son journal. Il y a une situation dramatique.

Petit codicille optimiste : c'est vrai qu'Internet rebat les cartes.

La presse n'est pas le seul dysfonctionnement : regardez l'autorité des marchés financiers, on est dans un système de consanguinité malsain.

Internet chemine, participatif, venez débattre sur Médiapart ou sur Arrêt sur Image (ma note perso d'Hervé Torchet : regarder la vidéo de Siné sur ASI).

Légiférer sur Internet m'inquiète beaucoup.

En France, c'est dur de faire un journal indépendant, économiquement, mais aussi parce que la société française est autoritaire. En France, juridiquement, une fondation, c'est impossible.

Sur Internet, la TVA est à 19,6%, alors qu'elle est à 2% pour les autres médias.

C'est l'un des débats majeurs, la liberté de la presse.

Bayrou ouvre le débat.

Pourquoi Le Monde, en France, après la guerre, a été le journal de la 3e voie, et maintenant c'est Le Monde qui fait cet éditorial ? Je suis persuadé que ça a été pour eux une perte de quelque chose d'important, de cohérence et crédibilité.

M. Boygues père et Jean-Luc Lagardère, tous les deux ayant été intéressés à avoir de bons rapports avec l'État, ont compris que c'était plus facile en étant à la tête d'organes de presse importants. La presse est entre les mains de personnes qui sont en affaires avec l'État, dont leur chiffre d'affaires dépend. Ceci n'est purement et simplement pas acceptable. J'avais inscrit dans mon programme et je le referai, la détermination que nous votions une loi qui fasse que lorsque vous êtes en affaires avec l'État, vous ne pouvez pas être actionnaire d'un organe de presse.

Micros dans la salle.

Casanova : faiblesse de la presse, faiblesse de la justice. Presse, c'est vrai que la situation est préoccupante. Causes : la propriété des médias. La disposition de prohibition existe dans le code électoral, mais le bureau du Sénat a considéré que Serge Dassault pouvait être sénateur quand même. Donc s'il y avait une loi, serait-elle respectée ? Jospin estimait que la faiblesse éco de la presse serait accrue ? Donc peut-on circonscrire le champ de la loi nouvelle ? Et puis, le monopole des NMPP... 3e question : pourquoi les journalistes ne réagissent pas davantage ? Enfin, pourquoi l'opinion française l'accepte ?

Bayrou : les gens ne l'acceptent pas, d'ailleurs ils n'achètent plus les journaux. Les gens ont considéré que mon algarade sur TF1 avait traduit la fin de la connivence.

Laurent Mauduit : J'ai l'impression d'une combinaison d'un capitalisme de connivence et d'une tradition libérale française, il y a une sorte de constance, Marx et Hugo parlent de la société du 10 décembre (1848), un système imbriqué de connivences et d'ententes. La presse n'a pas de place dans la démocratie inachvée Rosanvallon le définit. Dans quelles conditions d'indépendance les journalistes des Échos écrivent-ils ? Leur comité d'éthique contient ... le fils même de Bernard Arnault, qui est joueur de poker !

Nous avons fait une erreur collective : installer au centre du monde un entremetteur, le go-between. Au Monde, je me suis battu contre la recapitalisation d'Arnaud Lagardère.

Scneidermann : pourquoi les journalistes l'acceptent ? parce qu'il faut manger. Mais il faudrait nuancer rédaction par rédaction, il y a des journalistes qui se battent. Les sociétés de rédacteurs sont combatives, plus que voici trois ans. Mais tout de même, il faut bien manger. Pourquoi le public l'accepte ? C'est la question la plus dérangeante : parce que parfois, il est plus facile et confortable de consommer une info ronronnante et consensuelle. Marianne a fait les meilleures ventes de son histoire en disant toute la vérité sur Sarkozy. Donc dès qu'il y a de la vraie info, que ce ne sont pas seulement des cris, mais des faits, ça y va, ça se précipite. POurquoi le Canard  Enchaîné est-il prospère ? Parce qu'on y apprend ce qu'on n'apprend pas ailleurs. Et enfin, parce que le public n'a pas le choix : c'est partout la même chose, sauf d'ailleurs sur France 3.

Bayrou : n'oublions pas que la décision de priver la télé publique de publicité, plus la décision de nommer le pdt de la télé publique par le pouvoir, ceci est une régression, c'est scandaleux.

Corinne Lepage intervient sur la justice : Il n'y a plus de pôle financier à Paris, il n'a plus de moyens, il n'a plus de police. Les affaires sont traitées par non-lieu, il n'y a toujours pas de pouvoir judiciaire en France, on est en régression, j'ai l'impression qu'on est plus bas qu'au début des années 1970. Est-ce que vous ne croyez pas que le fait que de toutes façons, on a le sentiement que quoi qu'on fase, ça ne sert à rien, ça contribue au découragement des journalistes ?

Patrick Roger, du Monde, intervient : je me sens plus que concerné, impliqué, par cette discussion. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec la présentation de Schneidermann de la place de la politique dans la presse française : c'est l'inverse qui est en train de se passer : au Monde, la place de la politique n'a cessé de se réduire, la rubrique politique n'existe plus, mais la rubrique Europe-France, et tout ça en moyenne sur trois pages. Quand la nouvelle formule du Monde élaborée par Fottorino a été mise en place, dans le groupe de travail Vivaldi, il n'y avait aucun représentant du service politique. L'actuelle direction du journal ne vien pas du service politique. Ce qui se passe, c'est une volonté de réduire la place de la politique dans les journaux, parce que le rôle des journalistes est de permettre de comprendre, ce qui permet de donner une vision caricaturale de la politique. Deuxièmement : sur l'affaire Tapie, j'ai suivi les auditions, on a une démonstration concrète du résultat : quand j'appelle pour dire "regardez tout ce qui s'est passé", réponse "eh non, on n'a pas la place", ça s'est traduit par une brève, qui renvoyait à un papier qui est paru sur Le Monde.fr, le fait que Charles de Courson s'interrogeait sur la légalité. Eh bien, sur ce site, ce papier avait été le plus lu et le plus commenté, ce qui montre bien qu'il y a une demande réelle. Sur l'éditorial du Monde d'avnat le 1er tour, pour ma part, je m'honore d'avoir au sein de la rédaction, demandé que ce ne saoit pas là la prise de position du Monde, j'ai été un peu seul. Une fois que cet éditorial a été paru, j'ai reproché au directeur de la publication de cet éditorial, et j'ai dit publiquement que cet éditorial m'avait choqué.

Bayrou : on voit l'importance du débat actuel brûlant, qui n'était pas envisageable dans les vingt dernières années. Il me semble qu'est en train de naître un mouvement civique des journalistes.

Schneidermann répond à Patrick Roger et se félicite qu'Internet ait permis de lire le papier sur lemonde.fr.

Bayrou : si Le Monde avait dit la vérité dans l'afaire Tapie, ils en auraient vendu 150 000 ex de plus.

Scneidermann poursuit : les questions politiques sont effectivement européennes, donc l'intitulé choisi est valable. Il y a encore trop de papiers politiciens. Un certain journalisme politique curial n'est plus accepté aujourd'hui, la presse peut d'en sortir en allant là où se passent les choses dans la société, dans les couloirs de la commission européenne.

Mauduit : l'un des responsables a aussi été la peoplisation des journaux. Le bon journaliste va à la curiosité, à l'enquête, regarde sous le tapis (rires sur l'allusion)... Le débat éditorial au coeur de la crise du Monde a été celui décrit par Patrick Roger, la disparition du journalisme d'enquête.

Quelqu'un de la salle : c'est la middle-class qui utilise les sites d'info.

Je suis obligé d'interrompre ici. J'espère que ce compte-rednu à chaud n'a pas été trop décousu et qu'il a rendu un compte honnête de ce qui était dit. Merci de l'avoir lu.

17:22 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : modem, bayrou, lepage, daniel schneidermann | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/08/2008

Confusion budgétaire.

La majorité pratique la confusion : confusion des pouvoirs, confusion des rôles, confusion tout court tant tout y est nébuleux, et c'est la France qui finit doublement confuse, honteuse et égarée.

Puisque le président s'expose en président de l'Europe, courant de Moscou à Tbilissi, il faut que le premier ministre parle de l'Europe aussi : le voilà qui réclame une coordination des politiques économiques des pays européens. Ce faisant, il chevrote des incantations de père-la-rigueur que sa politique dément par la masse des cadeaux faits aux amis du régime et par le manque d'imagination abyssal des prétendues réformes économiques et sociales qui ne sont que la satisfaction des préjugés de la frange la plus rétrograde du patronat. Les déficits s'ouvrent, plaies béantes, sans remède autre que les microcosmiennes bisbilles au sommet de l'État.

Il y a peut-être une part de mise en scène dans ces bagarres de l'Olympe répubicain. Mais devant l'électeur, le char tiré par deux chevaux dont l'un braque à l'ouest, l'autre au septentrion, ne pourra guère prétendre à la victoire. On voit mal comment leur campagne européenne pourrait aboutir, tiraillée entre euroscepticisme et volontarisme européen.

En vérité, le problème central de l'Europe, outre l'absence du citoyen, est qu'un pays veuille y détenir le leadership : l'Allemagne demande trop et ne se montre pas assez modeste pour que l'idée européenne puisse continuer à s'épanouir sereinement. Cette réalité est perçue par les Européens et ajoute aux irritations courantes manifestées lors des référendums. L'Europe se fait à plusieurs ou pas du tout. C'est d'ailleurs aujourd'hui le problème du volontarisme : nos partenaires ont rarement envie de faire progresser l'Europe, même quand nous l'avons, ce qui est de plus en plus rare.

Dès lors, le discours de François Fillon réclamant une coordination économique européenne ne peut être interprété comme une initiative européenne, mais plutôt comme une phrase marketing française. L'Europe, entraînée dans la confusion générale, n'est plus qu'un hochet.

Vivement que nous ramène sur le chemin des vrais sujets l'excellente Quitterie Delmas.

21/07/2008

Représentativité, diversité, proportionnelle, mandat unique : après Versailles les vrais combats de l'avenir.

La France a l'habitude des demi-mesures. La constitution de la Ve république, dès l'origine, sacrifia à cette manie en ménageant la chèvre présidentielle et le chou parlementaire.

Cependant, il y avait une logique en 1958 : le président, face à un parlement effervescent, parfaitement ingouvernable, incarnait la permanence de l'État et arbitrait entre les factions.

Cette logique a disparu assez vite, remplacée par une logique caporaliste. Et le quinquennat a parachevé l'effacement du parlement.

C'est donc officiellement pour rééquilibrer les pouvoirs et rendre du poids au parlement que la réforme des institutions a été faite.

Autant dire tout de suite que certains instruments parlementaires ont été introduits dans le nouveau texte, qui pourraient faire croire que des efforts réels ont été faits, mais ce n'est pas le cas : donner la maîtrise de l'ordre du jour à une assemblée qui est de la même couleur politique que le président revient à donner la maîtrise à la majorité, dont on sait qu'elle est constamment sous pression du président. C'est donc illusoire. C'est à peine une demi-mesure.

Je l'ai dit et je le répète : le quinquennat impose la séparation stricte des pouvoirs et l'élection de l'Assemblée Nationale à la proportionnelle intégrale. Tout autre système ne peut aboutir qu'à concentrer de plus en plus les pouvoirs entre les mains du président de la république, avec tous les inconvénients que chacun constate.

Sur le chemin de l'aboutissement que j'ai mentionné, le minimum serait d'améliorer la représentativité du parlement, et François Bayrou a eu grandement raison de réclamer la proportionnelle, il a eu grandement raison de refuser le texte tel qu'il était proposé. Et Quitterie Delmas trouve là un premier enracinement à son combat pour le mandat unique.

Oui, une fois de plus, avec elle, il faut regretter très fort que l'on n'ait pas pris l'occasion de cette réforme pour interdire le cumul des mandats.

C'est le sens très puissant de sa belle note d'aujourd'hui sur l'avenir.

05/07/2008

Pour l'organisation d'une consultation sur la motion d'Éric Julliard en septembre.

On ne peut pas me taxer de rouler pour Julliard dont je désapprouve entièrement les méthodes. Cependant, pour être juste, il faut avoir une position entièrement équilibrée.
 
Les statuts sont clairs : dès lors que certaines conditions de forme sont réunies (la signature de vingt conseillers nationaux par exemple), les autorités du MoDem doivent organiser une consultation sur la motion proposée. Bayrou s'était engagé à la création de cette procédure, il l'a fait. Assumons avec lui.
 
Et donc en septembre ou au prochain courrier circulaire général (pour ne pas alourdir les frais de fonctionnement de notre mouvement qui n'est pas riche), je souhaite que la motion Julliard soit mise aux voix.
 
D'ici là, je pense qu'il serait utile que les vingt conseillers nationaux signataires se fassent connaître et que, à travers les blogs et les sites d'expression interne, ils s'expliquent sur leur démarche. C'est là que l'on en verra la pertinence.
 
J'ajoute que j'ai expédié aujourd'hui même mon bulletin portant mon approbation de la motion de François Bayrou.

23:33 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : modem, politique, bayrou, Éric julliard | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Le MoDem entre âge des cavernes et pluralisme.

Souvenons-nous de la joie que nous avons eue avec Quitterie Delmas en janvier dernier : enfin, le temps des candidatures uniques était révolu. Enfin, il y avait plusieurs listes, chacune avec sa vision, son identité, aux élections internes, fait inouï au temps de l'UDF telle que nous l'avons connue.
 
C'était une vraie satisfaction.
 
Hélas, où en sommes-nous ?
 
Peut-il y avoir un retour à l'âge des cavernes ? un retour au temps des motions uniques, des candidatures uniques ? Mais alors, il y a fort à parier que ces cavernes prendront un sens fort platonicien de théâtres d'ombres...
 
Il faut donc travailler à ce que le débat puisse se faire.
 
Pour cela, je ne suis pas certain que la hargne procédurière d'Éric Julliard soit la mieux inspirée. Un personnage qui est (dit-on) capable de menacer (sur e-soutiens) un autre militant de poursuites judiciaires parce que celui-ci a osé révéler ce que tout le monde murmure, qui est que le ténébreux correspondant anonyme qui vomit bile et pus sur Bayrou depuis un an sur e-soutiens n'est autre que Julliard lui-même, un tel personnage ne peut guère s'attirer la sympathie, d'autant moins d'ailleurs que l'argument avec lequel il le fait tient du plus haut ridicule : cette levée d'anonymat serait un traitement informatique au sens de la loi Informatique et Liberté... et pourquoi pas une diffamation ? Tout cela est ridicule.
 
Disons les choses franchement : le rejet de la motion Julliard pour des raisons de forme est absurde. À titre de comparaison, le Conseil d'État, lorsqu'il a à connaître de décisions dont les signatures sont un élément substantiel, ne rejette pas ces décisions, mais soumet leur validité à régularisation. Autrement dit : "dès que j'aurai connaissance des vraies signatures, je validerai".
 
Cette position intelligente aurait pu et dû inspirer le Comité de Conciliation et de Contrôle.
 
En temps normal, on dirait que l'erreur commise par cette autorité en se raidissant profite à son adversaire qu'elle victimise. Ce n'est cependant pas le cas cette fois-ci. Car il y a une erreur d'analyse profonde chez Julliard et ses amis : ils croient qu'existe un mécontentement refoulé des adhérents du MoDem. Ils croient se faire les porte-paroles d'une vox populi qui dit la vérité que les autres n'osent pas formuler, bon peuple écrasé par l'infâme tyrannie exercée par Bayrou.
 
C'est une erreur totale : ceux qui étaient mécontents l'ont su très vite, dès l'automne dernier et s'en sont allés depuis cette époque, ils ne s'intéressent plus guère à nos affaires. Et d'après ce que je lis sur le taux de réadhésions, ils étaient très minoritaires déjà. Rappelons-nous qu'en janvier, la liste Branaa, sur cette ligne, en Île de France, a fait 10 % des voix seulement.
 
Pour beaucoup d'adhérents, Bayrou a subi tant de manoeuvres dans le passé, qu'on ne doit pas se formaliser trop de ses façons de procéder à l'intérieur même du MoDem : un excès de formalisme finirait par bénéficier à Sarkozy. C'est ce que la majorité de ceux qui se tiennent informés pensent à mon avis, sans compter ceux qui suivent la vie interne avec une distraction pressée. Pour eux, tout ça n'est pas bien grave, il y a un consensus pro-Bayrou dans le MoDem et une conviction que la division réelle ne peut que lui nuire.
 
C'est d'ailleurs ce qu'il a dit lui-même lors du café démocrate auquel l'excellente Quitterie l'a invité à l'automne dernier : "quand tu montres tes divisions, tu es mort".
 
Nous revoilà donc au noeud du problème : le pluralisme.
 
Comment faire en sorte que le pluralisme ne soit pas la division ? Je crois que c'est en étant de bonne foi et que c'est ce qui a manqué aux récents épisodes, de part et d'autre : la bonne foi.
 
Mais il y a un aspect institutionnel aussi : les articles du règlement intérieur et des statuts qui prévoient la consultation des adhérents ne disent pas que plusieurs consultations connexes soient forcément exclusives les unes des autres. Autrement dit, les adhérents ont la faculté de voter à la fois pour la motion Bayrou et pour la motion Julliard si celle-ci est validée. C'est une lacune : il faudrait qu'il puisse y avoir une consultation où certaines motions soient en alternative, ce serait plus clair.
 
Enfin, je dois dire que je ne comprends pas que les Julliard boys n'aient pas rédigé leur motion sur le seul point de fond qui les différencie vraiment de Bayrou ces jours-ci : le règlement intérieur. Étant donné qu'ils ont bataillé ferme pour un règlement alternatif, jurant sur tous les dieux qu'ils étaient plus légitimes que Bayrou pour le rédiger, passer à autre chose comme du coq à l'âne ne peut que les exposer au qualificatif d'incohérents. De surcroît, ç'aurait été plus simple, premettant aux adhérents qui l'auraient souhaité de dire clairement "je désavoue Bayrou", ce que ne leur permet pas la motion Julliard qui noie le poisson.
 
Bonne foi, clarté, voilà donc deux exigences minimales pour nos adhérents, pour un fonctionnement de bonne qualité de notre mouvement.
 
J'ajoute par ailleurs que je vourais savoir qui est le dénommé Zauberman que Bayrou aurait fusillé en direct au Congrès et qui est si important que Quitterie m'en a alors parlé et d'autres après elle depuis.
 
Voilà, je crois avoir tout dit de ce que je pense : que le CCC et Bayrou pratiquent la clémence d'Auguste, qu'en face on choisisse la clarté constructive plutôt que la démolition en gros et en détail, et nos modémistes pourront enfin s'occuper de l'essentiel : la critique de la politique de la France par la droite inégalitaire.
 
Un vrai sujet. Enfin.

16/06/2008

Le renouvellement.

Bayrou l'avait promis l'an dernier, c'est un point où le discours de Quitterie Delmas avait marqué la thématique originelle du MoDem : le renouvellement des acteurs et des pratiques politiques, l'émergence d'une génération politique nouvelle. Et c'est sans doute l'aspect par lequel Bayrou a été le plus ponctuel, parfois par la nécessité du départ des anciens, parfois par l'énergie des nouveaux.
 
Oh, il reste bien des progrès à faire, notamment dans l'organigramme du MoDem qui reste à compléter.
 
Quitterie Delmas, dans l'opération MODERNISATION = NON CUMUL, qu'elle a lancée, a relancé à la fois la réflexion et l'intérêt sur les questions de gouvernance devant lesquelles la pseudo-réforme des institutions a drapé un rideau de fumée. Elle a aussi rappelé (et elle rappelle) que les dispositifs institutionnels sont souvent les plus efficaces pour faire bouger les choses, et que pour libérer des espaces aux initiatives nouvelles, il fallait libérer celles-ci d'inerties anciennes.
 
C'est bien vu.

09/06/2008

Mon principal regret à propos de la convention Europe d'hier.

La longue matinée d'hier, à la Maison de la Chimie (le maison de l'UIMM...), hier, a commencé pour moi par une flatterie : j'y suis allé à pied et, sur le chemin, rue Saint-Dominique, j'ai croisé François Bayrou, la voix éraillée et visiblement fatigué mais content de son aller-retour au Liban. Il m'a dit "... et... c'était un moment d'unité nationale". J'ai acquiescé. C'est vrai et c'est important : c'est le signe de l'intention de Bayrou de se réancrer dans les thèmes de sa campagne présidentielle, ce qu'il a fait dans son discours de clôture d'une façon qui m'a paru explicite.

Le compliment est modeste : "toi qui sais tout...". Voilà, je sais tout. Bon, c'est un peu classique pour quelqu'un à qui on va demander un renseignement (il m'interrogeait sur l'adresse exacte de la Maison de la Chimie, chose assez curieuse, vu qu'il y a été conduit par son chauffeur polonais), mais enfin, ne chipotons pas.

Chipotons d'autant moins que Bayrou a commencé son discours en citant deux fois le nom de mon blog :

- Un an jour pour jour avant l'élection européenne.

Et il a répété :

- Un an jour pour jour avant l'élection européenne...

La convention était supposée avoir lieu un an jour pour jour avant l'élection européenne. Or à moins que l'on ait changé le calendrier ou que l'élection n'ait pas lieu un dimanche, il est évident qu'avec une année de 365 jours, soit 52 semaines et un jour, ce jour-pour-jour-là est un artifice, le 8 juin 2009 ne sera pas un dimanche, le dimanche de l'élection ne sera pas un 8 juin. 

Quoiqu'il en soit, si l'on doit évoquer les temps forts de ces cinq heures, je mentionnerai le plaidoyer extraordinaire d'Eva Joly, de loin la plus applaudie, et c'était mérité. J'ai été impressionné par ce que Jean-Luc Domenach a dit de la Chine et par les calculs sur la nécessaire immigration développés par le député belge Desprez. J'ai été intéressé de voir et d'entendre des blogueurs démocrates établis dans d'autres pays européens : Quindi (Arnaud Hoyois) et Florian Chiron. D'autres de la salle ont également pris la parole, notamment Marianne Bondaz, l'une de nos "citoyens démocrates".

Tout cela était une bonne mayonnaise.

Mais après avoir entendu le plaidoyer si vibrant d'Eva Joly contre la corruption, je dois dire que j'ai plus qu'un regret, presque une indignation : avoir entendu Bayrou réenfourcher (si j'ose dire) le lobby du cheval.

- On n'a pas fait l'Europe pour les bookmakers ! a-t-il clamé en s'en prenant à la décision bruxelloise de contraindre la France à ouvrir le marché des paris sur les courses de chevaux.

Franchement, comme je l'ai déjà écrit, le cheval, j'aime ça sous la forme d'entrecôte et je trouve que l'ouverture du marché des paris n'est pas en soi une mauvaise chose, même si elle doit froisser les intérêts à court terme d'une filière qui découvrira bien le moyen d'en tirer parti, je lui fais confiance.

Mais s'en prendre à une décision politique parce qu'elle heurte non pas l'intérêt public, mais celui d'un lobby, qui plus est un lobby où l'on a soi-même des intérêts sonnants et trébuchants.... Tssss... Non, vraiment, ça ne va pas. Il faudra faire mieux la prochaine fois, d'autant plus que l'illégalité des champs de courses n'a pas encore atteint le délai de prescription et que Bayrou faisait bien partie des instances qui l'ont cautionnée.

Enfin, je déplore, à propos du conseil national qui a eu lieu juste après, que nos amis Nadia Falfoul et Jérôme Charré n'aient pas été élu au secrétariat du conseil national. C'aurait été un signe fort en direction des amis de Quitterie Delmas. Dommage. 

07:28 | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : modem, europe, bayrou | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook