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07/06/2008

Cumul des mandats : quelques vidéos.

Deux vidéos prises pendant la campagne présidentielle, quand il s'agissait de plaire aux électeurs :
 

 
 
 
Et depuis, par exemple :
 
 
 
 
 
Et le plus caractéristique :
 
 

31/05/2008

J'ai demandé à François Bayrou de m'inscrire parmi les conseillers nationaux cooptés.

Mes lecteurs auront suivi l'étrange affaire de jeudi, la découverte que j'ai faite que la pratique qui avait été celle de l'UDF à la fin des années 1990 (qui était que les suppléants remplaçaient les titulaires occasionnellement absents) était abandonnée par le MoDem, illogiquement à mon avis mais formellement.
 
Dans ma concertation avec Quitterie Delmas (au téléphone portable du fond de mon bain où je bouillonnais d'indignation), jeudi matin, celle-ci m'avait incité à demander à François Bayrou de m'inscrire sur cette liste des cooptés, conformément aux statuts.
 
J'ai envoyé ma démission jeudi par courrier et je viens à l'instant d'adresser un courriel à François pour solliciter de lui cette inscription. Je l'ai fait parce que je crois que Quitterie trouverait utile que j'assiste aux conseils nationaux.
 
Le reste appartient à elle et François Bayrou (et aux autres conseillers nationaux qui, le cas échéant, ratifieront cette décision si elle est prise). 

30/05/2008

"Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur".

Si demain vous me lisez complimenter Bayrou, vous saurez que je pense ce que j'écris et que ce n'est pas inutile flagornerie. Pourquoi (ou plutôt comment) le saurez-vous ? parce qu'aujourd'hui, hier, à un moment, j'ai eu la frnchise, parfois vive, de dire que je n'approuvais pas telle pratique ou telle décision. C'est par la critique que l'éloge prend son relief.
 
C'est en partie pourquoi je regrette que Farid Taha se soit désormais enclos dans une critique systématique et quasi-militante, au lieu de chercher à faire progesser l'oeuvre commune.
 
Que chacun fasse selon sa conscience.
 
Quoiqu'il en soit, on sait que la citation de Beaumarchais que j'ai placée en exergue dans mon titre est un peu la devise commune de tous les journalistes, éditorialistes ... et blogueurs, de tous ceux qui se réclament de la liberté d'expression. Elle est un peu la préface de la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789.
 
Or on constate chaque jour la remise en cause de cette liberté, notamment par le pouvoir actuel, qui s'est d'abord longtemps appuyé sur le pouvoir économique qui contrôle la presse, et qui se borne maintenant à une critique particulièrement insidieuse.
 
Quant au web, depuis le crime de lèse-majesté du "Casse-toi pauvre con", il est en ligne de mire. À vrai dire, il l'était déjà avant. Disons qu'avec l'affaire du salon de l'agriculture, la rupture est consommée.
 
Et la loi Hadopi se veut évidemment comme une mise au pas de ce média turbulent qu'est la Toile. J'invite au passage à lire l'excellent article retranscrit aujourd'hui par Quitterie Delmas sur son blog. Les avis défavorables commencent à s'amonceler contre ce texte.
 
Occasion de relire Beaumarchais : 
 
"Que je voudrais bien tenir un de ces puissants de quatre jours, si légers sur le mal qu'ils ordonnent, quand une bonne disgrâce a cuvé son orgueil ! je lui dirais... que les sottises imprimées du web n'ont d'importance qu'aux lieux où l'on en gêne le cours ; que sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur ; et qu'il n'y a que les petits hommes, qui redoutent les petits écrits."

29/05/2008

Lendemains de cuites.

Dois-je dire que je n'ai été qu'à moitié surpris d'entendre Alain Juppé, malgré toutes ses promesses, malgré tous les engagements solennels pris devant les électeurs, commencer à évoquer la possibilité qu'il puisse de nouveau jouer un rôle dans la politique nationale ?
 
Sont-ils incorrigibles ?
 
Et Montebourg expliquant, paraît-il, dans un récent reportage, sa renonciation au non-cumul par le fait qu'il a été "vaincu par le système" ?
 
De qui se moque-t-on ?
 
Quand les politiciens comprendront-ils qu'il faut impérativement que, selon l'éternelle expression, ils fassent ce qu'ils ont dit ?
 
Pour une large part, la crise profonde que traversent aujourd'hui les trois vedettes de la dernière présidentielle est la même : ils ont adopté une posture pour le temps de la campagne. Ils ont dit des choses qu'ils ne pensaient pas, ils ont raconté n'importe quoi pour se faire mousser. Seulement après, il faut assumer.
 
Bayrou prétendait gérer ses relations avec les gens d'une façon très web. Or lors de la réunion du 8 mai, lorsqu'il a eu le front de dire "Je réponds à presque tous mes mails", la dénégation lui est revenue au visage, immédiate, spontanée, sans calcul, même (et surtout) de la part de ceux qui le soutiennent ardemment : "Non". De fait, j'ai envoyé cinq mails à Bayrou (je n'abuse pas de la chose), il n'a répondu à aucun. Et je suis très loin d'être le seul.
 
La promesse de "faire de la politique autrement" est restée lettre morte. Bayrou mène le MoDem comme il menait l'UDF : à coups de recettes. Pour emplir la salle de sa journée européenne, il a ainsi convoqué un conseil national la veille au soir. Ca tombe bien : c'est un week-end. Les provinciaux pourront avoir envie de rester à Paris pour l'Europe...
 
Or Bayrou se trompe.
 
Et sa réticence à se moderniser, très "vieille UDF", prouve peu à peu que, comme Sarkozy qui a fait sa campagne en prétendant être le président du pouvoir d'achat, comme Ségolène Royal qui a fait la sienne en prétendant qu'elle était libre, Bayrou, qui a fait sa campagne sur la fraîcheur, sur l'avenir, et sur la nouvelle génération, n'a pas encore cuvé sa cuite, ni fait siens les préceptes qu'il prétendait tels il y a un peu plus d'un an.
 
S'il n'y parvient pas, il retombera dans les limbes. 

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20/05/2008

Élus à vendre.

Quatre valeurs ont attiré des élus de gauche vers Nicolas Sarkozy l'an dernier : l'atlantisme (Kouchner par exemple), le communautarisme (qui draine un courant entier de la gauche), et puis deux qui se ressemblent un peu : le pouvoir et l'argent. J'entends par le pouvoir le fait de détenir l'autorité (même si on l'exerce mal) et de distribuer les largesses et les places.
 
En fait, ce qui est arrivé aux socialistes (et qui se reproduira certainement), c'est beaucoup cela, un phénomène bien connu de l'ancienne UDF : les élus, préoccupés uniquement de leur propre jardin, sans solidarité, vont au plus offrant. Quelques-uns abandonnent leur étiquette, beaucoup la gardent et la maquerellent.
 
C'est ainsi que l'on vit, lors de la campagne présidentielle de 1988, s'amenuiser la liste des soutiens réels de Raymond Barre. L'UDF soutenait celui-ci très officiellement, mais il y eut plusieurs catégories de tièdes et de de mous, voire de fuyants, voire pire.
 
Première catégorie : ceux qui, en fait, n'ont jamais soutenu Barre : Santini, par exemple. On pensait que c'était parce que les réseaux corses étaient assez fortement mobilisés autour de Chirac par Pasqua, mais ça allait probablement plus loin. Certains élus parisiens de l'UDF traînèrent beaucoup les pieds aussi, dont le président de l'UDF de Paris, le très corse Jacques Dominati. Il faut dire que l'élection municipale avait lieu l'année suivante et que ceux qui se sentaient fragiles jouaient la sécurité, ou bien au contraire, s'ils se trouvaient forts, ils se négociaient habilement.
 
Et puis il y eut d'autres catégories, comme ceux qui, en début de campagne, soutenaient Barre activement, puis se sont éloignés, et finalement, on a compris qu'ils avaient reçu bonnes promesses chez Chirac.
 
À leur décharge, Barre se souciait assez peu d'eux : il n'était adhérent d'aucun parti politique et considérait, assez gaullien, que si on l'élisait, c'était pour lui, parce qu'il pourrait se placer au-dessus des partis. Ce qui ne l'empêchait nullement de s'appuyer sur ceux qui avaient le relatif masochisme de le soutenir.
 
Pour motiver les quadras qui assumaient les responsabilités dans les partis en question, il disposait tout de même d'une sucette : le poste de premier ministre. Barrot, Méhaignerie, Léotard, tout le monde se voyait premier ministre. Et quand Charles Millon prit une importance prépondérante dans le dispositif de Barre, certains postulants y virent le signe qu'il deviendrait premier ministre. Ca changeait tout : si c'était simplement pour devenir ministre, autant valait négocier avec Chirac, ou tout au moins ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier, ce qui tiédissait évidemment les ardeurs.
 
Et c'est ainsi : dans la mesure où la carrière personnelle seule est en jeu et où l'appareil partisan est incapable de réagir à des formes sournoises de trahison, toutes les négociations de l'ombre sont possibles.
 
Car n'oublions pas que de nombreux élus, même de gauche, sont, selon l'expression du sénateur Legrand "actionnés" par des lobbies économiques, qui comptent bien plus que leur étiquette partisane dans leur édifice politique personnel. désintéresser un lobby, c'est parfois une façon de neutraliser un pion politique, voire une tour.
 
C'est désormais le destin du PS.
 
Au Mouvement Démocrate, nous n'avons plus guère ce souci, sauf à la marge. C'est notre force. Notre force paradoxale. 

21:04 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : politique, ps, ump, sarkozy, modem, nouveau centre, bayrou | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

"Une Europe sociale, une Europe des citoyens".

Hier matin sur Radio Classique, comme je l'ai rapporté, Quitterie Delmas a annoncé qu'à l'occasion de la journée du 8 juin, les Démocrates allaient affirmer leur vision d'une Europe sociale, tournée vers les citoyens. Bien entendu, c'est le moyen, comme elle le dit, de "réconcilier les Français avec l'Europe". Car depuis l'échec du référendum constitutionnel, en 2005, les Français n'ont pas eu l'occasion de s'exprimer sur ce sujet.
 
La seule façon pour eux de le faire fut le second tour de la présidentielle.
 
Or là, ils se sont prononcés pour une hypothèse qui n'a pas vu le jour : celle d'un traité simplifié. Sarkozy avait dit dans le débat final que la constitution fffuit, c'était plié, fini, on n'en parlait plus, sujet clos, juste un petit traité pour régler quelques questions purement institutionnelles.
 
Simplifié ? Tout le monde sait que le traité de Lisbonne est encore plus compliqué que le précédent. Tout ce qui lui manque, c'est le drapeau et l'hymne. Pour le reste, rien n'a bougé, on a ratifié par voie parlementaire ce que le peuple avait rejeté par voie référendaire.
 
En ôtant le mot constitution, le drapeau et l'hymne, on a juste fait des concessions aux souverainistes.
 
Mais est-ce par souverainisme que les gens ont voté contre ? Seulement ?
 
Mais non : on voit bien que ce qui a été rejeté, entre autres, c'est une pratique institutionnelle insuffisamment tournée vers les gens, vers les individus, vers ceux qui ne sont ni des gros lobbies, ni des représentants de corporations. Vous, moi, n'importe qui. Les citoyens.
 
Longtemps, l'Europe des citoyens fut au coeur de la revendications des politiques vers les administratifs de Bruxelles.
 
Des progrès ont été faits en ces temps, notamment pour la libre circulation et de nombreuses simplifications, pour les études, Erasmus, et toute sortes de projets comme ça qui ont forgé les générations nouvelles.
 
Mais trop souvent, l'Europe considère que l'intéret général se résume à l'édifice communautaire, et considère que le démantèlement des services publics historiques, par exemple, est nécessaire à ce principe communautaire, oubliant que ces services ne sont pas des lignes comptables, mais des acteurs de la vie des gens.
 
De la même façon, bien que l'Europe ait beaucoup fait pour élever les normes environnementales, elle s'est laissé dominer par des logiques strictement productivistes, jouant la machine contre l'homme, le profit contre le service, la performance contre l'aménagement.
 
C'est à ces défauts qu'il faut remédier, que les élus des nouvelles générations doivent s'attaquer. Car si on ne les corrige pas, l'édifice sera constamment en péril.
 
La politique est et doit être faite pour les gens.
 
Donc oui à "l'Europe sociale, l'Europe des citoyens" de Quitterie Delmas. 

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15/05/2008

Le débat progresse au MoDem.

Quitterie Delmas (avant que son blog ne soit envahi d'un étrange virus) avait déjà salué l'excellent déroulement de la réunion du 8 mai qui avait auguré d'une mutation profonde du Mouvement Démocrate dans le sens du débat et du travail participatif. Le compte-rendu donné aujourd'hui par Olivier Montbazet (alias KaG) sur son blog de la réunion du Conseil National confirme l'opinion de Quitterie et ne peut que nous réjouir : non seulement le MoDem est en ordre de marche, comme le dit Bayrou, mais en plus, il marche à l'énergie de toutes ses bonnes volontés. Voilà de quoi appréhender l'avenir avec confiance.

Le mythe du centre.

Beaucoup de sociétés archaïques croyaient que le monde avait un nombril, non seulement un centre géométrique, mais un pôle mystique. Et bien entendu, ce pôle mystique leur était étroitement lié. Dans une certaine mesure, Rome joue encore ce rôle (en concurrence avec Jérusalem) pour le catholicisme et La Mecque pour l'islam.
 
À cette même idée pouvait se rattacher l'idée que la terre se situait au centre de l'univers, pour laquelle on a fait des procès en inquisition à la Renaissance. Pour que l'Homme fût au centre de la Création, il fallait qu'il fût apparu sur la planète-phare du cosmos, celle autour de quoi tout le reste gravitait.
 
En somme, l'égocentrisme féroce, identique à celui des petits enfants, se posait en pensée cosmique et en dogme intouchable.
 
Il y a quelque chose de tout cela dans la conception que l'on a, en France, du centre en politique. Bien sûr, c'est d'abord une aire, un domaine d'idée et de comportement, situé entre l'espace dévolu à la droite et celui que s'octroie la gauche. Mais c'est aussi, croit-on souvent, un pôle, le pôle de convergence des opinions des autres. Et plus encore, le pôle de convergence des attributs de la Raison.
 
De fait, le centre, en politique, a un réel rôle structurant, les tendances politiques sont souvent centripètes ou centrifuges. Autour du centre et à sa proximité, on se laisse volontiers aller aux forces centripètes. Plus on s'en éloigne, plus l'énergie dominante est centrifuge, elle croît plus que proportionnellement à son éloignement du centre proprement dit.
 
En fait, ceux qui croient au centre en politique le conçoivent comme l'espace de pensée qui rend les conflits inutiles, parce qu'il fait de la politique une science exacte.
 
En somme, l'idéal, la perfection. Sans doute trop.
 
Car le centre peine à se matérialiser dans une structure politique : il reste un espace. Cet espace a des valeurs, ou plutôt des valeurs lui sont étroitement liées, celles qui sont compatibles avec celles des autres, ou celles qui transcendent la polarité générale.
 
De toutes les valeurs de l'espace central, la bonne gouvernance et la bonne gestion sont les plus fortes, les plus visibles, les plus authentiquement centristes. C'est sur elles que Raymond Barre avait fait reposer sa campagne en 1988. Il y en a d'autres, en particulier l'intérêt général, qui ne peut être que centriste puisque par nature il conteste la pertinence des opinions des deux fractions de droite et de gauche.
 
C'est sur ce socle : bonne gouvernance, bonne gestion, intérêt général, que Bayrou a fait reposer sa percée d'avril 2007. Il faut dire qu'il était seul sur ces créneaux, seul dans l'espace central. Si je devais chiffrer la performance qu'il en a tirée, je dirais le score de Barre, 16,5%. Les deux points supplémentaires qu'il a obtenus, il les doit à d'autres thèmes, eux polarisés, sur lesquels il a su s'imposer, comme par exemple les logements hypersociaux qui ont eu un fort effet d'attraction sur des quantités de gens qui rêvent d'améliorer leur vie. On peut d'ailleurs regretter que, depuis la campagne présidentielle, il n'en ait plus fait mention.
 
Et donc, pour la prochaine fois, il lui reviendra d'accomplir une manoeuvre en deux temps : d'abord consolider son électorat naturel en rappelant les valeurs fortes (bonne gouvernance, bonne gestion, intérêt général), puis partir à la conquête d'autres électorats, soit également à droite et à gauche, soit un peu plus d'un bord que de l'autre, et pour cela, s'approprier des thèmes ordinairement polarisés. Il doit sans doute ajouter dix points à ses 16,5 naturels. Il y a donc beaucoup de travail, mais c'est possible et les deux campagnes intermédiaires (européenne et régionale) peuvent y servir, et conforter sa crédibilité s'il parvient à retrouver des scores puissants, ce qui est à sa portée pourvu qu'il choisisse bien ses candidat(e)s.
 
En n'oubliant pas que l'éventail des thématiques n'est pas le même pour ces scrutins que pour la présidentielle.
 
On voit que je ne suis pas très inquiet des tentatives élyséennes de diluer l'identité des Démocrates dans une émulsion de centrismes bigarrés.
 
Je le suis d'autant moins que, s'il est vrai que le MoDem est solidement ancré dans les valeurs centrales, il porte un fond d'âme qui, lui, n'est pas centriste et qui constitue son vrai moteur, à des milliers d'années lumière de la conception surannée qui embourbe les neurones élyséens.
 
Il y a bien une nouvelle façon d'être de gauche avec la solidité des valeurs centrales : c'est celle des Démocrates. 

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Quitterie Delmas répond à Blogonautes.

Voici une vidéo de Quitterie enregistrée fin mars pour le site Blogonautes. Elle y explique sa vie de blogueuse entre autres.
 
 
 

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12/05/2008

Les points forts de l'argumentation de Bayrou.

1 "Quand je me considère, je désespère, mais quand je me compare, je reprends espoir".
 
Le premier atout de Bayrou est comparatif. La citation de Sacha Guitry que j'ai mise en exergue le dit très bien : au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.
 
Comment serait-il possible aujourd'hui de s'exalter pour un PS encroûté, notabilisé, ringardisé, peoplisé, balkanisé ? Et comment pour une UMP pour qui le mot "réforme" signifie systématiquement retour à un hypothétique âge d'or, avant mai 1981 ou avant mai 1968 ?
 
Les partis politiques ne sont que des systèmes de clientèles. Le MoDem, disposant de peu de responsabilités nationales et locales, a peu de prébendes à distribuer, donc peu d'instruments pour se forger une clientèle. Dès lors, ses militants sont de vrais militants, emmerdants et grande gueule comme les vrais militants, mais faits de chair et de sang, de vérité et de conscience.
 
L'atout de Bayrou réside donc dans sa faiblesse qui le contraint et le contraindra de plus en plus à souper au bivouac avec sa troupe plutôt que de dîner sur la banquette des généraux.
 
Puisqu'il affectionne les métaphores militaires ces jours-ci, en voici une tirée de la narration épique de la bataille de Pharsale par le poète romain Lucain. Avant la bataille, Jules César harangue ses troupes. Il leur donne un conseil, une consigne : "frappez-les au visage". En effet, les adversaires sont les jeunes de la bonne société romaine, voir les balafres défigurer leurs traits serait pour eux insoutenable. Leur coquetterie est leur point faible : "frappez-les au visage".
 
Et voilà, puisque les autres sont encroûtés et embourgeoisés dans les dorures des divers échelons de la République, frappons-les au visage.
 
2 Il est le seul à avoir un vrai et personnel intérêt à battre Sarkozy.
 
L'article de Nicolas Domenach mis en lien par Quitterie Delmas exprime très bien la perception très aiguë qu'a Sarkozy de cette réalité : étant donné l'ingouvernabilité du PS, seul Bayrou, leader incontesté des Démocrates, représente une menace crédible pour la majorité au pouvoir.
 
De fait, Bayrou, débarrassé de ses lieutenants notables, éloigné de ses lobbies originels, n'a plus rien d'autre à défendre que sa conception du pouvoir et sa vision de la France, du monde et de l'Histoire. Il n'a plus rien à perdre. Il a (pour reprendre une autre citation césarienne) "brûlé ses vaisseaux".
 
Le voici seul devant ce qu'il estime être sa mission : recoudre la France, améliorer les pratiques politiques, restaurer l'État, libérer les intiatives, moderniser la protection sociale sans la réduire.
 
En sacrifiant tout à cette mission, il a cherché à convaincre avant tout de sa sincérité, de sa "bonne foi", comme il dit. C'est un grand atout.
 
3 Et puis, son meilleur atout, c'est elle :
 
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11/05/2008

Le point faible de l'argumentation de Bayrou.

L'architecture du projet institutionnel voulu par Bayrou est désormais connue. Il reprend les fondamentaux de l'organisation de feue l'UDF : des fédérations sur la base des départements, fractionnables en sections en fonction des implantations plus locales. Dans chacune de ces fédérations, un bureau et un conseil départemental, et un délégué du national, ce qu'on a nommé en d'autres temps un "oeil de Moscou".
 
Pour le national, l'ancien comité exécutif est devenu Bureau exécutif et le bureau politique est devenu Conseil national. Le Conseil national ancienne manière se nomme Conférence nationale.
 
Les différences sont cependant notables : le bureau politique de l'UDF était bien plus nombreux que le nouveau Conseil national, cependant que l'ancien Conseil national était moins nombreux que, sur le papier en tout cas, la Conférence nationale.
 
Plus encore : l'ancien Bureau politique était élu d'une manière différente (je crois que c'était par le congrès sur liste nationale, un truc très verrouillé), la nouvelle formule laisse plus de place aux initiatives militantes, comme on l'a mesuré en janvier. Et je crois que cette mutation imposera des changements importants dans les méthodes de travail.
 
Autre innovation, de taille, dont on ne connaît pas encore la puissance : le référendum interne, y compris d'initiative militante. J'espère qu'on se dépêchera de faire usage de cet instrument fondamental : le référendum d'initiative populaire. Trouvons vite une idée et lançons-en un.
 
Mais au-delà de cette organisation, ce qui compte, c'est que Bayrou paraît décidé à intervenir fortement sur les exécutifs départementaux pour promouvoir partout des gens à lui. Il y aurait là un moyen de conserver ou de retrouver la confiance des gens qui doutent, en leur proposant des interlocuteurs supposés conformes aux raisons pour lesquelles, après la présidentielle, ils se sont inscrits par dizaines de milliers au MoDem.
 
Évidemment, plus qu'un dispositif juridique, un mouvement politique, c'est une bande de copains ou un réseau de confiance, ou ça devrait l'être. Des animateurs conformes aux préceptes bayrouistes (les "99 clones de Bayrou" dont j'ai parlé dans une précédente note), jeunes, innovants, débarrassés du carcan du statut de notable de province, cherchant à promouvoir l'intérêt général et à faire vivre des équipes, ce serait plutôt pas mal. Mais est-ce possible partout ?
 
Il y a en fait deux poins faibles dans la vision de Bayrou : le premier, c'est le personnel qu'il a à sa disposition ; de ce côté-là, on n'a guère le sentiment que les nouveautés doivent être majoritaires dans l'avenir.
 
En fait (et c'est le deuxième point faible, bien plus complexe), Bayrou va devoir nettoyer son appareil. C'est un peu effrayant, parce que ça fait purge, mais je crois que c'est le sous-entendu de son expression "un commando".
 
Il y a eu, lors de la dernière campagne présidentielle, des résistances de l'appareil UDF, un peu au national, un peu dans certaines fédérations. Ces sabotages, il vaut mieux les éviter pour la prochaine présidentielle et pour les scrutins intermédiaires. "Un commando", cela signifie une unité d'élite, soudée, concentrée sur le résultat. C'est à cela que Bayrou appelle, ce qui signifie que, dans les départements où l'exécutif traîne les pieds, les bayrouistes doivent se montrer et préparer la prise de contrôle.
 
Bien sûr, on s'expose à des enjeux purement individuels, des règlements de comptes personnels, voire des rivalités insurmontables, il va y avoir des cas inextricables, qui sont l'un des aspects de ce second point faible, mais Bayrou en est conscient, et fait entrer cette perspective dans ses paramètres.
 
Mais au-delà, il faudra qu'il réfléchisse à la continuité de l'animation du mouvement et au travail de ligne politique et de projet, non pas enfermé dans des commissions, mais ouvert sur la multitude des adhérents.
 
C'est cela, son vrai point faible : la multitude.
 
Pendants dix ans où Bayrou a dirigé l'UDF, il n'a pas su intéresser cette multitude, il n'a pas su conserver les bonnes volontés, le réseau, inexorablement, a décliné. Il n'a pas su insuffler une dramaturgie au militantisme quotidien, lui donner une densité d'intelligence et d'émotion qui tienne la multitude en haleine. Il a vécu l'époque à son propre rythme, sans prendre le nôtre en compte.
 
C'est à cela qu'il devra s'atteler, aux autres, à notre multitude, s'il veut faire des Démocrates un grand parti vivant. 

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10/05/2008

Voici pourquoi je n'aime pas la politique.

Après plus de vingt ans de militantisme, où j'avais donné l'essentiel de mon temps à une structure qui ne m'avait pas rendu grand chose, j'avais fini par m'éloigner de tout ça, continuant seulement à soutenir Bayrou d'une façon diffuse, votant pour lui lors des assemblées internes, mais très sceptique sur sa gestion des ressources humaines de son mouvement, l'UDF (ou la Nouvelle UDF). Je ne voyais personne de meilleur que lui, borgne parmi les aveugles, et auprès de lui travaillaient des vieux copains à moi que je soutenais au fond.
 
Un jour est apparu Quitterie Delmas et j'ai repris goût à tout ça. Sa fraîcheur, sa conviction que l'on pouvait changer les pratiques politiques, son énergie, sa faculté de fédérer des profils très divers, tout cela m'a rendu à l'activité politique.
 
Hélas, aujourd'hui, tous nos espoirs sont à l'épreuve des faits.
 
Nous voulons changer le mode de fonctionnement des appareils politiques. Et nous savons que personne mieux que Bayrou ne peut imposer ce changement à la société française, s'il le veut vraiment.
 
Pour le faire, Bayrou construit son mouvement et, en chemin, il use d'autorité. C'est sa conviction de père de famille, celle qui lui a fait, un jour, donner une taloche à un mioche qui lui faisait les poches. Mais moi, l'autorité, je déteste ça. Je n'aime ni l'exercer (ça m'est arrivé) ni la subir.
 
L'idée qu'il faille un patron pour faire vivre une équipe, Bayrou la défend, il a certainement raison. Mais ce n'est pas pour moi.
 
Et le pire, dans tout ça, est qu'il ne cesse de mettre Marielle de Sarnez en avant alors que, en matière de gestion humaine, elle est ce que j'ai rencontré de pire. Il paraît qu'elle endosse maintenant les oripeaux du réseau collaboratif. Elle est tombée sur la tête ou c'est une farce. J'opte pour la seconde hypothèse.
 
Ce qui fait que l'esprit général du règlement intérieur voulu par Bayrou me paraît acceptable, c'est d'abord qu'il développe une stratégie de pacification. Il estime que pour beaucoup de nouveaux adhérents, l'entrée dans une équipe dirigeante de département, sur un mode proportionnel, sera l'occasion d'y faire entrer avec eux l'esprit des nouvelles générations, celui de la nouvelle France.
 
Il souhaite que l'option B de la formule qu'il propose pour l'exécutif soit adoptée, parce qu'elle permet d'agglomérer les énergies nouvelles et anciennes et que, avec réalisme, elle fait que, si les anciennes équipes savent confisquer la majorité d'une AG, au moins ce procédé ne leur permet pas de verrouiller totalement les situations. C'est d'une ambition modeste, mais au fond, pas inadéquat.
 
Compte tenu des observations que j'ai faites sur le caractère fictif de la collégialité organisée par ce texte, il est même ouvert sur le nombre de membres de la présidence, le chiffre 6 permettrait la parité et une collégialité plus authentique. Il me semble qu'ouvrir la possibilité aux fédérations de se doter de présidences tournantes ne serait pas si mauvaise, selon le reste de ma proposition.
 
J'espère aussi qu'on fera un effort pour que soient retransmises et filmées en direct les réunions du Conseil National.
 
L'autre raison qui fait que ce RI est tolérable, c'est que l'expérience a démontré depuis longtemps que les meilleurs textes sont les plus courts et les plus synthétiques. Moins on en dit, mieux ça fonctionne. L'excès de formalisme est toujours un handicap.
 
C'est d'ailleurs le principal reproche que j'adresse à la version qui se veut concurrente de celle de Bayrou : trop de fatras, trop de détails sans importance qui font que l'on ne parle pas assez des gens et trop de nous-mêmes. En revanche, la transparence comptable qu'elle demande me paraît une bonne idée, je le répète, et s'il fallait faire la synthèse, il me semble que ce serait là un bon moyen de la faire.
 
On aurait pu admettre un règlement intérieur qui se contente de principes : toutes les élections internes sont à la proportionnelle intégrale à la plus forte moyenne ; les présidents sont toujours désignés au suffrage direct par les adhérents de l'échelon concerné, etc. Il va plus loin. Il en dit déjà beaucoup.
 
Bayrou dit que le Mouvement Démocrate n'est pas une république, c'est un commando. C'est placer toute la structure sous le principe de l'autorité. 
 
Voilà. Je suis heureux, au fond, de ne plus faire de politique que pour soutenir Quitterie Delmas. 

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08/05/2008

Règlement intérieur : un seul CN n'y suffira pas.

Enfin.
 
ENFIN.
 
Enfin un vrai débat au siège des Démocrates. Hélas, la matière était énorme, une après-midi ne pouvait y suffire. Je suis parti à 20 heures, voyant que Quitterie Delmas s'en allait. On n'en était qu'à la moitié du texte, ayant commencé peu après 14 heures.
 
Pour un excellent compte-rendu, c'est sur France Démocrate, notamment .
 
Je retiens plusieurs choses de cette après-midi.
 
D'abord, plus de 250 personnes s'étaient déplacées. Il en venait de partout, de Marseille, de Lille, de Lot et Garonne, de Brest, de Strasbourg et du Haut-Rhin voisin, de Lyon, de la Nièvre, d'Orléans, et, même si les Parisiens stricto sensu ne se pressaient pas au portillon, les Franciliens avaient, eux, pris la chose à coeur, notamment les "Citoyens Démocrates", représentés par Quitterie, bien sûr, une étoile ou plutôt l'étoile, Virginie, Jérôme Charré avec Michel Hinard et Pierre-Olivier Carel, Domitille Marbeau, Marie Darves-Bornoz alias Virapatirin, Pierre Creuzet, Christian Delom, (EDIT : ici un nom qui a été enlevé à la demande de la personne concernée), Franck Vautier et Fabien Neveu, j'en oublie sûrement, bref, nous étions là.
 
Le débat a été entièrement libre, sans la moindre contrainte, ni pression horaire. Ouf, enfin, les gens ont pu s'exprimer.
 
Bien sûr, ceux qui venaient de loin ont pu en profiter pour relater les incidents de leur ville ou de leurs départements, il y a eu comme un bureau des pleurs, qui a permis à Bayrou de proposer (enfin) la création d'un "médiateur", chargé de résoudre les menus problèmes rencontrés par les adhérents avec leurs instances, ou de transmettre les questions plus lourdes au futur CCC.
 
Bayrou a annoncé au passage que les procédures d'exclusion seraient menées à terme et une adhérente de la Nièvre a demandé grâce pour 6 des siens. Bayrou a rappelé que les décisions du CCC sont susceptibles d'appel, sans d'ailleurs se rappeler si cet appel conduit devant le Bureau exécutif ou devant le Conseil National.
 
Quoiqu'il en soit, nous avons examiné le texte du règlement article par article, alinéa par alinéa. La discussion préliminaire a été assez longue et le débat de bonne qualité.
 
L'idée de faire payer les adhérents qui demanderaient une expédition des info par la poste a été abandonnée. Bayrou a paru retenir ma proposition de suggérer une contribution volontaire à ces frais d'envoi ; je suis convaincu que la générosité des uns compensera l'impécuniosité des autres et qu'ainsi, on aura fait oeuvre d'efficacité autant que de justice.
 
Bayrou a indiqué le montant qu'il prévoyait pour notre budget annuel : de l'ordre de 5 millions d'Euros (il a dit 4, mais je corrige en fonction du détail qu'il a fourni), répartis comme suit :
 
- environ 2,8 millions d'Euros de subvention d'État au titre des candidats aux législatives.
 
- environ 1,5 million d'Euros au titre des parlementaires (il en a indiqué 13 lundi).
 
- environ 0,7 million de cotisations des adhérents, soit environ 35000 adhésions de 20 Euros chacune. C'est une prévision prudente et chacun voit bien que si 50000 adhérents paient leur cotisation (chiffre qui me semble réaliste, voire minimal), on monte à 1 million pour ce poste et à 5,3 en tout.
 
Sur cette enveloppe, il faudra trouver de quoi financer les mouvements départementaux et Bayrou n'a pas caché qu'il espérait que les présidents départementaux dénicheraient des "dons" pour accroître leur moyens.
 
Il a aussi dessiné la chronologie des prochains mois : adoption du règlement intérieur mi-mai, audit des mouvements départementaux provisoires en juin, élections au plus tôt en septembre, mais j'ai entendu qu'on souhaitait laisser passer les élections sénatoriales de la fin septembre et donc élections dans les départements en octobre. Comme la procédure de consultation des adhérents pour les élections européennes doit avoir lieu en décembre ou janvier, on voit que les choses devront s'engager sur les chapeaux de roues.
 
La définition de la présidence des mouvements départementaux a occupé un très long moment.
 
Bayrou donnait le choix entre une vision qu'il qualifie de présidentielle et une autre qu'il dit "collégiale" (et dont la collégialité me paraît, quant à moi, fictive, mais qui est au moins une tentative d'innover). D'une manière générale, je n'ai pas entendu beaucoup de voix pour défendre l'option présidentielle. Le Guérinel, président provisoire des Yvelines a donc conclu en estimant qu'il ne fallait plus se demander "collégial ou pas" mais ce qu'il fallait mettre dans collégial pour que les choses se passent bien. Et là, il a relevé une proposition formulée par Bernard Lehideux (et reprise de mes propres observations) qui était qu'il puisse y avoir un roulement du poste de président au sein de la présidence collégiale ; Le Guérinel a vivement contesté cette idée, au motif qu'elle plonge le directoire gouvernemental suisse dans l'anonymat, alors qu'une présidence est un tremplin pour se faire connaître. De toute évidence, ce débat, que je n'ai pas engagé aujourd'hui, se poursuivra devant le Conseil National où je compte bien soutenir ou faire soutenir (je ne suis que suppléant) mon amendement, non pas d'ailleurs pour imposer la formule collégiale tournante, mais pour en faire un modèle possible et souhitable, car je continue à penser qu'il faut laisser les mouvements départementaux s'organiser.
 
Et d'ailleurs, sur le point de cette subsidiarité, on a vu que les esprits, même au MoDem, on a du mal à s'y acclimater et que nombre de nos amis auraient vu d'un bon oeil une formule prête-à-l'emploi où tout, depuis la couleur des chaussettes du président, jusqu'à celle de chaque militant, soit soigneusement codifié. Bayrou, au bout de quelques circonlocutions sur certains aspects d'organisation, a fini par dire "Eh bien, vous vous démerderez !" et il a eu raison, d'autant plus qu'en cas de difficulté, il y aura le médiateur et le CCC.
 
Chemin faisant, Bayrou a aussi évoqué la possibilité de faire des apéros saucissons au siège du MoDem, pour rencontrer plus souvent les gens d'une façon informelle. Il a eu raison aussi.
 
Au milieu de l'après-midi, j'ai dit trois mots (pas plus) devant la caméra de Benoît Charvet au sujet de la consultation sur le règlement intérieur parisien, en insistant sur l'aspect souligné par Quitterie elle-même : la formation.
 
Dans ce domaine, je crois qu'il serait utile d'employer deux méthodes : le training audiovisuel et le jeu de rôles.
 
Que dire d'autre ? C'était une belle et forte après-midi. 
 
Et puis j'ai embrassé Quitterie et je m'en suis retourné. 

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03/05/2008

Observations sur le projet de règlement intérieur.

Les observations que je consigne ici n'engagent que moi.
 
Elles ne visent en aucun cas à affaiblir ni promouvoir quiconque. Chacun sait que je soutiens Bayrou depuis 15 ans, et Quitterie Delmas pour l'avenir ensuite. Il s'agit d'observations libres et sans autre arrière-pensée que l'amélioration du fonctionnement démocratique et républicain de notre mouvement.
 
J'ai donné en lien le texte du projet de règlement intérieur dans ma précédente note. 
 
Article 1f.
 
On comprend bien que, pour réduire les frais, on veuille éviter de recourir au courrier postal pour acheminer l'information jusqu'aux adhérents et que, de ce fait, on ait envie de soumettre le recours à la poste à une contribution spéciale. Cependant, cette idée, très belle et efficace sur le papier, omet un fait pourtant dénoncé par Bayrou lui-même lors de sa campagne présidentielle : la fracture numérique. Moins les gens ont d'argent, moins ils ont accès à l'Internet. Or c'est à ces gens moins argentés que l'on demande de contribuer plus. C'est contreproductif (oserai-je dire aberrant ?). Par ailleurs, c'est dans les régions, et surtout dans celles qui ont le plus besoin d'être protégées des logiques désintégrantes de l'État, que la couverture ADSL est la moins bonne. Voici donc une disposition qui enfonce les plus faible dans leur faiblesse au lieu de les en extraire. C'est donc typiquement une fausse bonne idée, une radinerie criminelle.
 
Il vaudrait mieux libeller la phrase de la façon suivante : "Cette information est disponible sur le net ; elle peut être adressée par courrier postal si l'adhérent le demande, il peut alors, s'il le souhaite, verser une contribution de son choix aux frais postaux".
 
Ce serait plus juste. Et cette formule serait applicable au § 1g.
 
Article 2b.
 
Je trouve qu'il faudrait introduire la possibilité du vote par Internet.
 
Article 3aA
 
Dans l'option "présidentielle", il manque une explication sur le conseil départemental. Qu'au moins on dise qu'il est élu à la proportionnelle intégrale sur scrutin de liste, par exemple.
 
3aB
 
L'option "collégiale" est très imparfaite. Une instance composée de cinq membres dont l'un est le président n'a de collégial que le nom. En vérité, la seule instance vraiment collégiale qui existe est le directoire exécutif suisse. Dans ce cas de figure, chacun des cinq directeurs est président pour une année à tour de rôle. Donc puisqu'il s'agit d'une période de trois années, il faudrait un directoire de six membres, présidents chacun pour un semestre, les semestres programmés d'avance. Et puisqu'ils sont six, en cas de partage égal des voix entre eux, celle du président en exercice est prépondérante.
 
Je propose donc la formulation suivante : "La direction des mouvements départementaux est collégiale. Un "directoire" est élu à la tête des mouvements départementaux. Il comprend six membres élus etc ... dont ils sont membres. Le directoire distribue en son sein les six semestres de présidence, un semestre par directeur. Ce découpage chronologique est adressé au président national, chacun des présidents successifs ayant vocation à représenter son mouvement départemental au cours de deux réunions du conseil national. L'un des directeurs est également désigné trésorier soit pour trois ans, soit par roulement, tous sont vice-présidents départementaux. Si le président en exercice est membre du conseil national pour un autre motif, les directeurs désignent un vice-président pour le remplacer lors de la réunion du conseil national. Lors d'un vote des six directeurs, s'il y a partage égal des suffrages, la voix du président en exercice est prépondérante".
 
3a philosophie générale
 
Il me semble que les deux formules (présidentielle ou collégiale) devraient coexister dans le règlement intérieur, au choix des mouvements départementaux. L'assemblée générale des adhérents d'un département devrait même pouvoir, conformément aux statuts, choisir telle autre formule qui lui conviendrait sauf éventuelle opposition d'une minorité suffisante des adhérents qui pourrait obtenir le retour à l'une des formukes proposées par le règlement intérieur.
 
Je propose donc la formulation suivante :
 
"Lors de l'assemblée générale des adhérents du MoDem d'un département, ceux-ci peuvent choisir l'une des formules ci-dessous (A ou B) ou bien s'organiser de la façon qui leur plaira, à condition toutefois de désigner un représentant au conseil national et de participer aux unions régionales. Si un vingtième des adhérents le demande, l'organisation d'un mouvement départemental qui serait dérogatoire aux deux formules proposées par le présent règlement intérieur pourrait être soumise à une nouvelle assemblée générale convoquée par la CCC et qui statuerait à la majorité des deux tiers"
 
Par ailleurs, je trouverais beau que, comme mouvement républicain, nous encourageassions l'égalité de nos adhérents entre eux. Il serait bon d'inciter par une phrase les mouvements départementaux à ne pas créer de présidence de séance, mais à laisser chacun s'exprimer en toute liberté et sans hiérarchie. 
 
Article 3e
 
C'est un peu trop succinct.
 
Article 7b
 
Je suis un peu gêné par la formule, mais je n'arrive pas à en trouver une autre pour le moment.
 
Article 8
 
D'une manière générale, il y a trop de commissions et pas assez d'adhérents. Il faut être conscient que plus la voix des adhérents sera prise en compte, plus ceux-ci auront envie d'être disciplinés lors des scrutins politiques. C'est donc une question d'efficacité autant que de démocratie.
 
Pour les élections européennes et régionales (2009 et 2010), il est de la responsabilité du national que soient créés au plus vite des sites internets pour la gestion des candidatures aux investitures, un par région ou superrégion concernée.
 
- chaque candidat devrait y bénéficier d'un podcast de 5 mn par exemple. Les podcasts y seraient installés au fur et à mesure de leur réalisation et tourneraient ensuite de façon à ce que le site ne favorise aucune candidature.
 
- idem pour les professions de foi.
 
- il y aurait un forum entièrement libre, ou bien un blog collectif où chaque candidat viendrait ouvrir un sujet que les gens (et non seulement les ahérents) pourraient commenter.
 
S'agissant d'un scrutin très large, il appartient au règlement intérieur de fixer le mode de scrutin pour l'expression des adhérents. Il me semble que ce mode de scrutin devrait être double : à la fois un vote de liste avec sélection d'autant de noms que de postes à pourvoir (exemple du vote du collège des élus au conseil national) et un vote de valeur, qui a l'avantage de ne pas reposer sur l'élimination des candidats, mais au contraire sur une valorisation de leurs atouts. Je pense qu'il faudrait réfléchir sur ce sujet.
 
Article 10
 
Je propose d'ajouter un alinéa que je prends en le modifiant dans l'article précédent (et c'est une question de transparence chère à Quitterie Delmas) :
 
"Les débats du conseil national sont publics et retransmis en direct sur Internet".
 
C'est à mon avis une question essentielle.
 
Enfin, je trouve qu'on ne débat toujours pas assez au MoDem et que les réunions du Conseil National doivent être de vrais débats, et non pas un chapelet d'orateurs qui se succèdent à la tribune. Et je trouve que le président du MoDem pourrait en abandonner la présidence de séance pour faire tourner la parole, ce qui n'enlèverait rien ni à son autorité ni au soutien sans mélange que je lui donne. 

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17/04/2008

Quitterie Delmas : café démocrate sur France 2.

Le dernier café démocrate de Quitterie Delmas avant la première réunion du conseil national du Mouvement Démocrate a pris un tour presque dramatique, parce qu'il se déroulait en même temps que le bureau (le "comité exécutoire", a dit Quitterie) de l'UDF morte-vivante qui devait trancher sur la propriété du siège que le MoDem hérite de l'UDF. Quand il a commencé, on n'avait pas encore le résultat du vote de ce comité. Et le matin même, Quitterie avait reçu un coup de fil d'une équipe de France 2 qui voulait venir au café démocrate enregristrer les états d'âme des militants du MoDem.
 
Quoiqu'on ait voulu faire, il est évident que la présence de la caméra a influé sur le discours des présents. Nous avons tous été un peu plus positifs que d'habitude et ce n'était pas si bête - ni d'ailleurs si désagréable.
 
C'est vrai, quand le micro de la télé s'est éloigné des amplis, nous sommes redevenus un peu plus offensifs, un peu plus libres.
 
En tout, il y a eu un peu plus d'une centaine de militants et blogueurs, un peu plus que la dernière fois. Michel Hinard était là malgré ses doutes et ses écrasantes irresponsabilités au PaRaDem. Clément Le Ricousse a longuement répondu aux journalistes. Nadia Falfoul, très concentrée sur son CAPA, était tout de même moins tendue que pendant la période de campagne. Karima Bouache a parlé avec sa ferveur et son éloquence coutumières.
 
J'ai témoigné comme historique de l'UDF (mais non comme le doyen d'ancienneté, car l'un de nous est membre fondateur de feue l'UDF à travers le parti radical), expliquant que la France a changé et que nous traversons une véritable césure culturelle, plus forte qu'un simple effet de génération, et que le MoDem témoigne de ce changement, cependant que certains de nos leaders et militants ne l'ont pas encore intégré.
 
D'autres se sont exprimés comme adhérents nouveaux de sensibilité écologiste ou se sentant de gauche, l'un comme ex-adhérent du Parti Radical de Gauche, Nicole Rivoire comme ex-adhérente du Parti Socialiste, d'autres pour parler seulement de ce MoDem qui naît.
 
Au fond, la confiance dans le projet est intacte. Reste le désir d'une démocratie plus opérationnelle, d'une collégialité plus collaborative.
 
Quitterie a émis l'idée qu'au lieu d'instances généralistes encroûtées, nous nous dotions de comités adhoc, désignés pour un temps et adoptant une géométrie variable. Idée très novatrice qui évite le syndrôme de l'assoupissement.
 
Au milieu d'une phrase, elle a indiqué que le vote du comité exécutoire était sans appel : 19 voix pour que le MoDem conserve le siège de l'UDF, 6 voix contre. La question est tranchée. Forts applaudissements.
 
Un peu plus tard, Domitille Marbeau est arrivée en groupe et a expliqué son retard : le MoDem des Hauts-de-Seine, dont elle fait partie, se réunissait au siège, justement. Et, en y arrivant, les militants avaient été littéralement agrippés par des barbelés de micros et de caméras, et des journalistes qui leur demandaient pourquoi ils venaient là alors que leur parti était mort et qu'il était en train de perdre son siège. Elle en était encore étonnée.
 
La discussion s'est poursuivie, assez nourrie. Vers la fin, on a senti poindre les frustrations particulières des adhérents du MoDem parisien, qui ont ramené l'idée de la future candidature de Quitterie à la présidence du MoDem parisien.
 
Puis comme d'habitude, on a fini par des conversations dispersées et chaleureuses, au milieu desquelles Quitterie a hélas annoncé qu'elle s'absente pour deux semaines. Elle nous manque déjà. 
 
 

15/04/2008

L'AFP enquête sur le patrimoine du MoDem.

Rentrant de Bretagne, j'ai trouvé un message sur mon téléphone fixe :
 
- Bonjour, je suis Laurent Barthélémy, journaliste à l'AFP. J'ai lu les informations que vous avez données sur votre blog à propos du siège du MoDem. Auriez-vous l'amabilité de me rappeler ?
 
Il ajoutait son numéro de téléphone portable (j'évite de l'indiquer ici, évidemment).
 
À peine installé devant mon ordinateur pour faire le tour de mon internet familier après douze jours bretons, le téléphone sonna.
 
- Bonjour, je suis Laurent Barthélémy. (...) Avez-vous quelque chose à ajouter à ce que vous avez écrit sur votre blog ?
 
Je ne me rappelais plus le détail de ce que j'avais écrit, je l'avoue et je l'avouai. Il cita :
 
- Les anciens du MRP, les amis de Jean Lecanuet, le CDS... L'achat du 133 bis rue de l'Université.
 
- Ah, si : concernant les Amis de Jean Lecanuet (en d'autres termes Yves Pozzo di Borgo), on m'a dit qu'ils avaient vendu leur part du siège (ils avaient deux pièces) il y a un an ou deux.
 
Je précisai que les informations dont je disposais méritaient actualisation.
 
- Cette actualisation, je l'ai, se réjouit-il.
 
Il me lut alors les statuts de la SCI du 133 bis rue de l'Université, qui permettent de préciser comment s'est faite l'articulation juridique à partir de Force Démocrate vers l'UDF en 1998. Il s'agissait d'une dévolution pure et simple.
 
Je précisai que selon les informations que j'avais eues à l'époque, l'amicale des anciens du MRP avait assumé une très grosse part du financement de l'acquisition de l'immeuble, bien plus importante que ne le laissent supposer les deux pièces (ou trois, en comptant le bureau d'Henri Catherin) du rez-de-chaussée.
 
Il ne comprenait pas bien le statut de France Forum. Je lui expliquai cette revue fondée au temps du MRP par le philosophe Étienne Borne (je mentionnai Claude Imbert, fondateur du "Point" qui m'a confié un jour avec émotion qu'il avait été l'élève de Borne) et Henri Bourbon. J'ajoutai que Jean-Marie-Daillet se serait volontiers investi dans cette revue.
 
Le journaliste Barthélémy m'interrogea alors sur la personnalité de Jean-Marie Daillet, actuel président de l'amicale des anciens du MRP. Je décrivis un ancien député (élu sur une ligne d'indépendance en 1973 et constamment réélu pendant vingt ans) passionné de relations internationales, ayant fort désapprouvé la ligne politique donnée au CDS d'alors par Pierre Méhaignerie, et ayant d'ailleurs fini par accepter la proposition du président Mitterrand d'être désigné comme ambassadeur de France à Sofia, poste où il est resté assez longtemps et où il conserve plus que des contacts.
 
- Si vous voulez lui faire vraiment plaisir, dis-je avec gourmandise, demandez-lui comment il a "monté" la candidature de Leslie Manigat à la présidence d'Haïti vers 1990 (la date exacte m'échappe).
 
Je devinai qu'il souriait au bout du fil, amusé, peut-être intrigué. 
 
Il poursuivit en m'interrogeant sur l'éventualité d'une captation de ce patrimoine de l'UDF.
 
- Chimérique ... répondis-je. Chimérique...
 
Je mis en avant l'écrasante majorité obtenue aux deux congrès de l'UDF (2006 et 2007) pour la ligne indépendante. Et puis l'imbrication avec le MRP, puis, s'il fallait détricoter vraiment l'affaire, l'inconvénient de remonter jusqu'à 1988-89, date de l'acquisition de ces locaux, car on parlait beaucoup du pont de l'île de Ré, à cette époque. Et je me souvenais parfaitement d'une batterie d'affiches officielles représentant les leaders du CDS d'alors (je citai Méhaignerie et Barrot, oubliant qu'il y en avait une aussi représentant Jean Arthuis... ça m'est revenu depuis) et derrière eux, une façade vitrée qui étincelait dans le soleil, une façade qu'on pouvait reconnaître à merveille car elle n'était autre que ... celle du groupe Bouygues.
 
Bref, il me semblait qu'une plongée dans les archives ne serait pas à l'avantage des adversaires de Bayrou qui, lui, n'avait pas eu d'affiche...
 
- Donc, selon vous, ça fera ...
 
- Pschitt. 
 
Il me demanda encore si je savais comment joindre Jean-Marie Daillet. J'avouai que je n'avais pas son numéro (je ne l'ai plus vu d'ailleurs depuis la fin de la présidentielle) mais que j'imaginais qu'en laissant un message au siège des anciens du MRP...
 
Il me remercia et me donna rendez-vous à une prochaine fois, d'un ton fort aimable.
 
Voici donc qu'on s'intéresse de près à notre patrimoine.
 
(Au passage, je me demande s'il ne serait pas possible d'effacer une sorte de tache originelle par une collecte qui pourrait être faite au profit d'un organisme environnemental ou social, de façon à dissiper les ombres de conscience).
 
Je signale qu'il y a une discussion sur e-soutiens sur les deux notes que j'ai consacrées au sujet et qu'une autre discussion a commencé

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14/04/2008

Ma première réponse à la question de François Bayrou : Oui et...

J'ai adhéré à une composante de ce qui était alors l'UDF, le 2 octobre 1981. Je pourrais être considéré comme un UDF historique : l'UDF n'avait alors que trois ans et demi à peine (et mois presque dix-sept). J'ai vécu toutes les évolutions du mouvement centriste qui participait à l'UDF, qui finit d'ailleurs par reprendre la coquille UDF vidée de la majorité de ses libéraux en 1998, bref, j'ai tout vécu.
 
Le choix de l'indépendance a été voté à plus de 90% par un congrès extraordinaire de l'UDF début 2006 et je me souviens de l'immense émotion que nous avions tous ce jour-là, je me souviens de Quitterie Delmas, en particulier, au bord des larmes, des larmes de bonheur.
 
Depuis ce temps, autour de François Bayrou, nous n'avons cessé d'affirmer notre indépendance. Notre projet s'est enrichi, puis nous avons construit un nouveau projet en accueillant des figures de sensibilités écologistes en particulier. Nous avons bâti le Mouvement Démocrate.
 
Et c'est en toute connaissance de cause que nous avons décidé, au soir du 30 novembre 2007, que l'étiquette UDF devait s'effacer, que le temps historique de l'UDF s'était achevé et (à l'unanimité) que ceux qui adhéraient alors à l'UDF s'engageaient pour le nouveau projet démocrate. Nul aujourd'hui ne peut remettre en cause ce choix que nous avons fait d'une façon éclairée et en sachant à quoi il nous conduisait.
 
Par conséquent, je répondrai "oui" à François Bayrou s'il nous consulte (comme il l'annonce) sur le principe de l'indépendance.
 
Je souhaite qu'il assortisse sa consultation d'une annonce de décisions de structure. Lesquelles ? Il faut en débattre. C'est sur ce point que j'ajouterai à mon "oui" un "et ..." très clair.
 
J'attends avec impatience le débat qui nous unira autour de Quitterie Delmas mercredi. 

20:09 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : politique, modem, udf, bayrou, quitterie delmas | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

13/04/2008

Un souvenir (de plus) en passant.

La scène se passe à Perpignan, sur le campus, lors de l'Université d'Été des Jeunes Démocrates, dans l'été 1997. J'étais à l'époque proche de Claude Goasguen en même temps que de Bayrou, et je me trouvais souvent à des conversations qu'ils avaient en marge de l'Université d'Été. J'ai par exemple raconté voici quelques mois la soirée de la mort de la princesse de Galles, fin août, que j'avais passée avec Bayrou, Goasguen (alors tout frais député), Jean-Pierre Frémont (alors très proche de Bayrou, et sa femme travaille toujours pour le groupe UC-UDF au Sénat), Henri Plagnol (passé à l'UMP en 1998 ou en 2002, je ne sais plus) et Hervé Marseille (maire de Meudon passé au Nouveau Centre), les cinq susdits jouant au poker et tentant de m'entraîner dans leur partie, mais je ne joue jamais d'argent...
 
Bref, un peu plus tôt dans l'une des sept journées de l'Université d'Été, Bayrou était venu s'asseoir à la table où Goasguen, quelques-uns de ses proches et moi sirotions des boissons diverses et peu alcoolisées.
 
Bayrou s'installe, chaleureux et, comme Goasguen est un juriste, s'engage une conversation libre sur les réformes institutionnelles. J'imagine que Bayrou méditait déjà sur son programme pour l'élection présidentielle de 2002.
 
Et Bayrou, avec énergie, défend le quinquennat. Goasguen acquiesce prudemment.
 
Mais je dis à Bayrou : si l'on fait le quinquennat et si l'on jumelle les élections présidentielle et législatives, ce sera pour supprimer l'hypothèse de la cohabitation (il faut se rappeler que, moins de six mois plus tôt, Jospin a été élu premier ministre de la troisième cohabitation). Or cela signifie supprimer en fait, sinon en droit, le droit de dissolution et, par contrecoup, la responsabilité du gouvernement devant l'Assemblée, puisque la dissolution est supposée résoudre les conflits entre l'exécutif et le législatif. Du moment qu'on fige le calendrier, on supprime tout instrument qui puisse bouleverser celui-ci.
 
Or cela ne peut qu'aboutir à un régime purement présidentiel qui, en l'abscence d'un contrepouvoir (puisque l'Assemblée Nationale est nécessairement élue sur la même dynamique que le président), est en fait un pouvoir absolu.
 
Pour éviter que le quinquennat n'aboutisse à cette impasse, il faut instaurer la séparation stricte des pouvoirs et restaurer le parlement en le faisant élire à la proportionnelle intégrale. Car un exécutif doté de prérogatives propres (le pouvoir réglementaire autonome, élargi par rapport à ses contours actuels) peut gouverner sans majorité stable, le parlement ayant pour fonction non de le soutenir pour diriger l'État, mais de le contrôler dans l'exercice des responsabilités publiques et de rédiger la loi.
 
Et comme corollaire, il faut un vrai pouvoir judiciaire capable de contrôler l'exécutif dans le cadre du pouvoir réglementaire autonome.
 
Revenir à la théorie de Montesquieu, en quelque sorte.
 
Bayrou, qui n'est pas technicien du droit, n'avait pas intégré l'ensemble de ce que je lui disais ; il y vient peu à peu.
 
Quant à Goasguen, et c'est l'objet de cette note, il vient de déclarer : "Le quinquennat a déséquilibré la Ve République. Il est urgent de réformer les institutions et de rétablir la souveraineté parlementaire". CQFD.
 
Je crois que j'aimerais que ce sujet soit traité lors d'un prochain café démocrate de notre Quitterie Delmas. 

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Commencez à épargner pour 2012.

Si 100 000 personnes donnaient chacune 200 Euros à François Bayrou, il aurait le même budget que ses adversaires pour la présidentielle de 2012 : 20 millions d'Euros environ (c'est à peu près le plafond autorisé).
 
Bien sûr, il n'aurait pas, lui, les moyens de l'État comme le candidat de l'UMP, ni ceux des collectivités comme celui du PS, mais quand on voit ce qu'il a fait avec une dizaine de millions, on imagine ce qu'il pourrait réaliser avec le double.
 
Alors disons-le tout de go comme notre excellente Quitterie Delmas l'a fait récemment : ils peuvent nous prendre notre culotte et le reste, ils ne nous empêcheront pas d'être là et bien là pour la présidentielle de 2012, et pour, enfin, les corriger.
 
D'ici là, je suis convaincu que des gens de bonne volonté des deux camps auront rejoint le nôtre. 

14:24 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, modem, bayrou, quitterie delmas | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Gauche italienne, gauche française.

Je connais des gens qui se croient encore de droite : pour eux, la gestion raisonnable des finances publiques est une valeur de droite.
 
Que diraient-ils en entendant Walter Veltroni plaider pour la bonne gouvernance ? Lui, l'ancien communiste (à la sauce italienne) ?
 
Aujourd'hui, comme nous l'avons répété avec Bayrou pendant la dernière campagne présidentielle, pour sauver l'État de l'assaut des intérêts privés et mafieux, cette sagesse budgétaire est en effet devenue vitale. Et c'est bien ce qu'ont compris ceux qui souhaitent sincèrement le maintien d'une sécurité sociale service public (à gestion plus ou moins paritaire), d'un système public de retraite, d'une régulation des rapports économiques et sociaux, etc, c'est bien ce qu'ont compris ceux qui dirigent la gauche italienne.
 
Or dans la liste que je viens d'indiquer, je sais que la plupart de mes anciens amis de l'UDF (les militants sincères, en tout cas) sont prêts à signer la totalité des mesures que je viens d'indiquer.
 
Faire du social en commençant par améliorer la gestion de l'État et des rapports sociaux et donc la production (en revenu et donc en emplois) est exactement le programme que nous avons défendu avec Raymond Barre en 1988. Je crois que c'est aujourd'hui exactement celui de Walter Veltroni aussi, après avoir été celui de Prodi. Où est donc la droite et où est la gauche ?
 
Car la droite, pendant ce temps-là, quoiqu'elle en dise, continue à déséquilibrer les finances publiques ou, éventuellement, à sacrifier des instruments sociaux pour feindre de sauvegarder l'équilibre des finances publiques.
 
Il faut le répéter comme nous l'avons dit durant la dernière présidentielle : la politique des néoconservateurs américains, qui ont contaminé la droite française, consiste à provoquer des déficits publics abyssaux, par tous moyens, de façon à pouvoir ensuite, avec des larmes de crocodile, démanteler des politiques sociales.
 
Et la fraction archéo de la gauche française se rend complice de ce crime contre les pauvres en poussant, elle aussi, à la roue de la dépense publique.
 
En Italie comme en France, donc, je suis démocrate. 

14:16 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : politique, ps, pd, veltroni, modem, bayrou | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook