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26/02/2009

République des blogs : Benoît Hamon et Quitterie.

XXIXe république des blogs parisienne, ce soir, au Pachyderme, à un jet de pierre de la place de la République.

Changement de régime par rapport aux dernières éditions auxquelles j'ai participé : Jules de Diner's Room en animateur de débat, micro à la main, cependant que Pierre Catalan et deux autres hommes (un plateau décidément très masculin) débattaient des qestions européennes avec Benoît Hamon, sous l'oeil et le projecteur d'une caméra de télévision.

Benoît Hamon a une qualité qu'il n'a pas choisie mais qui, de ma part, lui vaudrait l'indulgence sur le billot : il est breton. Sorti de cet élément d'identité, j'avoue que j'aurai du mal à être d'accord avec lui. Sa vision de l'action politique est celle d'un mécano du temps des lampes à huile, son idée de l'Europe est floue dans le mauvais sens du terme, et sa vision du monde est délibérément manichéenne.

Sous l'oeil et le projecteur de la même caméra, je me suis d'ailleurs permis de le placer devant ses contradictions : il dit "qu'il y ait la droite et la gauche, une bonne vieille droite et une bonne vieille gauche", le monde coupé en deux, les camps dessinés à l'encre indélébile, le vote machinal. Mais quand je lui demande (reprenant explicitement l'argument de Quitterie qui est en face de moi à cet instant), en dehors de l'intérêt de sa structure, le PS, dont il a dessiné les gains et succès électoraux possibles avec une certaine satisfaction, ce que l'activité de son parti peut apporter concrètement à la vie des gens, il se lance d'abord dans des explications filandreuses, pour en arriver à dire "le PS a des propositions concrètes" (sur des sujets relatifs aux délocalisations p ex), et c'est là que je souligne la contradiction : s'il y a deux camps fermés l'un à l'autre, la proposition n'est pas destinée à aider les gens, mais à occuper le champ médiatique. Il se défend en invitant le pouvoir à abroger la loi Tepa, ce que je trouve être une pirouette, et je répète que sa proposition n'est pas destinée à être appliquée aujourd'hui, mais dans trois ans. Je ne vais pas jusqu'à préciser qu'en fait, ce n'est pas une proposition pour aider les gens, mais seulement pour reprendre le pouvoir, ce dont les gens se foutent. Et c'est bien là ce que les gens reprochent à juste titre aux partis : leurs idées ne sont pas destinées à aider les gens, mais seulement à la prise du pouvoir.

Quitterie embraie aussitôt (encore une fois devant la caméra) en prenant Hamon à parti sur le projet Hadopi. Elle note qu'au parlement européen, les élus PS, Verts et MoDem ont voté ensemble l'amendement 138 du paquet Télécom qui rend le projet hadopi illégal. Hamon opine : il a voté l'amendement qu'il nomme seulement de l'un de ses auteurs, Bono, en oubliant l'autre, Cohn-Bendit. Mais les parlementaires nationaux des partis ne semblent pas en phase avec leur vote européen. Quand les votes nationaux pourront-ils coïncider avec les votes européens ?

Hamon acquiesce et reconnaît que les députés et sénateurs ne sont pas sur la même longueur d'ondes que les eurodéputés. Il prend un ton un peu emprunté pour envisager la question sous d'autres aspects, utilise des mots un peu savants et des concepts abstraits pour justifier que la position du PS ne soit pas si simple.

Quitterie, alors, revient à la charge avec pugnacité en soulignant que c'est tout de même un paradoxe incroyable que, sur ce sujet, les adhérents du PS, des Verts et du MoDem, sont entièrement d'accord entre eux, qu'ils sont donc plus d'accord avec les adhérents des autres partis qu'avec leurs propres élus...

Euh...

Bon, Hamon ne s'en sortira pas.

Pour le reste, vu Abadinte tout pimpant d'avoir trouvé un poste dans la conception de plateformes sociales sur la Toile, MIP plus épanouie qu'avant d'avoir trouvé (elle aussi) son emploi (EDIT) sylvestre, les Générations engagées et tardives (retrouvailles de Quitterie et Virginie), Nick Carraway barbu comme Benoît Thieulin, Christophe Grébert jovial, Éric Mainville bonhomme comme à son habitude, Sylvain Lapoix qui voulait absolument parler avec Quitterie, Frédéric Lefebvre-Naré très businessman et un peu étonné (qui a donné son propre compte-rendu), deux des Femmes engagées (Olympe et CC), Authueil toujours aérien et seul de sa droite en milieu blogauche, e-boo maigre et grand, l'expression sereine, Maître Éolas solide comme le barreau, Luc Mandret zen, et des tas d'autres.

Quitterie continue à peloter ses projets et annonce une bonne surprise pour dans quelques jours, que dis-je ? dans quelques heures...

Elle va faire bouger la poussière des partis politiques français, attendez-vous à du remue-ménage !

Elle a un peu reminci et ça lui va bien aussi, Quitterie.

25/02/2009

Contre la présidentialisation : inventer une nouvelle séparation des pouvoirs.

Pour remédier à la présidentialisation des partis dénoncée par Quitterie, le mieux ne serait-il pas de remédier à la présidentialisation de la république elle-même ?

Je trouve ce texte ici et je le soumets à votre réflexion :

« Il faut inventer une nouvelle théorie de la séparation des pouvoirs » [2]

Dominique Rousseau, professeur de Droit constitutionnel à l’Université de Montpellier 1.

« Face à la concentration des pouvoirs entre les mains du Président de la République, une simple redistribution entre l’exécutif et le législatif ne suffira pas. Il faut inventer une nouvelle théorie de la séparation des pouvoirs en faisant du pouvoir du juge, du pouvoir du citoyen, du pouvoir de la presse, de véritables contre-pouvoirs ayant autorité constitutionnelle. La Ve République a fonctionné sur un lien d’allégeance directe entre le Président et les députés. Les seuls moments sans présidentialisation ont été ceux où ce lien direct n’existait pas : sous Giscard ou pendant les périodes de cohabitation. Le quinquennat et l’inversion du calendrier des scrutins présidentiel et législatif voulue par Lionel Jospin en 2002 visaient à proroger la présidentialisation maintenue par François Mitterrand en 1981 : en prononçant la dissolution de l’Assemblée nationale, ce dernier a fait élire sur son nom une majorité de députés fidèles.

Cette concentration des pouvoirs entre les mains d’une coalition gagnante à laquelle on donne le mandat de faire les lois et de les appliquer n’est pas nécessairement mauvaise et vaut bien mieux que l’instabilité de la IVe République. Elle n’est d’ailleurs pas propre à la France : plus aucun régime politique européen, qu’il soit primo-ministériel ou présidentiel, ne fonctionne sur la séparation des pouvoirs législatif et exécutif. Restaurer le pouvoir du Parlement ? Les députés espagnols, allemands ou anglais n’ont pas plus de pouvoirs que les députés français ! S’il faut une réforme, la seule importante est celle qui interdirait aux parlementaires de cumuler un autre mandat électif : il faut des législateurs à temps plein.

Mais surtout, puisque le législatif n’est plus un contrepoids au pouvoir exécutif, il faut travailler à inventer d’autres contre-pouvoirs. Il conviendrait en particulier d’instituer une autonomie constitutionnelle du pouvoir judiciaire. Je propose pour ma part que le poste de ministre de la Justice soit supprimé au profit d’un « Conseil supérieur de la Justice » composé de magistrats et de non-magistrats, ces derniers étant majoritaires et désignés par le Parlement à une majorité des trois cinquièmes. Ce Conseil serait chargé de l’organisation et de la protection de l’indépendance judiciaire. D’un point de vue démocratique, l’essentiel aujourd’hui est bien de retrouver la balance des pouvoirs et contre-pouvoirs. »

24/02/2009

L'obsession présidentielle.

Comme l'a très justement expliqué Quitterie dans la vidéo que j'ai replacée hier sur mon blog, le système place le président de la république en clef de voûte des institutions et l'importance de ce poste dont tout émane est telle que ceux qui visent à s'y installer ne pensent plus qu'à ça. Ils y pensent en se rasant le matin, en allant à des meetings, et assujetissent tout à leur rêve.

Tout est mis au service de leur ambition, toute leur vie, ce qui n'est grave que pour eux et pour leurs proches, mais aussi toute la machinerie politique. Les partis politiques sont vidés de leur substance et transformés en outil de communication du désir présidentiel.

Les militants qui, longtemps, pouvaient croire se sacrifier pour des idées (quand ils se sacrifiaient), savent que désormais ils ne servent qu'à porter un personnage sur la plus haute marche du podium. Ils le savent tellement qu'ils tolèrent tout, et en particulier le clonage de la cour présidentielle dans chacun des partis politiques. Ceux qui fustigent l'esprit de cour autour de l'actuel président de la république devraient s'interroger sur la façon dont est organisé leur entourage personnel et politique.

La statufication de la présidence a renforcé jusqu'à l'extrême la tendance de la politique à se muer en féodalité plus ou moins élective.

Et peut-être, si nous n'avions qu'une dérive à combattre, parce que c'est d'elle que toutes les autres émanent, ce serait celle-là : halte à la présidentialisation de la politique.

23/02/2009

Quitterie : juste avant la bifurcation.

Pour approfondir le message délivré par Quitterie à l'occasion de sa bifurcation, il est utile de réécouter ce qu'elle a très précisément expliqué le 19 novembre dernier :

 


EDIT : Je signale par ailleurs l'hommage d'Aliciabx à la bifurcation de Quitterie.
EDIT : et les interrogations d'Hubert Rocque.
EDIT : et l'opinion de Cédric.

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22/02/2009

Du rififi à l'extrême gauche ?

La création du Nouveau Parti Anticapitaliste a beau avoir été un demi-succès, les sondages sourient toujours au postier syndicalise Besancenot, dont le trotskysme est un accessoire ambigu.

Certes, les tensions sociales ne cessent d'augmenter, cristallisées sur le pouvoir dont le comportement (à en juger par les sondages, encore eux, mais aussi par un microtrottoir spontané) paraît toujours aussi brouillon, onéreux, injuste, indigne. Et bien entendu, avec les crispations sociales, reviennent les tentations d'un grand soir, d'une brusque poussée de violence, d'un coup d'épaule dans l'édifice social, de quelque chose qui fasse peur au bourgeois.

Besancenot, sans doute, incarne cette révolutuion-là. Mieux que le Parti de Gauche (Mélenchon apparaît sans doute comme un apparatchik en rupture de ban et en mal de présidentielle, ou bien seulement n'apparaît-il pas du tout et demeure-t-il dans l'anonymat des seconds couteaux). Mieux que le Parti Communiste Français (définitivement passé par pertes et profits de l'Histoire). Mieux que Laguiller et sa nouvelle représentante usée avant d'avoir commencé.

Mais que font les altermondialistes ?

Pour eux, pas de grand soir, juste des "petits matins" comme dit Quitterie.

Bové, porte-parole emblématique et moustachu de l'altermondialisme français, s'est rapproché de l'ex-libertarien devenu centriste et vert, Daniel Cohn-Bendit, lequel, après avoir consacré tant de temps à expliquer qu'en Allemagne, die Grünen était un mouvement modéré et centriste, a tout de même cru bon de dire, l'été dernier, qu'il avait,lui, le même programme que le PCF, ce qui a dû pas mal troubler ses anciens amis qui ont toujours voué les "stal" aux gémonies.

Cohn-Bendit a été marqué à la culotte par Sarkozy, qui a dit publiquement qu'il était "son ami". Un mot bien vague en politique, que Cohn-Bendit vient d'appliquer à Sylvie Goulard. Sarkozy s'est d'ailleurs rapproché des altermondialistes autant que possible, dans un de ces grands-écarts schizophrènes dont il a le secret, puisque, à en croire Ségolène Royal, il entretiendrait d'"excellentes relations" avec Lula, le président brésilien et patron de la gauche latino-américaine.

D'ailleurs, Evo Morales, président de Bolivie, ne vient-il pas de manifester son intention d'approfondir les liens économiques de son pays avec la France ?

Doit-on voir dans ces mouvements diplomatiques un effet de l'action de réseaux concurrents à l'intérieur même du sarkozysme ?

En tout cas, le fait que Besancenot soit bien devant Cohn-Bendit dans les intentions de vote semble pousser celui-ci à l'action. On le voit rue de la Banque, au ministère de la Crise du Logement, réclamer avec juste raison une amélioration de la politique du logement, aux côtés de ceux qui rament.

Les extrêmes gauches se retrouvent donc en concurrence les unes avec les autres, balkanisées comme d'habitude, et à la merci du pouvoir qui peut à sa guise les utiliser contre ses adversaires dans son champ de jeu à lui : le champ de jeu électoral. Ainsi les adversaires du système en consolident-ils parfois les pires défauts.

Alors ? grand soir, ou petits matins ?

Ah ! Quitterie...

20/02/2009

Pourquoi triche-t-on tant dans les partis politiques ?

Je précise avant de commencer cet article que si je n'y inclus pas Désirs d'Avenir, c'est parce qu'il s'agit uniquement d'un fanclub, sans autre vocation que l'adulation, et forcément gouverné par la verticalité incarnée dans la parole du (de la) chef et sans ambition de démocratie interne, puisque le chef est donné d'avance et que tout émane de lui.

Ainsi étaient les Jeunes Giscardiens (EDIT pour réjouir les Alcibiade) AU DÉBUT, juste un fanclub sans affiliation partisane.

À l'inverse, les partis politiques se veulent porteurs d'une continuité historique.

Qu'est-ce qu'un parti politique ? Trois éléments : une doctrine, des élus et des militants. Il faut y ajouter un quatrième, transversal : un appareil. Un parti, c'est avant tout un appareil.

Et cet appareil est un composite : d'un côté il incarne la ligne majoritaire du parti, de l'autre il incarne la permanence du parti, donc sa diversité. et comme on est en démocratie, il est fréquent que les partis essaient de se donner un sembant d'apparence de démocratie interne pour résoudre cette contradiction interne de la nature de l'appareil.

Un semblant.

Oh, ce n'est pas toujours le cas : fidèle aux anciennes pratiques de feu le RPR, l'UMP a tendance à pratiquer la nomination et le centralisme "démocratique" dans la plus pure tradition stalinienne.

Mais sinon, la plupart des partis se sont mis à la démocratie. Hum.

Il y a toujours eu d'abord des problèmes de fichiers : on se souvient de Michel Mouillot, l'ancien maire de Cannes, dont on rapportait qu'il envoyait des chèques de 50 000 Francs de l'époque à son parti (composante de feue l'UDF ancienne manière), et des listes de noms, à charge pour le parti de répartir l'argent du chèque en cotisations correspondant aux noms. Hum.

Ces mêmes pratiques sévissaient, dit-on, au PS des Bouches-du-Rhône du temps de Gaston Defferre au moins.

Contre ces pratiques, à la suite d'un procès où Méhaignerie et Barrot, anicens leaders du parti, avaient été condamnés au pénal (mais amnistiés), feu le CDS s'était vu contraint de renoncer aux pratiques de cotisations collectives et avait instauré le principe "une cotisation = un chèque émanant de la personne qui cotise". Ce vertueux principe s'était transmis à la Nouvelle UDF en 1998. Et il faut reconnaître que l'inconvénient de la cotisation par Internet est d'ôter cet outil de contrôle de la réalité des cotisations, il y a de nouveau du flou dans les fichiers. Hum.

Et bien entendu, ce sont les autorités dirigieantes d'un parti, et elles seules, qui détiennent la clef des fichiers. Hum.

C'est ainsi que le dernier congrès du Pari Socialiste a donné le spectacle dégradant de tripotages quasiment en direct qui ont clairement exposé la décrépitude des ambitions éthiques de ce mouvement.

Oh, les autres n'en ont pas rigolé trop fort : l'UMP, parce qu'elle n'a de leçons à donner à persone en ce domaine et que chacun le sait, et le MoDem, parce que les élections internes du début de l'automne ont soulevé tant de suspicion, qu'il valait mieux faire ensuite profil bas.

Allons, il n'y a pas eu partout de concurrence entre plusieurs candidatures. Là où il n'y avait qu'un candidat et qu'une liste, s'il y a eu triche, c'est quand même un peu fort. Et là où il y a eu plusieurs listes, eh bien dans quelle proportion avons-nous vu des indices plus que convaincants de fraude ? Souvent, très souvent, bien trop souvent. Et les instances supposées fournir lumière et contrôle juridictionnel sur ces événements n'ont été qu'un dysfonctionnement patent.

Et le simple fait qu'il y ait eu des personnages à la fois juges et parties suffirait pour jeter la suspicion. Qu'il n'y ait eu ni enquête ni audition en dit assez long sur les intentions des dirigeants démocrates. Vraiment, ils avaient raison de ne pas se moquer des turpitudes des socialistes.

Pour répondre à ma question titre : pourquoi ?

Mais tout simplement à cause du pouvoir.

19/02/2009

Quitterie : question de génération ?

Il m'a semblé que le moment était bien choisi pour réécouter la vidéo enregistrée par Quitterie à la mi-octobre dernière, elle y parle de génération X, génération Y.

 

09:00 | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : politique, quitterie delmas | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/02/2009

Nos indignations profitent-elles à nos adversaires ?

Il semble que les intentions de vote de l'UMP augmentent lentement, mais sûrement, depuis six mois pour les élections européennes de juin prochain (de 23 à 26 %). Cette augmentation se fait au détriment de l'extrême doite, dont le total serait à 11 % en totalisant les estimations du Front National et celles du mouvement de Philippe de Villiers. C'est logique : la majorité fait campagne à coups de petites phrases transgressives, comme l'affirmation récente de Rachida Dati : "l'indépendance de la justice n'est pas un dogme" (on s'en était aperçu, soit dit en passant).

L'UMP s'est donc fixé un objectif (et un seul) pour ces Européennes : lessiver Le Pen, continuer l'opération commencée lors de la présidentielle, afin d'avoir les mains libres sur sa droite.

Pour le faire, l'UMP a repris ce qui a fait le succès de Le Pen à la grande époque : la méthode du scandale. Et nos partis d'opposition, notre presse, nos efforts, en s'effarouchant des scandales ainsi créés, combattent-ils l'effet recherché ? Au contraire : ils propagent le scandale, ils le popularisent, ils contribuent à son succès.

Je crois que c'est d'ailleurs l'un des aspects de ce que Quitterie a dit dans la belle note où elle annonçait sa bifurcation politique : "Changer le système de l'intérieur, je n'y crois pas. Je n'y crois plus. Plus on se débat à l'intérieur, plus on le renforce. C'est l'histoire de l'opposition d'aujourd'hui. C'est fou."

En somme, plus l'opposition se débat, plus elle renforce le pouvoir.

Le jour de la première du "Mariage de Figaro", Beaumarchais cassait lui-même les vitres du théâtre, de l'intérieur, pour faire croire que l'on s'y battait. C'était la méthode du scandale à l'état brut. Un succès retentissant en est résulté. Le scandale est le meilleur vecteur du succès.

Saurons-nous, nous blogueurs, contrecarrer cette stratégie en lui opposant non pas des réactions épidermiques et au fond complices, mais un autre discours, une autre méthode, plus tournée vers les enjeux de la réalité, plus anticipatrice, plus inventive ?

C'est sans doute l'une des responsabilités auxquelles nous ne pourrons pas échapper, si je comprends bien le discours de Quitterie.

18:01 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : politique, blogs, quitterie, sarkozy, scandale, buzz, le pen | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/02/2009

On ne fera pas de campagne en 2012.

Il faut être cohérent : ce que j'écrivais hier signifie clairement que je ne ferai pas de campagne présidentielle en 2012.

J'ai fait quatre campagnes présidentielles.

Pour la première, en 1988, j'ai été très actif lors de la précampagne, d'abord dans l'équipe qui, au printemps 1986, en trois semaines, a rempli un train de mille jeunes pour mener Barre s'incliner sur la tombe de Robert Schuman dont on célébrait le centenaire de la naissance, près de Metz, et lui faire rencontrer Helmut Kohl venu spécialement. Puis comme délégué national des jeunes du CDS (les JDS), j'ai organisé notamment dans l'été 1987 l'Université d'Été où Barre est venu déclarer sa candidature : "J'aurai besoin de vous", avait-il lancé devant les 1500 convives du déjeuner de clôture, majoritairement des jeunes. J'ai fait la sortie de la gare Saint-Lazare à huit heures du matin, les dîners-débats onéreux et barbants, les relances téléphoniques, les autocollants sur les parcmètres, les parebrisages à une heure du matin... Les collages d'affiches poursuivis par les gros bras qui collaient à la fois pour Chirac et pour Le Pen et qui frappaient le capot de notre voiture avec un marteau.

Pour la deuxième, en 1995, je n'ai fait que du terrain, de novembre 1994 à mai 1995, pendant six mois, une station de métro à huit heures du matin, un marché de dix heures à midi, une autre station de métro de cinq à sept. Tous les jours, sans aucune exception, pendant six mois, sauf les vacances de Noël. Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, quels que soient les quolibets au départ et la cruauté de la température. C'était pour Chirac. Cette fois-là, j'ai gagné. J'ai même, dans la foulée, été élu adjoint au maire du XVIe arrrondissement de Paris comme je l'ai expliqué plusieurs fois.

Pour la troisième, en 2002, j'ai fait ce que j'ai pu, un peu au siège, beaucoup sur le terrain, des marchés, des stations de métro, des gens, toujours des gens qui nous regardaient en demandant parfois qui était François Bayrou, ou qui levaient les yeux au ciel. Et je me souviens de la soirée des résultats du premier tour, à une heure du matin, il ne restait presque plus personne, on avait mis de la musique dans la salle du bas du bâtiment qui est (rue de l'Université) devant le siège, qui venait d'être acheté. Nous étions encore une quinzaine, dont deux vieilles dames de mon arrondissement, rescapées du Centre Démocrate des années 1960, qui entraînaient un Bayrou très gêné dans un rock totalement ridicule et burlesque, cruellement burlesque.

Pour la quatrième, en 2007, avec Quitterie Delmas, pour Bayrou encore, on a occupé la Toile, elle surtout, moi comme j'ai pu. On a tout donné, des journées jusqu'à des heures impossibles, elle a tant sacrifié d'instants personnels. Et pour quel résultat ? Pour quel effet sur les gens dont la vie est difficile ? Pour quelle amélioration pour la planète qui crève ?

Quel temps perdu...

Quel temps gâché...

C'est décidé, la prochaine fois, on ne fera pas de campagne, on a mieux à faire.

Femmes engagées !

Via Quitterie, le rappel d'aller consulter les excellents et émouvants témoignages des Femmes engagées de lundi.

La Ve république, c'est fini.

La Ve république est née en 1958, treize ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et un peu moins de vingt ans après l'effondrement de 1940. Elle est née sur un double fondement : d'une part, le discours de Bayeux où, en 1946, le général de Gaulle avait exposé sa conception de l'organisation d'une France que l'on voulait régénérer ; d'autre part, la réflexion conduite par de nombreux acteurs politiques et administratifs sur les causes de l'effondrement spectaculaire (et tragique) de 1940.

De Gaulle voulait un patron pour fixer le cap. Les analystes jugeaient que la défaite de 1940 était due en partie aux baronnies administratives et à l'abaissement du politique face à ces entités qui ont la permanence pour elles : les ministres passent, les département ministériels demeurent. Et sous la IIIe république, comme sous la IVe, les ministres passaient drôlement vite. Il fallait donc de la stabilité.

Le régime qui sortit de cette marmite était hybride : un président au-dessus de la mêlée, disposant de pouvoirs personnels consistants, et un gouvernement capable d'imposer ses vues au parlement. La bataille des nouveaux pouvoirs fut rondement menée : en 1962 le parlement se rebella contre l'exécutif, fut dissous, et l'exécutif obtint sa majorité fixe. Depuis ce temps, une seule question a hanté la pratique institutionnelle française : celle de la "dyarchie" exécutive, c'est-à-dire celle de l'exécutif bicéphale, autrement dit la rivalité plus ou moins latente entre le président de la république et son premier ministre.

Car il n'existe qu'un contrepouvoir à l'autorité présidentielle : le premier ministre. En 1968, de Gaulle limoge Pompidou qui commence à lui faire de l'ombre, quelques mois plus tard dans la campagne référendaire, Pompidou se venge et annonce que si le référendum est négatif, il est prêt, lui Pompidou, à assumer ses responsabilités. C'est la mort de de Gaulle en direct et le scénario se poursuit par la victoire feutrée de l'ex-premier ministre sur son président.

Sans entrer dans les détails, disons que la querelle dyarchique ne va cesser d'enfler : en 1978, Giscard annonce qu'en cas de victoire de la gauche aux législatives, il ne se retirera pas, et qu'il ne pourra empêcher la gauche de gouverner à sa guise. C'est une nouvelle étape qui va se cristalliser par trois cohabitations, en 1986-88 et 1993-95, et surtout 1997-2002. Sur les seize dernières années, neuf auront été alors passées en cohabitation, la majorité.

La dernière cohabitation avait produit des effets très regrettables en politique extérieure, notamment le traité de Nice, où la négociation française avait été déplorable.

Mais surtout, le long rang des candidats à la présidentielle ne pouvait accepter que le pouvoir guigné par tous fût amoindri par l'ombre parlementaire du premier ministre. Contre mon avis que je lui avais donné, Bayrou accepta l'inversion du calendrier, l'élection de l'Assemblée Nationale après celle du président, qui subordonnait celle-là à celui-ci. Exit le dernier contrepouvoir, enterré le premier ministre, il ne restait plus rien pour entraver la marche impérieuse de la volonté présidentielle.

Exit aussi l'utilité des partis politiques : les législatives n'étant plus que l'émanation de la présidentielle, il n'est plus nécessaire de les préparer par un travail de profondeur.

Finalement, il ne reste plus qu'une élection, plus qu'un pouvoir dans la république : celui du président.

Et c'est là qu'arrive Sarkozy et qu'apparaît toute l'absurdité de ce processus de cinquante ans qui a conduit à ce que l'élection la plus importante produise l'élu le plus nul.

Jamais personne n'a eu autant de pouvoirs de toutes natures en France depuis plus de cent quarante ans. Et jamais la France n'a été aussi mal gouvernée, politique étrangère floue et servile, politique économique onéreuse et improductive, politique sociale injuste et régressive, politique de justice et de police liberticide et brouillonne.

Tout ça pour ça ?

Faut-il donc continuer, par notre activité politique, à cautionner un processus qui ne peut aboutir qu'à de tels désastres ?

Certainement pas, et c'est pourquoi je suis impatient et confiant dans une initiative dont le contour n'est pas encore connu, mais qui donnera d'autres buts à notre soif d'engagement pour l'intérêt général : l'initiative de Quitterie.

16/02/2009

Congé parental : j'aimerais bien en profiter un jour.

Il paraît que toute la blogosphère, agitée par son habituelle indignation moutonnière, ne parle que de cela : Sarkozy veut nous carotter notre congé parental.

Holà ! Pas de ça ! Bas les pattes !

Eh, c'est que, moi qui ne suis pas encore père, je compte bien en profiter un jour, de leur congé parental.

Enfin, peut-être, parce que comme je suis mon propre patron, je suis un peu dur sur les congés. Somme toute, il ne me reste plus qu'à épouser une jeune femme qui soit salariée, lui faire des enfants, et là alors, qu'elle profite du congé parental, enfin de ce qu'on va nous en laisser !

Plus sérieusement, nous sommes quelques-uns à avoir dit et redit que "la droite et le gauche menaient la même politique". Eh bien, une chose est sûre : ce n'est plus vrai, le consensus sur lequel nous tenions depuis des décennies a sauté. La droite d'aujourd'hui défait rageusement tout l'édifice commun des cent dernières années. Pourquoi le fait-elle ? Pour justifier son statut dans la bipolarisation, ce qui fait que, puisque nous avons en ce moment tous les défauts les plus abjects de la droite, nous aurons ensuite tous ceux de la gauche, et nous n'aurons pas progressé d'un iota. Qui va s'occuper des gens ?

19:43 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : politique, congé parental | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/02/2009

Quitterie : la crise ? il y a des solutions.

Demain, ce sera la nouvelle ponte des Femmes engagées. Pour les retardataires, vous pouvez encore lire les textes de la semaine dernière, consacrés à la crise, dont celui de Quitterie, qui a le talent d'aborder la crise sous l'angle des solutions.

EDIT : je signale le texte ému de SophiaMoDem sur le choix de Quitterie.

EDIT : je trouve enfin l'article du Parisien qui relate le refus de Quitterie d'occuper la tête de liste dans le Centre.

EDIT : les regrets de Pascale Zugmeyer qui n'aura pas eu le temps de rencontrer Quitterie adhérente du MoDem (mais il y a une vie après la politique !)

EDIT : et je signale ce texte qui annonce un prochain podcast de Quitterie.

EDIT : je signale aussi ce débat sur Boursorama.com

EDIT : autre débat sur le forum de Désirs d'Avenir.

EDIT : et celui sur Bayrou-MoDem.

EDIT : le très beau texte de Fred de Mai.

EDIT : l'opinion de Croissy Démocrate.

EDIT : la nouvelle sur Yahoo.

EDIT : la réaction de Diogenes.

19:16 | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : politique, économie, crise, femmes engagées | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

L'égalité n'y est toujours pas.

C'est quand même efrayant de pouvoir ressortir des discours d'un mort qui avait quitté le parlement depuis belle lurette, et que ces discours restent d'actualité.

L'égalité est ou n'est pas. Césaire disait que dans sa jeunesse, il avait plutôt milité pour l'indépendance des Antilles françaises, mais qu'il avait dû ensuite s'adapter : ce que ses compatriotes voulaient, ce n'était pas tellement l'indépendance, mais l'égalité avec les autres Français et résidents de France. Le combat d'une vie entière (une très longue vie) n'y a pas suffi.

 

11:50 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : politique, antilles, égalité, césaire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/02/2009

Toute ressemblance avec des événements récents serait purement fortuite et involontaire...

20:06 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, brassens, quitterie delmas | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Les adhérents des partis politiques sont-ils victimes du syndrome de Stockholm ?

Les partis politiques sont des machines ingrates. On y est d'autant moins récompensé qu'on y est plus désintéressé : plus on est sincère, moins on est reconnu. Pour obtenir quelque chose de la machine, il faut entrer dans le jeu du calcul.

Mais alors, comment se fait-il qu'à côté de la "clientèle" des partis (les salariés du parti, ceux des élus et d'une manière générale ceux qui y trouvent un intérêt matériel), il y ait des adhérents réels et sincères qui s'y activent ? Masochisme ? Aveuglement ? Abnégation déraisonnable ?

Mystère.

Tout ce qu'on peut dire, c'est que ce troupeau de victimes consentantes se réduit d'année en année. Tant mieux.

12/02/2009

Quitterie : comme tout le monde, j'aurais préféré qu'elle continue.

Maintenant que la tempête s'apaise un peu après l'énorme buzz relaté et , ses premières explications et son interview sur lepost.fr (vue plus de 6000 fois à l'heure où j'écris {EDIT : plus de 9200 fois à 19h30}), il est temps, je crois, que je donne mon opinion sur le retour de Quitterie dans la politique transpartisane.

Tout d'abord, je tiens à rappeler deux choses : la première, c'est que j'ai repiqué  à l'activité politique grâce à elle, son énergie, sa fraîcheur, son charisme. La deuxième, c'est que chacun sait que j'ai pour elle un attachement plus affectif encore que politique.

J'ai été très déprimé quand elle m'a annoncé au téléphone, l'avant-veille de la XXVIIIe république des blogs, qu'elle avait renoncé à se présenter aux élections européennes et qu'elle changeait sa vie politique du tout au tout, ce qu'elle me préciserait lors de la République elle-même.

J'y suis allé pour la voir, pour comprendre, et elle m'a livré quelques éclaircissements sur ce qu'elle compte faire. J'en suis sorti encore plus déprimé, je dois le reconnaître. Jeter cinq ans d'efforts aux orties, se dérober au moment de sauter l'obstacle, faire faux-bond à des amis, à des gens qui comptaient sur elle, encourir le discrédit le plus total, tout cela était évident et on l'a lu à l'envi parmi les messages innombrables de soutien et de critique qui lui ont été adressés publiquement, tant sur son blog que sur Facebook. Ca ressemblait à un accès de déprime de sa part, à l'angoisse du fiancé le jour du mariage, au trac de l'acteur avant de monter sur scène, à un accès de pusillanimité, bref, pour l'être rationnel et habitué de l'appareil partisan démocrate que je suis, c'était une catastrophe.

Jusqu'au dernier moment, j'ai espéré qu'elle reviendrait sur cette décision, et que, foin des Européennes, elle resterait quand même au MoDem, parce que je pensais que son poids sur l'appareil irait grandissant et que, par là, elle parviendrait à en corriger les défauts nombreux.

L'article du "Monde", que j'ai lu grâce à un signalement de Christophe Grébert sur Facebook, a ruiné cet espoir. J'ai eu plusieurs fois Quitterie au téléphone samedi, agacée des mots qu'on lui prêtait, obligée de se découvrir à un moment où elle aurait préféré se taire, et de se justifier alors qu'elle préfère les demi-mots.

Le maelstrom a suivi, entremêlant les accusations abjectes, la déception de certains amis, la joie d'autres, et toutes sortes de soutiens.

Pendant ces quelques heures où son blog (et le mien) ont été pris d'assaut (j'ai battu mon record largement), je lisais les réactions, l'émotion profonde suscitée par cette décision. Dire qu'elle a surpris serait excessif : le silence de Quitterie pendant deux mois augurait forcément quelque chose d'important. Donc pas de surprise, mais un choc énorme.

Et pendant que je lisais, l'idée de la déprime (la sienne comme la mienne) m'abandonnait : il y avait quelque chose de réellement délibéré dans la façon dont elle en parlait, une vérité qu'elle assumait avec sa petite voix et ses petites épaules, mais avec sa petite bite de bête politique que j'ai évoquée en janvier 2008 après l'élection du Conseil National.

Enfin, j'avais noté ici et là des signes de certains de ses voisins d'engagement extra-partisan, qui m'ont convaincu que la décision de Quitterie était bien ce qu'elle disait : un acte non seulement de liberté, mais d'entrée dans des temps nouveaux. L'article d'André Gunthert, que j'ai trouvé sur le blog de Nicolas Voisin, donnait la clef la plus évidente : le temps de la politique politicienne est passé, le monde et la France sont entrés dans une phase de turbulence, il faut être avec ceux qui, aux échelons élémentaires, vont vivre et produire une myriade d'événements décisifs, la révolution, peut-être pas celle du "Grand Soir" cher à Besancenot, mais celle décrite Fred Vargas. Les grandes révolutions ne se font pas en un jour, ni seulement dans les palais. Il m'a semblé que c'était le pari historique fait par Quitterie.

Parce que j'ai perdu la foi dans l'appareil politique, je la suis. Je ne rends pas ma carte pour garder un lien avec les copains.

Parce que je crois que nous vivons une césure historique de très grande ampleur, je la suis.

Parce qu'elle n'a pas changé de discours depuis la présidentielle, parce que sa volonté de faire bouger les pratiques politiques est intacte et adopte seulement une voie nouvelle, je la suis.

Parce que je l'aime, je la suis.

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EDIT : Autres réactions à la décisiion de Quitterie :

Angélique Ballet-Baz ne conseillerait jamais à un ami de faire de la politique.

JF le Démocrate regrette plus les attaques contre Quitterie que sa renonciation aux logiques partisanes.

Cap 2012 reprend une partie de l'interview du site lepost.fr.

Michel Escatafal vit le départ de Quitterie comme une désertion.

Voyant dans Quitterie une amie de son rival local Christophe Grébert, René Bernasconi livre une réflexion très grinçante (et factuellement inexacte) sur son retrait des logiques partisanes.

SuperNo profite du départ de Quitterie pour développer une critique assez nébuleuse du MoDem, et de Quitterie elle-même, d'ailleurs.

Vendredi reprend la note explicative de Quitterie.

MoDem Fronton retranscrit l'article du site lepost.

Fabien Bénard s'émeut.

Et notre ami Spaulding est le dernier des blogueurs dont je relève la savoureuse note sur la bifurcation de Quitterie.

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11/02/2009

Quitterie : "les partis, pour moi, c'est fini".

Quitterie a donné une interview sur lepost.fr. En voici un extrait :

"Pourquoi avez-vous quitté le MoDem?
"Simplement parce qu'après une longue réflexion personnelle, alors que, oui, je pouvais être candidate du MoDem aux européennes -et ça peut paraître fou de refuser une investiture à mon âge- j'ai décidé de renoncer à la politique partisane. Mon chemin n'était plus d'essayer de changer le système de l'intérieur. Dorénavant, j'ai envie de passer à autre chose. Réfléchir, prendre du recul par rapport à la politique telle qu'on la voit aujourd'hui, essayer de trouver une autre manière d'aborder l'action publique. Je sais, c'est un peu le saut dans le vide, l'inconnu..."

Envisagez-vous de créer un nouveau parti?
"Non, une des réponses à la crise politique et démocratique ne se fera pas en créant un énième parti. Les mêmes causes produiront inévitablement les mêmes effets."

Avez-vous été contactée par le staff de Ségolène Royal, comme l'affirme Christophe Ginisty sur son blog?
"Ginisty fait partie des gens qui sont dans l'ancien schéma politique. Si on part, c'est pour se vendre ailleurs. Un peu trop 'Amour, Gloire et beauté' à mon goût. Évidemment que j'ai des contacts avec des personnes dans d'autres partis. C'est le principe même des rencontres via la République des blogs, sur Internet, Facebook. C'est d'ailleurs ce qui a fait exploser les frontières partisanes, en dessous des directions des partis qui se livrent une guerre sans merci."

"Les adhérents de la base se parlent de plus en plus... Nous sommes souvent plus proches entre nous que des élus qui nous représentent, paradoxal, non ? En tout les cas, il me semble avoir été claire: après le MoDem, les partis, pour moi c'est fini ! Je ne suis pas à vendre. Je trouve ces logiques d'encartage dépassées et inadaptées à notre siècle. Au 20ème siècle, vous vous mariiez avec une entreprise, un parti pour 25 ans. Aujourd'hui, il faut sans cesse innover, repenser, inventer. Tout s'est accéléré."

La suite ici.

J'ajoute que je suis OK avec cette idée de la phrase "mariés etc." : "Aujourd'hui, il faut sans cesse innover".

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Quitterie : question de conscience.

Ce que j'ai beaucoup apprécié, dans le billet que l'Hérétique a consacré au choix nouveau de Quitterie, c'est le respect d'un acte fait en conscience. Il est vrai qu'il nous est arrivé (comme le rappelait Michel Hinard) de remotiver des adhérents que nous sentions filer par dépit, mais la décision de Quitterie est mûrie, elle a un sens lié à ses propres engagements de toujours.

Michel se définit comme quelqu'un de centre droit. Sa place est donc au MoDem.

Quitterie est Quitterie Libre, ses options sont d'abord relatives à l'individu autonome, qui ne se contente pas de suivre le troupeau. Elle a toujours prôné un fonctionnement du MoDem partant de la base et fonctionnant en réseau plus que dans la verticalité. Il se trouve qu'en définitive, c'est la verticalité et le culte du chef qui dominent le MoDem. La décision de Quitterie est alors logique, il faudra faire autrement le réseau qu'elle voulait et qu'elle veut.

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10/02/2009

Quitterie : le buzz continue.

Pour ceux qui n'auraient pas lu la liste des différents articles trouvés depuis la conclusion de ma première note sur le buzz de la décision de Quitterie, la voici :

Et le soutien de Jérôme Charré.

Voir aussi Ydikoi.

Et desdemocrates13.

Et sur Facebook.

Et Farid Taha (qui lance au passage un débat animé sur Bayrou).

Et Serge Brière (qui n'a que peu d'info, mais salue le rôle de Quitterie).

Et MIP, qui regrette.

Et le journaliste David Medioni qui s'intéresse.

Et le PaRaDem se gausse des rumeurs malsaines.

Et l'Orangeraie médite.

Et dans Libé avec la photo prise par l'AFP, heureusement recadrée.

Et chez Nick Carraway (quand je pense qu'il m'a critiqué quand je l'ai inscrit parmi les blogueurs modémistes), qui réfléchit sur l'action politique.

Et Maxime Pisano qui compare avec les morts malgaches.

Et Maud Soulat qui relate avec une visible sympathie.

Et Orange Pressé qui, cambrésien, trouve que Quitterie fait une grosse bêtise.

Et Jef, qui s'identifie mutatis mutandis : "cela recoupe les motivations qui m’ont fait quitter le PS après plus de 30 ans d’adhésion et ce malgré une différence d’âge d’avec la demoiselle d’encore davantage. Elle dit les choses avec une fraîcheur que je lui envie."

Il y en a et aura beaucoup d'autres qui, peu à peu apparaissent et apparaîtront.

Par exemple, le Breton Yann Savidan qui se rappelle sa rencontre avec Quitterie à Bréhat.

Le PaRaDem en remet une couche.

Christophe Grébert reste sur le mot "gâchis" attribué par "Le Monde" à Quitterie et démenti par elle.

Bêtapolitique reprend l'excellent article d'André Gunthert.

Gof dit byebye à Quitterie, mais est optimiste : "Je sais que nous ne perdons pas Quitterie, qu'elle sera toujours là, encartée ou pas, à gauche où à droite, essayant comme nous tous de faire son bout de chemin et d'imposer des valeurs que, quel que soit son avenir, nous avons partagé, et continuerons assurément à partager."

Abadinte réfléchit sur le meilleur mode possible d'engagement de Quitterie.

Le PS d'Auterive (dans le Sud-OUest) reprend l'article de Libé, comme le PS de Vans, dans l'Ardèche.

Antennerelais donne les différents liens.

Le MoDem de Levallois-Perret appelle à respecter et à méditer la décision de Quitterie.

Arrêt sur Images fait, au sujet du départ de Quitterie, un "focus sur le buzz qui agite la blogosphère".

Le MoDem de Mulhouse donne trois liens sur trois articles sur le nouveau chemin de Quitterie.

Peuples.net parle d'états d'âme d'une BoBo.

Miguel Teixeira voit une onde de choc au MoDem.

Vendredi reprend l'article de Luc Mandret.

Nietzsche ta mère trouve que "Quitterie quitte le MoDem" est "une tautologie".

Innover reprend sans le citer l'article d'mry très anti-MoDem.

Christophe Birades partage le constat de Quitterie et se demande comment ne pas se retrouver devant un deuxième tour Nicolas-Ségolène en 2012.

Toréador, "et dire que c'était le modem de mon premier amour..."

Le MoDem de Cachan dit "au revoir Quitterie, et à bientôt sur d'autres chemins" et donne l'intégralité de la note de Quitterie.

Antonin salue dans le départ de Quitterie "à la fois l'arrêt de mort du Mouvement et l'acte de naissance du Parti Démocrate". "Nous pouvons dans ces conditions légitimement nous poser des questions quand à la nature de notre engagement si nous ne cherchons pas de responsabilité au sein du parti. D'autres formes de militantismes, à l'extérieur du parti, ne seraient-elles pas plus efficaces ?"

Élyséesarkozy se demande à quoi sert Quitterie.

Libre Démocrate reprend l'article de Libé.

Hypos pèse le pour et le contre.

Le MoDem de Petite Camargue respecte son choix pour "son chemin de vie", et lui souhaite "bonne route".

 

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